Dialogue interreligieux
Le magistère catholique
vu par un protestant
Jacob J. Spa
14 juin 2010
L'Église catholique déclare connaître le « magistère vivant ». Or, ce magistère repose sur des fondements bien peu solides. Rien n'indique, en effet, qu'une quelconque intervention divine aurait conféré à l'évêque de Rome la prérogative de se parer du titre de « vicaire du Christ » en vertu de la « succession apostolique ». Ce n'est que par des agissements politiques très humains qu'il s'est approprié une certaine autorité.
En cela il fut doublement aidé par l'histoire :
- Rome était la capitale de l'Empire romain ;
- les patriarcats de Jérusalem, d’Antioche et d’Alexandrie avaient perdu leurs assises du fait de la conquête des Arabes.
Une fois que l’évêque de Rome eut commencé à jouir d'un certain prestige, un édifice mythique fut construit autour de sa personne : - d'abord on a attribué à Pierre la primauté sur les autres disciples ;
- deuxièmement, on a voulu faire croire que celui-ci avait élu domicile à Rome où il aurait exercé la fonction épiscopale.
- En troisième lieu, l'Église catholique a inculqué aux croyants que les successeurs du « premier évêque de Rome » peuvent prétendre aux mêmes prérogatives que celles dont aurait joui Pierre.
Conclusion : reconnaître un « magistère » à une institution dont l'avènement est le résultat d'incidents historiques fortuits et d'intrigues perpétrées à grande échelle va à l'encontre du bon sens.
Et encore, si l'évêque romain était élu par tous les catholiques à jour de leur cotisation, soit ! On pourrait dès lors lui accorder une certaine autorité morale, du fait qu'un grand nombre de personnes lui ont donné leur confiance. Mais du moment que cette élection est le privilège d'un collège très restreint de dignitaires ecclésiastiques nommés par l'institution précitée il est difficile d'admettre que, par un vote de ce type, l'évêque de Rome peut se prévaloir d'un magistère, quel qu'il soit.
Réforme
18 mars 2010
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