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L'islam

Mohammed El Mrini

Interview par Gilles Castelnau
sur la radio Fréquence protestante

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La confession de foi

1er pilier de l'islam

 

11 septembre 2002
La profession de foi
est le premier « pilier » de l'islam. Elle est appelée la chahada en arabe, c'est à dire le témoignage. On témoigne :

Il n'y a de Dieu que Dieu et Mohammed est son messager

Les quatre autres « piliers » sont la prière, le jeune du Ramadan, l'impôt social purificateur et le pèlerinage.

La profession de foi un piliers individuel, intime, personnel, alors que les autres piliers sont davantage communautaires. Ils ont toujours deux aspects, un devoir envers Dieu, et en même temps un devoir envers les autres hommes, de la communauté, et même au-delà de la communauté. Le premier pilier est intime parce qu'il relève du cheminement intérieur.
Certes, les musulmans reçoivent dans leurs familles une éducation traditionnelle musulmane, comme c'est le cas pour les chrétiens pour les juifs ou pour toute autre confession.
Mais arrive un moment, après un cheminement personnel, où il importe de prendre conscience de sa propre condition et où l'on devient effectivement « témoin ».

On dit :

Achahadou La illaha il Allah. Wha achahadou annah Mohammed rasoul Allah.
Je témoigne qu'il n'y a de Dieu que Dieu, et que Mohammed est le messager de Dieu.

La chahada doit être dite avec sincérité et non pas comme Jésus reprochait à certains en disant :

Ceux-ci m' honorent des lèvres mais leur coeur est loin de moi

Lorsqu'un enfant naît on lui souffle cette formule dans l'oreille et aussi dans l'oreille des mourants lorsqu'ils ne sont plus capables de la répéter par eux-mêmes. Mais naturellement l'important est l'adhésion intime à cette profession de foi, de la Créature à son Créateur.
Il y un âge où le jeune peut participer à la prière avec les adultes.Jusque là il a été élevé tant bien que mal ; on lui a transmis tout ce que nous pensons être bon. Arrivé à l'adolescence, un jeune a forcément des doutes, il cherche, jusqu'à ce qu'il ait personnellement conscience d'être lui-même musulman et non pas seulement d'être enraciné dans une tradition impersonnelle. C'est alors qu'il dit la confession de foi avec sincérité.

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Dans le Coran, Dieu interpelle l'être humain sur sa foi :

Nous (Dieu) leur montrerons bientôt nos Signes
dans l'univers et en eux mêmes,
jusqu'à ce qu'ils voient clairement
que ceci est vérité.
Ne suffit-il pas que ton Seigneur
soit témoin de toute chose ?
sourate 41, 53

Ces multiples interpellations conduisent tout naturellement à la confession de foi personnelle, la chahada qui est au plus profond de nous.

Il n'y a de Dieu que Dieu et Mohammed est le messager de Dieu

 

La confession de foi est le moteur de toute notre existence :

La piété ne consiste pas à tourner votre face
vers l'Orient ou vers l'occident.
L'homme bon est celui qui croit en Dieu,
au dernier Jour, aux anges,
au Livre et aux prophètes.
Celui qui, pour l'amour de Dieu, donne de son bien
à ses proches, aux orphelins, aux pauvres,
au voyageur, aux mendiants,
et pour le rachat des captifs.
Celui qui s'acquitte de la prière,
celui qui fait l'aumône,
ceux qui remplissent leurs engagements ;
ceux qui sont patients dans l'adversité, le malheur
et au moment du danger :
Voilà ceux qui sont justes !
Voilà ceux qui craignent Dieu.
sourate 2, 177

Ce verset qui rappelle ce qu'est l'essentiel de l'humanité, est un de ceux qui me stimulent le plus. Il empêche de tomber dans le formalisme, dans la foi des dévots.
Au moment de commencer la prière, c'est justement par la récitation de la chahada que l'on commence. Elle se fait debout et dans une attitude humble pour bien montrer que cette parole nous dépasse.

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Mohammed est le prophète

Le terme exact est rasoul, le messager. Mohammed a été l'intermédiaire, le transmetteur de la parole de Dieu qu'est le Coran aux hommes.
La parole de Dieu qui se situe au niveau de l'absolu s'incarne dans un vocabulaire, dans des mots. Elle est irruption de Dieu dans l'histoire des hommes. Et lorsque elle passe de l'absolu au relatif, elle en épouse le réceptacle géographique et culturel qui l'a transmise. Elle entre, pour ainsi dire, dans un réceptacle plus petit que n'était l'absolu et subit forcément une perte de sens. D'où les nombreux problèmes d'interprétation, de compréhension et d'incompréhension qui en découlent.

Le Coran est la parole de Dieu et Mohammed est le transmetteur. Dans le christianisme, la parole de Dieu est Jésus dans ses actions, ses paroles humaines et la Bible est le transmetteur.
La Bible a le même rôle de transmetteur que Mohammed dans l'islam. Le Coran représente la Parole de Dieu qu'est Jésus dans le christianisme. On peut donc comparer la Bible à Mohammed, le Coran à Jésus et non le Coran à la Bible et Jésus à Mohammed.

Le Coran lui-même reconnaît d'ailleurs Jésus comme Parole de Dieu :

Les anges dirent :
O Marie !
Dieu t'annonce
La bonne nouvelle d'un Verbe émanant de lui.
Sourate 3, 45

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Il n'y a de Dieu que Dieu

 

S'il y avait d'autres dieux que Dieu, s'il y avait plusieurs absolus ce serait le chaos. Dieu est l'Absolu, il est impalpable. On lui reconnaît des attributs, il a 99 noms : le miséricordieux, le puissant, l'omniscient... et le centième nom est Allah, qui signifie Dieu en arabe.
Musulmans, chrétiens et juifs affirment pareillement le Dieu unique :

Ne discute avec les gens du Livre
que de la manière la plus courtoise
Dites :
Nous croyons en ce qui a été descendu vers nous,
et à ce qui est descendu vers vous.
Notre Dieu qui est votre Dieu est unique
et nous lui sommes soumis.
Sourate 29, 46

Dieu lui même nous dit que c'est le même Dieu qui s'est fait connaître aux uns et aux autres.

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Toutes les sourates, sauf une, commencent par la même affirmation

Au nom de Dieu
celui qui fait miséricorde
le Miséricordieux.

Même dans le récit de la déchéance d'Adam, la miséricorde de Dieu est affirmée :

Adam... revint à Dieu repentant.
Dieu est, en vérité, celui qui revient sans cesse
vers le pécheur repentant.
Il est miséricordieux.
sourate 2.37

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J'emprunte le dernier mot de ce chapitre à l'Évangile de Jean :

Je suis le pain de vie, celui qui vient à moi n'aura jamais faim,
et celui qui croit en moi n'aura jamais soif.
Jean 6.35.

Et cette soif qu'il étanche n'est autre que la soif d'absolu.

 

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La prière

2e pilier de l'islam

 

18 septembre 2002
La prière manifeste notre dépendance
à l'égard du Dieu créateur. Elle écarte le sentiment d'autosuffisance que l'on risque toujours d'avoir : il serait prétentieux d'être sans Dieu, de tout réduire à l'homme qui serait la mesure de toute chose.
Ce sont des moments de la journée où l'on se déconnecte de la vie quotidienne, qui nous occupe l'esprit et nous éloigne de ce qui est essentiel. On se rebranche sur l'essentiel, l'absolu, de même qu'il faut régulièrement recharger son téléphone portable, refaire le plein d'essence à la station service.
On a une vie matérielle pour laquelle il faut manger, dormir, etc. On a aussi une vie spirituelle pour laquelle il faut se reconcentrer sur ce qui est essentiel : c'est la prière.
Il y a cinq prières par jour : au lever du soleil, à midi, au milieu de l'après-midi, au coucher du soleil et au moment d'aller se coucher.

La prière peut parfaitement être individuelle, faite seul dans n'importe quel lieu. Il est néanmoins conseillé de la faire en commun, si cela est possible. On se met alors en rangs derrière l'imam. L'imam est celui qui se place devant pour guider la prière afin que chacun s'incline ou se prosterne en même temps que les autres.
On se trouve alors en communion pour ainsi dire charnelle les uns avec les autres, épaule contre épaule à se toucher. C'est d'ailleurs pourquoi les hommes et les femmes sont séparés lors de la prière. Les deux seules exceptions à cette séparation est la prière à Jérusalem, à la mosquée el Aqsa, sur l'esplanade des mosquées et à la Mecque, lors du grand pèlerinage.
La prière est le seul acte liturgique en islam.

La première chose que l'on demande dans la prière est la guidance, comme un aveugle qui sollicite la main de quelqu'un d'autre pour le guider. Dieu nous réoriente peut-être dans une autre direction que celle que nous serions tentés de suivre par nous-mêmes.

On demande aussi la force, le dynamisme, la présence divine, le souffle divin qui nous pénètre afin de nous rendre capables d'accomplir les tâches auxquelles Dieu lui-même nous appelle. Ces tâches sont celles qu'édicte le Coran :

La piété ne consiste pas à tourner votre face
vers l'Orient ou vers l'occident.
L'homme bon est celui qui croit en Dieu,
au dernier Jour, aux anges,
au Livre et aux prophètes.

Celui qui, pour l'amour de Dieu, donne de son bien
à ses proches, aux orphelins, aux pauvres,
au voyageur, aux mendiants,
et pour le rachat des captifs.

Celui qui s'acquitte de la prière,
celui qui fait l'aumône,
ceux qui remplissent leurs engagements ;
ceux qui sont patients dans l'adversité, le malheur
et au moment du danger :

Voilà ceux qui sont justes !
Voilà ceux qui craignent Dieu. sourate 2, 177.

Les positions de la prière rappellent que l'homme se situe dans le cosmos :
On est debout comme les arbres et les montagnes.
On s'incline comme les animaux.
On se prosterne et on se relève comme les astres.
On met le front sur le sol duquel tout être vivant tire sa vie.
Le rythme que l'on suit est solaire : lever du soleil, zénith, après-midi, coucher du soleil et nuit.
Plus on avance dans la journée plus les prières sont rapprochées. Comme pour dire l'impermanence de ce monde et l'imminence de l'autre monde qui vient.

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Le jeûne du ramadan

3e pilier de l'islam

 

Ramadan est le nom d'un mois du calendrier arabe, lors duquel le Coran a été révélé à Mohammed. C'est un mois au cours duquel on essaye de limiter l'influence des instincts naturels de l'homme. Notre corps nous appelle à manger, à boire, à dormir. Durant le mois de ramadan, on se soustrait à ces demandes du corps, entre le lever et le coucher du soleil, suivant le rythme cosmique. On s'abstient de manger, de boire et d'avoir des relations sexuelles.

Durant ce mois on se concentre sur l'essentiel, on recherche l'absolu, le spirituel qui est en nous et on laisse de côté l'aspect charnel de notre être. C'est l'esprit qui reprend le dessus sur le corps, afin de se rapprocher le plus possible de Dieu.
La différence avec le carême catholique est que celui-ci est vécu dans un ascétisme, dans un renoncement, en communion avec le Christ crucifié, alors que le jeûne du ramadan est vécu dans une ambiance de bonheur.
Il ne s'agit d'ailleurs pas de faire une véritable fête le soir, comme certains le font bien à tort. Certes, on rompt le jeûne en famille le soir, mais il ne s'agit pas de se gaver.
A la fin du mois on fête l'Aïd-el-Fitr (à ne pas confondre avec l'Aïd-el-Kébir qui est la fête du sacrifice du mouton en mémoire du geste d'Abraham).

Durant ce mois de Ramadan, on se centre sur tous les actes qui sont parfois négligés pendant les autres mois de l'année : penser aux autres, aux pauvres, connaître la situation de ceux qui sont pauvres et n'ont pas à manger en suffisance. Même les riches apprennent ainsi ce que signifie manquer de nourriture et de l'essentiel.
Lorsqu'à Barbès ou ailleurs des musulmans offrent, lors de l'Aïd-el-Fitr à manger à tous ceux qui passent, sans distinction de religion, cette ouverture est le signe que les devoirs des musulmans que cite le Coran s'adressent à tous les humains et pas seulement aux seuls musulmans.

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L'aumône

(zaka)

4e pilier de l'islam

 

Cette aumône ne consiste pas seulement à donner un pièce à un mendiant dans la rue. Ces aumônes-là sont en plus. Dans son livre les Musulmans et la laïcité Tarek Ramadan a nommé cette aumône « impôt social purificateur ».
C'est un impôt prélevé non seulement sur le revenu mais sur le patrimoine : Le musulman doit faire chaque année l'inventaire de son patrimoine et en donner environ 2,5 % aux pauvres et aux nécessiteux.
Un impôt social dans la mesure où il représente un transfert des plus aisés aux plus défavorisés.
Purificateur dans la mesure où il met en relation le devoir envers Dieu au devoir envers les autres qui ont un droit sur ce que vous possédez.

L'islam n'oblige pas à ce que la zaka soit donnée à des autorités religieuses qui n'existent d'ailleurs pas. En France une partie des impôts que l'on paye à l'État peut être considérée comme faisant partie de la zaka à cause des mesures sociales financées par l'impôt.
On touche du doigt à ce propos l'absence d'autorités religieuses dans l'islam. Certes les communautés nomment leur imam parmi les hommes érudits et le réélisent chaque année. Cette autorité est voulue et nommée par la base de manière concertée. Mais l'aumône ne passe pas nécessairement par l'imam.

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Le pèlerinage à la Mecque

5e pilier de l'islam

 

Chaque musulman doit le faire une fois dans sa vie. J'attends personnellement d'être plus mûr pour le faire. Il s'agit d'un moment où l'on vit concrètement la communauté l'« oumma ». On converge tous vers le même point, la Mecque, où a commencé la révélation du Coran. Quelles que soient nos origines sociales, raciales, ethniques (il y a des musulmans indonésiens, sénégalais, turcs, yougoslaves, chinois).

Avant de pénétrer dans l'enceinte, on supprime tous les signes distinctifs, les hommes se rasent les cheveux, les femmes mettent un voile sur leurs cheveux, on ôte tous les bijoux, les montres, on revêt tous le même tissu blanc. Même la séparation habituelle lors de la prière entre hommes et femmes est supprimée à la Mecque.
On se trouve au-delà de la division artificielle entre nations, classes sociales etc. Toutes les générations, toutes les couleurs, toutes les classes sociales sont ainsi réunies ; on prie ensemble, on mange ensemble, on dort ensemble : c'est l'« oumma », la communauté rêvée, telle qu'elle pourrait exister partout et tous le temps. Ce terme désigne la communauté maternelle : « oumma » est de la même racine que « mère » : « maman » se dit « oummi » en arabe.

Pendant le mois que dure le pèlerinage on vit la réalité de l'« oumma » et ceux qui en reviennent rapportent qu'ils en ont été surpris, marqués et changés en profondeur. C'est à cause de cette ferveur et de cette intensité spirituelle que les touristes et les non-musulmans ne sont pas acceptés à la Mecque. Les lieux aussi sont sacrés, car c'est là que s'est passé l'avènement de l'islam ; c'est là que le nom de Dieu est invoqué.

 

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Conception de l'homme
dans l'islam

23 septembre 2002
Dieu dit de l'homme
« Nous lui insufflâmes de notre Esprit » sourate 15.29. Cela fait penser à la parole de la Genèse « Dieu créa l'homme à son image ». Genèse 1.27. Il y a donc une part d'absolu, quelque chose de divin en chaque être humain qui lui permet donc de concevoir l'Absolu. Qui lui donne également une volonté libre qui le rend capable de choisir le chemin à l'Absolu. L'islam ignore la notion de péché originel rendant l'homme incapable de comprendre Dieu.
Le message coranique se présente comme un vérité (je ne dis pas La Vérité) qui interpelle l'intelligence. Il se présente aussi comme une loi (la charia) interpellant la volonté libre de l'homme.

L'islam ne fait aucune différence entre la nature de l'homme et celle de la femme. Il y a naturellement eu des différences sociologiques à un moment donné et selon les cultures différentes ; mais ces différences ne se justifient pas lorsque les coutumes évoluent. Ainsi dans notre civilisation technologique, la différence de force musculaire ne joue plus le même rôle qu'autrefois et il est normal que la femme acquière donc de nouveaux droits qu'elle n'avait pas au temps où c'était l'homme qui devait protéger la famille. Malheureusement cette évolution, qui est admise en occident, se fait attendre dans un grand nombre de pays musulmans.

Il faudrait davantage s'efforcer de distinguer ce qui, dans le Coran, est absolu et immuable et ce qui est explicable par l'histoire et la culture et qui peut donc être abandonné.
D'ailleurs dans tel ou tel pays africain, la situation de la femme n'est pas très différente dans les milieux animistes ou chrétiens de ce qu'elle est dans les milieux musulmans.
Un certain nombre de théologiens musulmans, de grands penseurs, parlent et écrivent pour revisiter les textes et dénoncer les dérives antiféministes. Mais les médias ne s'en font l'écho ni dans les pays musulmans ni en occident.

 

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Les petits piliers
de l'islam

« O vous qui avez cru : les boissons enivrantes, le jeu, la divination et le tirage au sort sont des actes impurs, de ceux que fait Satan, évitez-les, peut-être récolterez-vous le succès » Sourate 5.90.

- L'alcool. Certes, avant ce verset, d'autres passages étaient plus tolérants à l'égard de l'alcool :
« Ils t'interrogent à propos des boissons alcoolisées, dis-leur : il y a certainement en elles plus d'inconvénients que d'avantages  » sourate 2,219

« N'approchez pas de la prière sans savoir ce que vous dites » 4,43 ce qui implique que l'on ne soit pas ivre.

Le premier verset cité qui vient après les deux autres, les corrige et a donc force de loi.

Fumer n'est évidemment pas mentionné dans le Coran mais pose à certains musulmans un problème dans la mesure où cela nuit à la santé.

- Le jeu. Le loto, le tiercé etc sont interdits. Les courses de chevaux ne sont pas interdites, ce qui l'est par contre est le pari que l'on peut faire sur leur résultat.

- La divination. Malgré l'existence des marabouts, toute voyance est interdite par le Coran. Le tirage au sort entre dans cette catégorie interdite à cause de son utilisation dans la prise de décision de tel ou tel sujet.

- Le porc. L'interdiction de consommation de viande de porc n'est pas tant une question d'hygiène qu'un acte symbolique. L'islam attache une grande importance à la pureté rituelle. Ainsi les ablutions sont-elles nécessaires avant la prière. Le porc est considéré comme animal impur dans la mesure où on a l'impression qu'il mange n'importe quoi et vit dans des conditions sales. Ne pas en manger est symbole de désir de pureté, de refus de la saleté. Il ne faut tout de même pas oublier la miséricorde de Dieu et il est écrit que celui qui serait contraint de manger du porc ne serait pas rejeté par Dieu pour autant car « Dieu est miséricordieux »

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Le Jugement final
le paradis et l'enfer

« Celui qui ne croit pas en Dieu, en ses anges, en ses livres, en ses messagers, et au Dernier Jour est dans un égarement manifeste » sourate 4, 136.

Le Jugement dernier est donc une vérité révélée à laquelle il faut croire. La justice de notre monde est relative. Nous en avons tous fait l'expérience. Au-dessus de cette justice relative, il y a une justice absolue qui ne fait pas d'erreur. Hitler ne peut pas se suicider et être quitte ; non plus que les oppresseurs qui ont maltraité et spolié leur prochain et fini leur vie tranquillement.

Le Paradis est un endroit paisible, agréable. Dieu s'adresse à une communauté arabe, à des bédouins du désert et il utilise pour eux les images qui sont les leurs : ruisseaux, jardins, fruits à profusion, belles femmes. Il y aura même du vin !
Quant à l'enfer il est décrit comme d'une chaleur intolérable et sans eau, ce qui est le pire pour un bédouin. Par contre, une description scandinave ancienne décrit un enfer glacé, ce que craignaient évidemment les Lapons.
La plupart des juristes et des théologiens musulmans sont d'accord pour penser que le Dieu miséricordieux ne condamnera pas à perpétuité. Dieu pardonne tout et toujours. Même si on passe par une station spirituelle « infernale » elle ne durera pas à toujours.

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Le voyage nocturne
de Mohammed

« Gloire à celui qui a fait voyager de nuit son serviteur de la mosquée sacrée à la mosquée très éloignée dont nous avons béni l'enceinte, ceci pour lui montrer certains de nos signes » sourate 17,1. La « mosquée sacrée » est la Kaaba à la Mecque et la mosquée « très éloignée » est El Aqsa sur l'esplanade des mosquée à Jérusalem.

La tradition rapporte que l'archange Gabriel s'est présenté à Mohammed à la Mecque, a ouvert sa poitrine pour lui laver le coeur car on ne peut s'approcher de Dieu sans avoir le coeur pur. Mohammed monte alors une monture céleste, « Bouraq » et ils vont tous deux à Jérusalem. Depuis le dôme du Rocher, il se produit une ascension. Mohammed, dit-on, a laissé la trace de son pas dans le rocher. Mohammed, toujours accompagné de Gabriel arrive au septième ciel. A un certain point Gabriel s'arrête car il ne doit pas aller plus loin. Le Prophète avance seul jusqu'à l'endroit où l'on entend la plume avec laquelle Dieu écrit dans le Livre des destinées du monde. C'est pourquoi on dit « mekhtoub » : « c'est écrit. » Dieu lui révèle alors les piliers de l'islam et en particulier la prière.
Lorsqu'il redescend vers Jérusalem, il rencontre tous les prophètes : Adam, Abraham, Noé, Moïse, Jésus et les guide dans la prière en tant que leur imam. Puis il rentre à la Mecque.

Ce voyage est la confirmation qu'il appartient à la fraternité des grands prophètes. La véracité de son message est ainsi validée. Dieu ne fait pas de différence entre les grands prophètes. Les musulmans ne font pas de différence entre les prophètes, nous les aimons tous et nous écoutons leur message. Nous pensons que le message coranique inclut tout ce qu'il y a de bon dans le judaïsme et dans le christianisme et peut-être même ailleurs dans d'autres traditions religieuses.

 

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La spiritualité soufie

Elle n'est pas un courant à part de l'Islam ; elle en est le coeur, la colonne vertébrale. Dès le début de l'islam on voit le Prophète se retirer dans la solitude pour méditer. Il attachait de l'importance à l'ascétisme, au renoncement, au « départ ».
Il y a, évidemment, des éléments communs avec les contemplatifs catholiques mais l'islam ignore la médiation de la personne de Jésus, de la vie « en Christ ». La mystique musulmane se fonde sur l'affirmation du Coran :

« Nous avons insufflé de notre Esprit en l'homme » sourate 15.29.

Ainsi chaque homme a en lui une part d'absolu et le but du Soufi, du mystique musulman est d'aller chercher au fond de soi cette part d'absolu dans la méditation et de la faire rejaillir comme l'eau d'une source. La transcendance de l'homme vient de la présence du divin en lui.
Le terme de soufi, vient du mot arabe « souf » qui signifie coton, en raison du pagne de coton que portent les soufis.

Les grands textes mystiques musulmans sont d'ailleurs publiés et se trouvent en librairie. Ainsi les oeuvres de Djalal Al-Din Rumi (1207-1273) fondateur de la confrérie des « derviches tourneurs », aux éditions du Rocher, celles de l'Andalou Ibn Al- Arabi (1165-1241), sans oublier l'émir Abd El Kader, le grand opposant à la pénétration française en Algérie en 1830.
Je voudrais aussi citer une femme, Rabia Nabaouïa, la mystique de Bagdad, qui sortait dans la rue en portant une torche et un seau d'eau pour, disait-elle, incendier le paradis et éteindre l'enfer, afin que les être humains n'agissent plus que par pur amour de Dieu :

« Il ne faut faire les choses que pour l'amour de Dieu » sourate 2,177.

 

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La charia

La charia a mauvaise presse dans l'opinion dans la mesure où elle évoque les condamnations à la lapidation au Nigéria ou les mains coupées en Arabie Saoudite. En fait le mot charia ne se trouve pas dans le Coran et celui-ci ne se réduit pas à un code pénal : sur ses 6236 versets, seulement 228 ont un caractère juridique et 30 un caractère pénal.
La charia ne doit pas être réduite à un certain nombre de règles édictées à un moment donné dans un contexte particulier, et pour des faits particuliers, comme la lapidation punissant l'adultère ou la main coupée punissant le vol.

La charia distingue clairement les principes absolus et leur application concrète toujours relative et décidée en fonction du contexte, de la culture du lieu et du temps. Un juge au Nigeria serait parfaitement fidèle à la Charia en décidant de ne pas lapider la femme adultère ou en Arabie saoudite de ne pas couper la main des voleurs. D'ailleurs on condamne à la lapidation au Nigeria, mais par exemple ni Maroc ni en Tunisie. C'est plutôt le problème de la civilisation actuelle nigériane, saoudite et afghane que le problème de l'Islam en général. On pourrait en dire sans doute autant d'autres religions.

Quant aux musulmans vivant, par exemple en France où la loi française n'est pas la charia musulmane, ils n'éprouvent pas de difficulté spirituelle : l'islam a prévu e cas où musulmans ne soient pas majoritaires et doivent alors respecter la loi du pays où ils vivent.
Il y a eu en France des problèmes avec le sacrifice des moutons. Mais cette question semble se régler facilement dès lors que la construction d'abattoir convenables est décidée : les musulmans s'y rendent volontiers et ne sacrifient plus les bêtes dans leur baignoire ! Il est facile d'aménager des endroits propres, avec des jets d'eau qui ne gêneront personne.
De même, l'aménagement de carrés musulmans dans les cimetières est toujours possible qui permettent d'enterrer les musulmans face à la Mecque.

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Le djihad

Le djihad est « l'effort dans le chemin de Dieu ». La guerre pour la défense de la communauté est l'un de ces efforts mais le djihad ne se réduit pas à la guerre ! Au retour d'une bataille, le Prophète a dit à ses compagnons : « Nous venons d'accomplir le petit djihad » mais le vrai djihad est la lutte contre soi même pour devenir meilleur.

Quant à la défense de la communauté, la « Oumma », les musulmans français se demanderont : « que faire si la France entre en conflit avec un pays musulman ? ». La réponse dépendra de la justice de la cause. Ainsi lorsque la France a attaqué l'Irak en 1991, des Français n'ont pas raisonné autrement. Le ministre des Armées lui-même a démissionné pour manifester son désaccord avec cette guerre. Tous doivent s'interroger sur la justesse des raisons motivant le conflit. L'objection de conscience existe.

Il est vrai qu'un certain nombre de musulmans, très minoritaires, se sentent agressés par l'hégémonie occidentale, américaine en particulier et croient pouvoir parler de djihad. Ainsi Ben Laden. C'est à nous d'y réfléchir. Personnellement je me sens effectivement agressé. Mais je considère qu'il s'agit d'une attaque idéologique et non pas militaire ; ce n'est donc pas en faisant sauter des bombes ou précipiter des avions sur des tours qu'il convient d'y faire face.

 

Conclusion

 

« Ne discute avec les gens du livre que de la manière la plus courtoise, sauf ceux d'entre eux qui sont injustes ; dites "nous croyons en ce qui est descendu vers vous (la Bible) et en ce qui est descendu vers nous" (le Coran). Ensuite dites : "notre Dieu, qui est votre Dieu est unique et nous lui sommes soumis" ». sourate 29,46.

Les polémiques qui existent entre musulmans et chrétiens existent également entre les chrétiens eux-mêmes : ainsi les difficiles questions concernant la filialité divine de Jésus, la Trinité, l'historicité et l'inspiration de la Bible etc... Que les musulmans entrent dans ces débats ne doit pas poser de problème particulier.

« Oh gens du Livre venez à une parole commune entre vous et nous, à ce que nous n'adorions que Dieu, à ce que nous ne lui associons personne, à ce que nul parmi nous ne lui donne d'égal. Si (les chrétiens) s'en détournent dites-leur : "nous demeurerons soumis" »

Transcription
Christophe Avellaneda
et Gilles Castelnau

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