Justice pour tous
Ron Ferguson
article de Life & Work
magazine de l’Église d’Écosse
décembre 2018
traduction Gilles Castelnau
Ron Ferguson dit que les pauvres payent le prix fort
pour une récession économique déclenchée par les riches
Il est scandaleux que dans un des pays les plus développés du monde,
il y ait des enfants qui vont se coucher en ayant faim
et des personnes âgées qui n’ont pas les moyens de faire marcher leur chauffage,
alors que d’autres vivent dans le luxe.
13 décembre 2018
Je regarde une image que l'on voit partout en cette période de Noël. Ce n’est pas une image religieuse traditionnelle. Elle représente un carton plein de nourriture et qui porte l’inscription « Banque alimentaire ».
Soyez les bienvenus au Royaume Uni en ce temps de fête de l’année 2018 de notre Seigneur. La banque qui aime dire « oui » est, de nos jours, la banque alimentaire.
Un des motifs de la crise actuelle est la réduction des subventions sociales en ce temps d’austérité. Mettez cela en rapport avec l’augmentation des prix du chauffage et des déplacements et vous expliquez l’accroissement de la demande d’aide alimentaire.
Il est à remarquer qu’une proportion surprenante de clients de la banque alimentaire sont des gens qui ont actuellement un travail – certains à temps partiel, d’autres à plein temps, la plupart ayant de bas salaires ou des contrats zéro-heure.
Gordon Brown, le précédent Premier ministre, fils de pasteur, avait appelé à supprimer la Universal Credit loi du travail dont il disait qu’elle était « cruelle et destructrice » et engloutirait un record de 5 millions d’enfants en dessous du seuil de pauvreté.
De nombreux jugements ont révélé que des familles ont été enfoncées par le nouveau système de prestations sociales dans le surendettement et les retards de loyers.
Gordon Brown prévoit que si la Universal Credit loi du travail n’est pas modifiée, le fiasco de la précédente Poll Tax de Margaret Thatcher qui avait provoqué des émeutes de la faim en 1990 pourrait se répéter.
Fils de pasteur, M. Brown affirme qu’après avoir passé 50 ans en politique, il n’avait jamais pensé voir la pauvreté atteindre le terrible niveau auquel on assiste actuellement.
Il dit : « Les convulsions provoquées par le Brexit et quatre mois plus tard la Universal Credit loi du travail, nous annoncent divisions et désespoir. »
Dans un pays relativement riche comme le nôtre, personne ne devrait avoir à choisir entre manger et se chauffer.
Notre société est rongée par l’inégalité. Il est scandaleux que dans un pays qui figure parmi les plus développés du monde, il y ait des enfants qui se couchent en ayant faim et des personnes âgées qui n’ont pas les moyens de faire marcher leur chauffage, alors que d’autres vivent dans le luxe.
Ce sont les pauvres qui payent la plus grande part de la récession économique déclenchée par les riches et les puissants. Et alors que de grandes entreprises s’efforcent de payer le moins de taxes possibles.
Si des lecteurs pensent qu’au temps de Noël, je ne devrais pas soulever de question politique, je répondrai qu’ils ne comprennent pas vraiment le message de l’Évangile.
Le récit de Noël a été aseptisé et idéalisé jusqu’à y perdre tout sens. Il n’en demeure pas moins qu’il raconte l’histoire d’un malheureux couple qui va se faire enregistrer à Bethléem pour une question de taxe et qui trouve les portes fermées devant lui.
Pour en revenir à la banque alimentaire d’Écosse, de nombreuses églises participent à l’alimenter et contribuent à la distribution des repas.
Le pasteur Stuart Sharp, de Falkirk, qui y est très engagé, a écrit à Life & Work : « Nous sommes très heureux de cette opportunité de servir notre prochain. Mais ce n’est pas le signe d’une belle société. C’est le signe d’une société fondamentalement désagrégée et décomposée. »
La charité est, certes, excellente, mais le message de Noël est plutôt celui de la justice pour tous.
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