Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 


Interreligieux 

/i384.couderc.png

Des croyants repensent leur foi

Ce qui les fait vivre
Ce qui n'est plus croyable


Serge Couderc & Georges Heichelbech (éd.)

 


Ed. Karthala
260 pages - 25 €


Recension Gilles Castelnau


  


8 juin 2024

Un mouvement important se développe dans l’Église catholique dont cet ouvrage est une manifestation saisissante. Il rassemble, en effet, à l’initiative des Réseaux du Parvis, les contributions écrites d’un grand nombre de fidèles. Ceux-ci s’efforcent d’exprimer la réalité de leur foi et d’en mettre par écrit les premiers résultats.

On peut remarquer qu’ils citent fréquemment des théologiens protestants actuels, comme John Spong, Paul Tillich, Dietrich Bonhoeffer et Daniel Marguerat mais il est clair que c’est à l’intérieur seulement de l’Église catholique qu’ils entendent vivre leur foi.

La multitude de témoignages, plus ou moins brefs, qu’ils nous proposent ici révèle l’étonnement qu’ils éprouvent tous pareillement de prendre conscience du fait qu’ils tournent tous le dos au langage religieux de leurs prêtres, de la liturgie de la messe, du catéchisme officiel et qu’ils s’engagent avec enthousiasme et dans un esprit de puissante libération, dans une réforme – le mot est tabou ! -  théologique.

Évidemment les textes qu’ils nous proposent sont souvent maladroits, encore imbibés des anciennes idées sclérosées d’une théologie obsolète. Ils n’en sont que plus émouvants. Nombreux sont, justement, les catholiques aujourd’hui détachés de l’Église qui reconnaîtront dans ces textes leur propre itinéraire spirituel et qui y découvriront peut-être leur propre libération et leur salut.

En voici des citations.

 


 

Ce qui ne colle plus
Ce qui aujourd’hui et pour nous n’est plus crédible et pourquoi

 

Dès l'âge de 10 ans, des doutes s'installèrent A la Toussaint, en suivant un certain rituel, je pouvais obtenir une indulgence plénière pour mon père qui était décédé. Mais l'année suivante, pourquoi être obligé de refaire cette démarche puisque cette indulgence a déjà été obtenue l'année précédente ?

[…]

Me débarrasser des sentiments de culpabilité parce que considéré comme un éternel pécheur qui ne pouvait avoir qu'une attitude de vers rampant devant Dieu.

[…]

Remise en cause du sacrifice de la messe. Remise en cause du magistère, souvent assimilé à la hiérarchie, qui prétend avoir l'autorité d'être le seul à pouvoir faire une interprétation authentique de la Bible. Remise en cause complète du dogme de l'infaillibilité, d'une vérité unique, absolue, définitive, ne pouvant résider que dans l'Église catholique. Incompréhension du lien sine qua non entre prêtrise et célibat, vision malsaine de la femme et de la sexualité, affirmation d'une nature ontologique différente des clems et des laits, non-acceptation plénière du sacerdoce universels loi du silence et du secret dans le fonctionnement de l'Église.

Hypocrisie pour sauver les apparences. Les relations maritales homo ou hétéro sexuelles sont condamnées dès qu'elles sont connues officiellement et tolérées quand on a une vie double. On ne divorce pas, mais on peut déclarer un mariage nul. Avec sa façon de procéder, l'Église fabrique ses propres exclus. Carence de la culture du dialogue. Plus on est placé haut dans la hiérarchie et plus on est près de la vérité. Mais aussi remise en cause de la conception théiste de Dieu, et cela ne va pas changer du jour au lendemain, si on ne veut pas jeter le bébé avec l'eau du bain.

 



« Dieu »

Nos représentations de « Dieu »

De quel « Dieu » sommes-nous croyants – croyantes ?
Ce que nous mettons sous le mot « Dieu », nos représentations de Dieu
et leurs évolutions ? La place de Jésus dans ces représentations ?

Je ne crois plus en un Dieu tout-puissant, créateur du ciel et de la terœ, qui ferait la pluie et le beau temps, en un Dieu créateur de l'homrne à son image et à sa ressemblance, en un Dieu consolateur de nos misères dont il pourrait nous alléger dès cette terre si nous le lui demandons, en un Dieu paratonnerre protecteur en échange du culte qu'on lui rend, en un Dieu qui aurait confié aux religions le soin d'interpréter ses volontés et de les faire respecter.

[…]

Je ne crois pas au Dieu qui sacrifie son Fils bien-aimé pour que les hommes pécheurs soient réconciliés avec lui. je ne crois pas au Dieu qui se joue des lois qui régissent le monde et les humains... Ces représentations de Dieu me paraissent indignes de l'homme, car elles te déresponsabilisent et l’abêtissent.

 

[...]

  Je me représente Dieu comme la vie, il m'appelle à vivre pleinement.

[…]

  Je me représente Dieu comme l'amour, il m'appelle à aimer concrètement les autres.

[…]

  Je me représente Dieu comme une présence spirituelle, il m'appelle à dépasser mon matérialisme,
la trop grande importance que je donne facilement aux biens matériels.

Dieu n'est pas au-dessus du monde et transcendant. Son souffle spirituel est présence au sein même de notre monde, il est profondeur, il est intimité.

  Je me représente Dieu comme celui qui ne condamne pas, il m'appelle à ne pas juger.
J'aime ce que Jésus dit à la femme adultère : « Personne ne t'a condamnée moi non plus, je ne te condamne pas ! 

. Je me représente Dieu comme celui qui m'ouvre aux autres : « Ce que vous avez fait au plus petit des miens, c'est à moi que vous l'avezfait, à moi que vous avez donné à manger ».

. Je me représente Dieu comme celui qui m'accompagne dans les épreuves : il est là dans les deuils, les renoncements, dans mon déclin inéluctable qui se terminera par ma mort.

 



Jésus libérateur ?

En quoi Jésus est-il pour nous libérateur par ce qu’il a été, est et par son message ?

 

Jésus libère d'une religion tyrannique, hypocrite, culpabilisante (invectives contre les pharisiens, Mt 23). Hélas. la nôtre n'a rien à envier à celle de Jésus !
Jésus nous libère d'une certaine idée de Dieu. Il nous met sur le chemin d'un Dieu qui n'est pas celui du théisme : voir la façon dont il le prie et s'adresse à lui (Abba).

[…]

Voir aussi surtout les exhortations à « demeurer » dans l'évangile de Jean (« demeurez en moi, et moi je demeurerai en vous », Jn 15,4 : « pour que l’amour dont tu m'as aimé demeure en eux », Jn 17.26 ; et I Jn 4,16 « Dieu est amour : qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui »).

Jésus nous libère d'un Dieu qui juge et condamne, dans nombre de déclarations et de paraboles comme celtes consacrées à la miséricorde : la brebis perdue, le fils prodigue, par exemple.

II nous libère d'une Loi tatillonne, lorsqu'il nous donne un seul et unique commandement, celui de l'amour du frère. Il nous libère d'une culpabilité injustifiée.

[…]
il nous aide à nous libérer de nous-mêmes, de notre ego tyrannique, de tous nos préjugés, des barrières que la société, avec notre complicité, s'ingénie à mettre entre les hommes, en nous entraînant à faire sauter ces obstacles pour nous ouvrir à tous nos frères et sœurs en humanité. Dans cette mesure, on peut dire qu'il nous aide à nous libérer de notre égoïsme. donc de notre péché.

 

 


Le péché et le mal

Comment est-ce que nous nous situons par rapport au péché ? au mal ?

 


Dans l'Évangile, on voit Jésus dénoncer et combattre le mal et la souffrance. À la question des disciples concernant l'aveugle de naissance, Jésus est clair : « Ni lui, ni ses parents n'ont péché ». Il guérit l'aveugle-né. C'est l'amour qui sauve et non la souffrance.

Le mythe du péché originel n'a bien sûr aucun sens et n'est pas compatible avec l'apparition des humains sur terre.

Mais les forces du mal existent bien dans le monde et en nous...

Il suffit de regarder notre société libérale et ses multiples désordres : exploitation des êtres humains, rejet des migrants, non-partage des richesses, destruction de la planète, hypocrisie et mensonges de tous ordres, sans oublier la course aux armements et le nucléaire militaire ; ces désordres, que je cautionne souvent par négligence, et dont je suis complice...
Il nous appartient de nous en délivrer et de choisir la vie (cf. Deutéronome 30, v.15-16).
Le mal au niveau individuel, personnel, « c'est le bien que je
ne fais pas ».

 

 

 


 

La prière


Qu’est-ce que prier pour nous aujourd’hui ?

 

Je ne me reconnais plus dans ce que l’Église catholique nomme la prière, en particulier les oraisons des célébrations et la prière de demande. Alors, peu à peu, en tâtonnant, j'apprends à vivre de cette Présence, de cette Lumière, de ce Souffle, de cette Voix qui m'habite. « De l'autre côté de moi, j’ai rendez-vous avec un autre. »

[…]

Je préfère désormais le mot recueillement au mot prière.

 

[...]

 

On me dira que je tombe dans le piège de la prière de demande, qui ne peut s'adresser qu'à un dieu théiste. Mais j'essaie savamment de l'éviter. Il y a quelques années, deux de nos enfants ont été en même temps gravement malades. Je n'ai jamais demandé leur guérison, mais, à l'époque, je demandais à l'Esprit saint, Esprit de Dieu, Esprit d'amour d'être avec eux.

 




La Bonne Nouvelle

 

Francis Deniau, évêque de Nevers a écrit :

« Apprenez que le bonheur, c'est d'avoir le cœur tendre. Apprenez les chemins de la grande tendresse. L'émerveillement des fleurs et des fruits. L 'émerveillement devant visage. Chaque visage d'homme ou de femme appelle consentement, douceur, tendresse. Chaque visage ouvre une brèche dans un monde clos et dur. Le bonheur, c 'est la tendresse. Le bonheur, c 'est le pardon. C'est l'accueil de tout visage, en deçà de nos condamnations ou de nos jugements. Le bonheur, c'est le chemin de la grande tendresse. Heureux les cœurs tendres ! »
N'est-ce pas là une bonne nouvelle ?


 

Retour vers interreligieux

Retour vers Jacques Musset

Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

   
 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : gilles@castelnau.eu
Il ne s'agit pas du réseau Linkedin auquel nous ne sommes pas rattachés.
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque