Dialogue interreligieux
Saint Paul
et
l'interreligieux
L'hymne de
l'épître aux Colossiens
Gilles
Castelnau
1er mars 2004
L'épître aux Colossiensn'est sans doute pas de la main de
Paul mais d'un de ses disciples plus tardif. De plus, l'auteur de
l'épître aux Colossiens n'est probablement pas l'auteur
de cet hymne qu'il savait par coeur pour l'avoir fréquemment
chanté au culte et il le cite ici.
La question se pose pareillement : quelle est la place de cet
hymne dans le dialogue interreligieux ?
Colossiens 1. 13-20
(Dieu) nous a délivrés
de la puissance des ténèbres
et nous a transportés dans le royaume du Fils de son
amour,
en qui nous avons la rédemption, la rémission des
péchés.
Il est l'image du Dieu
invisible,
le premier-né de toute la création.
Car en lui ont été
créées toutes les choses
dans les cieux et sur la terre,
les visibles et les invisibles,
trônes, dignités, dominations, autorités.
Tout a été créé par lui et pour
lui.
Il est avant toutes choses,
toutes choses subsistent en lui.
Il est la tête du corps [de l'Eglise]
il est le commencement,
le premier-né d'entre les morts,
il est en tout le premier.
Dieu a voulu que toute
plénitude
habite en lui;
il a voulu par lui
réconcilier tout avec lui-même,
ce qui est sur la terre
ce qui est dans les cieux,
il a fait la paix par lui, par le sang de sa croix.
Le pasteur Konrad Raiser, en quittant ses fonctions de Secrétaire
général du Conseil œcuménique des
Églises, (Le COE réunit les Églises
chrétiennes non-catholiques, c'est-à-dire un nombre de
fidèles à peu près équivalent au nombre
de catholiques) a déclaré qu'à son avis, au
21e siècle,
« le dialogue
interreligieux est le défi majeur à relever par les
Églises ».
Imaginez
que l'un de nous ait l'idée d'aller proclamer cet hymne aux
Colossiens sur le passage d'un défilé de filles
musulmanes voilées : leurs barbus de grands frères
qui les encadrent se mettraient à crier en guise de
protestation : « allahou
akbar ! ». Le
défi majeur, à leurs yeux, ne serait certes pas le
« dialogue
interreligieux » dont
parle le pasteur Konrad Raiser mais ce qu'ils prendraient, sans doute
à juste titre, pour une agression contre leur
religion !
Imaginez
qu'on aille chanter cet hymne dans une des colonies juives
implantée dans les territoires occupés de Cisjordanie
ou dans la Ville d'Ayodya, parmi les fondamentalistes hindous
occupés à détruire la mosquée qu'ils
disent construite sur un ancien temple hindou : le
« dialogue
interreligieux » n'y
gagnerait rien !
Imaginez
malgré l'anachronisme, que Jésus rencontre Mahomet,
Moïse et le Bouddha et leur dise qu'ils doivent écouter
Paul, se convertir et reconnaître qu'il est « l'image du Dieu invisible, le
premier-né de toute la
création » et que
« toutes choses subsistent
en lui ».
- Mahomet ne protesterait-il pas en faisant valoir que
c'est bien à lui que l'ange Gabriel a dicté le saint
Coran de Dieu, que c'est bien lui à qui Dieu a accordé
le « voyage
nocturne » ?
« Gloire à
celui qui a fait voyager de nuit son serviteur (Mahomet)
de la Mosquée sacrée
(La Mecque) à la Mosquée très
éloignée (El Aqsa à Jérusalem) »
- Moïse ne répondrait-il pas que,
même à lui les juifs n'ont jamais osé attribuer
de tels titres ?
- Le Bouddha ne sourirait-il pas de cette
prétention et ne lui répondrait-il pas que tout ceci
est sans importance et qu'il vaut mieux suivre le chemin du
détachement ?
.
Il y a trois
manières de situer l'hymne de
Colossiens devant les autres religions.
L'exclusivisme
C'est une pensée qui est en
général
défendue par les fondamentalistes, qui se veulent
enracinés dans la Bible qu'ils considèrent comme la
Parole définitive de Dieu.
Il est vrai que certains textes semblent en effet opposer
radicalement le christianisme aux autres religions :
Jésus dit :
« Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul
ne vient au Père que par moi » Jean 14.6.
Pierre dit : « Il n'y a de
salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom
qui ait été donné parmi les hommes, par lequel
nous devions être sauvés. » Actes 4.12
De plus,
l'exclusivisme chrétien s'enracine également dans le
dogme de l'Incarnation qui
enseigne que Jésus n'était pas un simple mortel mais la
seconde Personne de la sainte Trinité,
c'est-à-dire Dieu lui-même incarné sous forme
humaine. Le salut de Jésus-Christ enseignait est donc
obligatoirement l'unique voie de salut.
Les exclusivistes proclameront donc l'hymne
de l'épître aux Colossiens devant les fidèles des
autres religions en cherchant, avec plus ou moins de
discrétion, à le leur faire accepter.
Mais cette position est
critiquable dans la mesure où
les paroles citées, que les fondamentalistes
privilégient, ne sont pas les seules dans la Bible. Il en est
qui sont bien plus ouvertes. Ainsi la parabole dite « des brebis et des
boucs » qui ouvre le salut
non pas à ceux qui reconnaissent la divinité de
Jésus-Christ, mais à ceux qui se sont conduits avec
fraternité à l'égard des autres
hommes :
Le roi dira à ceux qui
seront à sa droite : Venez, vous qui êtes
bénis de mon Père ; prenez possession du royaume
qui vous a été préparé dès la
fondation du monde
car j'ai eu faim, et vous m'avez
donné à manger
j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ;
j'étais étranger, et vous m'avez recueilli ;
j'étais nu, et vous m'avez vêtu ;
j'étais malade, et vous m'avez visité ;
j'étais en prison, et vous êtes venus vers
moi�
Je vous le dis en vérité,
toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces
plus petits de mes frères,
c'est à moi que vous les avez faites. Matthieu 26.31
Quant aux dogmes de la
Divinité de
Jésus-Christ et de la Trinité, ils ont
été élaborés fort tardivement par
l'Église primitive, sous l'influence de la philosophie
hellénistique :
Ce sont les conciles de Nicée en
l'an 325 et de Constantinople en
l'an 381 qui, pour contrer la pensée du théologien
Arius, ont déclaré :
« Le Fils de Dieu
est d'une même substance que le
Père »,
d'où la rédaction du symbole
dit de Nicée :
« (Le Christ est) vrai
Dieu de vrai Dieu, lumière de lumière, engendré
non pas créé, consubstantiel au
Père... »
Il est permis d'être chrétien
comme on l'était du temps de la rédaction des
Évangiles, avant ces conciles.
D'ailleurs, s'il était vrai que le
salut n'est donné qu'en Jésus-Christ par la foi en
l'Évangile que dirait-on d'Abraham et de Moïse, par
exemple, qui ne pouvaient avoir foi ni en Jésus ni en son
Évangile qu'ils ne connaissaient évidemment pas.
Pourtant l'épître aux Hébreux dit d'eux :
« C'est par la foi
qu'Abraham obéit à l'appel... c'est par la foi que
Moïse, devenu grand, refusa d'être appelé fils de
la fille du Pharaon »
Héb. 11.8
et 24.
.
L'inclusivisme
Selon cette pensée, en présence des fidèles des autres
religions, on ne chante pas l'hymne des Colossiens ouvertement , mais
intérieurement, en se disant que lorsqu'ils paraîtront
devant le Christ, ces fidèles reconnaîtront que c'est
bien lui qu'ils ont aimé sans le connaître.
L'inclusivisme été
développée par le théologien catholique Karl
Rahner et plus généralement par le Concile de
Vatican II : Les hommes ne viennent pas au monde en dehors
de l'alliance de Dieu (ce qui serait exclusiviste) mais sont au
contraire englobés, dés leur naissance, dans son
alliance et sa grâce. Les autres religions sont toutes inclues
dans le christianisme; il est patent que les hommes ressentent
inconsciemment la présence divine et qu'ils la recherchent
naturellement. Ce n'est pas leur religion particulière qui les
sauve, ils sont sauvés parce qu'ils sont religieux.
Cette position est plus tolérante que
l'exclusivisme. Elle est pourtant critiquable dans la mesure
où les fidèles bouddhistes, juifs, hindous ou musulmans
n'accepteront pas facilement de se voir considérer comme des
chrétiens anonymes et malgré eux ! Ils penseront,
à juste titre, qu'il s'agit d'une rémanence de
l'impérialisme occidental !
.
Le
pluralisme
Si l'on pense comme les
inclusivistes que le salut peut se
trouver en dehors de la connaissance de la doctrine
chrétienne, ne pourrait-on pas abandonner l'idée
traditionnelle que le christianisme est la seule voie de salut et
admettre qu'il existe une multiplicité de
chemins ?
Le théologien anglican
John
Hick, professeur à la
faculté de théologie de l'université de
Birmingham, se refuse à placer le christianisme au centre du
monde religieux. Il envisage plutôt que celui-ci a sa place
dans la grande ronde des religions gravitant autour de ce qu'il nomme
la Réalité fondamentale comme les planètes
autour du soleil. Celle-ci est au-delà de toute intelligence,
aucune religion ne peut l'atteindre, toutes les doctrines ne sont que
des élaborations humaines insuffisantes, mais chacune s'en
approche néanmoins plus ou moins à sa manière et
permet donc une véritable communion avec Dieu.
Dans cette optique, nous ne disputerons pas avec les musulmans sur
l'authenticité du Voyage nocturne de Mahomet, ni avec les
bouddhistes sur l'historicité de la pluie de fleurs et de la
musique célestes ayant accompagné la naissance
miraculeuse du Bouddha. Nous éviterons aussi d'affirmer de
manière fondamentaliste l'historicité des récits
rapportant la naissance miraculeuse de Jésus, l'étoile
des mages et le chant des anges auprès des bergers. Tous
récits ayant leur vérité symbolique mais ne
prétendant pas à une authenticité
historique.
Les pluralistes pourront-ils, plus facilement que les exclusivistes
et plus ouvertement que les inclusivistes, lire l'hymne aux
Colossiens avec les autres religions ?
.
Deux
spécificités du christianisme
Le christianisme a néanmoins deux
caractéristiques fondamentales qui nous permettront un
dialogue sympathique avec les fidèles des autres grandes
religions.
1
La croix
La croix implique que le
Christ n'a justement pas de
prétention à la perfection, à la puissance
temporelle, à la perfection réussie. Il n'est pas comme
l'Empereur de Rome. Si le christianisme a une caractéristique
par rapport aux autres religions c'est que le Christ n'a pas la
prétention d'être supérieur et unique face aux
autres chefs religieux.
- A la fin de son ministère, Jésus n'a pas cédé devant la
menace grandissante des autorités politico-religieuses de
Jérusalem : durant sa dernière tentation de
Gethsémané, il aurait pourtant pu aller trouver les
Pharisiens pour faire amende honorable et abjurer ses idées.
Il aurait également pu passer « chez les
Grecs », comme certains le
pensaient :
Sur quoi les Juifs dirent
entre eux : Où ira-t-il, que nous ne le trouvions
pas ?
Ira-t-il chez les Grecs, et enseignera-t-il les Grecs ?
Que signifie cette parole qu'il a dite :
- "Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas, et vous ne
pouvez venir où je serai" ? Jean 7.35.
Il est demeuré entièrement
fidèle à l'annonce du Royaume de Dieu.
- D'autre part il n'a pas non plus
cédé à la
tentation de la défense armée, comme certains le
pensaient :
Simon Pierre, qui avait une
épée, la tira, frappa le serviteur du souverain
sacrificateur, et lui coupa l'oreille droite.
Ce serviteur s'appelait Malchus.
Jésus dit à Pierre :
- Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je
pas la coupe que le Père m'a donnée à
boire ?
La cohorte, le tribun, et les huissiers, se saisirent alors de
Jésus, et le lièrent.
Jean 17.11
Il s'est laissé arrêter et
condamner de manière tout à fait non-violente.
Il a renoncé à la réussite de sa
carrière, à son prestige personnels, non à sa
mission et à la réalité du Royaume de Dieu.
Il s'était déjà enfui lorsqu'on voulait le faire
roi :
Jésus, sachant qu'ils
allaient venir l'enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur
la montagne, lui seul.
Il s'était rendu tellement
transparent à la Présence divine qu'en en le voyant
c'était comme si on voyait Dieu : Par exemple,
après qu'il eut guéri le paralysé, ce n'est pas
lui que l'on admire :
Tous étaient dans
l'étonnement et glorifiaient Dieu Luc 5.26.
.
Revenons à la question de son
éventuelle rencontre avec les
autres fondateurs de religions, en nous souvenant de son absence de
prétention.
- Mahomet dit :
« soyez soumis au Coran que
je révèle ».
Accomplissez les cinq piliers de l'islam que sont la confession de foi, la prière, le ramadan,
l'aumône et le pèlerinage à la
Mecque. Et il propose des
règles de conduite concrètes en plus grand nombre :
nourriture halal, foulard, etc.
- Moïse dit : entrez dans l'alliance que Dieu a conclue
avec son peuple élu, l'essentiel est le respect des
613 commandements, porter la kippa, manger cacher, prier en
hébreu, circoncire les garçons, respecter les
règles pour laver la vaisselle, allumer les bougies du sabbat
etc.
- Le Bouddha disait : cultivez votre détachement, abandonnez
toute passion et tout engagement, ainsi vous vous délivrerez
de la souffrance et vous piocherez vous-même le chemin qui
conduit au nirvana..
- Les sorciers vaudous, africains
disent : apprenez à
respecter les rites d'harmonie avec la nature, l'au-delà, les
esprits et les ancêtres...
- Mais Jésus, quant à lui, ne dit rien de tel. Il ne met rien de lui en avant.
Il est transparent à la présence divine. Aucun rite,
aucune institution humaine n'est supérieure aux autres.
Rencontrant ces maîtres de religion,
Jésus n'entrerait pas en concurrence avec eux. Il
dirait : « vous
prétendez savoir les choses secrètes, édicter
les lois et fixer les coutumes, comme si vous aviez le monopole de LA
Vérité. Moi je n'en dis pas
autant ».
Et si l'un de ces maîtres
l'appelait « bon
maître »,
Jésus répondrait :
« Ne m'appelle pas
"bon" : personne n'est bon, si ce n'est Dieu
seul ! » Luc 18.19.
Certes, l'Église est
venue, avec sa prétention,
son désir effréné de réussite, soucieuse
bien souvent d'attirer les hommes à elle plus qu'à
Dieu !
Mais Jésus nous a appris à lutter contre nos tentations
cléricales visant à nous approprier le Christ, à
le faire roi malgré lui, à lui faire éviter la
croix, comme Pierre volait le faire (« arrière de moi,
Satan » Matthieu 16.23).
La caractéristique du
christianisme est de ne chercher que
la présence du Dieu qui dit :
tu aimeras ton prochain
lève-toi et marche
va en paix
ne vous faites pas de souci
heureux ceux qui pleurent...
Le christianisme quand il est
fidèle, est, non une religion
mais une manière de se situer par rapport à Dieu. Tout
le monde, de toutes les religions, devrait se conduire de la
sorte.
2
La grâce
originelle
Le monde, dit l'hymne aux
Colossiens, est centré sur le
« Fils », créé
« en » le Fils, par lui et pour lui, subsistant
en lui, toute la plénitude du monde demeurant en
lui, n'est pas un monde « déchu » : il n'est aucunement question de péché
originel dans cet hymne, ni de perversion du monde : Ce monde
est considéré comme « en Christ ».
Vocabulaire. Acceptons d'entrer dans le langage oriental,
méditerranéen de cet hymne. Il est évidemment
plus poétique, en image que dans un style philosophique,
scientifique et rationnel. Mais la poésie, le chant sont
nécessaires pour parler des choses de Dieu. Au lieu de
« péché
originel », le
théologien anglican américain Matthew Fox proposait de
parler de « grâce
originelle » (c'est
même le titre d'un de ses livres les plus importants. Cet hymne
nous fait prendre conscience de l'intelligence divine, de l'amour, du
dynamisme créateur divin à l'œuvre dans le
monde.
- Nous ne sommes donc pas
légitimés à
nous lamenter sur le monde :
« quand on voit ce
qu'on voit et qu'on sait ce qu'on sait, n'a-t-on pas raison de penser
ce qu'on pense ? »
au lieu de se laisser influencer par les
horreurs que les journaux télévisés de la
1ère et de
la 2e chaîne nous montrent, parlant surtout
d'horreurs. Il est injuste et irritant pour le Dieu créateur
et qui aime tant ce monde de passer son temps à dire que Dieu
ne fait rien, que rien de progresse, ne pas être capable de
voir la Croix-Rouge, l'augmentation de la durée de la vie, le
rejet et l'interdiction des idéologie de haine. L'interdiction
de l'« incitation à
la haine raciale » est une
bonne chose.
Il est vrai que les récits
d'horreur plaisent et font monter
l'audimat à la TV, car bien des gens aiment mieux les
fils d'horreur et d'épouvante que les films sentimentaux.
Ce n'est d'ailleurs pas vrai pour tout le monde :
« le Fabuleux destin
d'Amélie Poulain »
ou « Good by
Lénine » en sont de
frappants contre-exemples !
Paul, ou du moins l'auteur de cet hymne ne devait pas être un
pessimiste.
Il est d'ailleurs dans la ligne de Genèse 1 :
« Dieu vit que cela
était bon », du
Psaume 104
Psaume 89.12 :
A toi le ciel,
à toi aussi la terre,
le monde et ce qui le remplit
c'est toi qui les as créés.
Ta main est puissante,
ta droite élevée.
La justice et le droit sont la base de ton trône,
la bienveillance et la vérité se tiennent devant ta
face.
Vous trouverez d'ailleurs bien d'autres
psaumes et textes disant la
même chose. On les oublie car on est habitué à
sélectionner dans la Bible les passages qui correspondent
à notre triste mentalité. Mais quand ce sont les
pasteur sou les prêtres eux-mêmes qui en arrivent
à rechercher et à sélectionner des passages
négatifs qui vont dans le sens de leur mauvais esprit, c'est
vraiment contre nature.
Quelqu'un me disait « dimanche à l'église, le
pasteur a prêché une Mauvaise Nouvelle ! Tout
était en noir ! »
Evidemment si Paul dit
vrai, si le monde est centré
sur le « Fils », créé « en » le Fils, par lui et pour lui, subsistant en lui,
toute la plénitude du monde demeurant en lui, il convient non
seulement de ne pas gémir et en dire du mal, mais aussi il
convient nous-mêmes d'entrer dans cette ambiance et de
participer à cette œuvre d'amour et de
créativité.
Il convient de ne pas céder
à la tentation permanente de pessimisme et de
paresse, d'égoïsme et de
haine. Faisons le bien et ne faisons pas le mal. Collaborons avec le
« Fils », puisque nous croyons que le monde est centré
sur lui et détournons-nous des attitudes
décentrées.
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