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Dialogue interreligieux


Ce que n’est pas

le bouddhisme

 

 

Christophe Richard

 

Ed. L'Harmattan
162 pages – 18 €

 

 

Gilles Castelnau

 

2 janvier 2017

Christophe Richard Pratique depuis longtemps et avec conviction le bouddhisme tibétain et il aime à l’enseigner. Il fait aussi des conférences où il réfute les idées reçues aberrantes.
Il écrit avec plaisir et simplement ; sans chercher à pénétrer la profondeurs de la spiritualité bouddhiste et de sa conception du monde, il nous énumère les éléments principaux de la vie bouddhiste, il précise un peu notre vocabulaire, il nous ouvre le chemin qui permet de rencontrer les bouddhistes en action.

En voici quelques extraits.

 

page 55

Bouddha : dieu des bouddhistes ?

Si le Bouddha n'est pas un dieu, on vénère pourtant bien des dieux dans le bouddhisme. J'en ai croisé les représentations en grandes quantités dans les monastères tibétains ou encore dans les temples japonais de l'école Shingon !

Comme je te l'ai indiqué, au IIe siècle de notre ère est né en Inde, un courant qui a pris le nom de « Véhicule Adamantin », « Véhicule de Diamant » ou « tantrisme ». L’une des originalités de cette école fut de lister les qualités d’un bouddha (compassion active, joie, pureté, sagesse, énergie...), puis de les matérialiser sous la forme de déités. Une déité masculine paisible, une déité féminine paisible, une déité masculine courroucée et une déité féminine courroucée pour chaque qualité.

Tu aurais un exemple à me donner ?

Prenons la compassion. À celle-ci correspond la déité masculine paisible Avalokitésvara, la déité pacifique féminine Tara, la déité masculine redoutable Mahakala et la déité féminine farouche Ugra Tara.

Cela fait donc quatre déités, en apparence distinctes, pour une même qualité. La compassion, puisque c'est à elle dont il est question ici, peut ainsi prendre un aspect masculin lorsqu'elle se manifeste sous la forme d'une aide active ou féminin quand elle se veut disponibilité ou ouverture attentive. Par ailleurs, elle peut aussi avoir un aspect terrible masculin ou féminin, du moins pour un spectateur extérieur. N'est-il pas possible de feindre la colère face à un enfant qui a mis sa vie, ou celle d'autrui, en danger ? Faut-il s'interdire, pour faire réagir quelqu'un de le malmener psychologiquement, du moins de faire semblant ?

 

 

page 62

Si ce système de déités a été mis au point en Inde, cela veut donc bien dire que toutes les déités du bouddhisme tantrique n'existent pas ?

Au sens strict, effectivement, elles n'ont aucune existence réelle. En revanche, l'esprit de l’adepte leur donne vie, plus justement son imagination créatrice. C'est elle qui, fort de son pouvoir inventif, amène à l'existence les images qu'elle construit. À partir de ce moment-là, la déité existe. L’image cesse de doubler ou de représenter le réel pour devenir réalité. Mais, après tout, cette image n'est que l’une des meilleures parts de nous-mêmes, chaque déité incarnant une vertu qui sommeille en nous.

 

 

page 76

Comment devient-on bouddhiste ?

Ça ne serait pas cela, le fameux lâcher-prise bouddhiste ?

Lâcher-prise signifie agir « sans but ni esprit de profit », selon l'expression des moines Zen japonais, c'est-à-dire sans espoir d'un quelconque fruit. Ainsi que vivre au présent, non pas le « présent instantané », ni le « présent momentané », mais le « présent durable », sachant que le premier renvoie, chez les bouddhistes, à l’instant le plus fugace qui soit, une apparition-disparition fulgurante, le deuxième à une succession qui s'étale un peu, mais sans plus, et le dernier à un présent qui se maintient, qui ne s'éteint pas aussitôt.

 

 

page 80

Tu m'as appris que dans le Sud-Est asiatique on confère les vœux de Refuge en même temps que ceux de « Fidèle Laïc ». Peux-tu m'éclairer sur ces derniers ?

Les défenses d’un(e) « Fidèle Laïc » sont au nombre de cinq : ne point trancher volontairement la vie, y compris celle des animaux, pas plus qu'inciter les autres à le faire ; ne pas s'emparer délibérément de ce qui n'a pas été donné, ni pousser qui que ce soit à voler ; s'abstenir de toute activité sexuelle ne respectant pas autrui et se garder d'avoir des rapports sexuels avec une moniale ou un moine, l'épouse ou l'époux d’un autre et éviter de pousser les autres à de tels actes ; ne pas proférer des paroles mensongères, trompeuses, oisives ou grossières et ne point exhorter les autres au mensonge et aux comportements verbaux incorrects ; enfin, éviter toute substance qui, obscurcissant l'esprit, risque de faire perdre la maîtrise de soi et ne point encourager les autres à prendre des produits susceptibles d’altérer leur conscience.

 

 

page 87

Le Bouddha était lui-même compatissant ?

Oui, ses biographies, quoi que légendaires, le présentent empli de compassion à l'égard de toute forme de vie. « Votre douleur et votre souffrance sont ma douleur et ma souffrance » lui fait-on dire. Même les récits de ses vies antérieures ne cessent de mentionner son extrême compassion. Il existe, par exemple, au Népal un village du nom de Namo Bouddha, « Hommage au Bouddha ». Son nom vient de ce qu'il y a fort longtemps le prince de la région - en fait, celui-là même qui deviendra de nombreuses vies plus tard Bouddha - tomba nez-à-nez avec une tigresse affamée et ses cinq petits au bord de l'agonie. C'est alors que le jeune prince décida, dans un élan de réelle compassion, d’offrir son corps pour sauver la tigresse et sa portée. Un stoupa du village de Namo Bouddha, connu pour contenir les ossements du Prince, commémore cet événement. Le site est désormais un lieu de pèlerinage pour les bouddhistes du monde entier

 

 

page 98

Qu’est-ce que méditer ?

Quelle est la deuxième sorte de méditation ?

Contrairement à la première, celle-ci est inconnue des Occidentaux. La méditation sans forme, ou sans support, réside dans le fait de laisser défiler les pensées ainsi que les afflictions mentales (haine, colère, jalousie...) qui souvent les accompagnent, sans s’y accrocher. C'est un peu comme si on était sur le quai d’une gare et que l'on regardait passer les trains sans jamais monter à l'intérieur. En temps normal, à chaque instant, une pensée et/ou une émotion suit l'autre. Or, quiconque pratique la méditation vide de tout contenu va prendre conscience de la foultitude des émotions et des pensées qui le traversent et, plutôt que de suivre celles-ci, va créer de la distance en en devenant spectateur.

[...]

En quoi procéder de la sorte améliore-t-il la personne ?

La plupart du temps, nous avons tendance à nous identifier à nos émotions ainsi qu'à nos pensées. Or, là, pour une fois, nous allons oublier notre pseudo « moi ». Il n y a, dans ce type d'exercice, ni objet de méditation, ni, in fine, de sujet qui médite.

D’autre part, cela va favoriser en nous la disparition des tendances conflictuelles. Car, en maintenant l’esprit en son état éveillé, nous retrouvons sa pureté.

 

 

page 112

Vous avez dit « karma » ?

Par « karma » que faut-il entendre alors ?

La notion de karma désigne, chez les bouddhistes, une loi qui se veut naturelle selon laquelle chaque acte délibéré du présent produit ses fruits à plus ou moins long terme. Partant, une œuvre méritoire sera immanquablement suivie de répercussions positives, les actes dépourvus de vertu ayant, quant à eux, des conséquences automatiquement négatives. Un écrit bouddhique connu souligne que « pour qui crée des actions positives, le bonheur est ce qui advient. Pour qui crée des actions négatives, la souffrance le Remplace. »

Cela signifie que non seulement notre condition actuelle, bonne, mauvaise ou neutre, est le fruit de nos comportements passés, mais aussi que chacun de nos agissements présents conditionne notre futur.




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