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Image de l’Inde

le conflit hindo-musulman

 

 

Francois Thiria

 


4 avril 2015

Nous étions arrivés dans la ville d’Ayodhya, là où les hindouistes croient qu’est né Rama, un « avatar » (incarnation) du dieu Vishnu, le héros du Ramayana. De nombreux pèlerinages y ont lieu. Notre guide nous mène au bord du Ghaghara, l’affluent du Gange, fleuve béni. Nous pouvons voir une très grande communauté d’hommes et de femmes venir faire leur ablution au milieu du fleuve presqu’à sec.
C’était au petit matin, dans une légère brume et surtout dans un silence plein de ferveur. Les pèlerins, quand ils arrivaient au milieu du fleuve se dévêtaient légèrement et faisaient leurs ablutions. Dans ce silence paisible et plein de grâce, seules les couleurs vives des vêtements mettaient un peu de joie dans cette scène. Nous étions émerveillés et émus de tant de ferveur. Aucun geste de leur part pour nous montrer que nous n’étions pas à notre place parmi eux tant ils étaient absorbés par leurs mouvements et leurs prières, même parfois un sourire de bienvenue.
Le flot des pèlerins était continu, entre ceux qui arrivaient et se dirigeaient vers le lit du fleuve et ceux qui revenaient tenant dans leur main un récipient contenant la précieuse eau du fleuve. Quand ils passaient auprès d’une vache qui était présente ils la caressaient et portaient la main à leur front en signe d’hommage. La piété hindouiste.

Puis nous visitâmes la ville dont les temples n’offraient qu’un intérêt limité. Cependant nous fûmes intrigués par la quantité de tas de briques et de pierre de construction déjà sculptées, prêtes à être montées pour un temple. Et l’histoire contemporaine se montrait ainsi à nos yeux avec ses violences intercommunautaires.
C’était la ville de Ram et les hindouistes y avaient construits, disent-ils, un temple pour leur Dieu. Du temps de l’empire moghol, musulman, un empereur rasa le temple et y construit une mosquée. Les Moghols disparus, les Britanniques retournés dans leur île, l’indépendance de l’Inde est proclamée.
Les musulmans sont minoritaires et les hindouistes demandent la démolition de la mosquée et la reconstruction de leur temple. Tension, émeutes massacres, la mosquée est détruite. Mais les Autorités qui n’ont pu éviter la démolition refusent la construction du temple.
Cependant de toute l’Inde et de la diaspora à travers le monde arrivent des briques pour la construction de ce temple. Aux dernières élections est arrivé au pouvoir un premier ministre hindouiste fondamentaliste qui a la réputation d’avoir laissé massacrer quelque 2000 musulmans par des hindouistes dans l’état où il était premier ministre (l’Inde est une fédération d’états). Le temple sera-t-il construit avec les conséquences que l’on peut imaginer ?

Dans un même lieu la ferveur pleine de paix et de sérénité et tous les éléments pour que renaisse une violence intercommunautaire.

Le poète Kabir, au XVe siècle avait déjà trouvé absurde une telle opposition des religions. Écoutons-le :

Si Allah demeure dans une mosquée, à qui appartient le reste du monde ?
Les Hindous disent qu’Il demeure dans l’idole : les uns et les autres se trompent !
Oh Allah-Ram c’est pour Toi que je vis,
Oh Maître aie pitié de moi !
On dit que Hari(Ram) demeure au Sud
Et qu’Allah réside à l’Ouest :
Cherche-Le dans ton cœur, cherche-Le dans tous les cœurs :
Là est sa demeure et sa résidence !
...
L’Hindou a banni de son cœur la compassion,
Le Turc (le Moghol) a oublié la miséricorde,
Et leurs deux maisons sont en flamme !

Ces flammes me font penser aux flammes du bûcher de Michel Servet, brûlé vif dans la ville de Genève pour avoir été en désaccord avec la doctrine de la ville et à la révolte de Castellion devant cette horreur :

Tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine ; ils tuaient un être humain ; on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme, mais en se faisant brûler pour elle.

ou encore

Ne forçons personne ! Car la contrainte n’a jamais rendu personne meilleur !

Et puis il y eut des décennies de guerre de religion…

A quand la fin des démolitions, des bûchers et du bruit des kalachnikovs ? A quand la sérénité, la ferveur, l’accueil des étrangers de nos pèlerins du Gange ?


 


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