Le Bouddha
fut-il un homme admirable
ou critiquable ?
Bernard Haca
11 mai 2011
Le Bouddha était au départ un prince, le prince Siddhartha. Ce prince était né au palais et y avait passé toute son enfance, sans jamais en sortir. Dans ce palais, dans les jardins merveilleux clos de murs qui l'entouraient, il mena une existence paradisiaque, dans le luxe et l'abondance, servi par des centaines d'esclaves beaux et souriants qui satisfaisaient à l'instant ses moindres désirs.
Devenu un beau jeune homme dont le cœur avait toujours été dans la paix, le bonheur et la satisfaction, il voulut un jour voir le monde, sortir du palais et voyager. Comme personne ne pouvait lui dire non - il ignorait en effet qu'il soit concevable de contrarier ses désirs - il sortit.
Ce fut un choc : il vit la faim, la pauvreté, l'infirmité, la misère, l'injustice, les enfants des rues qu'on ramasse morts au matin sur les trottoirs. Lui qui croyait que tout le monde vivait dans l'abondance comme lui-même, il en fut profondément ébranlé.
Alors il décida de renoncer à tout. Passant instantanément de l'extrême richesse à l'extrême pauvreté, dépouillé de tout il partit se faire ermite tout seul dans la nature et là il médita, médita, jusqu'à atteindre l'illumination. On l'appela « le Bouddha ».
Moi, je pense en Occidental. De mon point de vue d'Occidental, qu'y a-t-il d'admirable dans l'attitude du prince Siddhartha ? Ne puis-je pas, au contraire, penser de lui : « Mais quel con !! » ?
Il était prince, tout de même. A la retraite ou à la mort du roi son père il serait devenu roi, seul maître du pouvoir et surtout des immenses richesses qui lui avaient permis jusque là de vivre dans une abondance paradisiaque. N'était-ce pas l'occasion rêvée d'agir pour soulager la misère du peuple et d'instaurer une société plus juste ?
D'abolir par décret l'horrible système des castes et d'imposer les Droits de l'Homme ?
D'abolir l'esclavage ? De faire des femmes les égales des hommes ? D'instituer la sécurité sociale pour que chacun puisse se soigner ? D'instituer le RMI ou le RSA pour que plus personne ne meure de faim ? L'école obligatoire et gratuite pour les enfants afin que chacun ait sa chance, et puisse avoir un métier qui lui permette de vivre et d'enrichir la société ? Avec des bourses pour que les plus brillants puissent devenir des savants dont les découvertes amélioreront l'agriculture, l'industrie, la médecine ?
Franchement, ça leur faisait une belle jambe, à ses sujets qui crevaient dans la misère, de se dire que leur futur roi était parti dans la jungle s'éveiller tout seul dans son coin... Non ? Je dois pas être assez spirituel...