{"id":2839,"date":"2025-12-07T17:35:18","date_gmt":"2025-12-07T16:35:18","guid":{"rendered":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/?p=2839"},"modified":"2025-12-07T17:53:59","modified_gmt":"2025-12-07T16:53:59","slug":"les-etoiles-de-piaf","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/les-etoiles-de-piaf\/","title":{"rendered":"Les \u00c9toiles de Piaf"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"366\" height=\"567\" src=\"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/ill.A.PIAF_.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2840\" srcset=\"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/ill.A.PIAF_.png 366w, https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/ill.A.PIAF_-194x300.png 194w\" sizes=\"auto, (max-width: 366px) 100vw, 366px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>d\u2019Yves Montand \u00e0 Th\u00e9o Sarapo<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">168 page &#8211; 22 \u20ac<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><a href=\"https:\/\/www.cabedita.ch\">\u00c9d. Cab\u00e9dita<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Recension Gilles Castelnau<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre Fesquet est lui-m\u00eame com\u00e9dien, dramaturge et grand connaisseur du monde du spectacle. Il est, notamment tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 la personnalit\u00e9 de la \u00ab&nbsp;M\u00f4me Piaf&nbsp;\u00bb \u00e0 propos de laquelle il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit. Avec enthousiasme, passion et une grande \u00e9rudition, il nous fait d\u00e9couvrir chaque d\u00e9tail significatif de la vie de son mod\u00e8le&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019extraordinaire puissance expressive de sa voix qui saisissait tous ceux qui l\u2019entendaient.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa tr\u00e8s grande g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 envers son entourage (elle a dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si Dieu m\u2019a permis de gagner autant d\u2019argent c\u2019est parce qu\u2019il savait que je le distribuais&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Son \u00e9tonnante capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9couvrir, \u00e0 encourager et \u00e0 orienter les jeunes talents qu\u2019elle rencontrait.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses multiples amours l\u00e9gitimes et ill\u00e9gitimes (qui lui ont valu l\u2019interdiction de la b\u00e9n\u00e9diction religieuse catholique de son enterrement),&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Son attachement \u00e0 la personne de sainte Th\u00e9r\u00e8se de Lisieux dont elle attendait le soutien \u00e0 chaque instant de sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre nous fait ainsi passer successivement du personnel sympathique d\u2019une maison close qui lui donnait asile dans son enfance, \u00e0 ses relations avec Raymond Asso, Jean Cocteau, Yves Montant, les Compagnons de la Chanson, le boxeur champion du monde Marcel Cerdan, Charles Aznavour, Eddie Constantine, Georges Moustaki, Charles Dumont et Th\u00e9o Sarapo.<\/p>\n\n\n\n<p>En voici quelques passages&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Introduction<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pierre Fesquet<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Piaf \u00e9tait une voix, \u00c9dith \u00e9tait un c\u0153ur.&nbsp;<br>\u00c9dith avait la foi et Piaf le don de soi.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant toute sa carri\u00e8re, la chanteuse n&rsquo;a v\u00e9cu que pour&nbsp;son&nbsp;public, offrant un r\u00e9pertoire sans cesse renouvel\u00e9, pr\u00e9sentant, en plus de ses spectacles, des artistes fa\u00e7onn\u00e9s par elle, form\u00e9s \u00e0 son&nbsp;\u00e9cole.&nbsp;Une \u00e9cole exigeante, qui prenait sa&nbsp;source&nbsp;dans l&rsquo;amour.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Aimer,&nbsp;c&rsquo;est tout donner&nbsp;\u00bb, affirmait Th\u00e9r\u00e8se de Lisieux, la&nbsp;sainte&nbsp;pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de l&rsquo;artiste, son \u00e9toile spirituelle.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;La chanteuse \u00e9tendait son royaume artistique, toujours plus haut, toujours plus loin, adoubant de futurs chanteurs dont les carri\u00e8res, pour certains, seront internationales&nbsp;: Aznavour, Montand, les Compagnons de la Chanson ou Charles Dumont, pour ne citer qu&rsquo;eux.<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre Brasseur, s&rsquo;adressant \u00e0 Piaf dans une \u00e9mission de radio, aura ces mots&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tu as toujours su t&rsquo;entourer d&rsquo;\u00e9toiles, de ce qu&rsquo;il y a de plus brillant&nbsp;: po\u00e8tes, compositeurs, amants d&rsquo;un jour\u2026 ou \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e&nbsp;! Tu en faisais des vedettes ou des maris.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9dith et le miracle de Lisieux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>(\u00c9dith \u00e9tait pratiquement aveugle. Elle \u00e9tait \u00e9lev\u00e9e dans une sympathique maison close)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 19&nbsp;heures, le brouhaha du salon laisse monter les rires, le cliquetis des verres et les m\u00e9lop\u00e9es du piano m\u00e9canique. Soudain, une voix tonitruante d\u00e9chire la rumeur joviale&nbsp;: \u00ab Madame Cassian&nbsp;! Madame Cassian&nbsp;! La petite voit&nbsp;! Elle vient de descendre l&rsquo;escalier, son bandeau \u00e0 la main. Elle affirme que la lumi\u00e8re ne la g\u00eane plus. Sainte Th\u00e9r\u00e8se nous a entendues&nbsp;!&nbsp;\u00bb Un grand silence se fait. \u00c9dith, le visage transfigur\u00e9, consid\u00e8re un long moment le salon, les clients, ses \u00ab&nbsp;petites mamans&nbsp;\u00bb, et surtout sa grand-m\u00e8re Louise qui court vers elle pour l&rsquo;enlacer.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ne pleure pas, grand-m\u00e8re, puisque je te vois&nbsp;!&nbsp;\u00bb Mme&nbsp;Cassian murmure, les yeux ferm\u00e9s&nbsp;: \u00ab&nbsp;Merci Th\u00e9r\u00e8se, vous l&rsquo;avez fait pour la Saint-Louis, comme je vous l&rsquo;avais demand\u00e9\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Au cimeti\u00e8re de Lisieux, quand \u00c9dith et sa grand-m\u00e8re arrivent pour prier face \u00e0 la tombe, elles entendent des p\u00e8lerins chuchoter&nbsp;: \u00ab&nbsp;C&rsquo;est la petite aveugle de Bernay qui a \u00e9t\u00e9 gu\u00e9rie&nbsp;!&nbsp;\u00bb Quelques jours plus tard, les mauvaises langues se d\u00e9cha\u00eenent&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Pensez donc, une miracul\u00e9e chez les prostitu\u00e9es&nbsp;! Et si c&rsquo;\u00e9tait de la publicit\u00e9 pour attirer les clients&nbsp;?&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Moi je t\u2019aimais et tu m\u2019aimais\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>(La relation avec Yves Montand)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Yves Montand&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;Je suis tomb\u00e9 amoureux sans m&rsquo;en rendre compte, victime du charme, de l&rsquo;admiration et de la solitude d&rsquo;\u00c9dith. Elle \u00e9tait \u00e9perdue de passion pour son m\u00e9tier, chantant mieux lorsqu&rsquo;elle trouvait l&rsquo;amour et lorsqu&rsquo;elle le perdait. Nous avons \u00e9t\u00e9 amants,&nbsp;selon&nbsp;la formule consacr\u00e9e, au bout d&rsquo;une semaine. Je me souviens&nbsp;qu&rsquo;\u00e0 son r\u00e9veil, lors de notre premier matin chez elle, avenue Marceau, elle a pos\u00e9 sa main, comme \u00e9tourdie, disant&nbsp;:&nbsp;\u2018Mais&nbsp;qu&rsquo;est-ce qui m&rsquo;arrive&nbsp;?\u2019 Et, sur-le-champ, il fut question de mon r\u00e9pertoire&nbsp;: \u2018Tu&nbsp;vas faire ci et \u00e7a\u2019.<\/p>\n\n\n\n<p>Je lui dis, pendant le petit-d\u00e9jeuner, que j&rsquo;ai des chansons&nbsp;en&nbsp;pr\u00e9paration. L&rsquo;une d&rsquo;entre elles est m\u00eame pr\u00eate&nbsp;:&nbsp;<em>Luna Park.&nbsp;<\/em>Et me voici qui lui chante et danse&nbsp;<em>Luna Park&nbsp;<\/em>au pied du lit. Rien que pour elle. Elle a ri, elle a battu des mains: \u2018Tu&nbsp; es fou, n\u2019attends pas, il faut la chanter tout de suite\u2019.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cerdan, l\u2019\u00e9toile de son c\u0153ur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9dith propose \u00e0 Cerdan, 1e 19&nbsp;ao\u00fbt&nbsp;1948, de se rendre en p\u00e8lerinage \u00e0 Lisieux, pour confier \u00e0 sainte Th\u00e9r\u00e8se son match de championnat du monde de boxe pr\u00e9vu le 21&nbsp;septembre \u00e0 New-&nbsp;York.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>A Lisieux, Piaf raconte \u00e0 Cerdan la vie de la sainte dans ses&nbsp;moindres&nbsp;d\u00e9tails. Ils assistent \u00e0 la messe au Carmel. Le champion&nbsp;de boxe, observant \u00c9dith en pri\u00e8re, confiera&nbsp;: \u00ab&nbsp;Son \u00e2me&nbsp;communiait&nbsp;avec le Ciel, je n&rsquo;avais jamais vu \u00e7a.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La surprise de Cerdan est&nbsp;totale quand \u00c9dith lui affirme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tu sais, Marcel, la petite s\u0153ur Th\u00e9r\u00e8se m&rsquo;a promis qu&rsquo;elle te ferait gagner.&nbsp;\u00bb Cerdan, troubl\u00e9, lui demande d&rsquo;o\u00f9 elle tient cette proph\u00e9tie&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je faisais mes valises quand, en quelques secondes, un parfum de roses s&rsquo;est r\u00e9pandu dans ma chambre. C&rsquo;est la fa\u00e7on dont se sert la sainte pour faire savoir \u00e0 ceux qui la prient qu&rsquo;une gr\u00e2ce est accord\u00e9e. Je vais coudre dans la ceinture de ta culotte de combat la m\u00e9daille que j&rsquo;ai achet\u00e9e \u00e0 Lisieux \u00e0 ton intention.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Incr\u00e9dule, Marcel apporte \u00e0 \u00c9dith un vieux short bleu, trou\u00e9,&nbsp;\u00e0&nbsp;l&rsquo;\u00e9tat de guenille. Piaf est horrifi\u00e9e \u00e0 la vue de cette vieille culotte&nbsp;de sport, Marcel la rassure&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je la porte sous mon short de&nbsp;combat.&nbsp;C&rsquo;est ma m\u00e8re qui l&rsquo;a taill\u00e9e. Elle y a m\u00eame cousu dessus&nbsp;la m\u00e9daille d&rsquo;une Vierge&nbsp;\u00e0&nbsp;l&rsquo;Enfant.&nbsp;\u00bb La chanteuse va alors&nbsp;coudre&nbsp;une deuxi\u00e8me m\u00e9daille, celle de la sainte de Lisieux.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 22&nbsp;h&nbsp;15, les boxeurs montent sur le ring. Face \u00e0 Cerdan,&nbsp;Zaleski, surnomm\u00e9 l&rsquo;homme d&rsquo;acier, tenant du titre. Il est donn\u00e9 gagnant. Cerdan fait un signe de croix en d\u00e9but de combat. A la dixi\u00e8me reprise, Zaleski est compl\u00e8tement domin\u00e9. \u00c0 la onzi\u00e8me, il s&rsquo;\u00e9croule et ne peut plus se relever.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;The&nbsp;<\/em><em>Frenchman is champion of the world&nbsp;!&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em>annonce&nbsp;le speaker.&nbsp;Marcel Cerdan tombe \u00e0 genoux, remerciant Dieu. \u00c9dith se l\u00e8ve et prie&nbsp;: \u00ab&nbsp;Merci petit J\u00e9sus&nbsp;! Merci Th\u00e9r\u00e8se&nbsp;! Il a gagn\u00e9&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Eddie Constantine&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un Am\u00e9ricain \u00e0 paris chez \u00c9dith<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le Bon Dieu qui fait si bien les choses&nbsp;<br>Nous a fait nous rencontrer&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ces paroles \u00e9crites par \u00c9dith, sur une musique de Robert Chauvigny, c\u00e9l\u00e8bre son nouvel amour&nbsp;: Eddie Constantine, natif de Los Angeles. Il est venu un soir de mai&nbsp;1950 au cabaret Le Baccara lui proposer la traduction anglaise de&nbsp;<em>L&rsquo;Hymne \u00e0 l&rsquo;amour.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Le 6&nbsp;janvier&nbsp;1951, \u00c9dith est de retour de New York, accueillie \u00e0 Orly par de nombreux amis, dont Marcel Achard, qui lui propose de jouer dans sa future com\u00e9die musicale&nbsp;<em>La p&rsquo;tite Lili.&nbsp;<\/em>Edith cherche par tous les moyens \u00e0 imposer Constantine dans ce spectacle. Achard accepte, mais le directeur du th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;ABC, Mitty Goldin, ne l&rsquo;entend pas ainsi&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Constantine, jamais&nbsp;! Il a un accent&nbsp;!<br>&#8211; Et vous&nbsp;! Vous n&rsquo;en avez pas, peut-\u00eatre&nbsp;? r\u00e9torque \u00c9dith, visant l&rsquo;accent slave de Goldin.<br>&#8211;&nbsp;Si&nbsp;! Mais moi, on comprend ce que je dis&nbsp;!<br>&#8211;&nbsp;Eh bien moi, j&rsquo;annule tout&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, Goldin accepte d&rsquo;engager Constantine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>H\u00e9las, apr\u00e8s une dizaine de repr\u00e9sentations, Piaf est hospitalis\u00e9e en urgence \u00e0 Paris, \u00e0 la Clinique Franklin. \u00c9dith retrouve la sc\u00e8ne le 4&nbsp;avril&nbsp;1951. En coulisses, l&rsquo;ambiance n&rsquo;est plus la m\u00eame&nbsp;: Constantine est retourn\u00e9 vivre aupr\u00e8s de son \u00e9pouse et&nbsp;de sa fille. Il confiera&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pas un homme ne pouvait r\u00e9sister \u00e0 \u00c9dith. D&rsquo;un regard, elle aurait fait s&rsquo;\u00e9crouler un immeuble de six \u00e9tages. Pour que je devienne quelqu&rsquo;un, elle m&rsquo;a fait croire que j&rsquo;\u00e9tais quelqu&rsquo;un.&nbsp;\u00bb Constantine avait donn\u00e9 \u00e0 \u00c9dith des notions de base du Talmud. Traversant une sorte de mystique juda\u00efque, il ressentait en Piaf les bonheurs et les malheurs du peuple \u00e9lu.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Moustaki&nbsp;: \u00ab&nbsp;Allez venez milord&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Pendant un an, de 1958 \u00e0 1959, les deux artistes ne se quittent plus. Une relation fusionnelle et cr\u00e9atrice lie les deux amoureux. \u00ab&nbsp;J\u2019\u00e9tais d\u00e9pass\u00e9 par l\u2019\u00e9nergie qu\u2019elle mettait dans notre relation&nbsp;\u00bb, affirmera Moustaki. Un jour Piaf demande \u00e0 Georges d\u2019\u00e9crire une chanson sur deux amants qui se s\u00e9parent \u00e0 Londres. Il \u00e9crit quelques lignes et le mot \u00ab&nbsp;milord&nbsp;\u00bb surgit sous le stylo. \u00c9dith lui dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Milord, c&rsquo;est \u00e7a la chanson&nbsp;! Tu dois oublier tout le reste.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Qand il lui montre la chanson, \u00c9dith est emball\u00e9e par le texte et demande \u00e0 Marguerite Monnot d&rsquo;en composer la musique. Moustaki dira&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pour moi, ce fut un cadeau extraordinaire&nbsp;: Il y<em>&nbsp;<\/em>avait une intensit\u00e9 rare dans notre cr\u00e9ation artistique.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n\n\n<p>En 1942, Piaf est aid\u00e9e dans ses actions de r\u00e9sistante par sa&nbsp;secr\u00e9taire, Andr\u00e9e Bigard, dite D\u00e9d\u00e9e. Cette derni\u00e8re fait partie d&rsquo;un r\u00e9seau de r\u00e9sistance et va pouvoir compter sur l&rsquo;\u00e9nergie d&rsquo;\u00c9dith pour tenter la lib\u00e9ration de prisonniers dans des camps en Allemagne, lors de plusieurs tourn\u00e9es. Entre 1943 et 1944, elles se rendent \u00e0 Berlin et mettent au point un plan bien ficel\u00e9&nbsp;: apr\u00e8s son concert dans les stalags, la chanteuse prend la pose pour une photo avec des groupes de prisonniers. Bigard note les adresses de ces hommes en pr\u00e9textant aux autorit\u00e9s que ces clich\u00e9s seront destin\u00e9s aux familles.<\/p>\n\n\n\n<p>De retour \u00e0 Paris, les tirages sont agrandis et les visages utilis\u00e9s pour de faux papiers d&rsquo;identit\u00e9. Ces documents sont ensuite gliss\u00e9s dans des bo\u00eetes de conserve avec boussole et plan de la r\u00e9gion, et repartent dans les bagages de Piaf lors de la tourn\u00e9e suivante \u00e0 destination des m\u00eames prisonniers. Ce plan r\u00e9ussira et, gr\u00e2ce au courage d&rsquo;\u00c9dith et de sa secr\u00e9taire, une dizaine d&rsquo;hommes s&rsquo;\u00e9vaderont.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autres s&rsquo;\u00e9chapp\u00e8rent en se faisant passer pour les musiciens d\u2019\u00c9dith.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Emport\u00e9e par la foule le jour de ses fun\u00e9railles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En apprenant la nouvelle, Cocteau s&rsquo;exclame&nbsp;: \u00ab&nbsp;C&rsquo;est ma derni\u00e8re journ\u00e9e sur cette Terre. Je sens que c&rsquo;est fini. Le bateau ach\u00e8ve de sombrer. La mort de Piaf a augment\u00e9 mes \u00e9touffements. Je n&rsquo;ai jamais connu d&rsquo;\u00eatre moins \u00e9conome de son \u00e2me. Elle ne la d\u00e9pensait pas, elle en jetait l&rsquo;or par les fen\u00eatres.&nbsp;\u00bb Au moment o\u00f9 il s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 rendre hommage \u00e0 la chanteuse pour le journal&nbsp;<em>Paris Match,&nbsp;<\/em>la mort emporte Cocteau. Ce 11&nbsp;octobre, deux \u00e9toiles scintillent dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"351\" height=\"567\" src=\"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/ill.B.PIAF_.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2841\" srcset=\"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/ill.B.PIAF_.png 351w, https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/ill.B.PIAF_-186x300.png 186w\" sizes=\"auto, (max-width: 351px) 100vw, 351px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>\u00c9dith en sc\u00e8ne&nbsp;: la chanson comme une pri\u00e8re<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">(collection et photo Hugues Vassal)<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>d\u2019Yves Montand \u00e0 Th\u00e9o Sarapo 168 page &#8211; 22 \u20ac \u00c9d. Cab\u00e9dita Recension Gilles Castelnau Pierre Fesquet est lui-m\u00eame com\u00e9dien, dramaturge et grand connaisseur du monde du spectacle. Il est, notamment tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 la personnalit\u00e9 de la \u00ab&nbsp;M\u00f4me Piaf&nbsp;\u00bb \u00e0 propos de laquelle il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit. 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