pilier
de l'islam
18 septembre 2002
La prière manifeste notre
dépendance à l'égard du Dieu créateur. Elle
écarte le sentiment d'autosuffisance que l'on risque toujours
d'avoir : il serait prétentieux d'être sans Dieu,
de tout réduire à l'homme qui serait la mesure de toute
chose.
Ce sont des moments de la journée où l'on se
déconnecte de la vie quotidienne, qui nous occupe l'esprit et
nous éloigne de ce qui est essentiel. On se rebranche sur
l'essentiel, l'absolu, de même qu'il faut
régulièrement recharger son téléphone
portable, refaire le plein d'essence à la station service.
On a une vie matérielle pour laquelle il faut manger, dormir,
etc. On a aussi une vie spirituelle pour laquelle il faut se
reconcentrer sur ce qui est essentiel : c'est la
prière.
Il y a cinq prières par jour : au lever du soleil,
à midi, au milieu de l'après-midi, au coucher du soleil
et au moment d'aller se coucher.
La prière peut parfaitement
être individuelle, faite seul
dans n'importe quel lieu. Il est néanmoins conseillé de
la faire en commun, si cela est possible. On se met alors en rangs
derrière l'imam. L'imam est celui qui se place devant pour
guider la prière afin que chacun s'incline ou se prosterne en
même temps que les autres.
On se trouve alors en communion pour ainsi dire charnelle les uns
avec les autres, épaule contre épaule à se
toucher. C'est d'ailleurs pourquoi les hommes et les femmes sont
séparés lors de la prière. Les deux seules
exceptions à cette séparation est la prière
à Jérusalem, à la mosquée el Aqsa, sur
l'esplanade des mosquées et à la Mecque, lors du grand
pèlerinage.
La prière est le seul acte liturgique en islam.
La première chose que l'on
demande dans la prière est la
guidance, comme un aveugle qui sollicite la main de quelqu'un d'autre
pour le guider. Dieu nous réoriente peut-être dans une
autre direction que celle que nous serions tentés de suivre
par nous-mêmes.
On demande aussi la force, le dynamisme, la présence divine, le souffle
divin qui nous pénètre afin de nous rendre capables
d'accomplir les tâches auxquelles Dieu lui-même nous
appelle. Ces tâches sont celles qu'édicte le
Coran :
La piété ne
consiste pas à tourner votre face
vers l'Orient ou vers l'occident.
L'homme bon est celui qui croit en Dieu,
au dernier Jour, aux anges,
au Livre et aux prophètes.
Celui qui, pour l'amour de Dieu, donne de
son bien
à ses proches, aux orphelins, aux pauvres,
au voyageur, aux mendiants,
et pour le rachat des captifs.
Celui qui s'acquitte de la
prière,
celui qui fait l'aumône,
ceux qui remplissent leurs engagements ;
ceux qui sont patients dans l'adversité, le malheur
et au moment du danger :
Voilà ceux qui sont
justes !
Voilà ceux qui craignent Dieu. sourate 2, 177.
Les positions de la
prière rappellent que l'homme
se situe dans le cosmos :
On est debout comme les arbres et les montagnes.
On s'incline comme les animaux.
On se prosterne et on se relève comme les astres.
On met le front sur le sol duquel tout être vivant tire sa
vie.
Le rythme que l'on suit est solaire : lever du soleil,
zénith, après-midi, coucher du soleil et nuit.
Plus on avance dans la journée plus les prières sont
rapprochées. Comme pour dire l'impermanence de ce monde et
l'imminence de l'autre monde qui vient.
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Le jeûne du
ramadan
3e pilier de l'islam
Ramadan est le nom d'un mois du
calendrier arabe, lors duquel le
Coran a été révélé à
Mohammed. C'est un mois au cours duquel on essaye de limiter
l'influence des instincts naturels de l'homme. Notre corps nous
appelle à manger, à boire, à dormir. Durant le
mois de ramadan, on se soustrait à ces demandes du corps,
entre le lever et le coucher du soleil, suivant le rythme cosmique.
On s'abstient de manger, de boire et d'avoir des relations sexuelles.
Durant ce mois on se concentre sur
l'essentiel, on recherche l'absolu,
le spirituel qui est en nous et on laisse de côté
l'aspect charnel de notre être. C'est l'esprit qui reprend le
dessus sur le corps, afin de se rapprocher le plus possible de
Dieu.
La différence avec le carême catholique est que celui-ci
est vécu dans un ascétisme, dans un renoncement, en
communion avec le Christ crucifié, alors que le jeûne du
ramadan est vécu dans une ambiance de bonheur.
Il ne s'agit d'ailleurs pas de faire une véritable fête
le soir, comme certains le font bien à tort. Certes, on rompt
le jeûne en famille le soir, mais il ne s'agit pas de se
gaver.
A la fin du mois on fête l'Aïd-el-Fitr
(à ne pas confondre avec l'Aïd-el-Kébir qui est la fête du sacrifice du mouton en
mémoire du geste d'Abraham).
Durant ce mois de Ramadan, on se centre sur tous les actes qui sont parfois
négligés pendant les autres mois de
l'année : penser aux autres, aux pauvres, connaître
la situation de ceux qui sont pauvres et n'ont pas à manger en
suffisance. Même les riches apprennent ainsi ce que signifie
manquer de nourriture et de l'essentiel.
Lorsqu'à Barbès ou ailleurs des musulmans offrent, lors
de l'Aïd-el-Fitr à manger à tous ceux qui passent, sans
distinction de religion, cette ouverture est le signe que les devoirs
des musulmans que cite le Coran s'adressent à tous les humains
et pas seulement aux seuls musulmans.
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L'aumône
(zaka)
4e pilier de l'islam
Cette aumône ne consiste pas
seulement à donner un
pièce à un mendiant dans la rue. Ces
aumônes-là sont en plus. Dans son livre les Musulmans et la
laïcité Tarek Ramadan a
nommé cette aumône
« impôt social
purificateur ».
- C'est un impôt
prélevé non seulement sur le revenu mais sur le
patrimoine : Le musulman doit faire chaque année
l'inventaire de son patrimoine et en donner environ 2,5 % aux
pauvres et aux nécessiteux.
- Un impôt social dans la
mesure où il représente un transfert des plus
aisés aux plus défavorisés.
- Purificateur dans la
mesure où il met en relation le devoir envers Dieu au devoir
envers les autres qui ont un droit sur ce que vous
possédez.
L'islam n'oblige pas à ce que la zaka soit donnée à
des autorités religieuses qui n'existent d'ailleurs pas. En
France une partie des impôts que l'on paye à
l'État peut être considérée comme faisant
partie de la zaka à cause des mesures sociales
financées par l'impôt.
On touche du doigt à ce propos l'absence d'autorités
religieuses dans l'islam. Certes les communautés nomment leur
imam parmi les hommes érudits et le réélisent
chaque année. Cette autorité est voulue et
nommée par la base de manière concertée. Mais
l'aumône ne passe pas nécessairement par l'imam.
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Le pèlerinage
à la Mecque
5e pilier de l'islam
Chaque musulman doit le faire une fois
dans sa vie. J'attends
personnellement d'être plus mûr pour le faire. Il s'agit
d'un moment où l'on vit concrètement la
communauté l'« oumma ». On converge tous vers le même point, la
Mecque, où a commencé la révélation du
Coran. Quelles que soient nos origines sociales, raciales, ethniques
(il y a des musulmans indonésiens, sénégalais,
turcs, yougoslaves, chinois).
Avant de pénétrer dans
l'enceinte, on supprime tous les
signes distinctifs, les hommes se rasent les cheveux, les femmes
mettent un voile sur leurs cheveux, on ôte tous les bijoux, les
montres, on revêt tous le même tissu blanc. Même la
séparation habituelle lors de la prière entre hommes et
femmes est supprimée à la Mecque.
On se trouve au-delà de la division artificielle entre
nations, classes sociales etc. Toutes les générations,
toutes les couleurs, toutes les classes sociales sont ainsi
réunies ; on prie ensemble, on mange ensemble, on dort
ensemble : c'est l'« oumma », la communauté rêvée, telle
qu'elle pourrait exister partout et tous le temps. Ce terme
désigne la communauté maternelle : « oumma » est de la même racine que « mère » : « maman » se dit « oummi » en arabe.
Pendant le mois que dure le
pèlerinage on vit la
réalité de l'« oumma » et ceux qui en reviennent rapportent qu'ils en ont
été surpris, marqués et changés en
profondeur. C'est à cause de cette ferveur et de cette
intensité spirituelle que les touristes et les non-musulmans
ne sont pas acceptés à la Mecque. Les lieux aussi sont
sacrés, car c'est là que s'est passé
l'avènement de l'islam ; c'est là que le nom de
Dieu est invoqué.
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Conception de
l'homme
dans l'islam
23 septembre 2002
Dieu dit de l'homme « Nous lui insufflâmes de notre
Esprit » sourate 15.29.
Cela fait penser à la parole de la Genèse
« Dieu créa l'homme
à son image ».
Genèse 1.27. Il y a donc une
part d'absolu, quelque chose de divin en chaque être humain qui
lui permet donc de concevoir l'Absolu. Qui lui donne également
une volonté libre qui le rend capable de choisir le chemin
à l'Absolu. L'islam ignore la notion de péché
originel rendant l'homme incapable de comprendre Dieu.
Le message coranique se présente comme un vérité
(je ne dis pas La Vérité) qui interpelle
l'intelligence. Il se présente aussi comme une loi (la charia)
interpellant la volonté libre de l'homme.
L'islam ne fait aucune
différence entre la nature de
l'homme et celle de la femme. Il y a naturellement eu des
différences sociologiques à un moment donné et
selon les cultures différentes ; mais ces
différences ne se justifient pas lorsque les coutumes
évoluent. Ainsi dans notre civilisation technologique, la
différence de force musculaire ne joue plus le même
rôle qu'autrefois et il est normal que la femme acquière
donc de nouveaux droits qu'elle n'avait pas au temps où
c'était l'homme qui devait protéger la famille.
Malheureusement cette évolution, qui est admise en occident,
se fait attendre dans un grand nombre de pays musulmans.
Il faudrait davantage s'efforcer de
distinguer ce qui, dans le Coran,
est absolu et immuable et ce qui est explicable par l'histoire et la
culture et qui peut donc être abandonné.
D'ailleurs dans tel ou tel pays africain, la situation de la femme
n'est pas très différente dans les milieux animistes ou
chrétiens de ce qu'elle est dans les milieux musulmans.
Un certain nombre de théologiens musulmans, de grands
penseurs, parlent et écrivent pour revisiter les textes et
dénoncer les dérives antiféministes. Mais les
médias ne s'en font l'écho ni dans les pays musulmans
ni en occident.
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Les petits piliers
de l'islam
« O vous qui avez cru :
les boissons enivrantes, le jeu, la divination et le tirage au sort
sont des actes impurs, de ceux que fait Satan, évitez-les,
peut-être récolterez-vous le
succès »
Sourate 5.90.
- L'alcool. Certes, avant ce verset, d'autres passages
étaient plus tolérants à l'égard de
l'alcool :
« Ils t'interrogent
à propos des boissons alcoolisées, dis-leur : il y
a certainement en elles plus d'inconvénients que d'avantages
» sourate
2,219
« N'approchez pas de la
prière sans savoir ce que vous
dites » 4,43 ce qui
implique que l'on ne soit pas ivre.
Le premier verset cité qui vient
après les deux autres, les corrige et a donc force de
loi.
Fumer n'est évidemment pas
mentionné dans le Coran mais pose à certains musulmans
un problème dans la mesure où cela nuit à la
santé.
- Le jeu. Le loto, le tiercé etc sont interdits. Les
courses de chevaux ne sont pas interdites, ce qui l'est par contre
est le pari que l'on peut faire sur leur résultat.
- La
divination. Malgré
l'existence des marabouts, toute voyance est interdite par le Coran.
Le tirage au sort entre dans cette catégorie interdite
à cause de son utilisation dans la prise de décision de
tel ou tel sujet.
- Le porc. L'interdiction de consommation de viande de porc
n'est pas tant une question d'hygiène qu'un acte symbolique.
L'islam attache une grande importance à la pureté
rituelle. Ainsi les ablutions sont-elles nécessaires avant la
prière. Le porc est considéré comme animal impur
dans la mesure où on a l'impression qu'il mange n'importe quoi
et vit dans des conditions sales. Ne pas en manger est symbole de
désir de pureté, de refus de la saleté. Il ne
faut tout de même pas oublier la miséricorde de Dieu et
il est écrit que celui qui serait contraint de manger du porc
ne serait pas rejeté par Dieu pour autant car « Dieu est
miséricordieux »
.
Le Jugement final
le paradis et l'enfer
« Celui qui ne croit pas en
Dieu, en ses anges, en ses livres, en ses messagers, et au Dernier
Jour est dans un égarement
manifeste » sourate 4, 136.
Le Jugement dernier est donc une vérité
révélée à laquelle il faut croire. La
justice de notre monde est relative. Nous en avons tous fait
l'expérience. Au-dessus de cette justice relative, il y a une
justice absolue qui ne fait pas d'erreur. Hitler ne peut pas se
suicider et être quitte ; non plus que les oppresseurs qui ont
maltraité et spolié leur prochain et fini leur vie
tranquillement.
Le Paradis est un endroit
paisible, agréable. Dieu
s'adresse à une communauté arabe, à des
bédouins du désert et il utilise pour eux les images
qui sont les leurs : ruisseaux, jardins, fruits à profusion,
belles femmes. Il y aura même du vin !
Quant à l'enfer il est décrit comme d'une chaleur
intolérable et sans eau, ce qui est le pire pour un
bédouin. Par contre, une description scandinave ancienne
décrit un enfer glacé, ce que craignaient
évidemment les Lapons.
La plupart des juristes et des théologiens musulmans sont
d'accord pour penser que le Dieu miséricordieux ne condamnera
pas à perpétuité. Dieu pardonne tout et
toujours. Même si on passe par une station spirituelle
« infernale » elle ne durera pas à toujours.
.
Le voyage nocturne
de Mohammed
« Gloire à celui qui a
fait voyager de nuit son serviteur de la mosquée sacrée
à la mosquée très éloignée dont
nous avons béni l'enceinte, ceci pour lui montrer certains de
nos signes » sourate 17,1. La « mosquée
sacrée » est la
Kaaba à la Mecque et la mosquée « très
éloignée »
est El Aqsa sur l'esplanade des mosquée à
Jérusalem.
La tradition rapporte que l'archange Gabriel s'est présenté
à Mohammed à la Mecque, a ouvert sa poitrine pour lui
laver le coeur car on ne peut s'approcher de Dieu sans avoir le coeur
pur. Mohammed monte alors une monture céleste, « Bouraq » et ils vont tous deux à Jérusalem.
Depuis le dôme du Rocher, il se produit une ascension.
Mohammed, dit-on, a laissé la trace de son pas dans le rocher.
Mohammed, toujours accompagné de Gabriel arrive au
septième ciel. A un certain point Gabriel s'arrête car
il ne doit pas aller plus loin. Le Prophète avance seul
jusqu'à l'endroit où l'on entend la plume avec laquelle
Dieu écrit dans le Livre des destinées du monde. C'est
pourquoi on dit « mekhtoub » :
« c'est écrit. » Dieu lui révèle alors les piliers de
l'islam et en particulier la prière.
Lorsqu'il redescend vers Jérusalem, il rencontre tous les
prophètes : Adam, Abraham, Noé, Moïse,
Jésus et les guide dans la prière en tant que leur
imam. Puis il rentre à la Mecque.
Ce voyage est la confirmation
qu'il appartient à la
fraternité des grands prophètes. La
véracité de son message est ainsi validée. Dieu
ne fait pas de différence entre les grands prophètes.
Les musulmans ne font pas de différence entre les
prophètes, nous les aimons tous et nous écoutons leur
message. Nous pensons que le message coranique inclut tout ce qu'il y
a de bon dans le judaïsme et dans le christianisme et
peut-être même ailleurs dans d'autres traditions
religieuses.
.
La spiritualité
soufie
Elle n'est pas un courant à part
de l'Islam ; elle en est le coeur,
la colonne vertébrale. Dès le début de l'islam
on voit le Prophète se retirer dans la solitude pour
méditer. Il attachait de l'importance à
l'ascétisme, au renoncement, au « départ ».
Il y a, évidemment, des éléments communs avec
les contemplatifs catholiques mais l'islam ignore la médiation
de la personne de Jésus, de la vie « en Christ ». La mystique musulmane se fonde sur l'affirmation du
Coran :
« Nous avons
insufflé de notre Esprit en
l'homme » sourate 15.29.
Ainsi chaque homme a en lui une part
d'absolu et le but du Soufi, du
mystique musulman est d'aller chercher au fond de soi cette part
d'absolu dans la méditation et de la faire rejaillir comme
l'eau d'une source. La transcendance de l'homme vient de la
présence du divin en lui.
Le terme de soufi, vient du mot arabe « souf » qui signifie coton, en raison du pagne de coton que
portent les soufis.
Les grands textes mystiques musulmans
sont d'ailleurs publiés et se
trouvent en librairie. Ainsi les oeuvres de Djalal Al-Din Rumi
(1207-1273) fondateur de la confrérie des « derviches
tourneurs », aux
éditions du Rocher, celles de l'Andalou Ibn Al- Arabi (1165-1241), sans oublier l'émir
Abd El Kader, le grand opposant à la
pénétration française en Algérie
en 1830.
Je voudrais aussi citer une femme, Rabia Nabaouïa,
la mystique de Bagdad, qui sortait dans la rue en portant une torche
et un seau d'eau pour, disait-elle, incendier le paradis et
éteindre l'enfer, afin que les être humains n'agissent
plus que par pur amour de Dieu :
« Il ne faut faire
les choses que pour l'amour de Dieu » sourate
2,177.
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La charia
La charia a mauvaise
presse dans l'opinion dans la mesure
où elle évoque les condamnations à la lapidation
au Nigéria ou les mains coupées en Arabie Saoudite. En
fait le mot charia ne se trouve pas dans le Coran et celui-ci ne se
réduit pas à un code pénal : sur ses
6236 versets, seulement 228 ont un caractère
juridique et 30 un caractère pénal.
La charia ne doit pas être réduite à un certain
nombre de règles édictées à un moment
donné dans un contexte particulier, et pour des faits
particuliers, comme la lapidation punissant l'adultère ou la
main coupée punissant le vol.
La charia distingue
clairement les principes absolus et
leur application concrète toujours relative et
décidée en fonction du contexte, de la culture du lieu
et du temps. Un juge au Nigeria serait parfaitement fidèle
à la Charia en décidant de ne pas lapider la femme
adultère ou en Arabie saoudite de ne pas couper la main des
voleurs. D'ailleurs on condamne à la lapidation au Nigeria,
mais par exemple ni Maroc ni en Tunisie. C'est plutôt le
problème de la civilisation actuelle nigériane,
saoudite et afghane que le problème de l'Islam en
général. On pourrait en dire sans doute autant d'autres
religions.
Quant aux musulmans vivant, par exemple
en France où la loi
française n'est pas la charia musulmane, ils
n'éprouvent pas de difficulté spirituelle :
l'islam a prévu e cas où musulmans ne soient pas
majoritaires et doivent alors respecter la loi du pays où ils
vivent.
Il y a eu en France des problèmes avec le sacrifice des
moutons. Mais cette question semble se régler facilement
dès lors que la construction d'abattoir convenables est
décidée : les musulmans s'y rendent volontiers et
ne sacrifient plus les bêtes dans leur baignoire ! Il est
facile d'aménager des endroits propres, avec des jets d'eau
qui ne gêneront personne.
De même, l'aménagement de carrés musulmans dans
les cimetières est toujours possible qui permettent d'enterrer
les musulmans face à la Mecque.
.
Le djihad
Le djihad est « l'effort dans le chemin de
Dieu ». La guerre pour la
défense de la communauté est l'un de ces efforts mais
le djihad ne se réduit pas à la guerre ! Au retour
d'une bataille, le Prophète a dit à ses
compagnons : « Nous
venons d'accomplir le petit djihad » mais le vrai djihad est la lutte contre soi
même pour devenir meilleur.
Quant à la défense de la
communauté, la « Oumma », les musulmans français se demanderont :
« que faire si la France
entre en conflit avec un pays
musulman ? ». La
réponse dépendra de la justice de la cause. Ainsi
lorsque la France a attaqué l'Irak en 1991, des
Français n'ont pas raisonné autrement. Le ministre des
Armées lui-même a démissionné pour
manifester son désaccord avec cette guerre. Tous doivent
s'interroger sur la justesse des raisons motivant le conflit.
L'objection de conscience existe.
Il est vrai qu'un certain nombre de
musulmans, très minoritaires,
se sentent agressés par l'hégémonie occidentale,
américaine en particulier et croient pouvoir parler de djihad.
Ainsi Ben Laden. C'est à nous d'y réfléchir.
Personnellement je me sens effectivement agressé. Mais je
considère qu'il s'agit d'une attaque idéologique et non
pas militaire ; ce n'est donc pas en faisant sauter des bombes ou
précipiter des avions sur des tours qu'il convient d'y faire
face.
Conclusion
« Ne discute avec les gens du
livre que de la manière la plus courtoise, sauf ceux d'entre
eux qui sont injustes ; dites "nous croyons en ce qui est
descendu vers vous (la
Bible) et en ce qui est descendu vers
nous" (le Coran). Ensuite dites : "notre Dieu, qui est votre
Dieu est unique et nous lui sommes
soumis" ». sourate 29,46.
Les polémiques qui existent entre
musulmans et chrétiens
existent également entre les chrétiens
eux-mêmes : ainsi les difficiles questions concernant la
filialité divine de Jésus, la Trinité,
l'historicité et l'inspiration de la Bible etc... Que les
musulmans entrent dans ces débats ne doit pas poser de
problème particulier.
« Oh gens du Livre venez
à une parole commune entre vous et nous, à ce que nous
n'adorions que Dieu, à ce que nous ne lui associons personne,
à ce que nul parmi nous ne lui donne d'égal. Si
(les
chrétiens) s'en
détournent dites-leur : "nous demeurerons
soumis" »
Transcription
Christophe
Avellaneda
et Gilles Castelnau
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