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Dialogue interreligieux

 

Expérience de Dieu
et représentation de Dieu

Jacques Musset


  


3 mai 2024

Jésus était-il théiste ? Oui sûrement dans son langage et ses représentations, comment aurait-il pu ne pas l’être, lui un juif du premier siècle de notre ère ? Pour lui, Dieu est une évidence. Il est le tout autre et le tout puissant résidant aux cieux. Créateur du monde, il le gouverne avec sagesse ; il a élu un peuple qu’il conduit grâce à la Loi qu’il lui a donnée et aussi par ses messages transmis par les prophètes. Jésus croit en Satan et dans les démons qui s'emparent des hommes ; il les chasse par la puissance de Dieu. Jésus croit aussi que Dieu ressuscitera les morts au dernier jour pour un jugement final. Pour lui, comme pour son peuple, Dieu est la clé de voûte de tout.

Toutefois, son expérience de Dieu infiniment personnelle, faite d’un profond amour filial et d’une confiance totale, lui fait professer que Dieu est un père plein de tendresse pour les humains et profondément désireux qu’ils vivent pleinement leur humanité. Peu importe qu’ils trébuchent et qu’ils s’égarent, ils demeurent ses enfants bien-aimés dans le meilleur et le pire. En cela, le visage de son Dieu n’a rien à voir avec celui des tenants ritualistes du Temple et les gardiens légalistes de la Loi. Son Dieu est le père de l’enfant prodigue, le bon berger qui abandonne le troupeau pour rechercher la brebis perdue.

 

Suis-je théiste ? Je l’ai été enfant et adolescent et un peu à l’âge adulte. J’ai cru au Dieu théiste que m’enseignait mon Église. Un Dieu créateur qui attendait que ses créatures pratiquent de tout leur cœur leurs devoirs religieux afin de se maintenir en amitié avec lui, en assistant pieusement à la messe, en se nourrissant de Jésus-hostie, en s’éloignant du péché mortel et en se confessant s’ils y succombent, en cas notamment de péché d’impureté. J’étais théiste lorsque j’ai été ordonné prêtre ! Puis, je suis passé à un théisme à la façon de Jésus, débarrassé des représentations d’un Dieu tatillon et des pratiques religieuses infantilisantes, désormais convaincu que Dieu est amour et que « qui aime connaît Dieu » (I Jn 4,7).

 

Maintenant, depuis que j’ai lu, relu et médité depuis dix ans les livres de Spong (notamment Pour un christianisme d’avenir, pages 28 à 76), et, il n’y a pas si longtemps, le livre de Bruno Mori Pour un christianisme sans religion. Retrouver la "voie" de Jésus de Nazareth et celui de José Arregi Dieu au-delà du théisme. Esquisses de transition théologique, j’ai commencé une révolution copernicienne dans ma représentation de Dieu, non comme un être en dehors du monde et des humains mais comme « l’énergie créative » qui anime l’univers dont nous, les humains, nous faisons intégralement partie. Je m’y accoutume bien et cela me rend infiniment proche de tout ce qui existe et envers quoi, y étant lié indissociablement, je me sens responsable et redevable. J’ai la chance de faire partie du groupe Pour un christianisme d’avenir qui a édité Spong, Mori et Arregi, auteurs chez qui le théisme a fait long feu.

 

Les difficultés que j’ai rencontrées pour aller vers le posthéisme (je préfère comme José Arregi parler de transthéisme) ont été de me défaire de mes représentations théistes pour penser « Dieu » autrement. Ce qui m’y a aidé, c’est de prendre conscience, grâce à Spong, à Mori et à Arregi (à Légaut déjà), de ce que les découvertes scientifiques révèlent de la connaissance actuelle de l’univers dont notre planète et notre humanité sont une infime partie. Cet ensemble est sans cesse en mouvement et en évolution, où tout ce qui existe est interdépendant et en permanence animé de l’intérieur par une « énergie créative ».

Cette « énergie créative », dont nous n’affirmons l’existence que par ses effets perceptibles – l’existence en évolution de tout ce qui est, vivant ou non –, on peut la désigner de divers noms mais je choisis de l’appeler Dieu, ce vocable qui, depuis toujours, désigne l’infini, source de l’être et de la vie sous toutes ses formes.

Cette « énergie créative » dont le mystère profond m’est inaccessible et inconnu, je suis heureux de la révérer de tout mon être. L’une des formes de ma reconnaissance est de me percevoir comme un élément de cet immense univers et plus spécialement de la planète terre. De là découle ma responsabilité de veiller à la santé de celle-ci avec les autres humains, au profit du maintien de ses ressources et de l’avenir de tous les vivants qui l’habitent. Cette nouvelle représentation du mystère de Dieu approfondit et élargit ma conviction déjà enracinée en moi que « qui aime connaît Dieu ».

 

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