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Le « rêve américain »

avis de tempête

 

Claudine Castelnau

 

12 septembre 2005
Après l'ouragan annoncé sur la Louisiane
, le Mississippi et l'Alabama et sa gestion désastreuse au niveau fédéral comme local, un chercheur d'un institut politique américain déclarait : « Nous avons dit au monde entier comment faire fonctionner la démocratie et la société civile. Et maintenant les plaies vives et tous les laissés pour compte de notre propre société sont révélés au monde et c'est terrible pour notre réputation ».
Réputation ? C'est bien le mot qu'il employait. Et il est vrai qu'il sera difficile désormais à l'Amérique d'exporter le rêve américain sur de pareilles images ! Des images qui ont fait le tour de la planète laissant un goût d'illusions perdues et d'amertume à beaucoup.

Mais le mot « réputation » semble bien faible et maladroit. Un éditorialiste du New York Times lui préfère, comme nombre d'autres, le mot « honte ». Honte de ces images que l'Amérique croyait réservées à l'Afrique, montrant le tiers monde à sa propre porte ! Honte de ce que le cyclone Katrina a révélé crûment, à savoir que le rêve américain était finalement un rêve réservé aujourd'hui à ceux qui ont un formidable appétit de réussite et tous les moyens pour y parvenir. L'ouragan a mis en lumière ce que trop d'Américains tentaient d'oublier ou de cacher, ce cyclone de pauvreté et de désespérance qui emprisonne un nombre toujours plus grand d'entre eux1.

Où est aujourd'hui le « rêve américain », à l'origine religieux, porté par les Pères pélerins du Mayflower qui abordèrent en 1620 sur ces rivages comme on découvre la « terre promise », avec l'idée forte d'y bâtir « la Cité sur la colline » 2 qui éclairerait le monde... ? Ce rêve américain (inscrit dans la Déclaration d'Indépendance de 1776 rédigée par Thomas Jefferson), qui promettait la vie, la liberté, à commencer par la liberté religieuse, et la « quête du bonheur » aux assoiffés de justice et d'égalité.
Où est ce rêve que l'Amérique avait réussi à exporter avec tant de succès vers les autres peuples de la terre ? Ce fameux rêve d'égalité des droits et de bonheur, promesse non tenue de la Déclaration d'Indépendance, que Martin Luther King rappelait à l'Amérique alors que la lutte pour les droits civiques des Noirs faisait rage : « J'ai fait un rêve... ». Tout en reconnaissant que si tant de fois ce rêve s'était « brisé » il fallait rester habité par le désir - et le courage - de le réaliser.

Ce rêve américain qui fascina des millions d'immigrants naufragés de la vie fait-il toujours vibrer les coeurs ? Il est pétri de déception, sûrement : la fracture sociale d'une dureté sans nom et la ségrégation raciale des Noirs, visibles de manière si criante ces jours derniers dans les États dévastés par l'ouragan le disent sans mots inutiles. Ou l'illusion brisée de sa capacité à accueillir tous les peuples malheureux du monde et à en faire un seul peuple fort, libre où tous seraient égaux...

En réalité, on ne cesse de découvrir que l'Amérique qui se proclame « pays de Dieu », modèle pour l'humanité et terre de tous les possibles, s'inscrit banalement dans la course à la domination du monde, par tous les moyens, et dans la poursuite d'un bonheur bien matériel et individualiste qui balaye trop souvent les solidarités et le partage avec les plus faibles.
Déception des promesses non tenues. Rêve différé. Brisé ? Les États-Unis ne font plus rêver comme autrefois, même si des immigrants nombreux y tentent toujours leur chance. Et les réalistes diront qu'un rêve - c'est sa nature par essence - est fait pour être déçu !

Mais il faut que l'espoir demeure, disait Martin Luther King... Et cet espoir ne serait-il pas qu'un nouveau rêve est en train de naître dont l'Europe apaisée et sociale serait le berceau ? Une Europe perçue désormais comme un lieu faisant rêver aussi le reste du monde qui cherche à venir s'y réfugier.
Il est de notre responsabilité que ce « rêve européen » soit humaniste et généreux et pas seulement matérialiste. Pour rééquilibrer le monde, il faut vivre ce rêve qui vient et savoir le partager.

 

______________________________________

 

1. Depuis l'arrivée de Bush à la maison Blanche, le nombre de pauvres a augmenté de 17 % aux États-Unis. 29 % d'enfants américains n'avaient pas d'assurance maladie en 2004 et la mortalité infantile dans la communauté noire de Washington est deux fois plus élevée qu'à Pékin.

2. Jésus disait : « Une cité bâtie sur une colline ne peut être cachée ». Matthieu 5. 14

 

 

 

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