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Les relations entre
chrétiens et juifs

Compendium de textes protestants

 

Sous la direction de Serge Wüthrich

Fédération protestante de France


Edition Olivétan

280 pages - 18 €


Recension Gilles Castelnau

 


 

3 février 2022

Les relations judéo-protestantes sont riches d'enseignements. Un travail théologique considérable a été accompli entre ces deux traditions religieuses. L'ensemble des textes marqueurs de ces relations est présenté dans cet ouvrage réalisé à l'initiative de la Fédération protestante de France.

Avec les préfaces du grand rabbin de France, Haïm Korsia, et du président de la Fédération protestante de France, François Clavairoly, de même qu'avec une relecture juive, celle du rabbin Pauline Bebe, et protestante, celle du pasteur Alain Massini, ce compendium de textes témoigne de façon originale et heureuse de cet esprit de dialogue, de confiance et d'estime.

 

En voici quelques passages 


 

Textes protestants

Dix-sept thèses
concernant les relations de l'Église chrétienne avec le judaïsme

(Église protestante unie de Belgique, 1994)


17. Ainsi les deux, Israël et l'Église, côte à côte,peuvent prier pour - et œuvrer à la royauté e Dieu dans ce mode, en attendant en même temps les nouveaux cieux et la nouvelle terre où règneront la justice et la paix (Es 65.17s r Ap 21.1s)


Le judaïsme et le christianisme conserveront toujours leur spécificité propre et leur raison d'être. Pourtant ils peuvent travailler fraternellement ensemble sur une base religieuse commune. Le but final aussi les lie l'un à l'autre et à l'humanité entière : l'accomplissement des Alliances, le Règne de Dieu !

Le siècle approche et notre société traverse une mutation profonde. Elle sera bientôt radicalement multiraciale, multiculturelle et multireligieuse, qu'on le veuille ou non. Comment vivre ensemble dans ce monde nouveau ? Comment en arriver à une coexistence pacifique et constructive, sans renoncer à la spécificité de chaque communauté ?

 

 

 


La Parole indéfectible de Dieu

Perspectives théologiques et pratiques sur les relations entre chrétiens et juifs

Commission foi et ordre de l’Église d’Angleterre


Jésus, le judaïsme et les Écritures

[...]

Les affirmations selon lesquelles Il existe une différence entre le Dieu de colère de l'Ancien Testament et le Dieu d'amour du Nouveau Testament sont des formes contemporaines de marcionisme et doivent être combattues. Il faut veiller à ce que l'affirmation de l'unité de l'action de Dieu dans sa révélation et sa rédemption ne soit pas sapée d'une autre façon, par exemple en opposant une ancienne alliance des «oeuvres» avec une nouvelle alliance de «grâce», alors que la conclusion de l'alliance de Dieu avec l'humanité trouve sa source, dès le début, dans la grâce, la miséricorde et l'amour divins, appelant une réponse humaine de gratitude qui s'exprime dans des actes de service remplis d'amour. Lorsque les chrétiens lisent l'Ancien Testament à la lumière du Christ, ils he devraient âs considérer le Nouveau Testament comme étant en rupture et incompatible avec la révélation antérieure.

 


Textes juifs

 Dabru Emet (Dire la vérité)

Déclaration de 220 rabbins américains (10 septembre 2000)

Nous croyons que ces changements (de nouvelle fraternité) méritent une réponse juive approfondie. Parlant uniquement en notre nom propre, en tant que groupe intercommunautaire de savants juifs, nous croyons qu'il est temps pour les Juifs d'être au courant des efforts que font les Chrétiens pour rendre honneur au judaïsme. Nous croyons qu'il est temps pour les Juifs de réfléchir à ce que le judaïsme peut dire du christianisme à présent. À titre de premier pas, nous présentons huit brèves propositions concernant la manière dont Juifs et Chrétiens peuvent être en relation les uns avec les autres.


[...]

Juifs et Chrétiens doivent œuvrer ensemble pour la justice et pour la paix. Juifs et Chrétiens, chacun à leur manière, reconnaissent l'état de non-rédemption du monde, qu'illustre la persistance de la persécution, de la pauvreté, de la déchéance et de la misère humaines. Bien que la justice et la paix soient finalement l'oeuvre de Dieu, nos efforts, conjugués à ceux d'autres communautés de foi, aideront à l'instauration du royaume de Dieu dans lequel nous espérons et que nous désirons ardemment. Séparément et ensemble, nous devons travailler à apporter justice et paix à notre monde. Dans cette entreprise, nous sommes guidés par la vision des prophètes d'Israël : « Il arrivera, à la fin des jours, que la montagne de la maison du Seigneur s'élèvera au-dessus des collines. Alors de nombreuses nations afflueront vers elle   en disant : "Venez, montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob, qu'il nous enseigne ses voies et que nous suivions ses sentiers." » (Es 2.2-3).

 


 

Relectures et ouvertures

Réponse juive


La question du messianismes

Dans la Bible juive, le mot mashiah signifie oint, désigné pour une mission, mais n'a pas la dimension de sauveur que lui donnent les chrétiens. Là où la question devient une pierre d'achoppement pour le dialogue, c'est lorsque l'on essaye de lire le judaïsme avec une grille d'interprétation chrétienne. L'inverse serait vrai aussi. Et ce principe s'applique à tout dialogue. Je ne peux comprendre vraiment l'autre à partir de mes propres valeurs de référence, et c'est en cela que le dialogue est une véritable exigence. Faire différemment revient à essayer de mettre un vêtement d'une trop petite taille à quelqu'un de grande taille, cela ne marche pas.

Le noeud de la controverse est ici dans l'interprétation de ce que nous appelons le faux pas d'Adam et Ève. Dans la lecture juive, l'être humain devait désobéir pour prendre conscience de sa responsabilité et pouvoir distinguer entre le bien et le mal. L'Histoire commence à partir de ce moment-là. Selon le judaïsme, l'être humain n'a donc pas besoin de sauveur, même si l'attente d'une ère messianique se conçoit comme la participation active à l'avènement d'un monde meilleur. Certains exégètes3 sont d'avis que Dieu a incité l'être humain à désobéir, plaçant l'arbre de la connaissance du bien et du mal au centre du jardin comme une tentation à laquelle il ne pouvait résister. S'il n'y a pas de chute, la position du sauveur devient redondante. Dans une lecture plus psychologique, on peut aussi imaginer le jardin d'Éden comme l'utérus duquel l'être humain est expulsé sans possibilité de retour en arrière la vie étant une bénédiction.

 

 



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