Protestants dans la ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 


  





La Toussaint et...
les tombes




Claudine Castelnau


11 novembre  2024


Cette année, à la veille de la Toussaint, curieusement, j’ai trouvé plusieurs nouvelles consacrées aux cimetières protestants et non pas au prix des pots de chrysanthèmes ce qu’en journalisme on appelle un « marronnier », c’est-à-dire une nouvelle qui revient chaque année à date fixe. Ainsi, le Midi Libre, un quotidien qui couvre l’est de l’Occitanie a publié un mini reportage sur Caveirac, une petite ville du Gard proche de Nîmes. L’article se présente comme « une réflexion particulière sur l’histoire des protestants et leur relation à la mort. » Et l’occasion de signaler « ces modestes tombes dissimulées dans les jardins ou dans des champs, à l’abri des regards, marquées parfois seulement par des pierres sans inscription pour éviter toute répression » ou chapelles oubliées ou en ruines, les protestants n’étant pas autorisés à être inhumés dans les cimetières paroissiaux catholiques. Et le Midi Libre relève que « ces tombes non seulement rappellent le passé douloureux des protestants privés du droit de reposer dans un lieu sanctifié mais aussi la persévérance d’une communauté face à l’adversité religieuse.  À la veille de la Toussaint, en ce moment de mémoire collective, il est important de rendre hommage à ces sites, symboles d ‘une résistance silencieuse et d’une quê􏰙te pour la liberté de culte. » Il faudra attendre l’Edit de Tolérance, sous Louis XVI pour que l’état civil de « ceux qui ne font pas profession de religion catholique » soit possible mais que la religion catholique demeure bien la religion officielle du royaume. Il faudra attendre la Révolution de 1789 pour que la liberté de conscience soit explicitement accordée aux protestants et 1791 pour la liberté de culte.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Autre nouvelle sur les cimetières protestants : dans Riforma, l’hebdomadaire des protestants italiens. Après un culte de la Fédération des Églises protestantes en Italie, diffusé par Rai Radio 1, une radio de Rome, des réactions d’auditeurs s’étaient exprimées qui avaient découvert l’existence d’une section protestante dans leur cimetière où il n’y avait aucune image ou veilleuse mais sur chaque tombe un verset biblique gravé sur  la pierre tombale. Ces auditeurs se demandaient pourquoi il existait ainsi un espace réservé aux protestants dans un cimetière.  Et dans nombre de villes italiennes, on pouvait aussi trouver des cimetières dits « protestants ». Ces espaces protestants, explique le pasteur Luca Baratto à ses auditeurs, sont d’abord le signe d’une discrimination : les chrétiens non catholiques ne pouvaient être enterrés en terre consacrée d’où leurs propres lieux d’ensevelissement en dehors des murs de la ville. C’est Napoléon qui interdit les cimetières dans les centres habités, mais il est resté la discrimination et c’est ainsi qu’un cimetière protestant, le cimetière de Anglais, est né à Florence, ou le cimetière anglais à Naples ou celui des « non catholiques » à Rome ainsi que les sections protestantes des cimetières actuels. Et c’est ainsi que ces lieux marqués par la discrimination contre les protestants sont devenus au fil du temps un témoignage visible du protestantisme : la sobriété des tombes, l’absence d’images pieuses et ces versets bibliques sur la pierre tombale qui témoignent de leur vie et de leur foi et disent leur espérance d’un monde nouveau. Et le pasteur rappelait que le culte des morts n’existe pas, ni les prières pour les défunts dans le protestantisme. « Ainsi nos morts, ceux que nous avons aimés, vivent avec nous, dans l’espérance et l’attente du Seigneur qui vient ».

°°°°°°°°°°°°°°°

 

The Times of Israel, un quotidien en ligne israélien, raconte, le 22 octobre, que la famille d’un soldat de Tsahal mort à 19 ans en combattant dans le sud de la bande de Gaza l’an dernier « a reçu un ultimatum du ministère israélien de la Défense pour enlever la pierre tombale de sa tombe parce qu’elle comporte une croix. » La tombe en question avait déjà été recouverte d’un tissu noir durant plusieurs mois ce qui avait provoqué des protestations de la famille, émigrée d’Ukraine en Israël en 2014 et manifestement chrétienne.  Et si la famille refuse, « il faudra alors que la tombe du sergent-chef soit déplacée à l’extérieur du cimetière militaire de Haïfa. » Le rabbin, aumônier militaire de Tsahal a expliqué par ailleurs que la croix porte atteinte au caractère sacré du cimetière militaire (une manifestation antichrétienne de plus en Israël. Comme celle de cette mère qui a déclaré aux médias que la croix sur la tombe de David l’empêchait de prier dans ce cimetière militaire !) Dans un message sur Facebook, la mère du sergent-chef Bogdanovskyi  a écrit : « David aimait Israël du fond du cœur. La croix gravée sur sa pierre tombale faisait partie intégrante de son identité personnelle et de la foi dans laquelle il a été élevé. »

°°°°°°°°°°°°°°°°°

La guerre, la vengeance, le racisme, la haine de l’autre pourrit tout. Ainsi lors des funérailles d’un réserviste israélien tué au Liban, dans un affrontement avec le Hezbollah, ses proches ont fait l’éloge public de Shuvael Ben-Natan, « qui était décidé, ont-ils dit, à se venger des habitants de Gaza, y compris des femmes et des enfants ». Il aurait ainsi mis le feu à une maison dans la bande de Gaza, « sans autorisation ( ! )  afin de remonter le moral de ses compagnons d’armes. » David, le père de Shuvael, a évoqué aussi l’arrestation de son fils l’année dernière pour avoir abattu Bilal Salah, un Palestinien de 40 ans, sous les yeux de sa femme et de ses enfants alors qu’ils récoltaient des olives en Cisjordanie. Il avait affirmé être en état de légitime défense après que des Palestiniens l’ait attaqué. Mais les Palestiniens du village d’As-Swiya, dans le nord de la Cisjordanie, ont accusé des colons de tenter de les empêcher de récolter leurs olives et que Shivael avait abattu le Palestinien de sang-froid. Et si le père a déclaré lors des funérailles de son fils que l’affaire été réglée, Tsahal affirme que l’enquête suit son cours… « Je veux être aux côtés des Juifs dans leur guerre », avait dit Shuvael, s’est souvenu son père. Est-ce qu’être du côté d’Israël implique des crimes de guerre gratuits ? Ou la spoliation du bien d’autrui ? La « Barbarie » disait le président français, Et la perte de toute référence morale ?

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

La photo est explicite : En Cisjordanie, un colon reconnaissable à ses vêtements porte un gros sac sur son dos avec les olives qu’il vient de voler sur les oliviers de paysans palestiniens. Les olives volées mais aussi le matériel agricole et des agriculteurs qui endurent de violentes agressions et parfois sont tués. On évalue aussi à des milliers les oliviers mutilés ou carrément coupés par les autorités ou des juifs extrémistes des colonies dans tout le nord de la Cisjordanie, entre 2022 et 2023. Et depuis 1967, ce sont au moins 800 000 oliviers qui ont été déracinés, brûlés, détruits. Des juifs extrémistes parfois armés venus de ces colonies illégales sur la terre de Cisjordanie usent de violence extrême pour empêcher la récolte des olives, nuire financièrement aux agriculteurs palestiniens  et finalement les forcer à quitter leurs terres sans que les soldats de l’armée israélienne ou  les policiers présents n’interviennent pour protéger les travailleurs palestiniens contre les agressions et les ont même parfois obligés à fuir.

°°°°°°°°°°°°°°

Devant des millions de téléspectateurs, Donald Trump avait fin septembre repris l'accusation mensongère selon laquelle des migrants haïtiens mangent "des chats et des chiens" dans Spingfield, une ville de l'Ohio (au nord-est des Etats-Unis.). Une allégation démentie immédiatement par les autorités de la ville. Et au delà de l’étonnement amusé provoqué par cette évidente fake news de Trump, on a compris que cette attaque raciste contre les migrants américains était une énième manière de montrer du doigt des fauteurs de troubles et des mangeurs d’animaux domestiques que sont le Cubains, les Nicaraguayens, les Vénézuéliens et bien sûr les Haïtiens qui s’attaquent aux  « pets » chers aux Américains et les mangent. Religious Dispatches https://religiondispatches.org/this-is-no-ordinary-anti-blackness-the-racist-history-of-the-pet-eating-conspiracy/

un magazine américain en ligne rappelle que « ce n’est pas la première fois que Trump s’en prend à la première république noire » celle de Haïti : dans le passé, il  avait accusé à tort les migrants haïtiens  d’être porteurs du virus du Sida…  et en 2018, il décrivait Haïti et d’autres pays africains comme comme des  « pays de merde » qui ne méritent pas d’être aidés. Quant au gouverneur de Springfield, pourtant un républicain, qui fait face à l’arrivée récente de près de 15 000 Haïtiens il a clairement indiqué que ces migrants « ont contribué à la reprise économique de sa ville » et il déplore les troubles (33 menaces à la bombe en une semaine) contre des citoyens haïtiens, provoqués par des néo-nazis et autres extrémistes racistes venus soi-disant « défendre » sa ville et qui suscitent l’inquiétude d’habitants  qui sont nombreux à se montrer solidaires des Haïtiens. « Soyons clairs, explique Religious Dispatches : Ce qui se passe à Springfield n’est pas un racisme anti-noir ordinaire. C’est un racisme anti-noir aggravé par l’utilisation du vaudou, qui fait peur, et de récits stéréotypés sur la criminalité noire, une manière d’exclure les Noirs de la citoyenneté américaine.

. L’élection présidentielle à venir fait de la nouvelle communauté d’immigrants haïtiens de Springfield la cible parfaite pour la campagne politique répétée du ticket Trump-Vance. » Au cours du dernier demi-siècle seulement, les politiciens racistes, principalement républicains, ont à maintes reprises présenté l'électorat noir comme un élément dégradé et indigne de la nationalité américaine. Nombre d'entre eux ont utilisé la criminalisation des Noirs comme une arme pour obtenir des votes blancs. Le ticket Trump-Vance a rejoint ces politiques qui aiment jouer avec des surreprésentations de la déviance noire

Un tel racisme témoigne d’une dévotion particulière à la religion civile la plus précieuse de l’Amérique : la blancheur.

« Les historiens haïtiens soulignent l’ironie de l’utilisation des chiens comme armes de propagande anti-haïtienne : Religion Dispatches rappelle que « c’est le général français Jean-Baptiste Rochambeau, officier de Napoléon… qui a fait venir de Cuba des chiens spécialement dressés pour manger les Haïtiens noirs [alors qu’ils luttaient contre le colonialisme français]. L’inversion involontaire de l’histoire par M. Vance nous rappelle que la guerre canine était une tactique utilisée à la fois lors de la révolution haïtienne et lors des mouvements des droits civiques aux États-Unis pour limiter la liberté des Noirs […] La dernière accusation raciste contre les Haïtiens est dans la droite ligne de cette afrophobie profondément ancrée aux États-Unis…

 





Retour en page d'accueil
Retour vers Claudine Castelnau

Vos commentaires et réactions

 

 

haut de la page

   
 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.