« Charlie Hebdo »
Hafiz Chems-Eddine
recteur de la Grande Mosquée de Paris
16 septembre 2020
Le 2 septembre, Charlie Hebdo a republié en « une » les dessins « blasphématoires ».
Si, immédiatement, l’univesité Al-Azhar du Caire qualifia d’« acte criminel » cette décision, qui signifiait à la face du monde le refus de renoncer à la liberté, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Hafiz Chems-Eddine, a publié, dans Le Figaro, une tribune d’une dignité et d’une hauteur de vue qui forcent le respect.
« Si je m’exprime aujourd’hui, déclare-t-il, c’est qu’il y a une raison qui me paraît essentielle : l’ouverture du procès des attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015, celui des comparses présumés des criminels qui ont visé, tour à tour, la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, des fonctionnaires de police et nos compatriotes juifs. Je veux avant toute chose m’incliner devant la mémoire de toutes les victimes de ces crimes abjects et condamner cette violence, les auteurs de cette barbarie et tous leurs complices opérationnels, idéologiques, politiques et médiatiques. »
« Et je le fais avec force, sincérité et conviction, poursuit-il : les terroristes peuvent se réclamer de l’islam – je n’ai aucun moyen de les en excommunier – car nourris par leur ignorance crasse, ils peuvent prétendre agir au nom de ma religion, car alimentés par des théoriciens haineux, ils s’autoproclament “vengeurs du Prophète Mohammed”, en aucun cas la religion musulmane, dans ses fondements, dans ses textes, hormis dans l’esprit étriqué de ceux qui font prévaloir le littéralisme, jamais, dis-je, l’islam ne pourrait cautionner des crimes.
Il faut que tous les musulmans – et ceux qui cherchent à les infantiliser – comprennent les traditions culturelles de la satire et de l’espace démocratique qui permet toutes les expressions, même celles qui paraissent excessives. Dans notre pays, seule la loi fixe les limites. »
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