Inde
Intolérance interreligieuse
Claudine Castelnau
4 juin 2018
L’opposition aux mariages interreligieux en Inde met nombre de couples dans une situation difficile. Quand un musulman et une femme élevé dans l’hindouisme tombent amoureux, ils savent que cela signifie des difficultés pour leur familles.
La jeune femme avait quitté sa maison dans le sud de l’Inde en juillet de l’année dernière, elle s’était convertie officiellement à l’islam et elle était venue s’installer à Bombay où elle s’était mariée. Durant les mois qui suivirent, ses parents n’ont cessé de faire pression sur elle et elle a finalement porté plainte contre son père auprès de la police pour l’avoir menacée de l’enlever.
Des inconnus ont aussi attaqué leur maison et craignant pour leur sécurité le couple a témoigné anonymement lorsqu’ils ont raconté leur histoire à l’agence américaine de nouvelles religieuses Religion News Service.
En décembre dernier, alors qu’ils attendaient près d’un arrêt de bus, des hommes, probablement à la demande des parents, ont enlevé la jeune femme et se sont enfuis en voiture.
Le mari a porté plainte auprès de la police puis a déposé une plainte auprès de la Haute Cour de justice de Bombay aidé d’une avocate.
Il a fallu attendre février pour que le couple soit réuni et que sa famille à elle commence à nouer des relations.
Le mari accuse les leaders politiques d’avoir crée une atmosphère d’intolérance qui rejaillit sur les vies privées des Indiens.
De tels incidents sont monnaie courante en Inde et les couples interreligieux ou de castes différentes sont de plus en plus maltraités, harcelés, doivent faire face à l’opposition radicale des familles et même à des menaces de mort qui sont hélas parfois exécutées.
Ainsi en février, une page Facebook relayait l’appel contre plus de 100 musulmans ayant épousé ou étant fiancés à des femmes hindoues.
A la même époque un homme hindou a été assassiné, à Delhi, par des parents de son amie hindoue et un groupe d’extrémistes hindous à attaqué en décembre une cérémonie de mariage interreligieuse.
Religion News Service relève que « les mariages interreligieux ou inter castes n’on jamais été faciles en Inde, mais que depuis que le Bharatiya Janata party (ou BJP) a gagné les élections en 2014 [le Premier ministre Modi est un responsable de ce parti], l’atmosphère est tendue et la violence interreligieuse recensée accompagnée de rhétorique antimusulmane est en augmentation. »
De même que le sentiment anti-Dalit (les hors caste naguère les « intouchables ») Un juriste cité explique que « Nombre de jeunes deviennent frustrés, leurs relations sont brisées, les gens n’osent pas s’opposer à leur famille ou à la société et se dépriment. Certains couples se suicident. Et il a fallu que la Cour juge qu’une fille adulte avait le droit de changer de religion et de se marier avec un musulman, ce que le père refusait d’admettre et il l’avait fait enlever... Et l’accusation de « love jihad » est utilisée par certains hindous qui accusent les musulmans de séduire les femmes hindous pour les convertir.
En Inde, le bonheur n’est pas toujours au rendez-vous malgré l’amour...
Retour en page d'accueil
Retour vers Claudine Castelnau
Vos
commentaires et réactions
haut de la page