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Dialogue interreligieux




Suis-je plus proche
d’un catholique intégriste
ou d’un musulman libéral ?

 

 

Gilles Castelnau

 

13 février 2017


Jésus dit :
Je suis le chemin, la vérité, et la vie.
Nul ne vient au Père que par moi.
Jean 14. 6


L’œcuménisme fraternel et confiant entre protestants et catholiques a véritablement commencé avec l’ouverture créée dans l’Église catholique par le concile de Vatican II (1962-65). Les cercles de réflexion, les échanges de chaire, les célébrations mixtes de mariages et de baptêmes ont dédramatisé et rendu sympathiques les relations qui étaient jusqu’alors globalement hostiles et divisaient les familles.
On a appris à dire le Notre Père d’une même voix, on a publié une Traduction Œcuménique de la Bible. C’était une période heureuse.

Et puis d’autres religions sont arrivées en France, que l’on n’avait pas l’habitude de fréquenter et des divisions interreligieuses sont apparues.

D’autant plus qu’une différence a surgi à l’intérieur de chacune de ces nouvelles pensées, entre les traditionalistes et les libéraux qui se trouvent dans chacune d’elles, comme d’ailleurs dans la société globale. D’où la question de cette réflexion :
« moi qui suis protestant, suis-je plus proche, par exemple, d’un catholique intégriste ou d’un musulman libéral ? »

La même question se pose évidemment à propos d’un protestant évangélique étroit, d’un juif conservateur, d’un athée incompréhensif, d’un bouddhiste fanatique (pensons aux atrocités commises au Sri Lanka), d’un hindous partisan (des églises chrétiennes sont brûlées en Inde).


Il faut sans doute s’interroger : Qu’est-ce qui est compte essentiellement, pour moi ? Quelle est ma préoccupation fondamentale, la question primordiale de ma vie ?
On peut proposer deux réponses selon qu’on est plutôt centré sur la « religion » ou sur la « spiritualité ».

La « religion »
On peut la définir comme l’ensemble de doctrines, de rites, l’organisation de la structure dans laquelle on vit. Un catholique « religieux », conservateur, intégriste jugera ainsi qu’à ses yeux l’essentiel est d’être intégré dans l’absolu de la Vérité divine révélée. Il y trouve sa sécurité morale et religieuse.
Il se focalisera ainsi sur les affirmations qu’il jugera indiscutables que Dieu est le créateur tout-puissant du ciel et de la terre, que Jésus-Christ est son Fils unique, né du saint Esprit, que le dogme de la Trinité affirme justement que le Père, le Fils et le Saint-Esprit constituent un Dieu unique en trois personnes, que le sang de la croix du Christ nous purifie de nos péchés et notamment du Péché originel.
Il ajoutera que le Pape est garant de la Vérité révélée et que les 7 sacrements donnés au nom du Christ nous unissent à Dieu par leur propre efficacité.
Il expliquera ainsi l’affirmation de Jésus : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » :
- Le chemin, évidemment unique, est celui que l’Église décrit par ces dogmes et qui conduit vers l’au-delà de Dieu.
- La vérité, évidemment unique, est que ces dogmes décrivent de manière absolue l’organisation du monde, ici-bas et au-delà.
- La vie, éternelle, unique elle aussi car il n’est pas sûr que ceux qui ne partagent pas ces doctrines lui soient aussi destinés, est effectivement signifiée et transmise par les seuls sacrements de l’Église.

La « spiritualité »
C’est considérer que l’essentiel est de développer la conscience d’être profondément enraciné dans Terreau divin comme une plante qui laisse monter en elle la sève de la vie. La spiritualité nous fait ainsi puiser en nous le dynamisme créateur divin qui anime tout ce qui respire et habite l’univers.
On n’y cherche pas la sécurité morale ou intellectuelle mais le courage, l’élan permettant d’affronter les épreuves et les forces destructrices.
- Le chemin de Jésus n’est pas balisé par des doctrines et des rites mais il est un mouvement infusé par Dieu, dirigé par sa créativité et la conviction de la « grâce », bienveillance donnée à tous sans discrimination.
- La vérité est celle de la seule ouverture à Dieu par la foi et non celle des pharisiens qui qualifiaient Jésus de pécheur dans la mesure où il n’obéissait pas aux règles de la religion qu’étaient le respect du sabbat, les rites de pureté, et le pardon réduit au seul Yom kippour et suivant l’expression d’une repentance.
- La vie que révèle Jésus est celle de l’énergie intérieure qui fait « se lever et marcher », guérir spirituellement, vivre et penser dans l’esprit d’une résurrection intérieure.


Un musulman libéral mettra l’accent sur sa spiritualité. Il mettra sa confiance en Dieu « miséricordieux et compatissant ».
Il citera la sourate 2, 177 :

La piété ne consiste pas à tourner votre face
vers la Mecque ou vers l'occident.
L'homme bon est Celui qui, pour l'amour de Dieu,
donne de son bien à ses proches, aux orphelins, aux pauvres,
au voyageur, aux mendiants.
Celui qui s'acquitte de la prière, celui qui fait l'aumône,
ceux qui sont patients dans l'adversité, le malheur et le danger :
Voilà ceux qui sont justes ! Voilà ceux qui craignent Dieu. 

Protestant et musulman libéraux, nous ne récuserons pas systématiquement les doctrines différentes de nos « religions » respectives, nous ne polémiquerons pas sur nos idées et nos pratiques mutuelles. Nous établirons un dialogue heureux et souriant sur la vie profonde que nous sentons en nous et que nous vivons dans la prière, la fidélité, l’amour du prochain, la paix intérieure, l’universalité de Dieu.
Nous partagerons ensemble les graves problèmes que sont la guerre, la violence, la pauvreté, la protection de la nature, les injustices et les violations des droits de l'homme.
En nous rencontrant ainsi nous approfondiront chacun notre spiritualité et sans le vouloir particulièrement propre tradition religieuse.

Nous nous garderons de l’attitude exclusiviste où l’on dit : mon chemin est le seul qui conduit au sommet d’où l’on contemple le vaste univers.
Nous nous méfierons de l’inclusivisme  récupérateur selon lequel les autres chemins conduisent tous au même sommet que le mien.
Nous pratiquerons le pluralisme qui voit divers chemins menant à différents sommets d’où l’on voit le même univers. (On se demandera évidemment s’il s’agit bien du même univers)




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