{"id":2460,"date":"2025-10-06T13:24:27","date_gmt":"2025-10-06T12:24:27","guid":{"rendered":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/?p=2460"},"modified":"2025-10-06T13:26:52","modified_gmt":"2025-10-06T12:26:52","slug":"albert-schweitzer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/albert-schweitzer\/","title":{"rendered":"Albert Schweitzer"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"395\" height=\"567\" src=\"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/ill.schweitzer-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2463\" srcset=\"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/ill.schweitzer-2.jpg 395w, https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/ill.schweitzer-2-209x300.jpg 209w\" sizes=\"auto, (max-width: 395px) 100vw, 395px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>La compassion et la raison<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Matthieu Arnold<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">professeur d\u2019histoire du christianisme \u00e0 la Facult\u00e9 de th\u00e9ologie protestante de Strasbourg.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><a href=\"http:\/\/www.editions-olivetan.com\">\u00c9d. Oliv\u00e9tan<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">136 pages &#8211;&nbsp;<strong>15 \u20ac<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Recension Gilles Castelnau<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le professeur&nbsp;<\/strong>Matthieu Arnold est un sp\u00e9cialiste d\u2019Albert Schweitzer. Il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit un ouvrage important \u00e0 son sujet. Dans ce petit volume il r\u00e9ussit \u00e0 nous faire survoler l\u2019ensemble, avec relativement beaucoup de d\u00e9tails et de citations&nbsp;&nbsp;de ce qu\u2019il faut en savoir&nbsp;:&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Sa biographie depuis son enfance \u00e0 Gunsbach, puis ses \u00e9tudes dans la ville de Strasbourg germanis\u00e9e depuis la d\u00e9faite fran\u00e7aise de 1870, sa carri\u00e8re prometteuse de professeur d\u2019\u00e9thique et de th\u00e9ologie et de musicien organiste. Ses \u00e9tudes de m\u00e9decine le qualifiant pour servir les plus pauvres du Gabon et la construction de son h\u00f4pital. Ses voyages en Europe pour r\u00e9unir l\u2019argent n\u00e9cessaire en donnant des conf\u00e9rences et des concerts. Sa maltraitance de la part des autorit\u00e9s fran\u00e7aises \u00e0 cause de sa nationalit\u00e9 allemande \u00e9videmment sujette \u00e0 caution durant les deux guerres mondiales.<\/p>\n\n\n\n<p>Son \u00e9tonnante r\u00e9ussite dans la cr\u00e9ation d\u2019un h\u00f4pital respectueux des coutumes africaines, sa compr\u00e9hension des peuples \u00ab&nbsp;de couleur&nbsp;\u00bb, comme on disait \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa r\u00e9flexion th\u00e9ologique lib\u00e9rale fond\u00e9e sur le \u00ab&nbsp;respect de la vie&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ceci donne vraiment \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir et incite \u00e0 renouveler les conceptions humaines et spirituelles qui en ont tant besoin aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>En voici quelques passages significatifs&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Chapitre 2<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>L\u2019ex\u00e9g\u00e8te du Nouveau Testament et le pr\u00e9dicateur&nbsp;: le Royaume de Dieu<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019ex\u00e9g\u00e8te&nbsp;: retrouver J\u00e9sus et son message<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Alors que les th\u00e9ologiens&nbsp;lib\u00e9raux&nbsp;de&nbsp;son&nbsp;temps pr\u00e9sentaient J\u00e9sus comme un ma\u00eetre de morale, affadissant les exigences radicales de son \u00e9thique, Schweitzer le tient&nbsp;<em>\u00e0&nbsp;<\/em><em>la fois&nbsp;<\/em>pour le h\u00e9raut du Royaume et pour celui avec lequel nous entrons en communion par l&rsquo;action men\u00e9e en son nom. Seuls ceux qui r\u00e9pondent \u00e0 son appel,\u00ab&nbsp;Toi, suis\u00admoi&nbsp;!&nbsp;\u00bb,&nbsp;le conna\u00eetront&nbsp;v\u00e9ritablement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le pasteur&nbsp;: exhorter \u00e0 demeurer en J\u00e9sus et \u00e0 \u0153uvrer au Royaume par l\u2019action<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque J\u00e9sus et les premiers chr\u00e9tiens parlaient du Royaume, ils attendaient son av\u00e8nement de bouleversements provoqu\u00e9s par Dieu&nbsp;; lorsque, au tournant entre le XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;et le XX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cles, les th\u00e9ologiens lib\u00e9raux employaient cette notion, ils la confondaient peu ou prou avec le progr\u00e8s moral de l&rsquo;humanit\u00e9. Dans ses pr\u00e9dications et dans ses \u00e9crits, Schweitzer comprend le Royaume comme une r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la fois pr\u00e9sente (il se fonde notamment sur&nbsp;<em>Luc&nbsp;<\/em>17.21),&nbsp;\u00ab&nbsp;Voici, le Royaume de Dieu est au milieu de vous&nbsp;\u00bb) et future (\u00ab&nbsp;Mais notre cit\u00e9 \u00e0 nous est dans les cieux&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Philippiens&nbsp;<\/em>3.20)&nbsp;: \u00ab&nbsp;Combien de temps encore jusqu&rsquo;\u00e0 ce que s&rsquo;accomplisse partout le \u00ab\u00a0Que ta volont\u00e9 soit faite, sur la terre comme au ciel\u00a0\u00bb&nbsp;? Nous ne serons plus l\u00e0 pour le voir. Et pourtant, il faut aller de l&rsquo;avant. S&rsquo;il n&rsquo;est pas venu comme un \u00e9clair qui troue la couche des nuages [c&rsquo;est-\u00e0\u00ad dire&nbsp;: si le Royaume ne s&rsquo;est pas accompli de la mani\u00e8re dont J\u00e9sus se le repr\u00e9sentait], le Fils de l&rsquo;Homme s&rsquo;est lev\u00e9&nbsp;sur le monde comme une douce lumi\u00e8re tranquille. Et marcher, combattre, travailler pour lui dans cette lumi\u00e8re, n&rsquo;est-ce pas un assez grand bonheur&nbsp;&#8211;&nbsp;et&nbsp;assez&nbsp;de force pour&nbsp;vivre&nbsp;?&nbsp;Il leur dit une autre parabole&nbsp;:&nbsp;\u00ab\u00a0Le&nbsp;Royaume du ciel&nbsp;est&nbsp;comparable \u00e0 du levain\u00a0\u00bb&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Schweitzer&nbsp;rel\u00e8ve en outre que l&rsquo;homme contemporain ne&nbsp;se repr\u00e9sente&nbsp;plus, au contraire des premiers chr\u00e9tiens, le Royaume comme une cit\u00e9 merveilleuse dans l&rsquo;au-del\u00e0, mais aspire \u00e0 ce que son monde change conform\u00e9ment au message de J\u00e9sus&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Mille&nbsp;ans ont pass\u00e9, deux mille ans &#8211; et le Royaume de Dieu n&rsquo;est toujours pas sur terre. Nous l&rsquo;attendons encore, la question&nbsp;: quand le Royaume&nbsp;viendra-t-il&nbsp;? Nous&nbsp;avons pourtant consenti&nbsp;\u00e0&nbsp;en rabattre,&nbsp;\u00e0&nbsp;nous montrer modestes&nbsp;: nous n&rsquo;envisageons plus la venue d&rsquo;un royaume surnaturel ni l&rsquo;apparition d&rsquo;une J\u00e9rusalem c\u00e9leste, dont les portes seraient en perles&nbsp;et&nbsp;les fondations en pierres pr\u00e9cieuses&nbsp;; non, nous&nbsp;voudrions&nbsp;seulement que par la force de l&rsquo;\u00c9vangile s&rsquo;op\u00e8re une transformation de l&rsquo;\u00e9tat de la terre et des conditions humaines, que toute chose dans le monde&nbsp;s&rsquo;accomplisse&nbsp;selon l&rsquo;id\u00e9al chr\u00e9tien\u2026&nbsp;\u00bb&nbsp;Le Royaume de Dieu, dont les fondements sont la justice, l&rsquo;humanit\u00e9 et la sinc\u00e9rit\u00e9, est le fait que&nbsp;\u00ab&nbsp;l&rsquo;Esprit de J\u00e9sus r\u00e8gne sur l&rsquo;humanit\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;tout enti\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Schweitzer tient le Royaume pour le fruit de l&rsquo;action humaine&nbsp;<em>et&nbsp;<\/em>de l&rsquo;action divine&nbsp;; Dieu donne sa b\u00e9n\u00e9diction au labeur humain&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Par lui-m\u00eame l&rsquo;homme ne peut pas grand-chose pour&nbsp;le&nbsp;royaume de Dieu. Mais ce peu qu&rsquo;il r\u00e9alise, m\u00eame s&rsquo;il croit que c&rsquo;est en vain, la puissance de Dieu&nbsp;pourra s&rsquo;y exercer et en tirer quelque chose de grand.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Chapitre 4<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Le philosophe du \u00ab&nbsp;respect de la vie&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Nous naviguions lentement \u00e0 contre-courant, cherchant notre voie, non sans peine, parmi les bancs de sable. C&rsquo;\u00e9tait la saison s\u00e8che. Assis sur le pont d&rsquo;une des remorques, indiff\u00e9rent \u00e0 ce qui m&rsquo;entourait, je faisais des efforts pour saisir cette notion \u00e9l\u00e9mentaire et universelle de l&rsquo;\u00e9thique que ne nous livre aucune philosophie.&nbsp;<br>Noircissant page apr\u00e8s page des phrases sans suite, je n&rsquo;avais d&rsquo;autre dessein que de fixer mon esprit sur ce probl\u00e8me dont la solution toujours se d\u00e9robait. Deux jours pass\u00e8rent. Au soir du troisi\u00e8me, alors q<\/em><em>ue&nbsp;<\/em><em>nous avancions dans la lumi\u00e8re du soleil coucha<\/em><em>nt<\/em><em>,&nbsp;<\/em><em>en dispersant au passage une bande d&rsquo;hippopotam<\/em><em>es<\/em><em>,&nbsp;<\/em><em>soudain m&rsquo;apparurent, sans que je les eusse pressentis&nbsp;<\/em><em>ou&nbsp;<\/em><em>cherch\u00e9s, les mots \u00ab\u00a0Respect de la vie\u00a0\u00bb.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des pr\u00e9dications \u00e9thiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s ce sermon, Schweitzer s&rsquo;attache \u00e0 expliciter l&rsquo;expression \u00ab&nbsp;respect de la vie&nbsp;\u00bb.&nbsp;Il s&rsquo;agit pour lui du \u00ab&nbsp;commencement et du fondement de toute \u00e9thique&nbsp;\u00bb,&nbsp;qui formule de mani\u00e8re positive l&rsquo;interdit&nbsp;\u00ab&nbsp;Tu ne tueras point&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je ne peux m&#8217;emp\u00eacher de respecter tout ce qui vit, je ne peux m&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;avoir de la compassion pour tout ce qui vit.&nbsp;\u00bb&nbsp;Il s&rsquo;agit pour chaque \u00eatre humain de prendre conscience que les vies qui l&rsquo;entourent&nbsp;&#8211;&nbsp;les autres hommes, mais aussi les vies animales voire v\u00e9g\u00e9tales&nbsp;&#8211;&nbsp;sont dignes qu&rsquo;il prenne garde \u00e0 elles. Schweitzer explicite encore le respect pour la vie par cette injonction&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Tu te sentiras solidaire de toute vie et tu la pr\u00e9serveras.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Le 2&nbsp;mars&nbsp;1919, le troisi\u00e8me sermon consacr\u00e9 au respect de la vie et aux probl\u00e8mes \u00e9thiques traite de la compassion pour les animaux, en se fondant sur&nbsp;<em>Proverbes&nbsp;<\/em>12.10&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Le juste a piti\u00e9 de son b\u00e9tail, mais le c\u0153ur des impies est d\u00e9pourvu de mis\u00e9ricorde.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Or, l&rsquo;attention de Schweitzer \u00e0 la souffrance animale a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de longue date cette pr\u00e9dication. D\u00e8s sa petite enfance, avant m\u00eame qu&rsquo;il entr\u00e2t \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, il ajoutait tout bas, \u00e0 la pri\u00e8re que sa m\u00e8re pronon\u00e7ait avec lui, une intercession pour les animaux&nbsp;: \u00ab&nbsp;Bon Dieu, disais-je, prot\u00e8ge et b\u00e9nis tout ce qui respire; pr\u00e9serve du mal tous les \u00eatres vivants et fais-les dormir en paix\u00bb On conna\u00eet aussi le c\u00e9l\u00e8bre \u00e9pisode&nbsp;&#8211;&nbsp;qu&rsquo;il rapporte dans les&nbsp;<em>Souvenirs de mon enfance&nbsp;<\/em>(1924) tout comme en chaire&nbsp;&#8211; des oiseaux qu&rsquo;il effaroucha dans les vignes de Gunsbach alors qu&rsquo;un camarade l&rsquo;avait invit\u00e9 \u00e0 venir tirer sur eux \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une fronde.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La civilisation et l\u2019\u00e9thique (1923)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le fait le plus \u00e9l\u00e9mentaire que saisisse la conscience de l&rsquo;homme peut \u00eatre exprim\u00e9 ainsi&nbsp;: \u00ab\u00a0Je suis vie qui veut vivre parmi d&rsquo;autres vies qui veulent vivre\u00a0\u00bb\u2026&nbsp;\u00bb,&nbsp;affirme-t-il encore. Ces propos contreviennent \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience universelle,&nbsp;selon&nbsp;laquelle une existence ne survit parmi d&rsquo;autres vies que dans l&rsquo;opposition \u00e0 ces derni\u00e8res&nbsp;; toutefois, dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;\u00eatre humain prend conscience de la volont\u00e9 de ces autresvies, se fait jour en lui \u00ab&nbsp;une aspiration \u00e0 devenir universel et \u00e0 [se] fondre dans l&rsquo;Un&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Avoir le respect de la vie, c&rsquo;est \u00eatre saisi par la volont\u00e9, infinie, insondable et propulsive qui&nbsp;est \u00e0 la base de toute existence.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s son&nbsp;premier&nbsp;s\u00e9jour&nbsp;\u00e0 Lambar\u00e9n\u00e9, il lui a fallu prot\u00e9ger&nbsp;son&nbsp;poulailler et&nbsp;ses&nbsp;animaux domestiques&nbsp;contre les attaques des fourmis rouges, ou encore, en tant que m\u00e9decin,&nbsp;\u00e9liminer&nbsp;les formes de&nbsp;vie&nbsp;que constituent les microbes de la maladie du sommeil.&nbsp;Aussi&nbsp;son&nbsp;\u00e9thique&nbsp;est-elle moins simple qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet lorsqu&rsquo;il \u00e9crit que le bien consiste \u00e0 conserver la&nbsp;vie&nbsp;et le mal&nbsp;\u00e0&nbsp;la d\u00e9truire&nbsp;ou \u00e0&nbsp;l&rsquo;entraver. Le philosophe est&nbsp;aussiconscient que l&rsquo;\u00e9thique du respect de la vie pourra en certains cas se d\u00e9cliner diff\u00e9remment en Afrique&nbsp;et&nbsp;en Europe&nbsp;: tuer des \u00e9l\u00e9phants pour se nourrir ou pour prot\u00e9ger des plantations \u00e0 Lambar\u00e9n\u00e9 ne&nbsp;saurait&nbsp;\u00eatre mis&nbsp;sur&nbsp;le m\u00eame plan que la chasse&nbsp;\u00ab&nbsp;sportive&nbsp;\u00bb&nbsp;en Europe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Chapitre 5<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Le \u00ab&nbsp;grand docteur blanc&nbsp;\u00bb&nbsp;:<br>les relations entre les europ\u00e9ens et les africains<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Les premi\u00e8res impressions africaines&nbsp;:&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00c0 l\u2019Or\u00e9e de la for\u00eat vierge&nbsp;<\/em><\/strong><strong>(1921)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A lire&nbsp;<em>\u00c0 l\u2019Or\u00e9e de la for\u00eat vierge<\/em>, Schweitzer a \u00e9t\u00e9 confort\u00e9 Dans son opinion sur la souffrance r\u00e9sultant de la crainte des f\u00e9tiches et des f\u00e9ticheurs, et par cons\u00e9quent dans sa vision de la mission comme devoir humanitaire de vaincre cette peur. Venu en Afrique pour soigner des Noirs, Schweitzer ne s\u2019est pas int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 leurs croyances en tant qu\u2019anthropologue, mais il a \u00e9t\u00e9 sensible \u00e0 leurs effets sur la sant\u00e9 physique et mentale des autochtones. Ainsi, dans des pages qui datent de juillet&nbsp;1916, il pr\u00e9sente le christianisme comme \u00ab&nbsp;la lumi\u00e8re qui brille dans les t\u00e9n\u00e8bres&nbsp;de[s] angoisses&nbsp;\u00bb de l\u2019indig\u00e8ne, car il \u00ab&nbsp;lui donne l\u2019assurance qu\u2019il n\u2019est pas \u00e0 la merci des esprits de la nature et de ses anc\u00eatres, ni des f\u00e9tiches, et que nul homme ne poss\u00e8de un pouvoir magique sur ses semblables, mais que seule la volont\u00e9 divine r\u00e8gne dans le monde.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La compassion et la raison Matthieu Arnold professeur d\u2019histoire du christianisme \u00e0 la Facult\u00e9 de th\u00e9ologie protestante de Strasbourg. \u00c9d. Oliv\u00e9tan 136 pages &#8211;&nbsp;15 \u20ac Recension Gilles Castelnau Le professeur&nbsp;Matthieu Arnold est un sp\u00e9cialiste d\u2019Albert Schweitzer. Il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit un ouvrage important \u00e0 son sujet. 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