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Le protestantisme évangélique

à l’épreuve des cultures


 

Textes réunis et présentés par

Yannick Fer et Gwendoline Malogne-Fer

 

Éd. L’Harmattan

162 pages - 16,50 €

 

Recension Gilles Castelnau

 

27 janvier 2014

Ce livre est constitué de 6 études ethnologiques réalisées par des professeurs d’université, ethnologue ou sociologues. Ils présentent la manière dont des communautés de foi évangélique se répandent et participent depuis relativement peu de temps à la vie de différents pays.

• Bernard Boutter
Les Églises évangéliques charismatiques issues des migrations africaines face au protestantisme local dans deux métropoles régionales de l’Ouest de la France (Nantes et Rennes).

• Julie Picard
Du repli identitaire à l’ouverture copte : migrants subsahariens et protestantismes évangéliques en Égypte.

• Matthew Wood et John Eade
La construction des religions publiques : ethnicité, Etat-nation et méthodisme britannique.

• Valérie Aubourg
Les Églises évangéliques charismatiques à l’île de la Réunion : une expression créole de la foi pentecôtiste.

• Géraldine Mossière
Réseaux pentecôtistes, activités d’évangélisation et émotions partagées parmi des Congolais établis à Montréal : « un cosmopolitisme de charisme » ?

• Bernard Coyault
Du nomadisme ecclésial dans la diaspora congolaise en France : entre pragmatisme religieux et subversion des identités assignées.

 

Voici des passages de cet ouvrage.

page 52

Julie Picard : Évangéliques en Égypte
Au Caire, les églises évangéliques africaines, généralement à tendance pentecôtiste, sont essentiellement des « églises de migrants » (Fancello, 2006a, p.276) ; elles ne précèdent pas ou n'accompagnent pas la migration mais sont plutôt le résultat de la formation de communautés ou de groupes de prière par les migrants en Égypte. Seule la Redeemed Christian Church of God, dont l'église-mère est implantée au Nigeria, a été fondée à l'extérieur du territoire égyptien. Elles sont relativement récentes puisqu'elles datent presque toutes des années 2000 - décennie durant laquelle les difficultés administratives et juridiques se sont multipliées pour les migrants et durant laquelle les espoirs de quitter I'Égypte se sont amenuisés.

Leurs pasteurs, issus de familles catholiques, étaient souvent convertis au protestantisme évangélique avant d'immigrer en Égypte. Ils avaient déjà eu une expérience en tant que leader religieux dans leur pays où ils ont profité de l'offre locale de formations religieuses et sont ainsi devenus des « migrants-pasteurs » (Bava, Picard, 2010, p. 165). D'autres encore se sont autoproclamés pasteurs suite à des rêves ou des miracles (guérisons etc.). L'investissement personnel religieux devient souvent plus intense en exil, qui plus est dans un pays où l'on devient partie prenante de la minorité religieuse.

Le statut de pasteur correspond à un certain prestige social et donne un sens religieux et professionnel à l'exil, ainsi qu'à la halte forcée. Confrontés à l'immobilisme étatique et aux failles du système onusien, ces pasteurs ou néo-pasteurs sont également nombreux à s'engager socialement auprès de leur communauté, auprès d'autres migrants, de réfugiés, voire d’Égyptiens défavorisés, en rejoignant des structures existantes ou en créant leurs propres centres socio-éducatifs. Si le christianisme reste au centre de leur système de pensée et si I'aide spirituelle et la « relation renouvelée avec Dieu » restent prioritaires, certains de ces centres sont parfois qualifiés de « non-dénominationnels » et accueillent également des enfants ou adultes de confession musulmane. Le parcours religieux et professionnel de J., arrivé de RDC en 2002 et ayant obtenu le statut de réfugié en 2004, est à ce sujet éclairant :

« J'ai appartenu à la Voie Intemationale en RDC, où j'y ai suivi des cours pour devenir leader [...]. J'ai fui mon pays pour des raisons politiques et lorsque je suis arivé ici, j'ai rejoint un groupe de prière congolais ainsi que l'Église Évangélique du Caire [l'EEC, d'origine européenne et officiellement implantée en Égypte, est la seule église protestante francophone de la ville]. Je prêchais à la place du pasteur suisse de temps à autre et puis à cause de conflits internes, j'ai décidé de quitter I'EEC. Encouragé par le pasteur de mon groupe de prière [devenu une église indépendantel, j'ai décidé en 2005 de suivre des cours bibliques dans un centre nigérian qui travaillait avec des missionnaires coréens et américains [le centre est désormais fermé]. Les cours étaient ouverts à tous et étaient suivis par des Égyptiens, des Soudanais, des Érythréens, des Nigérians... En 2008, j'ai obtenu mon diplôme et j'ai remplacé le pasteur de mon église. On souhaite développer une branche anglophone. Dieu m'a rattrapé ici ! [...] La pression n'est pas la même ici, on exerce plus de foi, on s'adonne plus. Le culte est plus souple et modéré car les gens viennent de différents horizons. »

[…]

Certains pasteurs n'hésitent pas à assimiler les Africains au peuple hébreu de la Bible, détenu en esclavage en Égypte mais prochainement libéré. Les lieux de pèlerinage coptes que les Africains connaissent, visitent ou espèrent visiter un jour sont nombreux. Parmi eux : le Mont Sinai (ou Mont Moïse), près duquel a été fondé autour du VIe siècle le monastère Sainte Catherine autour de l'arbuste symbolisant l'épisode du Buisson ardent, lieu de révélation du divin à Moïse ; plusieurs lieux de passage de la Sainte Famille, qui, menacée par Hérode le Grand, avait trouvé refuge en Égypte ; également le quartier copte du « Vieux Caire » et l'église Abu Serga (Saint Serge) ou encore le quartier de Matarieh. Le quartier de Zeitoun, - où serait apparue la Vierge dans les années 1960 - et celui du Moqqatam - où Moïse aurait reçu une partie des Tables de la Loi -, sont également connus des Africains, pour les miracles qui y sont associés. Enfin, aux abords du Nil, dans le quartier de Maadi, situé au sud de l'agglomération cairote et près duquel vivent de nombreux Africains, se trouve l'église orthodoxe de la Sainte-Vierge ; une Bible y fut découverte en 1976, flottant sur le fleuve, ouverte au chapitre d'Esaie : « Bénis soient l'Égypte, mon peuple... ». Ce lieu a précisément été choisi et négocié par le pasteur camerounais de l'église CNA pour procéder aux baptêmes de ses fidèles. Ces baptêmes s'effectuent sur les berges du Nil, auxquelles il a obtenu un accès privatisé, et non à l'intérieur de l'église. D'une manière générale, un certain attachement religieux, un sentiment d'appartenance à l'Égypte, lieu de création de la première église, se manifeste : « Je vais toujours revenir ici ; je reviendrai car j'ai commencé ici ».

 

page 73

Matthew Wood et John Eade : Le méthodisme en Grande-Bretagne
[...] Notre « enquête église élargie » a montré que, selon les pasteurs, environ 50 % des pratiquants réguliers (au moins une fois par mois) sont noirs ou asiatiques. Ceci explique pour une large part le déclin moins rapide de la fréquentation des églises à Londres. En fait, cette enquête a montré que depuis 1992, les congrégations majoritairement blanches (celles où plus de la moitié des pratiquants réguliers sont blancs) avaient quatre fois plus de chances d'avoir vécu un déclin significatif (plus de 10 %) du nombre de leurs membres plutôt qu'une croissance, tandis que les congrégations majoritairement noires (celles où plus de la moitié des pratiquants réguliers sont noirs ou asiatiques) avaient près de deux fois plus de chances d'avoir vécu une croissance significative du nombre de leurs membres plutôt qu'un déclin.

 

 

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