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FR4ANCO SILVI/EPA/MAXPPP

Italie, crucifix à l'école




Claudine Castelnau


10 juin 2024

 

L’hebdomadaire Riforma, organe d’information des Églises vaudoises, méthodistes et baptiste italiennes, a publié un article sur une école élémentaire de Secondigliano, un quartier populaire au nord de Naples. Mme Maria Maffia, y commentait la photo d’une école délabrée, l’école de son enfance, qui devait être rasée pour faire place à un nouveau bâtiment scolaire. Mais ce n’était pas tant l’état catastrophique de ce bâtiment qui l’intéressait, bien qu’elle se désole de cette vétusté, comme trop d’écoles italiennes, que d’un détail qui a attiré son attention : l’école était totalement vide sauf deux crucifix restés cloués au mur.

Et une question : est-il possible qu’il y ait encore des crucifix dans les écoles publiques ? Et tant d’aveuglement dans une société multiculturelle, aux langues multiples et plus encore aux multiples religions.

« Est-ce qu’il y a encore vraiment encore une identité nationale italo-catholique qui pousse à afficher un crucifix, et même deux, dans une école, alors que l’École elle-même tombe en ruines ? » se demandait-elle.

Dans un second temps, Maria Maffia remarquait avec étonnement les deux crucifix qui étaient destinés à disparaître avec les murs lors de la démolition de l’école et à finir aux ordures. « Quand tout est destiné à la destruction, le crucifix n’a-t-il plus de valeur ni de raison d’être ? Cet objet symbolique [le crucifix], questionne Maria Maffia, n’a-t-il de valeur que lorsqu’il sert à connoter une institution publique, l’école à une idéologie qui nie la diversité ou la relègue aux sujets mineurs ? » Et nous nous souvenons de la bataille autour des crucifix dans les lieux publics, école, hôpitaux, banques, tribunaux, bureaux de vote et j’en oublie sûrement, qui était née de la demande d’une mère ressortissante italienne qui estimait que ses deux enfants de 11 et 13 ans étaient dans une école publique et que les  crucifix dans les classes  contrevenaient au principe de laïcité.

Elle perdit, devant la direction de l’école  soutenue par le ministère italien de l’Instruction publique, puis par la Cour constitutionnelle qui rappela que le crucifix était le symbole religieux de la seule Église nommée dans la constitution italienne, l’Église catholique, donc un symbole de l’État italien, tandis qu’un tribunal administratif rejetait lui aussi le recours de la mère  en déclarant que  le crucifix était « à la fois le symbole de l'histoire et de la culture italienne et par conséquent de l'identité italienne ».

Et en 2006, le Conseil d'État italien rejeta le pourvoi de la requérante au motif que « la croix était devenue une des valeurs laïques de la Constitution italienne et représentait les valeurs de la vie civile. »

Seuls les juges de la Cour des droits de l’homme de Strasbourg estimèrent que les élèves d’autres religions que catholique, ou les athées, pouvaient être perturbés par ce signe religieux qui ne respectait pas la liberté de pensée, de conscience et de religion et ils ont alloué 5000 euros à la dame pour « dommage moral ». Mais en 2011, la Cour de Strasbourg revenait sur l’apaisement qui doit régner dans le domaine scolaire et reconnaissait que l’Italie n’imposait pas « un enseignement obligatoire du christianisme dans les écoles et que l’espace scolaire était ouvert à d’autres religions. »

Et sans religion ? En 2021 la Cour de cassation italienne a rejeté le recours d’un professeur athée, sanctionné pour avoir décroché systématiquement le crucifix de sa classe, lors de ses cours.

Et si j’en crois les amis protestants italiens, l’ouverture de l’espace scolaire est loin d’être la situation partout et ils sont fermement acquis au principe de laïcité, à l’école et ailleurs non sans mal…

 

 


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