Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


Dialogue interreligieux

 

 

 

 

Quelques perles du hassidisme

 

 

René Lamey

 

8 décembre 2010

Le Hassidisme (= ferveur) n’est ni une doctrine ni une idéologie. C’est avant tout une façon d’être, de voir, et de vivre. Il se caractérise – comme vous le verrez dans les « perles » ci-dessous – par un amour fervent de Dieu, des hommes et de la vie. Et par de petites histoires, genre paraboles, au travers desquelles chacun est amené à réfléchir sur sa vie et sur sa place dans le monde.

Le message de l’Hassidisme dépasse le judaïsme ; c’est un message universel, et c’est là aussi tout l’intérêt de ce mouvement. Chacun peut s’y retrouver et s’y nourrir – pour peu qu’il soit ouvert et curieux...

Sources
Elie Wiesel, Célébration hassidique, Editions du Seuil, 1972.
Martin Buber, Le chemin de l’homme, Editions du Rocher, 1989.
Rabbi Rami Shapiro, Contes hassidiques, Albin Michel, 2007.

 

.

 

Sache qu’on trouve l’éternité dans chaque instant, que chaque table peut devenir autel et chaque homme grand-prêtre ; sache que plus d’une voie mène à Dieu, mais la plus sûre passe par l’allégresse et non par les larmes ; sache que Dieu n’aime pas la douleur et la tristesse et encore moins celles que tu t’affliges volontairement ; Dieu n’est pas si compliqué, il n’est pas jaloux ni de ton bonheur ni de la bonté que tu témoignes envers autrui, au contraire : le chemin vers Dieu passe par l’homme. L’enfant qui dort, la mère qui le caresse, le vieillard qui écoute les bruits des arbres : de chacun Dieu est proche, en chacun Dieu est présent. » (Rabbi Bounam)

 

.

 

 

Rabbi Israël Baal Shem-Tov (fondateur du Hassidisme) (1700-1760) :

« Dieu est l’ombre de l’homme. »

« Vous voulez savoir ce qu’est la foi ? Connaissez-vous l’histoire du forgeron qui voulut devenir indépendant ? Il acheta une enclume, un marteau, un soufflet et se mit au travail. En vain. La forge restait inerte. Alors un vieux forgeron, à qui il alla demander conseil, lui dit : "Tu as tout ce qu’il faut, sauf l’étincelle." La foi, c’est cela. C’est l’étincelle. »

« Le secret de l’homme se nomme Dieu et le secret de Dieu n’a pas d’autre nom que celui inventé par l’homme : l’amour. Qui aime, aime Dieu. C’est en l’homme qu’il faut aimer Dieu, car l’amour de Dieu passe par l’amour des hommes. »

« Mieux vaut chercher que trouver. »

« Je voyageais dans un carrosse tiré par trois chevaux de couleurs différentes, et aucun ne hennissait. Et je ne comprenais pas pourquoi. Jusqu’au jour où je rencontrai un paysan qui me cria de desserrer les rênes. Du coup, les trois chevaux se mirent à hennir. Moralité : Pour que l’âme vibre, il faut la libérer ; trop de contraintes, trop de dogmes risquent de l’étouffer. »

 

.

 

- « La Torah a été donnée à l’homme pour célébrer la vie et tout ce qui rend la vie digne d’être célébrée. » (Le Grand Maguid de Mezeritch)

 

.

 

- Avant sa mort, Rabbi Zousia a dit : « Quand je me présenterai au tribunal céleste, l’on ne me demandera pas pourquoi je n’étais pas Abraham, Jacob ou Moïse ; on me demandera pourquoi je n’étais pas Zousia. »

Moralité : Il est du devoir de chacun de connaître et de prendre en considération qu’il est, lui, au monde, unique en son genre, et qu’aucun homme pareil à lui n’a jamais existé dans le monde, car si un homme pareil à lui avait déjà existé dans le monde, il n’aurait pas lieu d’être au monde. Chaque individu est une chose nouvelle dans le monde, et il est appelé à accomplir sa vocation propre dans ce monde.

 

.

 

- Pour louer Dieu, il faut vivre ; et pour vivre, il faut aimer la vie – il faut l’aimer malgré elle. (Rabbi Leikes)

 

.

 

- L’homme est le langage de Dieu. (Le Grand Maguid de Mezeritch)

 

.

 

Si Adam n’avait pas péché, il serait devenu orgueilleux. (Rabbi Elimelekh)

 

.

 

- Dieu se trouve là où on le laisse entrer. (Mendel de Kotzk)

 

.

 

- Le Hassidisme ? Un homme, des hommes qui savaient s’y prendre pour restaurer en l’individu le sens du sacré et la confiance dans ses liens avec la communauté.

- Le Hassidisme s’est fait l’apôtre d’un judaïsme nouveau, d’un judaïsme souriant qui réconcilie les hommes avec l’idée du bonheur, qui lance un appel retentissant à la joie, au rêve.

 

.

 

- Rabbi Enokh racontait : « Il y avait une fois un sot si insensé qu’on l’avait surnommé le Golem (= le « stupide »). Chaque matin, au lever, c’était pour lui tout un problème pour retrouver ses vêtements, une tâche véritablement si ardue pour sa pauvre tête qu’il en hésitait, le soir, à se déshabiller pour se coucher. Mais voilà qu’un soir, il eut une idée : il s’empara d’un crayon et d’un bout de papier sur lequel il consigna l’emplacement de chacune des parties de son vêtement qu’il quittait. Au matin, tout joyeux, il se leva et prit la liste : ‘la casquette – ici’, et il s’en coiffa ; ‘le pantalon – là’, et il l’enfila, et ainsi de suite jusqu’à qu’il eût tout revêtu. ‘Oui, mais moi-même, où suis-je donc’ ? se demanda-t-il soudain, tout anxieux, ‘où suis-je donc passé ?’ Et ce fut en vain qu’il se chercha et qu’il fouilla partout : il n’arriva pas à se retrouver. Ainsi de nous », dit le Rabbi.

 

.

 

Pour se (re)trouver, écoutez cette histoire… - Il était une fois un pauvre Juif qui s’appelait Eisik fils de Yékel de Cracovie. Après de longues années de la pire misère, celui-ci reçu en rêve l’ordre de se rendre à Prague pour chercher un trésor sous le pont qui mène au palais royal. Lorsque que ce rêve se fut répété trois fois, Eisik se mit en route et gagna Prague à pied. Mais le pont était gardé jour et nuit par des sentinelles, et il n’osa pas creuser à l’endroit qu’il savait. Il revenait là chaque matin, tournant autour jusqu’au soir. Pour finir, le capitaine de la garde, qui avait remarqué son manège, s’approcha et s’informa non sans cordialité : avait-il perdu quelque chose ou bien attendait-il quelqu’un ? Eisik lui raconta le rêve qui l’avait amené jusque là depuis son lointain pays, et le capitaine éclata de rire : « Et c’est pour suivre un rêve, mon pauvre vieux, que tu as fait à pied, avec tes semelles trouées, tout ce chemin ! Ah là là ! Si l’on devait se fier aux rêves, malheureux ! A ce compte-là, j’aurais dû, moi aussi, me mettre en campagne après un rêve que j’ai fait et courir jusqu’à Cracovie chez un Juif, un certain Eisik, fils de Yékel, pour chercher un trésor sous son fourneau ! Eisik, fils de Yékel, tu parles ! Dans cette ville où la moitié des Juifs s’appellent Eisik, et l’autre moitié Yékel, et où tous ont un fourneau, je me vois entrant, une après l’autre, dans toutes les maisons et les mettant sens dessus dessous ! » Ayant dit cela, il s’esclaffa de nouveau. Eisik ne dit rien, il s’inclina, rentra chez lui et déterra le trésor avec lequel il bâtit la synagogue qui porte le nom de Schul de Reb Eisik fils de Reb Yékel…

Moralité : Dans chaque être, il est un trésor qui ne se trouve en aucun autre…

Ou : Le lieu du trésor est là où l’on se trouve ; c’est là qu’il s’agit de faire briller la lumière de la vie divine cachée…

Comment ? Ecoutez encore l’histoire suivante...

 

.

 

- Reb Yissachar de Dov de Radoshitz se mit en route pour aller voir son Rabbin, Reb Yaakov Yitzhak, le Voyant de Lublin. Arrivé dans la salle d’étude de son Rabbin, il lui demanda : « Indique-moi une manière universelle de servir Dieu. » « Une manière ? dit le Voyant. Qu’est-ce qui te fait penser qu’il y a une manière ? Les gens sont-ils si semblables qu’une seule pratique convienne à tous ? » « Alors, comment puis-je enseigner aux gens à trouver à servir Dieu ? » demanda Reb Yissachar. « Il est impossible de dire aux gens comment ils doivent servir Dieu. Pour l’un, la voie sera celle de l’étude ; pour un autre, la voie sera celle de la prière ; pour un autre encore, ce sera la voie du jeûne ou celle de la fête ; pour un autre enfin, la voie sera celle du service d’autrui. » « Alors, qui dirai-je à ceux qui me demandent conseil à ce sujet ? » « Dis-leur ceci, répondit le Voyant : « Suivez avec attention la voie de votre cœur, observez ce qui stimule votre passion pour Dieu et pour les hommes, et à partir de là, agissez de tout votre cœur et de toute votre force. »

Moralité : il incombe à chacun de bien savoir vers quelle voie le pousse son cœur, et d’embrasser alors celle-ci en y mettant tout ses forces.

Ou : Tous les hommes ont accès à Dieu, mais chacun a un accès différent. L’universalité de Dieu réside dans l’infinité des voies qui conduisent à lui et dont chacune est réservée à un homme. Dieu ne dit pas : « Tel chemin mène à moi et tel autre n’y mène pas », mais il dit ceci : « Tout ce que tu fais peut-être un chemin vers moi, pourvu que tu le fasses de telle manière que cela te conduise à moi. »

 

.

 

- Le point d’Archimède à partir duquel je peux, en mon lieu, mouvoir le monde est la transformation de moi-même.

Ce n’est que lorsque l’homme a trouvé la paix en lui-même qu’il peut entreprendre de la chercher dans le monde entier.

 

.

 

Rabbi Menahem-Mendel de Kotzk :

« Au lieu d’abaisser, de réduire le sacré au niveau du profane, mieux vaut tenter d’élever le profane au rang du sacré. »

« Il n’appartient peut-être pas à l’homme de trouver la vérité, mais il lui est donné de rejeter le mensonge, l’hypocrisie et la tricherie ».

« Ce qui compte, c’est la marche, et tant pis si elle est désespérée ; ce qui compte, c’est le manque, et tant mieux s’il n’est jamais comblé. »

« En enfer, on prie mieux qu’au paradis. »

« Qui croit aux miracles est un imbécile, qui n’y croit pas est un athée. »

 

 

Retour
Retour vers René Lamey
Vos commentaires et réactions

 

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.