Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Article

Italie

 

Non à la « Pax mafiosa »

 

 

Claudine Castelnau

 

6 février 2005

Depuis quelques mois, les journaux italiens prétendent régulièrement que le problème de la mafia est résolu. En effet, une permission de sortie est accordée à l'un des mafieux siciliens les plus dangereux au motif qu'il a collaboré avec la police. Andreotti, l'ancien Premier ministre et homme tout puissant de la Démocratie chrétienne a été blanchi de l'accusation d'amitiés mafieuses portée contre lui par la rumeur publique depuis des dizaines d'années. Ou encore des commémorations officielles dont les discours prétendent abusivement que la page de la mafia est désormais tournée, comme celle, l'été dernier en mémoire de don Giuseppe Pugliesi, le prêtre antimafia de la banlieue de Palerme assassiné en 1993.

L'éditorialiste de « Riforma » (hebdomadaire protestant italien) relevait, en octobre dernier, que si l'on parlait encore de la mafia, c'était comme de quelque chose du passé : « En lisant les quotidiens locaux siciliens on a l'impression que la mafia aujourd'hui n'existe plus, qu'elle n'agit plus [...] Falcone, Borsellino [juges antimafia], La Torre [député], don Pugliesi sont les martyrs d'une guerre lointaine et les chefs mafieux Riina, Bagarella, Santapaola sont vaincus et derrière les barreaux, écrivait Francesco Sciotto. La mafia appartient au passé ou à un présent lointain et impersonnel ». Mais en réalité, rien n'a changé : les rapports officiels - comme celui que la DIA (Direction d'investigation antimafia) a présenté au Parlement pour le premier semestre 2004 qui pointent du doigt les nombreux dysfonctionnements dus à l'organisation criminelle dans le domaine économique et social. D'ailleurs la peur diffuse dans la population et le nombre des assassinats le montrent à l'évidence.

Émotion, sang à la une dans la presse et à la télévision : depuis cet été, la guerre des clans de la camorra a repris à Naples, faisant plus de trente morts en deux mois, dont une adolescente tuée dans une fusillade en pleine rue.
Il faut savoir que dans la région de Naples, 66 % des jeunes entre 16 et 18 ans sont déjà fichés par la police pour des délits mafieux et l'on évalue à 5 000 le nombre d'affidés de la 'ndrangheta (mafia calabraise) sur les 500 000 habitants de Reggio di Calabria, 4000 pour Naples et ses banlieues. Le Mezzogiorno détient d'ailleurs, avec 58,4 %, le record européen de chômage des jeunes qui atteint.

Que faire devant une telle situation ? Prier sainte Rosalie, patronne de Palerme, de débarrasser sa ville de la mafia, comme les petites affiches collées aux quatre coins de la ville l'en priaient cet été ?

Tenter une dénonciation publique de la malavita et de sa culture de mort, comme l'a fait en janvier le président de la République italienne Carlo Ciampi en venant visiter, accompagné de sa femme, les quartiers-dortoir désolés de Naples où la camorra règne et tue et s'entretue (134 morts violentes en 2004) pour y déclarer solennellement que « la camorra est un chancre qu'il faut extirper » ?

Que peuvent faire les Églises devant pareille situation, se demande Riforma.
Promouvoir « l'éducation à la légalité », prendre en compte cette situation quotidienne dans la prédication du dimanche, prier, continuer à témoigner dans tous ces petits projets qui proposent aux citoyens une participation active à la vie de la cité.

C'est ainsi que des pasteurs vaudois, baptistes et méthodistes et des diacres de Sicile viennent de lancer un appel intitulé : « Nous disons non à la paix mafieuse ». « Dans notre quotidien pastoral et diaconal, nous ressentons le poids du pouvoir mafieux sur les Siciliens écrasés par le pizzo [racket des entreprises], la peur, l'absence de travail et de développement économique. Pour ces raisons nous voulons que l'on dénonce inlassablement dans les villes et leurs banlieues la mafia et sa radicalisation. Informer les Siciliens et le pays sur la criminalité organisée signifie aussi évoquer tous ceux qui ont lutté et luttent contre le pouvoir mafieux. Se taire équivaudrait à laisser dans l'isolement tous ceux qui luttent. Parler et dénoncer est la vocation qui nous vient du prophète Ezéchiel :

"Supposons que la sentinelle voie venir l'armée ennemie et ne sonne pas l'alarme, l'ennemi surprendra et massacrera. La faute en reviendrait à la sentinelle, c'est elle qui serait tenue pour responsable."

Nous prions afin que le Seigneur nous aide tous, chrétiens et croyants d'autres religions, croyants et non croyants, à nous libérer du fléau de la mafia »

.

 

Retour
Retour vers "Nouveautés"
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.