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Les athées sont des croyants

comme les autres

 

Atheists Are Believers, Too

 

Pete Enns

Huffington Post

traduction Pharisien Libéré

 

22 juillet 2016

Parfois, les chrétiens affirment leurs certitudes à propos de choses spirituelles. Cela peut concerner de faits quotidiens comme « je sais que ce nouveau boulot est la place où Dieu me veut » ou des sujets plus importants comme « je sais que la Bible est la parole de Dieu lui-même » ou « Je sais que Jésus est le fils de Dieu ».

Mais les chrétiens n'ont aucun savoir précis de ces choses. Ils les croient – profondément et sincèrement – pour toutes sortes de raisons mais ils ne le savent pas de la même façon qu'on sait que le feu réduira un livre en cendres, qu'il y a des millions de galaxies dans l'univers, ou que la gravité fonctionne. De nombreux chrétiens proclament de telles affirmations mais ils se trompent.

C'est la même chose pour les chrétiens – ou toute personne religieuse – qui affirmerait « je sais que Dieu existe ». Personne ne sait que Dieu existe dans le sens d'une preuve ou d'un raisonnement logique. Plus exactement, les gens de foi croient que Dieu existe pour des raisons qui ne peuvent s'exposer dans une feuille de calcul ni être observées via un télescope.

Les athées sont exactement dans le même bateau.

Un nombre certain d'athées affirme avoir des connaissances sur les choses spirituelles. « Je sais – par la raison, la logique, l'évidence – que Dieu n'existe pas ». Ces athées ressentent que cette position est intellectuellement supérieure à la croyance en un Dieu. Dieu, parce que son existence ne peut être établie par la logique, la raison, l’évidence, n'a pas de réalité.

Cela sonne à l'oreille de façon rationnelle et objective mais quantité de croyances sont enkystées dans cette affirmation. Les athées ne savent pas que Dieu n'existent pas ; ils le croient.

Dire que l'existence de Dieu est détectable avec certitude par la raison, la logique et l'évidence, repose sur un certain nombre de suppositions critiques. D'abord on suppose que nos facultés intellectuelles rationnelles sont la meilleure voie pour accéder à Dieu. Cette supposition privilégie les modes de pensée occidentaux et exclut toutes les autres compétences humaines telles que l'intuition et l'émotion.

Il réduit Dieu à un objet, une chose, un être parmi les êtres dont l'existence est ouverte à l'enquête rationnelle comme n'importe quelle chose. C'est un vieil argument mais il n'est pas mauvais : tout dieu digne de ce nom est défini comme la source de tous les êtres ( 1 ). , et donc pas un être parmi les autres susceptible d'un contrôle rationnel. Un dieu de cet acabit ne saurait être « Dieu » ( 2 ).

Les gens peuvent penser ce qu'ils veulent à propos de Dieu. Ma position dit simplement que personne ne peut dire si nos facultés intellectuelles peuvent savoir avec certitude s'il y a un tout puissant, une cause première ou quoique ce soit qu'on appelle « Dieu ». Tout ça sont des croyances.

Aussi tout le monde, athées inclus, croit dignes d’intérêt des choses qui n'ont jamais trouvé de preuve significative. Par exemple, beaucoup de gens – les philosophes et les scientifiques - croient dans le principe d'uniformité selon lequel ce que nous observons maintenant des lois de la nature a toujours existé en tout temps et en tout lieu, que cela a toujours été et sera toujours ainsi.

J'incline à croire vrai ce principe mais ce que je crois ici n'a pas d'importance. La problématique est que ce principe n'a trouvé ni preuve expérimentale ni démonstration logique. En fait, il n'y a vraiment aucune preuve de ce principe et néanmoins, nous y croyons comme un principe fondateur.

Pourquoi les gens acceptent-ils le principe d'uniformité ? Parce qu'il peut être utilisé pour construire des explications cohérentes et scientifiques concernant la compréhension de l'univers et c'est là une bonne raison de l'accepter. On n'est pas très loin de ce que disent les personnes religieuses à propos de leur foi. Les croyances religieuses peuvent être utilisées pour donner de réponses cohérentes à la question « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? »

Tout un chacun tient pour vraies les idées qui fonctionnent bien, qui font sens dans leur réalité. Nous ne savons pas avec certitude qu'elles sont vraies du fait de la raison, de la logique ou de l'évidence ; nous les croyons vraies parce qu’elles fonctionnent.

Je connais quelque athées réels qui ne prétendent pas « savoir » comme d'autres le proclament. La raison pour laquelle ils sont athées est que la proposition « Dieu est » fonctionne moins bien dans leur réalité que la proposition « Dieu n'est pas ».
Ils ne sont pas parvenus à cette conclusion sûre et certaine par une calme et logique imposition de l'évidence (au contraire de l'irrationnelle et illogique foi de type religieux). Ils parvinrent à leur athéisme par de nombreuses raisons, quelques unes trop subtiles pour être quantifiées.

Ils ne proclament pas que Dieu n'existe pas ; ils le croient parce que ça fait plus sens dans leur vie personnelle et le monde qui tourne autour. Ce n'est pas un savoir sûr et certain mais une croyance.

Malheureusement, certains chrétiens fondamentalistes et certains athées fondamentalistes souffrent de la même illusion que leur vision de la réalité ultime est entièrement fondée ans la raison, la logique et l’évidence.

Les deux se gourent.

Pour les deux, religieux comme athées, il y a du mystère. Les athées sont libres d'être athées mais ils n'en savent pas plus long que les autres.

 

_______________________________________

( 1 )  Il est donc une essence au sens platonicien du terme et pas une existence. Note du traducteur. L'auteur se réfère à la métaphysique de la cause première (premier principe : arkhé) que développent les philosophes depuis les pré-socratiques jusqu'à sa meilleure expression chez Aristote puis Thomas d'Aquin. Elle s’énonce classiquement de la façon suivante : "Si l'univers est compréhensible, alors tout a une cause, la cause a elle-même une cause et ainsi de suite. Si la suite est infinie alors l'univers n'est pas compréhensible, dans le cas contraire, il existe une cause ultime qui n'est causée par rien et que l'on peut appeler Dieu.

( 2 )  Note du traducteur : malgré l'occidentalocentrisme apparent, le raisonnement de l'auteur fonctionne aussi pour Brahman (entretien privé avec un zélateur de Vishnu et un zélateur de Ganesh)/


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