Image de l’Inde
islam et hindouisme
deux religions, une même culture
François Thiria
29 février 2015
Passant par la ville d’Ajmer, à proximité de Jaipur dans le Rajasthan, dans le Nord Ouest de l’Inde, abreuvés des forteresses rajpoutes, nous décidâmes, mes amis et moi de visiter le mausolée d’un saint soufi (mystique musulman). Ce lieu est célèbre dans toute l’Inde, à telle enseigne que beaucoup de musulmans indiens ne pouvant se payer le pèlerinage de La Mecque, font le pèlerinage vers ce mausolée.
Après que la voiture nous a déposé nous déambulâmes dans les rues de cette ville, rues indiennes grouillantes d’une population très active, composée d’un grand nombre de femmes portant le voile intégral noir (appelée « burqua » en Inde) et d’hommes portant le petit bonnet blanc musulman. Ajmer, la ville ayant la plus grande densité de musulmans que nous ayons déjà visitée.
A l’entrée du mausolée nous nous déchaussons comme d’habitude pour les lieux musulmans en activité. A l’intérieur une foule très fébrile de pèlerins, burquas et bonnets blancs. Dans cette agitation nous étions un peu perdus quand un personnage habillé tout en blanc (pas vraiment sans taches) et bonnet musulman s’approche et nous parle en un français impeccable. Un long séjour en France lui permet de maîtriser notre langue et de nous parler de notre pays avec connaissance.
Son discours voulait être pacifique et il nous a parlé des problèmes de l’Islam, au Moyen Orient et en France. Il a évoqué la difficulté pour les musulmans de France de construire des mosquées. Habitant à coté de la grande Mosquée de Paris j’ai pu lui rétorquer qu’elle était construite depuis plus d’un siècle. Surprise ! Son discours vantant les qualités pacifiques de l’islam, si il nous paraissait plutôt sympathique finit par nous lasser et je rétorquais que moi chrétien j’avais le même but mais que j’avais choisi une autre voie que lui, mettant ainsi les deux religions au même niveau à son grand embarras.
L’agitation dans la cour du mausolée n’était guère propice à une discussion nous sommes entrés dans le mausolée tout en marbre dans lequel une foule compacte rendait hommage au saint soufi avec des pétales de fleurs et des draperies. Bousculés, nous étions de trop, nous sommes sortis rapidement et mes compagnons oppressés par la foule et la singularité du lieu mirent fin à nos entretiens. Aucune hostilité dans cette foule, mais une bousculade qui finissait par nous importuner.
Je ne pensais pas trouver autant de monde car J’avais déjà visité un mausolée d’un soufi dans l’état du Gujarat, près d’Ahmedabad, au Sud du Rajasthan, et là il n’y avait que quelques pèlerins. J’ai eu tout mon temps pour moi-même rendre hommage à ce soufi avec quelques pétales de fleur. Mon hommage rendu j’ai vu un vieillard (plus vieux que moi qui navigue dans les septantes) qui s’approche de moi et me tend la main pour que je la lui serre. Je ne parlais pas gujarati, il ne parlait pas anglais, mais son regard me faisait comprendre qu’il était heureux qu’un étranger rende hommage à un soufi musulman, donc à l’islam, dans un état qui a connu récemment des pogroms anti musulmans.
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