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Image de l’Inde


les femmes de basse caste

 

 

François Thiria

 


21 février 2015

C’était par un petit matin dans les rues de la vieille ville de Delhi. Il faisait froid cet hiver. Les pauvres gens s’étaient emmitouflés dans des couvertures plus ou moins crasseuses. Nous déambulions, mon épouse et moi, dans ce quartier pauvre de la capitale de l’Inde. Les Indiens vaquaient à leurs activités, qui à ouvrir leur échoppe, qui à ramasser les ordures, qui à astiquer son tuk-tuk (rickshaw), qui à rejoindre son bureau... Et dans ce morne tableau de la vie urbaine tout à coup nous apercevons une jeune femme s’avançant rapidement avec un port de reine, vêtue d’un sari impeccable portant sur sa tête un très grand panier. Son allure détonnait par rapport aux autres personnes qu’elle croisait.

Intrigués par cette démarche altière nous nous approchâmes pour voir ce qu’elle portait avec autant de fierté. De la bouse de vache fraîche ! En Inde les vaches sont sacrées parce qu’elle donne du lait, source de vie. Mais les Indiens utilisent aussi leur bouse comme combustible. Nous avons vu dans de nombreux endroits, sur les murs des maisons  des « galettes » de bouse qui séchaient au soleil et qui comportaient l’empreinte de la main qui les avait étalées là. Comment le transport d’un matériau qui nous paraît si « dégoûtant » pouvait remplir de tant de fierté cette femme ? De plus pour manipuler cette matière elle devait être d’une très basse caste.

Port de reine, fierté ; nous les avons vu souvent chez les femmes en Inde. Celles qui cassaient les cailloux sur le bord de la route et les portaient dans de grand panier sur la tête, celles qui repiquaient le riz dans les rizières, celles qui portaient sur leur tête les grands sacs de sel dans les marais salants... Elles sont dans ce vêtement traditionnel qu’est le sari, toujours bien mis, le plus propre possible. Je ne dirai pas élégantes ce qui dénoterai un regard occidental, mais dignes dans leur pauvreté matérielle. Mais là, à Delhi, c’était de la fierté de porter cette charge !

Comment, un occidental peut il comprendre qu’elle se satisfasse de cette vie d’intouchable. Même si les castes n’existent pas dans la constitution indienne elles perdurent chez les hindouistes, et même chez les musulmans et les chrétiens ! Cette « ségrégation » nous semble insupportable. Chez la plupart des Indiens c’est une réalité qui n’est pas seulement du mépris pour l’autre (parfois de la haine) mais aussi une communauté solidaire. Pour certain politologue c’est grâce à la caste que la démocratie s’est implantée, permettant (une personne une voix) à toute les castes d’être représentée dans les parlements régionaux et nationaux. Un intouchable a pu être ainsi devenir président de la république ! Il ne semble pas qu’avec l’émergence économique de ce pays la notion de caste disparaisse, elle évolue.

Et notre reine ? Comment imaginer ce qu’elle ressentait en portant cette bouse, comment comprendre ce qui nous paraît avilissant et qui la rendait si fière ? Il faudrait se plonger dans cette religion, l’hindouisme, qui nous paraît si étrange et incompréhensible. Un de leur grand penseur du XXe siècle , Shri Aurobindo, disait : « En soi, l’hindouisme est à lui seul vaste et complexe. Ce n’est pas tant une religion qu’une grande masse diversifiée et pourtant subtilement unifiée de pensée spirituelle, de réalisations et aspirations spirituelles ».  

Une de leur croyance (mais c’est plus qu’une croyance) est que la situation sociale dans laquelle ils sont est le résultat de toutes les actions qu’ils ont effectués dans des vies antérieures. Elle est dans une basse caste parce que ses actes dans ses vies antérieures n’ont pas été « favorables », et dans cette vie là elle doit avoir les agissements les plus conformes à ce que les règles sociales et religieuses lui demandent. Fatalisme ? La fierté que nous avons vue sur ce visage nous fait dire non, mais comment comprendre ce qu’elle vit ? Ce qu’elle vit spirituellement ?

Il me revient à l’esprit ce que disait Albert Schweitzer dans un de ses sermons : « S’il ne nous est pas donné de discerner comment les évènements expriment la volonté de Dieu, nous savons au moins où tend la volonté de Dieu : vers l’épanouissement spirituel » et encore : « Quelle que soit l’obscurité qui nous voile le sens et le but du monde, il y a une évidence qui saute aux yeux : l’évènement n’a d’autre sens que spirituel. Une marche ascensionnelle vers plus de perfection, tel doit être le but de l’existence, pour nous, pour les peuples et pour l’humanité ».

 


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