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Le christianisme s’effondre

en France

mais pas dans le monde

 

 

Gilles Castelnau



7 septembre 2015

Une étude du Pew Research Center important organisme américain d’études sociologiques, cité par le magazine mensuel Philosophie de septembre 2015 propose une prospective des religions en 2050. 
Ils ont tenu compte du taux de fertilité des diverses population, de leur âge, des migrations en cours et du taux de conversion.
Le résultat est que l’attitude religieuse ne se dément pas globalement dans le monde alors qu’elle est de plus en plus négative en France, généralement en Europe et aux Etats-Unis.

 

Le monde en 2050


- Le nombre de musulmans sera presque égal au nombre de chrétiens
- Les athées et agnostiques auront moins augmenté que la population globale et en représenteront un pourcentage plus faible qu’aujourd’hui.
- L’Inde conservera une majorité hindoue mais la population musulmane y sera la plus importante du monde, plus nombreuse même que celle d’Indonésie.
- Aux États-Unis les chrétiens régresseront de 75 % à 66 % de la population, les musulmans seront plus nombreux que les juifs.
- En Europe les musulmans seront 10 % de la population.

                 

La France en 2050

 

- Les musulmans qui sont 7,5 % augmenteront à 11 %
- Les athées et agnostiques monteront de 28 % à 44 %
- Les chrétiens de toutes dénominations qui représentent actuellement 63 % de la population descendront à 43 %.

En ce qui concerne le catholicisme, le quotidien catholique La Croix  (juin 2014) donne les éléments suivants :

Les baptêmes catholiques représentaient
en 2000 : 50 % d’une classe d’âge
En 2004 : 46 %
en 2013 : 32 %

- Dans le diocèse de Saint-Denis, le plus déchristianisé de France, qui couvre une population globale de 1 518 225 habitants, moins de 10 % sont baptisés.
- Il est vrai que dans le diocèse de  Saint-Flour, Cantal, 75 % des 144 000 habitants le sont, ce qui est évidemment très loin de compenser l’absence de baptêmes à Saint-Denis.

Il faut ajouter qu’à Saint-Denis les évangéliques baptisent beaucoup et les musulmans circoncisent énormément.

.

Le christianisme semble bien s’effondrer en France, la relative montée des évangéliques et la stagnation du protestantisme historique n’y change rien. On peut se demander ce que ce changement modifiera dans l’atmosphère générale de la vie de la cité.

On remarque par exemple que certains évêques ont suggéré que l’Église catholiques pourrait, pour retrouver l’oreille des Français, abandonner ses prises de position conservatrices concernant la bioéthique (contrôle des naissances, IVG, fivete, acharnement thérapeutique) et se centrer davantage sur le souci des défavorisés.

 

.

Pourquoi les gens quittent-ils le christianisme ?

Une première réponse concerne l’Église catholique.
La diminution spectaculaire du nombre de prêtres, alors que les facultés de théologie protestante sont pleines, suggère deux choses.

- D’une part l’exigence du célibat n’est plus acceptée aujourd’hui. Elle concerne évidemment la vie personnelle des prêtres et le danger de la pédophilie.  Mais elle donne aussi aux prêtres une image surannée, loin de la réalité concrète de la vie, ce qui déplaît aux Français.

- D’autre part une exigence de pensée unique règne dans l’Église catholique et s’est considérablement accentuée depuis Jean-Paul II. Elle interdit dans l’Église toute publication et tout débat public mettant en question des dogmes obscurs comme la Trinité, le sacrifice sanglant du Christ, sa naissance miraculeuse, l’Assomption et l’Immaculée conception de la Vierge ou l’infaillibilité pontificale, des traditions relativement récentes comme le célibat des prêtres, l’ordination des hommes mariés et des femmes, l’exclusion des divorcés remariés, l’IVG etc.
Un bon nombre de théologiens catholiques suspendus ou interdits de publication soulignent cette atmosphère.
Ce sentiment d’étouffement présent dans l’Église catholique amène les Français à vivre leur spiritualité en dehors de ses structures et à figurer - indûment - dans les sondages comme « sans religion ».

 

Mais si cette réponse était suffisante, les Français qui quittent l’Église catholique se convertiraient tous au protestantisme qui ne présente pas les deux inconvénients mentionnés.
Certes, de nombreux catholiques fréquentent – souvent de manière assidue – les paroisses protestantes, en lisent les journaux et les publications et en écoutent les émissions de télévision et de radio. Mais la plupart d’entre eux ne vont pas jusqu’à une « conversion » officielle.

D’ailleurs le nombre de fidèles inscrits dans les Églises des pays protestants d’Europe du Nord diminue très rapidement pour des raisons différentes de leurs frères catholiques et qu’il est difficile de cerner.
Par exemple dans l’Église d’Angleterre (anglicane) le nombre de fidèles « pratiquants », assistant au culte du dimanche a considérablement diminué alors que le nombre de participants - non recensés - aux célébrations qui ont lieu le dimanche dans les cathédrales anglicanes explose.

On peut penser que le style de vie des paroisses protestantes n’est pas fondamentalement différent de celui des paroisses catholiques – le mariage des pasteurs, la présence de pasteurs femmes et l’esprit de liberté mis à part – et qu’il y a là quelque chose à chercher.

 

Une première remarque pourrait être le sentiment d’étrangeté du langage liturgique ecclésiastique.
Les credo, les prières, les cantiques, véhiculent généralement des affirmations absolument non crédibles : la présence « dans le ciel » d’un Dieu « tout puissant » prié d’intervenir pour nourrir les affamés, arrêter les guerres, qui n’en fait évidemment rien et laisse même arriver des tremblements de terre et des tsunamis a quelque chose d’invraisemblable.

Le one man show d’un pasteur parlant pendant une heure (et plus !) à une assemblée passive ne participant qu’en chantant les cantiques indiqués ne correspond plus aux habitudes des Européens habitués à discuter en famille en permanence – en mangeant des chips ! - lors des émissions de télévision qu’ils zappent d’ailleurs dès que leur intérêt baisse.
Une autre manière de pratiquer la spiritualité doit être trouvée davantage en harmonie avec la mentalité moderne.

Si le message chrétien – catholique et protestant – disparaît de l’horizon français et n’est d’ailleurs pas remplacé par une conversion massive à l’islam, très loin de se dessiner, quelle atmosphère spirituelle, quelle idéologie, le remplacera ?

 

.

 

Lisons un texte de l’épître aux Éphésiens, écrit dans les années 80 de notre ère, un demi-siècle après le ministère de Jésus-Christ. On remarque qu’il donne une sorte de confession de foi représentant le cœur, l’essentiel de la foi de l’Église ancienne.


Ephésiens 3.14-20
Je fléchis les genoux devant le Père, duquel tire son nom toute famille dans les cieux et sur la terre, afin qu'il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d'être puissamment fortifiés par son Esprit dans l'homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi ; afin qu'étant enracinés et fondés dans l'amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu'à toute la plénitude de Dieu.
Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l'Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles !

Il ne contient aucune mention qui l’opposerait de manière polémique, aux diverses spiritualités gréco-romaines en cours à l’époque, mais ses affirmations concernant l’élan vital, l’esprit de liberté et de fraternité humaines ne peuvent qu’encourager et donner force et espérance à ses contemporains.

Manifestement il montre que la pensée chrétienne est caractérisée par un dynamisme créateur, une relative liberté à l’égard d’obligations rituelles légales et une ouverture universelle à l’égard des hommes des autres religions.

Ce message a touché le cœur des hommes de l’époque et finalement ce que l’on a appelé le christianisme a envahi l’Europe entière et largement au-delà, tout en s’institutionnalisant malheureusement de façon conservatrice et figée. En France, notamment, les rois Louis XIII, Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, dominateurs et imposant une pensée unique bien peu sympathique ont créé un état d’esprit qui éloigne nos concitoyens du message si vivant de Jésus-Christ.

L'idéal de l'Évangile se maintient encore largement aujourd’hui dans l’esprit de nos concitoyens par tradition familiale, mais le refus généralisé des institutions ecclésiastiques fait que son souvenir s’en estompe désormais rapidement.

- Le dynamisme créateur risque de laisser place dans nos pays à un fatalisme déprimé.
- La liberté à l’égard d’obligations rituelles légales risquent de laisser place au ritualisme musulman, juif ou évangélique.
- L’ouverture universelle à l’égard des hommes des autres religions peut se transformer en méfiance et égoïsme à leur égard.
Il n’est pas difficile de constater ce glissement dans la société actuelle.


En pensant à cette évolution future, il est sans doute raisonnable que nous prenions conscience des éléments de notre religion qui sont rejetés par nos concitoyens et que nous pouvons abandonner dans la mesure où ils ne font pas partie de l’essentiel de la foi chrétienne et que par contre nous approfondissions notre compréhension des trois éléments fondamentaux que nous venons de mentionner afin de les affirmer clairement afin de sauvegarder notre identité profonde.





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