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 De la diversité au pluralisme

 

From diversity to pluralisme

 

Diana L. Eck

professeur de religion et directrice du Projet sur le pluralisme de l'Université de Harvard (États-Unis)

 

 

13 juillet 2007

La diversité que nous vivons en Amérique
est splendide, colorée, parfois effrayante pour certains ; elle n'est pas le pluralisme. Le pluralisme est la volonté d'engagement qui suscite, à partir de toute cette diversité, un esprit civique dans la société.

Dans la ville de Silver Spring (Maryland, États-Unis) se côtoient dans la même rue, l'Église catholique vietnamienne, le temple bouddhiste cambodgien, l'Église orthodoxe ukrainienne, le Centre communautaire musulman, l'Église des Disciples du Christ et le temple hindou Mangal Mandir. C'est évidemment de la diversité mais s'il n'y a pas de partenariat ou même de relations entre ces communautés, ce n'est pas du pluralisme.

Il y a plusieurs manières de vivre la diversité ; le pluralisme est l'une d'elles.

Certains d'entre nous peuvent s'effrayer de la diversité et ne pas la supporter. Dans le passé, aux États-Unis, il est arrivé que certains groupes manifestent de l'intolérance et de l'hostilité à l'égard des nouveaux venus d'une autre religion ou d'une autre culture. D'autres espèrent que le jour viendra où toutes ces diversités s'effaceront dans l'unité de la seule vérité chrétienne. Il est évident que l'esprit du pluralisme qui unira les hommes de toutes les cultures et les fidèles de toutes les religions  dans l'unité d'une société unifiée n'est pas encore généralisé !

Dans le passé, la diversité culturelle et religieuse qui s'accentuait a été vécue par les Américains de trois manières différentes.

L'exclusion. L'accroissement tumultueux de la diversité culturelle et religieuse est considéré comme une menace pour la civilisation américaine et la réponse est d'empêcher l'arrivée de nouveaux « étrangers » notamment les Asiatiques, les catholiques et les juifs.

L'assimilation. C'est l'idée du « melting pot ». Les nouveaux immigrants sont acceptés mais doivent renoncer le plus rapidement possible à leurs différences et à leurs particularités afin de devenir comme nous et de se conformer au modèle anglo-saxon.

Le pluralisme. Toutes les différences et particularités sont admises, dans le cadre, bien sûr, de l'esprit civique qu'exige la citoyenneté américaine. Venez et soyez vous-mêmes, participez à votre manière au grand « orchestre » de la civilisation américaine.

 

Tout ceci fait problème aujourd'hui. Les choses ne sont pas simples et le moins que l'on puisse dire est que bien des difficultés se sont manifestées.

Néanmoins des ponts ont été construits entre les communautés. A San Francisco une église et une mosquée ont acquis ensemble un terrain et y construisent leurs bâtiments côte à côte.

Des conseils d'églises et de synagogues s'ouvrent à des mosquées et à des temples hindous. Ils deviennent ainsi des structures interreligieuses incontournables dans la vie des villes et des régions. Des dialogues interreligieux naissent, des associations interreligieuses s'organisent dans la lutte contre la faim et pour le logement social. Il y a des célébrations interreligieuses.

L'expression « Nous, peuple des États-Unis d'Amérique » prend un nouveau sens. Que signifie le « nous » dans une société multiculturelle ? Ce « nous » a inclu l'astronaute hawaïen bouddhiste qui a trouvé la mort dans la navette spatiale Challenger, des  Américains musulmans comme le maire d'une petite ville du Texas, des Américains sikhs comme l'important scientifique de Fairfax, Virginie.

 

Qu'est-ce alors que le pluralisme ?

1. C'est une attitude d'acceptation positive de la diversité. Il ne suffit pas d'observer la diversité, d'en faire l'éloge, ni évidemment d'en être critique. Le pluralisme est une dynamique de la rencontre, du dialogue, de l'écoute mutuelle. Comme un orchestre où les divers instruments attentifs au jeu les uns des autres, jouent ensemble une symphonie toujours nouvelle.

2. C'est une attitude d'intérêt les uns pour les autres et de connaissance mutuelle qui est plus que la simple tolérance qui est trop facilement rabâchage de préjugés et de demi-vérités.
La tolérance est indispensable, mais ce n'est pas elle qui accroît la connaissance que nous avons les uns des autres. Elle n'est pas suffisante pour un grand pays comme l'Amérique.

3. C'est une attitude qui ne se contente pas de relativiser et de négliger les différences en se contentant d'atteindre un simple commun dénominateur. Le pluralisme reconnaît et admet la réalité des diverses formes d'engagement religieux. Il invite chaque croyant à être fidèle à sa propre religion tout en développant un esprit critique permettant de construire avec les autres, une société civile tolérante. Le pluralisme reconnaît les différences les plus profondes et ne prétend pas les ignorer.

4. Le pluralisme est clairement fondé, en Amérique, sur le premier Amendement de la Constitution qui déclare que l'État ne privilégie aucune religion particulière et garantit la liberté de culte.
La réussite du pluralisme ne dépend pas de la négociation d'un accord en matière de conscience et de foi mais dans l'instauration d'un climat de débat cordial.

« Un pour tous, tous pour un » : un peuple, un « nous », un sens civique. Mais non pas une religion, une foi, une conscience. L'unité n'implique pas l'uniformité. Ce qui compte le plus pour des gens à la religion multiple est de participer tous à la même table commune d'une société où tous ont les mêmes devoirs et les mêmes droits.

5. Le pluralisme requiert la compréhension mutuelle de nos ressemblances et de nos différences. Il est, pour cela, indispensable que se poursuive un dialogue constructif entre les groupes des différentes religions à tous les niveaux : écoles et collèges, conseils des communautés religieuses, aumôneries d'hôpitaux etc...

 

Traduction Gilles Castelnau

 

Voir aussi : Diana L. Eck
Dieu est-il présent dans les autres religions ?

 

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