Royaume-Uni
Les évêques contre la faim
Claudine Castelnau
4 juin 2018
Le gouvernement de Teresa May a annoncé il y a quelques semaines, des restrictions budgétaires dont certaines affectent directement les familles.
On connaît déjà la pauvreté de certaines familles où les enfants n’ont pour unique repas de la journée que celui délivré par la cantine de leur école et la question de leur alimentation est critique durant les vacances scolaires où l’école est fermée.
Des enquêtes ont révélé aussi que certains n’ont pas chaussures et leur état de santé est inquiétant.
Parmi les restriction budgétaires annoncées, l’une d’elles frappe les familles de plus de 2 enfants. Ces familles ne sont plus éligibles aux aides sociales pour les autres enfants.
Un groupe de 60 évêques anglicans s’est joint à d’autres responsables religieux et des ONG pour protester contre ce projet. Leur lettre a été publiée dans le quotidien The Times le 8 avril. Les responsables religieux estiment ainsi que ces mesures « devraient faire tomber 200 000 enfants de plus dans une situation de pauvreté. »
Et que « cette politique rend plus difficile encore aux parents le souci d’avoir une vie de famille stable et forte. D’ici 2021, 640 000 familles seront touchées. La plupart sont des familles aux faibles salaires, la plupart ont trois enfants et certaines qui avaient décidé du nombre d’enfants lorsqu’elles gagnaient suffisamment bien leur vie se retrouvent plus tard à devoir affronter une situation financière difficile après un deuil, une séparation, la maladie ou simplement un bas salaire. »
La lettre ouverte des évêques anglicans, d’autres leaders religieux et des travailleurs sociaux pointe aussi du doigt le fait que cette politique transmet aussi un message regrettable : celui de faire croire que « certains enfants ont plus d’importance que d’autres selon leur rang de naissance » et que « certaines femmes devront choisir entre pauvreté ou l'avortement [d’un enfant de plus] » ce qui est « une grave préoccupation [...] alors que les enfants sont une joie privée et un bien pour la société. »
La lettre a été signée par 26 évêques diocésains et 34 autres évêques, un ancien président et le vice-président de la Conférence méthodiste, un responsable des Quakers, un membre du Conseil juif britannique et les dirigeants de trois ONG dédiées à lutter contre la pauvreté des enfants et à de l’action sociale en Grande-Bretagne.
Réponse d’un porte-parole gouvernemental au Times : « Cette politique sera appliquée le plus justement possible. Mais il faut que les gens qui vivent de l’aide de l’Etat fassent des choix semblables à ceux que font ceux qui subviennent seuls à leurs besoins par le travail ».
Retour en page d'accueil
Retour vers Claudine Castelnau
Vos
commentaires et réactions
haut de la page