Après un simple petit déjeuner on a pu choisir entre des activités sportives comme le football à cinq et le tir à l’arc ou une visite promenade à travers le campus. Le véritable travail a commencé ensuite : exposés, ateliers entrecoupés de prières et quantités de discussions individuelles.
C’est « al-Hidayah 2010 », le premier stage contre la terreur qui a commencé samedi et réunit pendant trois jours, 1300 musulmans, jeunes garçons et filles pour la plupart fidèles du professeur Muhammad Tahir Qadri qui se sont réunis sur le campus de l’Université de Warwick en Angleterre, afin d’y apprendre comment s’opposer pratiquement dans les écoles, les universités et les différentes communautés aux extrémistes islamistes. On leur y montre les versets du Coran et les autres textes musulmans qu’ils peuvent utiliser pour leur résister.
Le professeur Qadri vient de publier un ouvrage en anglais de 600 pages, « Fatwa on terrorism » qui prétend « détruire de façon indiscutable » toute justification théologique du terrorisme islamique. Il est le fondateur du mouvement modéré Minhaj-ul-Quran International (MQI).
« Depuis longtemps on se demande où sont les organisations musulmanes modérées et ce qu’elles font pour combattre les extrémistes islamiques », dit Shahid Mursaleen, porte-parole du mouvement MQI. Nous nous efforçons de former les jeunes musulmans à s’opposer aux doctrines radicales. Nous leur donnons les arguments qu’ils pourront utiliser contre les islamistes afin de contredire leur idéologie. »
Le prix du stage (£ 200) n’a pas découragé les participants et nombreux sont ceux qui étaient trop nombreux pour être acceptés. Ils sont venus de tout le Royaume Uni et d’Europe continentale, des États-Unis et du Canada. Certains sont venus en vêtements musulmans traditionnels alors que d’autres sont en tee-shirt moulants et en jeans étroits.
Dawud Qadri, 23 ans, commerçant de Manchester, pense que si on leur donne de bons arguments, les musulmans modérés pourraient empêcher leurs amis, leurs voisins et leurs collègues de se radicaliser. Il trouve que les arguments que l’on développe dans ce camp sont exactement ce que les musulmans et les non-musulmans attendent. « La fatwa est décisive : elle condamne parfaitement les attentats suicides sans dire qu’ils peuvent être parfois légitimes et parfois non. Elle dit clairement qu’ils ne sont pas légitimes ».
On montre aux participants comment organiser des cercles de réflexion sur leurs lieux de vie afin de « présenter l’islam comme une religion belle et pacifique ».
Le professeur Qadri a annoncé qu’une noria de véhicules traversait la Grande-Bretagne grâce à des bénévoles désireux de s’opposer aux extrémistes, avec des bibliothèques proposant aussi des DVD : « nous frapperons à toutes les portes », dit Qadri.
La jeune Gulnar Khan, travailleuse sociale de Manchester, dit qu’elle transmettrait à son entourage tout ce qu’elle aurait appris à ce stage. Elle pense que les femmes ont un rôle important à jouer dans la lutte contre l’islamisme : « nous avons une grande influence sur les enfants qui sont l’avenir ».
Mohsin Khan, 19 ans, d’Oldham : « Je veux connaître mieux ma religion, comprendre que le terrorisme est une faute, comment être plus humain. Les media présentent toujours les musulmans comme des intégristes et je suis heureux d’apprendre à m’y opposer ».
Néanmoins certains commentateurs doutent du succès de ce stage dans la mesure où s’opposer aux fatwas de violence des islamistes fait en réalité leur publicité.