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Ne pas craindre le pluralisme religieux

 

Rev. Lowell Grisham

 

27 septembre 2008

La manière dont les uns et les autres interprètent la Bible en dit souvent plus sur leur personnalité que sur Dieu ou sur l'Écriture. La phrase traditionnelle « on peut faire dire n'importe quoi à la Bible » n'est pas totalement vraie mais il est vrai qu'on peut trouver des textes pour justifier beaucoup de choses et leur contraire.

Je suis particulièrement choqué par l'utilisation que font certains de la Bible pour démontrer qu'à part les chrétiens, Dieu condamne tout le monde à l'enfer. Certains vont même jusqu'à penser que Dieu rejettera aussi les chrétiens qui n'appartiennent pas à la même Église qu'eux. Cette attitude me semble plus proche du tribalisme que de la religion de Jésus. On pourrait même à la limite promouvoir un véritable génocide au nom de Dieu à partir de certains versets.

Et je ne comprends pas comment certaines personnes peuvent adorer un Dieu plus méchant qu'elles-mêmes. Un tel Dieu, s'il existait, ne mériterait pas qu'on l'adore. Quel Dieu enverrait en enfer, pour les punir de ne pas être chrétiens, des hommes comme Gandhi ou le dalaï lama ? Peut-être une divinité tribale insensée. Mais certainement pas le Dieu chrétien qui nous est révélé dans la vie de Jésus.

La conception chrétienne de Dieu est focalisée sur la personne de Jésus, incarnation de Dieu, visage humain de Dieu. Jésus ne passait pas son temps à essayer de convertir les gens à sa religion. Il se tournait avec compassion et bienveillance vers ceux qui n'étaient pas de sa religion. Il les traitait avec amour et respect.

Il a guéri l'enfant d'une femme cananéenne et le serviteur d'un officier de l'armée romaine d'occupation. Il a rendu sa santé mentale à un démoniaque qui vivait dans un cimetière. Il touchait les lépreux et a accepté d'être touché par une femme qui avait ses règles. Il a partagé le repas de collecteurs d'impôts et de pécheurs. Il était parfaitement ouvert et tolérant à l'égard des ceux dont l'attitude religieuse était douteuse.

En fait les seuls qui semblaient l'agacer étaient ceux qui se montraient assurés de leur propre justice et faisaient la leçon aux autres. Il réservait aux moralistes ses critiques les plus sévères.

Il n'est donc pas étonnant que ce soient justement les réprouvés et les exclus qui aient reçu son message avec le plus d'empressement et qu'il ait été généralement méconnu par les fondamentalistes de son époque dont il ne comblait pas les attentes :

Aucun messie ne vient de Galilée, disaient-ils. Ils l'accusaient d'enfreindre un des Dix commandements en faisant des guérisons le jour du sabbat. Il annonçait librement le pardon à tout le monde au lieu de le restreindre à ceux qui, selon la Bible, apportaient un sacrifice au Temple. Il ne libérait pas le peuple de l'occupation romaine comme les Écritures le promettaient.

Ceux qui citaient la Bible étaient les plus aveugles au bien qu'il faisait. Ils ne pouvaient le voir comme un homme de Dieu car il ne correspondait pas aux versets de la Bible qu'ils citaient toujours.

De trop nombreux chrétiens font aujourd'hui ces mêmes désolantes erreurs. Ils ne se rendent pas compte de l'authenticité et de la justice de ceux qui ne partagent pas leurs idées.

« Le fruit de l'Esprit c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la générosité, la fidélité, la douceur, la tempérance » Galates 5.22. Dans n'importe quel milieu, dans n'importe quelle religion  où un tel Esprit se manifeste, c'est l'Esprit de Dieu qui est présent, l'Esprit de Jésus.

Je vois Jésus dans le dalaï lama et si nous nous rencontrions, je serais honoré qu'il reconnaisse en moi la nature du Bouddha.

Un Dieu assez grand pour s'être révélé dans les expressions de nombreuses cultures, nous rend capables d'admettre le pluralisme religieux et d'y enrichir sans craint notre spiritualité.

 

Traduction Gilles Castelnau

 


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