{"id":257,"date":"2025-02-07T08:19:10","date_gmt":"2025-02-07T07:19:10","guid":{"rendered":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/?p=257"},"modified":"2025-02-07T08:19:10","modified_gmt":"2025-02-07T07:19:10","slug":"jacques-pohier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/jacques-pohier\/","title":{"rendered":"Jacques Pohier"},"content":{"rendered":"<p>Un homme et un th\u00e9ologien libre<br \/>\n(1926-2007)<b><br \/>\n<\/b><br \/>\n<b><strong><a href=\"http:\/\/www.karthala.com\/\">\u00c9dition Karthala<\/a><br \/>\n218 pages &#8211; 23 \u20ac<br \/>\n<\/strong><\/b><\/p>\n<p><strong>La 4<sup>e<\/sup>\u00a0de couverture dit fort justement\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>Comment dire aujourd&rsquo;hui Dieu dans un monde s\u00e9cularis\u00e9\u00a0? La parole courageuse et audacieuse de\u00a0Jacques Pohier, bien que\u00a0gravement sanctionn\u00e9e par une \u00c9glise qui depuis ne cesse de s&rsquo;\u00e9loigner du monde, demeure aujourd&rsquo;hui une \u00e9tape sur la\u00a0route d&rsquo;une autre fa\u00e7on d&rsquo;annoncer la Bonne Nouvelle du Dieu de\u00a0J\u00e9sus.<\/p>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<p>Jacques Pohier nous invite \u00e0 rencontrer Dieu dans l&rsquo;acceptation\u00a0joyeuse de nous-m\u00eames et \u00e0 aimer notre humanit\u00e9, fut-elle marqu\u00e9e par notre contingence et notre finitude. En\u00a01989<strong>,\u00a0<\/strong>il quittera l&rsquo;ordre des dominicains, se\u00a0mariera\u00a0et s&rsquo;engagera dans\u00a0<em>l&rsquo;Association pour\u00a0<\/em>le\u00a0<em>droit\u00a0<\/em>de\u00a0<em>mourir dans\u00a0la dignit\u00e9\u00a0<\/em><strong>(<\/strong>ADMD<strong>)\u00a0<\/strong>dont il sera le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral puis le pr\u00e9sident entre 1992 et\u00a01995.<\/p>\n<p>Cet\u00a0ouvrage propose de retracer son parcours et ses questions (premi\u00e8re partie) et de d\u00e9couvrir ou de\u00a0red\u00e9couvrir plusieurs de ses \u00e9crits (deuxi\u00e8me partie).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Michel<\/strong><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><strong>Leconte<\/strong>. Apr\u00e8s une ann\u00e9e de noviciat \u00e0 l&rsquo;abbaye trappiste de Notre-Dame des neiges, il a poursuivi des \u00e9tudes en psychologie et une formation en psychanalyse, puis a exerc\u00e9 son m\u00e9tier de psychologue clinicien dans le cadre de la Marine Nationale durant toute sa carri\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il nous pr\u00e9sente la vie, l\u2019\u0153uvre, la r\u00e9flexion th\u00e9ologique et humaine de Jacques Pohier avec d\u2019autant plus d\u2019intelligence qu\u2019il a lui-m\u00eame suivi un itin\u00e9raire analogue dans la recherche passionn\u00e9e et exigeante de la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9vangile du Christ.<\/p>\n<p>Michel Leconte a raison de nous faire conna\u00eetre dans le d\u00e9tail l\u2019\u0153uvre de ce th\u00e9ologien catholique qui a ajout\u00e9 une pierre importante au grand chemin de renouveau spirituel dont notre soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9senchant\u00e9e a tant besoin depuis maintenant plus d\u2019un demi-si\u00e8cle<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>En voici des passages<\/strong>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Premi\u00e8re partie<\/strong><\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>L\u2019homme et son message pour aujourd\u2019hui<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><br \/>\nL\u2019entr\u00e9e dans l\u2019ordre des pr\u00eacheurs et les premiers engagements<\/strong><\/p>\n<p><strong><br \/>\nFormation comme th\u00e9ologien moraliste<\/strong><\/p>\n<p>\u00catre disciple De J\u00e9sus ne consiste pas \u00e0 le r\u00e9p\u00e9ter mais \u00e0 faire dans notre monde ce qu&rsquo;il a fait dans le sien, c&rsquo;est vivre de son Esprit. Pohier explicite le titre de son article en disant que dire de nos jours que J\u00e9sus a mang\u00e9 avec les p\u00e9cheurs, c\u2019est \u00e9dulcorer ce qui est en cause. Il en r\u00e9tablit la virulence qui convient en disant \u00ab souper avec les putains \u00bb, et en \u00e9cartant le mot plus pudique de prostitu\u00e9e. [\u2026]<\/p>\n<p>Le Dieu de J\u00e9sus Christ n&rsquo;est pas une r\u00e9compense que la religion serait charg\u00e9e d&rsquo;accorder aux vertueux et de refuser aux p\u00e9cheurs. Si le christianisme se veut une religion chr\u00e9tienne, donc imitant ce qu&rsquo;a fait J\u00e9sus, il doit traiter la femme adult\u00e8re, la prostitu\u00e9e, le publicain, comme J\u00e9sus les a trait\u00e9s, et non pas comme les traitent spontan\u00e9ment les divers syst\u00e8mes civils, sociaux, moraux, et m\u00eame religieux.\u00a0Le\u00a0Dieu de\u00a0J\u00e9sus Christ n&rsquo;est pas une r\u00e9compense pour le p\u00e9cheur repenti. C&rsquo;est\u00a0au contraire le\u00a0p\u00e9cheur repenti qui semble \u00eatre une r\u00e9compense pour Dieu, si l&rsquo;on en croit tant de paraboles.\u00a0\u00a0(Jacques Pohier, \u00ab\u00a0Dieu n\u2019est pas une r\u00e9compense \u00e0 la vertu\u00a0\u00bb, revue\u00a0<em>Concilium<\/em>, d\u00e9cembre 1977)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><br \/>\n\u00ab\u00a0Quand je dis Dieu\u00a0\u00bb\u00a0\u00a0(1977)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le Dieu de J\u00e9sus selon Jacques Pohier<\/strong><\/p>\n<p>Le Dieu de J\u00e9sus se donne inconditionnellement aux hommes, fussent-ils les plus d\u00e9testables p\u00e9cheurs \u00e0 nos yeux.\u00a0Le\u00a0Dieu\u00a0de\u00a0Jacques\u00a0Pohier\u00a0n&rsquo;est\u00a0pas\u00a0le\u00a0banal\u00a0soutien de la morale commune et religieuse, car ce que J\u00e9sus disait de Dieu \u00e9tait si original et\u00a0d\u00e9plac\u00e9 par rapport \u00e0\u00a0ce qu&rsquo;on\u00a0a\u00a0l&rsquo;habitude\u00a0d&rsquo;en\u00a0dire,\u00a0que\u00a0les\u00a0religieux\u00a0de\u00a0son\u00a0temps n&rsquo;ont pu le suivre tr\u00e8s longtemps sur cette voie\u00a0: \u00ab\u00a0<em>ce langage\u00a0est trop fort\u00a0! Qui peut l&rsquo;\u00e9couter\u00a0?\u00a0<\/em>\u00bb (Jn\u00a06,\u00a060).<\/p>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<p>Tout semblait s&rsquo;\u00eatre pass\u00e9 comme si J\u00e9sus avait dit\u00a0: \u00ab\u00a0Il ne faut pas avoir peur comme cela d&rsquo;\u00eatre p\u00e9cheur, regardez-moi, je n&rsquo;ai pas peur de vous parce que vous \u00eates p\u00e9cheurs, on ne meurt pas d&rsquo;\u00eatre p\u00e9cheur, ou plut\u00f4t on meurt si on croit qu&rsquo;on va en mourir; laissez-moi venir, laissez-moi manger avec vous, on verra apr\u00e8s, mais ce n&rsquo;est pas le premier probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9soudre, ce n&rsquo;est pas par l\u00e0 qu&rsquo;il faut commencer, nous avons autre chose \u00e0 faire vous et moi\u00a0: \u00e0 \u00eatre ensemble, je veux d\u00eener chez toi ce soir\u00a0\u00bb\u00a0\u00a0(Jacques Pohier,\u00a0<em>Dieu fractures,<\/em>\u00a0p. 277-278)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Car J\u00e9sus subvertissait l&rsquo;id\u00e9e de Dieu, l&rsquo;ordre religieux et l\u2019ordre civil, que ce soit celui qui r\u00e8gne \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de soi, celui de la famille, ou celui du groupe social auquel on appartient. C&rsquo;est pourquoi J\u00e9sus a \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9 par les croyants \u00e0 cause de ce qu&rsquo;il disait de Dieu.<\/p>\n<p><strong>La r\u00e9surrection chez Jacques Pohier<\/strong><\/p>\n<p>Il est certes plaisant d\u2019imaginer que nous n\u2019allons pas vraiment mourir, mais cet argument se heurte \u00e0 un probl\u00e8me soulev\u00e9 avec ironie par le philosophe Bertrand Russell, qui rapporte l&rsquo;anecdote d&rsquo;une femme qui, ayant peu de temps auparavant perdu sa fille r\u00e9pondit ainsi \u00e0 la question de savoir ce qu&rsquo;elle qu&rsquo;il \u00e9tait advenu de son \u00e2me : \u00ab Oh, eh bien je suppose qu&rsquo;elle jouit d&rsquo;un \u00e9tat de b\u00e9atitude \u00e9ternelle, mais ne parlons pas de choses si d\u00e9sagr\u00e9ables \u00bb. En d\u2019autres termes, le d\u00e9ni de la mort n&rsquo;apporte qu&rsquo;une consolation tr\u00e8s superficielle. C&rsquo;est pourquoi beaucoup de croyants expriment leur doute par cette remarque mainte fois entendue : \u00ab jamais personne n&rsquo;est revenu nous dire ce qu\u2019il y avait apr\u00e8s \u00bb ! et j&rsquo;ajoute, J\u00e9sus non plus, lui qui est pourtant ressuscit\u00e9 !&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Dieu, fractures<\/em>. (1985)<br \/>\nLa condamnation par le Vatican<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019ouvrage\u00a0<em>Quand je dis Dieu\u00a0<\/em>dans lequel J.\u00a0Pohier exprimait sa foi personnelle entra\u00eena un bouleversement dans sa vie, car Rome lui fit payer tr\u00e8s cher son engagement \u00e0\u00a0propos de ses positions prises\u00a0 dans les ann\u00e9es 1970 sur la contraception, sur l&rsquo;avortement et sur l\u2019euthanasie. La Congr\u00e9gation pour la doctrine de la foi,\u00a0prenant pr\u00e9texte d&rsquo;une formulation jug\u00e9e h\u00e9r\u00e9tique de la r\u00e9surrection de J\u00e9sus-Christ (l&rsquo;homme J\u00e9sus n&rsquo;est pas ressuscit\u00e9, ce sont les croyants qui le\u00a0<em>re-suscitent\u00a0<\/em>et c&rsquo;est Dieu qui s&rsquo;y atteste en confirmant la pr\u00e9dication de J\u00e9sus) et de son refus de donner \u00e0 la passion de J\u00e9sus-Christ \u00ab\u00a0une valeur r\u00e9demptrice ou sacrificielle\u00a0\u00bb, lui interdit de pr\u00eacher, d&rsquo;enseigner et de c\u00e9l\u00e9brer l&rsquo;eucharistie en public.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Seconde partie\u00a0<\/strong><strong><br \/>\nChoix de textes de Jacques Pohier<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ce que je crois<\/strong><\/p>\n<p>Un cas de foi post-freudienne en la r\u00e9surrection, revue\u00a0<em>Concilium<\/em>\u00a0N\u00b0 105<\/p>\n<p>Je crois que Dieu a ressuscit\u00e9 J\u00e9sus de Nazareth d&rsquo;entre les morts. Pour moi, cela signifie essentiellement que Dieu a le pouvoir de s&rsquo;attester lui-m\u00eame. En ressuscitant J\u00e9sus, Dieu fait et dit \u00ab\u00a0Ce J\u00e9sus que vous avez fait tuer \u00e0 cause de ce qu&rsquo;il disait de moi, c&rsquo;est lui qui avait raison \u00e0 mon sujet, et non pas vous je suis comme il a dit, ce qu&rsquo;il a dit de moi est exactement \u0153 que je dis de moi-m\u00eame, il \u00e9tait litt\u00e9ralement ce que je dis de moi. Et c&rsquo;est pourquoi il est vivant pour toujours\u00a0\u00bb. Ou bien Dieu n&rsquo;existe pas. Ou bien, s&rsquo;il existe, il a la possibilit\u00e9 de s&rsquo;attester lui-m\u00eame quand un homme s&rsquo;y pr\u00eate.<\/p>\n<p>La\u00a0r\u00e9surrection\u00a0de\u00a0J\u00e9sus\u00a0Christ\u00a0ne\u00a0signifie\u00a0pas\u00a0d&rsquo;abord que\u00a0Dieu\u00a0est\u00a0plus\u00a0fort\u00a0que\u00a0la\u00a0mort.\u00a0La\u00a0victoire\u00a0sur\u00a0la\u00a0mort n&rsquo;est\u00a0pas son but ni son\u00a0objet, elle n&rsquo;en est que l&rsquo;instrument permettant\u00a0d&rsquo;exprimer\u00a0que\u00a0rien\u00a0ne\u00a0peut\u00a0pr\u00e9valoir\u00a0contre l&rsquo;auto-manifestation\u00a0de Dieu si un homme se laisse faire\u00a0par\u00a0elle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le p\u00e9ch\u00e9, \u00e0 quoi \u00e7a sert\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>On dira\u00a0: c&rsquo;est \u00e0 cause du p\u00e9ch\u00e9 que l&rsquo;homme est vaincu par la mort, c&rsquo;est le p\u00e9ch\u00e9 qui a rendu l&rsquo;humanit\u00e9 sujette\u00a0de\u00a0la\u00a0mort\u00a0; le\u00a0fait\u00a0que l&rsquo;homme soit victime de la\u00a0mort n&rsquo;est ni un vouloir de Dieu ni un vouloir de chaque homme pris individuellement ou de l&rsquo;humanit\u00e9 prise globalement : c&rsquo;est le r\u00e9sultat du p\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<p>J&rsquo;aurai,\u00a0bien\u00a0s\u00fbr, \u00e0 revenir\u00a0plus longuement\u00a0sur ce point\u00b7 mais\u00a0ceci\u00a0suffit\u00a0pour\u00a0le\u00a0moment\u00a0\u00e0\u00a0montrer\u00a0que,\u00a0dans\u00a0un\u00a0tel sch\u00e9ma\u00a0de\u00a0pens\u00e9e,\u00a0le\u00a0p\u00e9ch\u00e9\u00a0sert\u00a0\u00e0\u00a0quelque\u00a0chose\u00a0:\u00a0il\u00a0sert \u00e0 expliquer\u00a0le\u00a0fait\u00a0de\u00a0la\u00a0mort.\u00a0Ou\u00a0plus\u00a0exactement,\u00a0c&rsquo;est\u00a0le recours \u00e0 la notion de\u00a0p\u00e9ch\u00e9 qui sert \u00e0 rendre compr\u00e9hensible le\u00a0fait\u00a0apparemment\u00a0incompr\u00e9hensible\u00a0de\u00a0la\u00a0mort.\u00a0Mais\u00a0ce recours sert \u00e0 bien\u00a0plus encore en ce cas\u00a0: il sert \u00e0 manifester qu&rsquo;il y aurait\u00a0un rem\u00e8de possible\u00a0contre\u00a0la mort. Car si c&rsquo;est le p\u00e9ch\u00e9 qui est cause de la mort,\u00a0il suffira d&rsquo;\u00eatre d\u00e9livr\u00e9 du p\u00e9ch\u00e9\u00a0pour\u00a0\u00eatre\u00a0d\u00e9livr\u00e9\u00a0de\u00a0la\u00a0mort\u00a0;\u00a0si\u00a0nous\u00a0pouvons\u00a0avoir l&rsquo;assurance que le p\u00e9ch\u00e9 peut \u00eatre vaincu, alors nous pouvons avoir l&rsquo;assurance que la mort peut \u00eatre vaincue. On peut\u00a0donc dire\u00a0que\u00a0le\u00a0p\u00e9ch\u00e9\u00a0sert\u00a0\u00e0\u00a0la\u00a0fois\u00a0\u00e0\u00a0expliquer\u00a0la\u00a0mort\u00a0et\u00a0\u00e0\u00a0expliquer qu&rsquo;il y ait un rem\u00e8de contre la mort.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00a0Dieu le ressuscit\u00e9.<br \/>\nHom\u00e9lie pour une P\u00e2que<\/strong><\/p>\n<p>La\u00a0<em>Lettre<\/em>\u00a0N\u00b0 343, Temps pr\u00e9sent, juin 1987<\/p>\n<p>P\u00e2ques m&rsquo;importe, P\u00e2ques nous importe parce que cela se passe aujourd&rsquo;hui. Non pas comme un \u00e9cho d&rsquo;il y a deux mille ans, m\u00eame si cet \u00e9cho serait \u00e0 peine affaibli tant aurait \u00e9t\u00e9 puissant le battement originel. Non pas comme une r\u00e9p\u00e9tition ou une r\u00e9it\u00e9ration, m\u00eame si l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement fondateur avait \u00e9t\u00e9 suffisamment bouleversant pour pouvoir rester neuf bien qu&rsquo;\u00e9tant incessamment redit. Mais comme quelque chose que Dieu fait aujourd&rsquo;hui, que Dieu va devoir faire aujourd&rsquo;hui pour \u00eatre Dieu, parce qu&rsquo;il est Dieu. Que Dieu\u00a0va<strong>\u00a0<\/strong>faire \u00e0 neuf. Sinon, demain, J\u00e9sus est mort. Sinon, demain notre foi est vaine. Sinon, J\u00e9sus n&rsquo;est plus accr\u00e9dit\u00e9 aupr\u00e8s\u00a0de<strong>\u00a0<\/strong>nous. Sinon, le Dieu accr\u00e9dit\u00e9 par J\u00e9sus n&rsquo;aura plus cr\u00e9dit n&rsquo;aura plus cours, n&rsquo;aura plus lieu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><br \/>\nConclusion<\/p>\n<p>Le temps de la pr\u00e9sence de Dieu est celui de notre existence historique\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Jacques Pohier s\u2019avise du caract\u00e8re incroyablement infantile des repr\u00e9sentations de Dieu et du p\u00e9ch\u00e9 qu\u2019alimentent les formes vulgaris\u00e9es de ces th\u00e9ologies\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>un Dieu f\u00e2ch\u00e9, auquel il faut offrir un sacrifice pour apaiser sa col\u00e8re et lib\u00e9rer sa mis\u00e9ricorde ligot\u00e9e par sa propre justice\u00a0<\/em>;\u00a0<em>un Fils dont le m\u00e9tier de Fils consiste \u00e0 s&rsquo;\u00e9craser jusqu&rsquo;\u00e0 la mort devant son P\u00e8re, mais qui sera r\u00e9compens\u00e9 par ce P\u00e8re qui le fera Seigneur en le faisant si\u00e9ger \u00e0 sa droite\u00a0<\/em>;\u00a0<em>des humains d\u00e9sormais rachet\u00e9s,\u00a0mais qui\u00a0<\/em>&#8211;\u00a0<em>comme par hasard\u00a0<\/em>&#8211;\u00a0<em>ne seront pas pour autant d\u00e9livr\u00e9 de leur culpabilit\u00e9, puisque chacune de leur faute, jusqu&rsquo;au dernier instant de leur vie (et comment ne p\u00e9cheraient-ils pas\u00a0?), les expose de nouveau au juste ch\u00e2timent de Dieu, impose de nouveau l&rsquo;intervention du Christ r\u00e9dempteur et, pour\u00a0faire\u00a0bonne\u00a0mesure, l&rsquo;intervention\u00a0de sa\u00a0M\u00e8re<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>(<em>Dieu fractures<\/em>, p.280-281)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour les psychanalystes, ce sc\u00e9nario est typiquement masochiste. Son accent doloriste a longtemps contamin\u00e9 la pi\u00e9t\u00e9 chr\u00e9tienne.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un homme et un th\u00e9ologien libre (1926-2007) \u00c9dition Karthala 218 pages &#8211; 23 \u20ac La 4e\u00a0de couverture dit fort justement\u00a0: Comment dire aujourd&rsquo;hui Dieu dans un monde s\u00e9cularis\u00e9\u00a0? 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