{"id":2264,"date":"2025-09-06T09:34:49","date_gmt":"2025-09-06T08:34:49","guid":{"rendered":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/?p=2264"},"modified":"2025-09-06T09:34:49","modified_gmt":"2025-09-06T08:34:49","slug":"liturgie-et-christianisme-social","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/liturgie-et-christianisme-social\/","title":{"rendered":"Liturgie et christianisme social"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>L\u2019exemple du pasteur et th\u00e9ologien Wilfred Monod (1867-1943)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Communication donn\u00e9e \u00e0 l\u2019Institut de Th\u00e9ologie Orthodoxe (ITO) le vendredi 4 juillet dans le cadre du colloque liturgique annuel, \u0153cum\u00e9nique et international<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Introduction<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le mouvement fran\u00e7ais du Christianisme social a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1888 par l\u2019\u00e9conomiste Charles Gide (oncle d\u2019Andr\u00e9 Gide) et le pasteur Tommy Fallot (1844-1904), auteur, en 1896, d\u2019un livre embl\u00e9matique pour la naissance des questions sociales en protestantisme fran\u00e7ais&nbsp;<em>Qu\u2019est-ce qu\u2019une \u00c9glis<\/em>e&nbsp;<em>?&nbsp;<\/em>Tommy Fallot, auquel le pasteur Marc B\u0153gner (1881-1970) a consacr\u00e9 sa th\u00e8se de doctorat en th\u00e9ologie, parlait alors plut\u00f4t de \u00ab&nbsp;Christianisme pratique&nbsp;\u00bb. Cet ouvrage est souvent consid\u00e9r\u00e9 aujourd\u2019hui comme inaugural dans le cadre de ce mouvement en France. Deux pionniers, plus particuli\u00e8rement, suivront ces deux initiateurs, \u00e0 savoir les pasteurs \u00c9lie Gounelle (1865-1950) et Wilfred Monod (1867-1943).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On ne saurait isoler ces figures protestantes du Christianisme social fran\u00e7ais de quelques t\u00e9moins \u00e0 l\u2019\u00e9tranger comme, par exemple, les pasteurs L\u00e9onard Ragaz (1868-1945) et Hermann Kutter (1863-1931) en Suisse, Christophe Blumhardt (1842-1919) en Allemagne. Une mention sp\u00e9ciale doit \u00eatre faite pour ce pays du c\u00e9l\u00e8bre historien des origines du christianisme, auteur en 1900 du retentissant ouvrage intitul\u00e9&nbsp;<em>L\u2019essence du christianisme<\/em>, Adolf Harnack, qui de 1902 \u00e0 1911 a pr\u00e9sid\u00e9 le Congr\u00e8s \u00c9vang\u00e9lique social (\u00e9quivalent de notre mouvement du Christianisme social) et \u00e0 la fondation duquel il a particip\u00e9 en 1890. En Angleterre, on peut aussi rappeler la figure de William Temple (1881-1944), archev\u00eaque de Canterbury en 1942, artisan majeur de l\u2019\u0153cum\u00e9nisme&nbsp;<strong>ET<\/strong>&nbsp;d\u2019un christianisme social. Je mentionne \u00e9galement Walter Rauschenbusch (1861-1918) aux \u00c9tats-Unis. Ce th\u00e9ologien am\u00e9ricain a profond\u00e9ment marqu\u00e9 l\u2019\u00e9tudiant Martin Luther King (1929-1968) avec un ouvrage de 1907 intitul\u00e9&nbsp;<em>Le christianisme et la crise sociale<\/em>. Rauschenbusch fut le promoteur de ce que l\u2019on a appel\u00e9 \u00ab&nbsp;L\u2019\u00c9vangile social&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme on le voit, tous ces th\u00e9ologiens protestants sont \u00e0 situer au tournant du 19<sup>e<\/sup>&nbsp;et du 20<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Mais ce qui me semble le plus important \u00e0 noter d\u2019embl\u00e9e, c\u2019est que (sauf avec Harnack, \u00e9vang\u00e9lique\/<em>evangelisch<\/em>&nbsp;voulant dire en allemand protestant), on n\u2019a pas appel\u00e9 le mouvement dont il est question ici le \u00ab&nbsp;protestantisme&nbsp;\u00bb social, mais bien le \u00ab&nbsp;christianisme&nbsp;\u00bb social, cela dans une perspective qui se voulait non pas celle d\u2019un protestantisme annexant les autres confessions chr\u00e9tiennes, mais bien dans une volont\u00e9 et un souci d\u2019ouverture franchement \u0153cum\u00e9niques. En effet, on a pens\u00e9, et cela d\u00e8s l\u2019aurore d\u2019un christianisme social, que l\u00e0 o\u00f9 les doctrines et les cultes s\u00e9parent, voire opposent, les actions d\u2019ordre social peuvent, elles, rassembler les t\u00e9moins de diff\u00e9rentes confessions et m\u00eame de diff\u00e9rentes religions, sans oublier des agnostiques luttant pour un humanisme ath\u00e9e. \u00c0 bien des \u00e9gards, le combat pour un christianisme social et celui pour l\u2019\u0153cum\u00e9nisme furent et voulurent \u00eatre un seul et m\u00eame combat&nbsp;<sup>1<\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>\u00c9l\u00e9ments biographiques<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Wilfred Monod est n\u00e9 \u00e0 Paris le 24 novembre 1867. Son p\u00e8re est pasteur m\u00e9thodiste. Wilfred Monod fait des \u00e9tudes de philosophie \u00e0 la Sorbonne, de th\u00e9ologie \u00e0 Montauban, dont la facult\u00e9 de th\u00e9ologie sera transf\u00e9r\u00e9e en 1919 \u00e0 Montpellier, ville universitaire. De 1891 \u00e0 1892, il suit \u00e0 Berlin les cours de Harnack. Il sera pasteur \u00e0 Cond\u00e9-sur-Noireau (1892-1898) dans le Calvados. Monod d\u00e9couvre l\u00e0 la tr\u00e8s dure condition ouvri\u00e8re, un prol\u00e9tariat mis\u00e9rable et les ravages de l\u2019alcoolisme. Monod sera d\u00e9sormais abstinent. Ce contexte va l\u2019ancrer dans un christianisme social auquel il sera fid\u00e8le toute sa vie. Il va jouer \u00e0 Cond\u00e9-sur-Noireau un r\u00f4le actif, celui de m\u00e9diateur, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une gr\u00e8ve industrielle. De 1898 \u00e0 1907, il est pasteur \u00e0 Rouen. Il publie en 1901 sa th\u00e8se de doctorat en th\u00e9ologie soutenue \u00e0 Paris et consacr\u00e9e au Royaume de Dieu sous le titre de&nbsp;<em>L\u2019esp\u00e9rance chr\u00e9tienne<\/em>. Le th\u00e8me du Royaume de Dieu, tr\u00e8s englobant, est la r\u00e9f\u00e9rence privil\u00e9gi\u00e9e du christianise social et il constitue une dominante dans la pens\u00e9e des th\u00e9ologiens cit\u00e9s dans l\u2019introduction de la pr\u00e9sente communication. De 1907 \u00e0 1938, Monod est pasteur dans la paroisse de l\u2019Oratoire du Louvre \u00e0 Paris. Il sera nomm\u00e9 en 1909 \u00e0 la chaire de th\u00e9ologie pratique de la Facult\u00e9 libre de th\u00e9ologie protestante de Paris.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le 12 ao\u00fbt 1915, Monod s\u2019inscrit au Parti socialiste, pour l\u2019anniversaire de l\u2019assassinat de Jaur\u00e8s et en hommage \u00e0 sa m\u00e9moire. C\u2019est en 1915, \u00e9galement, que Karl Barth adh\u00e8re au Parti social-d\u00e9mocrate. Notons qu\u2019en 1915, le Parti socialiste en France est le seul parti de gauche repr\u00e9sentant la classe ouvri\u00e8re&nbsp;; le Parti communiste ne sera fond\u00e9 qu\u2019en 1920.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une date importante dans la vie de Wilfred Monod doit encore \u00eatre mentionn\u00e9e ici&nbsp;: celle de la Conf\u00e9rence \u0153cum\u00e9nique, conf\u00e9rence chr\u00e9tienne universelle \u00ab&nbsp;vie et Action&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;Life and Work&nbsp;\u00bb), r\u00e9unie \u00e0 Stockholm du 19 au 29 ao\u00fbt 1925. Monod y prit une part tr\u00e8s active, comme son coll\u00e8gue le pasteur \u00c9lie Gounelle. Le principal responsable de cette conf\u00e9rence fut l\u2019archev\u00eaque luth\u00e9rien d\u2019Upsala Nathan S\u00f6derblom, prix Nobel de la paix en 1930. Elle couronnait v\u00e9ritablement pour Monod, avec sa dimension internationale et \u0153cum\u00e9nique, des ann\u00e9es de combat pour un christianisme social. Il conna\u00eetra et reconna\u00eetra avec elle une des plus grandes joies de toute sa carri\u00e8re. Il convient de citer ici, comme participant important, le nom de l\u2019archev\u00eaque orthodoxe Germanos de Gr\u00e8ce&nbsp;<sup>2<\/sup>. La charit\u00e9 active permit ainsi, selon Monod, de r\u00e9unir le clerg\u00e9 de l\u2019\u00c9glise orthodoxe et celui de l\u2019\u00c9glise protestante, et cela dans le cadre d\u2019un christianisme pratique et non pas sur le terrain dogmatique ou eccl\u00e9siastique. \u00c0 la profonde tristesse de Wilfred Monod, les catholiques romains furent absents de cette assembl\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Monod meurt le 2 mai 1943. Ses manuscrits in\u00e9dits ou non, dont ses cours de th\u00e9ologie pratique, sont d\u00e9pos\u00e9s \u00e0 la Biblioth\u00e8que de la Soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019Histoire du protestantisme fran\u00e7ais, 54 rue des Saints-P\u00e8res \u00e0 Paris. Ils constituent l\u00e0 un important Fonds Wilfred Monod de plus de 80&nbsp;cartons. L\u2019\u0153uvre de Monod comporte une soixantaine de livres dont plus de 30&nbsp;sermonnaires correspondent \u00e0 environ 400&nbsp;pr\u00e9dications publi\u00e9es. Le fait que Monod ait \u00e9t\u00e9 pasteur et professeur de th\u00e9ologie pratique (dont la liturgique et l\u2019homil\u00e9tique sont des mati\u00e8res capitales) offre un champ tr\u00e8s vaste pour notre \u00e9tude centr\u00e9e pr\u00e9cis\u00e9ment sur la liturgie et le christianisme social.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Un christianisme toujours \u00e0 la fois spirituel et social<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 1933, en chaire de l\u2019Oratoire, W. Monod d\u00e9clare&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vouloir confiner l\u2019\u00c9glise dans la liturgie, le rite, la pi\u00e9t\u00e9 individualiste ou l\u2019\u00e9motion mystique, c\u2019est l\u2019h\u00e9r\u00e9sie par excellence, l\u2019h\u00e9r\u00e9sie pa\u00efenne.&nbsp;\u00bb (<em>Trois fois le jour<\/em>, \u00ab&nbsp;Trois pri\u00e8res&nbsp;\u00bb, Paris Fischbacher, 1933, p.8)<sup>3<\/sup>. Le caract\u00e8re trop social et insuffisamment religieux, aux yeux de certains, de ses pr\u00e9dications va susciter des protestations. La foi, la pri\u00e8re, la pi\u00e9t\u00e9, la vie spirituelle, par exemple, ne suffisent-elles pas \u00e0 alimenter la pr\u00e9dication&nbsp;?&nbsp;&nbsp;Pourquoi d\u00e9passer les limites du sanctuaire et y laisser entrer ce qu\u2019on appelle la question sociale&nbsp;? Pourquoi laisser&nbsp;les bruits du dehors, ceux de la cit\u00e9 et de la soci\u00e9t\u00e9, p\u00e9n\u00e9trer dans le sanctuaire&nbsp;? Pourquoi cette place donn\u00e9e \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 dans la liturgie&nbsp;? Pour Monod, les fen\u00eatres du presbyt\u00e8re, comme celles du sanctuaire, ouvrent sur le ciel<strong>&nbsp;et<\/strong>&nbsp;sur la terre. Il va inlassablement d\u00e9fendre un christianisme toujours \u00e0 la fois spirituel&nbsp;<strong>et<\/strong>&nbsp;social&nbsp;; et vouloir ainsi promouvoir ce qu\u2019il appelle un \u00c9vangile&nbsp;<em>int\u00e9gral<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est tr\u00e8s souvent avec des dualit\u00e9s significatives que Monod pr\u00e9sente les fondements bibliques et th\u00e9ologiques de son christianisme spirituel et social. Nous pouvons retenir principalement deux de ces dualit\u00e9s&nbsp;\u00e0 savoir \u00ab&nbsp;P\u00e8re&nbsp;\u00bb &#8211; \u00ab&nbsp;Fr\u00e8res&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Notre P\u00e8re&nbsp;\u00bb &#8211; \u00ab&nbsp;Notre pain&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne la dualit\u00e9 P\u00e8re-Fr\u00e8res, Monod estime que c\u2019est parce que certains ont pr\u00each\u00e9 la paternit\u00e9 de Dieu en oubliant la fraternit\u00e9 des hommes que certains ath\u00e9es, par exemple, ont proclam\u00e9 la fraternit\u00e9 en rejetant la paternit\u00e9 de Dieu. Ainsi croire \u00e0 un Dieu P\u00e8re sans vivre la fraternit\u00e9, ce ne pas v\u00e9ritablement y croire.&nbsp;&nbsp;Reconna\u00eetre notre condition d\u2019enfants de Dieu est certes une d\u00e9marche fondamentale et personnelle, une grande v\u00e9rit\u00e9 de notre foi, mais notre filialit\u00e9 ne doit pas conduire \u00e0 une attitude individualiste et st\u00e9rile o\u00f9 le<em>&nbsp;je<\/em>&nbsp;ne suscite pas un&nbsp;<em>nous<\/em>. C\u2019est le christianisme spirituel qui appelle ainsi un christianisme pratique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res demandes de l\u2019oraison dominicale nous tournent vers Dieu (\u00ab<em>&nbsp;Notre p\u00e8re&nbsp;<\/em>\u00bb<em>&nbsp;qui<\/em>&nbsp;<em>es aux cieux<\/em>) et les derni\u00e8res vers les hommes (\u00ab&nbsp;<em>notre pain<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;<em>quotidien<\/em>). Or, pour Monod, la pi\u00e9t\u00e9 et la pens\u00e9e chr\u00e9tiennes ont tout fait, \u00e0 travers les \u00e2ges, pour d\u00e9sincarner ce pain, pour y voir l\u2019expression de nourritures purement spirituelles. Dans un recueil de sermons datant de 1902 et intitul\u00e9 de mani\u00e8re significative&nbsp;<em>Sur la terre<\/em>, Monod rappelle que nous n\u2019avons pas \u00e0 \u00eatre&nbsp;plus spirituels que J\u00e9sus-Christ. On attendait peut-\u00eatre plut\u00f4t d\u2019un pasteur qu\u2019il publi\u00e2t un sermonnaire dont le titre serait alors&nbsp;<em>Vers le ciel<\/em>. Mais l\u2019oraison dominicale unit un christianisme spirituel et un christianisme social. J\u00e9sus a bel et bien multipli\u00e9 des pains et non pas seulement une nourriture spirituelle. Il convient de signaler ici qu\u2019en 1911, dans le cadre de sa paroisse de l\u2019Oratoire du Louvre, Wilfred Monod a cr\u00e9\u00e9 en plein quartier des Halles, alors pauvre et d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9, un centre social appel\u00e9 La Clairi\u00e8re. Cette entreprise, alors d\u2019avant-garde, existe toujours aujourd\u2019hui. Elle a m\u00eame connu un d\u00e9veloppement important et compte 6&nbsp;salari\u00e9(e)s et de nombreux b\u00e9n\u00e9voles. Il convient encore de signaler le fait significatif suivant&nbsp;: quand, \u00e0 l\u2019occasion des grandes f\u00eates (par exemple No\u00ebl, P\u00e2ques et Pentec\u00f4te), on c\u00e9l\u00e9brait la C\u00e8ne au temple de l\u2019Oratoire du Louvre, Monod faisait organiser un repas fraternel dans le cadre de La Clairi\u00e8re, mettant ainsi en \u00e9vidence le caract\u00e8re d\u2019ordre \u00e0 la fois spirituel et social de la Communion. C\u2019est bien l\u00e0 un exemple typique de la liturgie dans la cit\u00e9 et dans la soci\u00e9t\u00e9. Peut-on, pensait Monod, prier fid\u00e8lement le \u00ab&nbsp;Notre P\u00e8re&nbsp;\u00bb sans se pr\u00e9occuper des implications socio-\u00e9conomiques du \u00ab&nbsp;notre pain&nbsp;\u00bb&nbsp;? Coretta Scott King (1927-2006), l\u2019\u00e9pouse de Martin Luther King (1929-1968), cite des paroles de son mari dans un livre autobiographique qu\u2019elle lui a consacr\u00e9&nbsp;<em>Ma vie avec Martin Luther King<\/em>&nbsp;(Paris Stock, 1970, p.126), paroles que Wilfred Monod aurait tout aussi bien pu \u00e9crire&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;La religion s\u2019occupe \u00e0 la fois du ciel et de la terre. [\u2026] Toute religion qui fait profession de s\u2019occuper de l\u2019\u00e2me des hommes sans s\u2019occuper des taudis auxquels ils sont condamn\u00e9s, des conditions \u00e9conomiques qui les \u00e9tranglent et des conditions sociales qui les mutilent est une religion aussi st\u00e9rile que la poussi\u00e8re.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Wilfred Monod aborde souvent des th\u00e8mes tr\u00e8s concrets dans ses pr\u00e9dications. On peut relever qu\u2019il \u00e9voque, par exemple, les questions relatives \u00e0 l\u2019alcoolisme, au logement, au travail dans les usines, aux grands magasins, aux restaurants, \u00e0 l\u2019exploitation des enfants, aux ouvriers, aux petits employ\u00e9s, \u00e0 l\u2019abandon et \u00e0 l\u2019extr\u00eame mis\u00e8re des personnes \u00e2g\u00e9es, aux malades et au travail dans les h\u00f4pitaux, aux innombrables orphelins martyrs de la guerre, aux victimes de cette guerre et surtout du ch\u00f4mage, \u00e0 la condition de la femme, et principalement au th\u00e8me de l\u2019argent dont on compte une douzaine de sermons publi\u00e9s portant sur ce th\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>La c\u00e8ne<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e9ologie de Wilfred Monod exprim\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 maintenant dans le pr\u00e9sent expos\u00e9 est int\u00e9gralement d\u00e9velopp\u00e9e dans ses pr\u00e9dications. C\u2019est \u00e0 ces derni\u00e8res que je me suis r\u00e9f\u00e9r\u00e9. Dans les cadres du protestantisme, la pr\u00e9dication est presque toujours comprise comme un \u00e9l\u00e9ment essentiel du culte, voire le plus important pour la tradition r\u00e9form\u00e9e. Cela dit, les remarques pr\u00e9c\u00e9dentes nous conduisent tout naturellement \u00e0 poser plus sp\u00e9cifiquement maintenant, en ce qui concerne le culte, la question de la c\u00e8ne selon Wilfred Monod.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019importance quantitative de ses pr\u00e9dications dont, je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit plus haut, qu\u2019environ 400 d\u2019entre elles ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es, bien que Monod ait \u00e9t\u00e9 reconnu comme un grand pr\u00e9dicateur, il estimait que le sermon ne doit pas&nbsp;<em>dominer<\/em>&nbsp;le culte. La c\u00e8ne, en revanche, doit y occuper une place<em>&nbsp;centrale<\/em>. La c\u00e8ne est ainsi, selon lui, au \u00ab&nbsp;centre&nbsp;\u00bb du culte. Il ne dit jamais cela du sermon. Sans la c\u00e9l\u00e9bration de la communion, le culte est, pour Monod, incomplet et tronqu\u00e9. Dans une pr\u00e9dication donn\u00e9e \u00e0 l\u2019Oratoire du Louvre en 1925, paroisse dont le temple a une chaire tr\u00e8s haut plac\u00e9e juste au-dessus de la table de communion, Monod d\u00e9clare de cette derni\u00e8re qu\u2019elle \u00ab&nbsp;n\u2019est pas au pied de la chaire&nbsp;\u00bb, mais que \u00ab&nbsp;c\u2019est la chaire qui est domin\u00e9e par la table de la Sainte C\u00e8ne&nbsp;\u00bb. (<em>L\u2019amour imp\u00e9rissable<\/em>, \u00ab&nbsp;Pour l\u2019Avent&nbsp;\u00bb, Paris Fischbacher, 1929, p.13). La c\u00e8ne est pour lui la v\u00e9ritable expression de nos c\u00e9l\u00e9brations. Elle n\u2019en est pas une donn\u00e9e additionnelle, facultative, occasionnelle. Elle est la vraie confession de foi de l\u2019\u00c9glise. Or les textes les plus caract\u00e9ristiques de la tradition r\u00e9form\u00e9e disent, eux, que les sacrements sont&nbsp;<em>joints<\/em>,<em>&nbsp;ajout\u00e9s<\/em>&nbsp;\u00e0 la pr\u00e9dication et que les sacrements ne font que la confirmer<sup>4<\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, pour Monod, la c\u00e8ne est par excellence ce qui lui permet de promouvoir, conform\u00e9ment \u00e0 un \u00c9vangile int\u00e9gral, un christianisme simultan\u00e9ment spirituel et social. Il appelle alors le protestantisme fran\u00e7ais \u00e0 une compr\u00e9hension plus profonde de la c\u00e8ne, c\u2019est-\u00e0-dire, selon ses propres termes, \u00e0 la fois plus<em>sociale<\/em>&nbsp;et plus&nbsp;<em>mystique<\/em>. Elle est trop souvent devenue un repas purement formel et rituel. Que la c\u00e8ne ait une dimension de communion spirituelle, voil\u00e0 qui est capital et d\u00e9cisif&nbsp;; cela n\u2019a rien de marginal et doit toujours \u00eatre soulign\u00e9. Mais Monod insiste sur le fait que le partage du pain exprime \u00e9galement une autre forme de communion, \u00e0 savoir une manifestation de solidarit\u00e9 humaine, de fraternit\u00e9 qu\u2019il faut traduire dans la vie et dans la soci\u00e9t\u00e9. C\u2019est l\u00e0 la source d\u2019un v\u00e9ritable bouleversement. Il publie en 1914 un livre intitul\u00e9&nbsp;<em>Pour communier&nbsp;<\/em>(Paris Fischbacher). Il s\u2019agit d\u2019un recueil de r\u00e9flexions, de m\u00e9ditations et de pri\u00e8res, de textes bibliques, en vue de la pr\u00e9paration \u00e0 la c\u00e8ne, de sa c\u00e9l\u00e9bration et m\u00eame de ce qui la suit, d\u00e9passant ainsi cet \u00e9v\u00e9nement que n\u2019\u00e9puise pas sa dimension cultuelle, mais vient plut\u00f4t l\u2019accomplir et la couronner. C\u2019est Nicolas Berdiaev (1874-1948) qui estimait que le pain a une dimension et une signification proprement religieuses. Selon lui, la question du pain pour soi est une question mat\u00e9rielle, mais la question du pain pour les autres et pour le monde devient une question spirituelle. La spiritualit\u00e9 chr\u00e9tienne ne saurait alors \u00eatre utilis\u00e9e pour faire oublier le drame mat\u00e9riel et social de la faim, de la pauvret\u00e9, de l\u2019injustice. Monod \u00e9galement n\u2019oppose pas le social au spirituel, mais souligne, comme nous l\u2019avons vu plus haut, combien la foi au P\u00e8re culmine dans l\u2019amour des fr\u00e8res. Le christianisme n\u2019est pas un id\u00e9alisme d\u00e9sincarn\u00e9. Liturgie et diaconie sont ainsi solidaires, la premi\u00e8re appelant invariablement la seconde. Parlant du pain partag\u00e9 de la c\u00e8ne, Monod \u00e9crit dans son recueil&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le jour o\u00f9 toute l\u2019humanit\u00e9 sera pleinement assur\u00e9e d\u2019en manger, marquera l\u2019av\u00e8nement du genre humain \u00e0 la dignit\u00e9 humaine.&nbsp;\u00bb (p.55) Il parle alors d\u2019une humanit\u00e9 enfin&nbsp;<em>humanis\u00e9e<\/em>. Le combat pour l\u2019union spirituelle des chr\u00e9tiens s\u2019accompagne par cons\u00e9quent d\u2019un combat pour une unit\u00e9 mat\u00e9rielle de tous les hommes. Pour Monod, \u00ab&nbsp;aucune autre religion n\u2019a su concilier au m\u00eame degr\u00e9, dans une indissociable unit\u00e9, la pr\u00e9occupation de l\u2019\u00e2me et la pr\u00e9occupation du monde [\u2026]&nbsp;\u00bb (<em>Certitudes<\/em>, Paris Fischbacher, 1911, p.345). Monod revient aussi \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 une caract\u00e9ristique qui lui est ch\u00e8re quand il consid\u00e8re les bienfaits de la c\u00e8ne. Cette derni\u00e8re r\u00e9unit autour de la table de communion les personnes les plus diverses et parfois que tout oppose dans la vie civile. C\u2019est l\u00e0 pour lui une pr\u00e9figuration du Royaume de Dieu, une r\u00e9alit\u00e9 proph\u00e9tique d\u2019ordre eschatologique, la v\u00e9rit\u00e9 du ciel sur la terre. Il affirme alors&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c9vanouies, les distinctions de caste et de classe, de nations et de races&nbsp;; les diff\u00e9rences politiques et sociales n\u2019existent plus.&nbsp;\u00bb (<em>L\u2019avoir du<\/em>&nbsp;<em>chr\u00e9tien<\/em>, \u00ab&nbsp;La triple communion&nbsp;\u00bb, Paris Fischbacher, 1935, p.12).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conclure cette \u00e9tape, j\u2019aimerais citer maintenant un texte de Maurice Zundel (1897-1975). Ce th\u00e9ologien catholique suisse est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme un des grands auteurs spirituels et mystiques du XX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Ce passage est extrait de son livre&nbsp;<em>Morale et mystique<\/em>&nbsp;\u00e9dit\u00e9 en 1962 par les \u00e9ditions Descl\u00e9e de Brouwer (p.126). On notera que ce titre correspond aux deux notions d\u2019un christianisme pratique (<em>morale<\/em>) et spirituel (<em>mystique<\/em>) ch\u00e8res \u00e0 Wilfred Monod.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;[\u2026] Au c\u0153ur du culte chr\u00e9tien ce souci de l\u2019homme est si formellement inscrit que le repas du Seigneur n\u2019aurait plus aucun sens s\u2019il n\u2019\u00e9tait cautionn\u00e9, au moins dans le secret de quelques \u00e2mes, par cet amour sans fronti\u00e8res et sans partialit\u00e9 [\u2026] qui&nbsp;<em>exige<\/em>&nbsp;que nous partagions notre pain avec tous les hommes et tous les peuples \u2013&nbsp;en \u00e9tant les premiers \u00e0 r\u00e9clamer et \u00e0 proposer les r\u00e9formes \u00e9conomiques, d\u00e9mographiques et techniques indispensables \u00e0 une juste circulation des biens&nbsp;\u2013 pour participer sans sacril\u00e8ge \u00e0&nbsp;<em>la fraction du pain<\/em>&nbsp;o\u00f9 le Seigneur veut nous rassembler tous comme un seul corps sous un seul Chef (cf.&nbsp;Jean XVII,&nbsp;11,&nbsp;21,&nbsp;23).&nbsp;\u00bb Wilfred Monod n\u2019aurait-il pas pu \u00eatre l\u2019auteur de telles lignes&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Conclusions<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e8me de notre colloque liturgique (\u00ab&nbsp;La liturgie dans la cit\u00e9&nbsp;\u00bb) et le sujet de la pr\u00e9sente intervention (\u00ab&nbsp;Liturgie et christianisme social&nbsp;\u00bb) ne sauraient nous faire oublier que Wilfred Monod a consacr\u00e9 un nombre tr\u00e8s important de ses ouvrages th\u00e9ologiques et une partie tout aussi importante de sa vie pastorale \u00e0 un christianisme spirituel. Il fut lui-m\u00eame un ma\u00eetre spirituel.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 20 avril 1923, Monod a fond\u00e9, \u00e0 l\u2019initiative de son fils Th\u00e9odore, ce qu\u2019il appela de mani\u00e8re originale et m\u00e9taphorique, un \u00ab&nbsp;Tiers-Ordre protestant&nbsp;\u00bb, \u00e0 savoir une \u00ab&nbsp;fraternit\u00e9 spirituelle&nbsp;\u00bb dont les membres, la\u00efcs ou non, s\u2019engagent \u00e0 vivre une spiritualit\u00e9 r\u00e9guli\u00e8re et quotidienne de m\u00e9ditation, de lecture de la Bible et de pri\u00e8re. \u00c0 la fraternit\u00e9 sociale est ainsi conjointe, &#8211;&nbsp;et cela ins\u00e9parablement&nbsp;&#8211; une solidarit\u00e9 spirituelle. Apr\u00e8s un peu plus de cent ans d\u2019existence dynamique, cette fraternit\u00e9 spirituelle qui s\u2019appelle \u00ab&nbsp;Les Veilleurs&nbsp;\u00bb, conna\u00eet aujourd\u2019hui une belle croissance.&nbsp;&nbsp;Ses membres ob\u00e9issent \u00e0 une r\u00e8gle centr\u00e9e sur les B\u00e9atitudes. On peut souligner tout ce que doit \u00e0 son enfance et \u00e0 sa jeunesse m\u00e9thodistes cette initiative des Veilleurs avec une vie int\u00e9rieure et une pi\u00e9t\u00e9 structur\u00e9e, avec une discipline fid\u00e8le. Monod est d\u2019ailleurs l\u2019auteur de nombreux livres de spiritualit\u00e9 qu\u2019il appelait des&nbsp;\u00ab&nbsp;volumes de m\u00e9ditation&nbsp;\u00bb. La pri\u00e8re, qu\u2019il nommait&nbsp;<em>le sacrement du silence<\/em>, repr\u00e9sente l\u00e0 une tr\u00e8s large part d\u2019une existence consacr\u00e9e ainsi et aussi \u00e0 l\u2019adoration et au recueillement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une formule qui m\u2019est ch\u00e8re, et que Wilfred Monod aurait assur\u00e9ment appr\u00e9ci\u00e9e, consiste \u00e0 dire&nbsp;: joindre les mains, c\u2019est rejoindre les autres&nbsp;; ce n\u2019est pas se croiser les bras.<\/p>\n\n\n\n<p>Je signale pour conclure que Wilfred Monod reconnaissait une pr\u00e9c\u00e9dence d\u2019ordre chronologique en quelque sorte au christianisme spirituel, puisque c\u2019est de lui que d\u00e9coule un christianisme social. C\u2019est notre foi en un Dieu P\u00e8re qui nous conduit en effet, comme on l\u2019a vu, vers des fr\u00e8res et s\u0153urs, vers la cit\u00e9 et la soci\u00e9t\u00e9. Mais, dans l\u2019ordre qualitatif, c\u2019est le christianisme pratique et social qui jouit en fait pour lui d\u2019une v\u00e9ritable pr\u00e9\u00e9minence. Il d\u00e9clare ainsi dans une pr\u00e9dication intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;Le jugement dernier&nbsp;\u00bb et recueillie dans le sermonnaire de 1911 cit\u00e9 plus haut,&nbsp;<em>Certitudes<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;[\u2026]&nbsp;mieux vaudrait avoir v\u00e9cu sans religion que d\u2019avoir v\u00e9cu sans amour, mieux vaudrait avoir servi J\u00e9sus-Christ sans le nommer, que d\u2019avoir nomm\u00e9 J\u00e9sus-Christ sans le servir.&nbsp;\u00bb (p.113)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sente communication a de fait r\u00e9uni en une seule formulation et avec l\u2019exemple de Wilfred Monod&nbsp;<em>la liturgie dans la cit\u00e9<\/em>, certes, mais aussi la cit\u00e9 dans la liturgie.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>NOTES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>1. Pour l\u2019histoire et les enjeux du Christianisme social, il est possible de lire le livre de Klauspeter BLASER, qui fut professeur de th\u00e9ologie syst\u00e9matique et pratique \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne&nbsp;:&nbsp;<em>Le Christianisme social. Une approche th\u00e9ologique et historique<\/em>&nbsp;(Paris Van Dieren, 2003).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>2. Dans son autobiographie, Wilfred Monod \u00e9crit ceci au sujet de la Conf\u00e9rence de Stockholm, et cela sans citer, comme il a pu le faire ailleurs, l\u2019archev\u00eaque orthodoxe Germanos&nbsp;: \u00ab&nbsp;Un trait extraordinaire fut la pr\u00e9sence de l\u2019\u00c9glise orthodoxe. Le schisme mill\u00e9naire entre la chr\u00e9tient\u00e9 orientale et la chr\u00e9tient\u00e9 occidentale prit fin au moins dans le domaine de la charit\u00e9 active [\u2026]. Le clerg\u00e9 de l\u2019\u00c9glise Grecque et le clerg\u00e9 de l\u2019\u00c9glise Protestante se tendirent la main d\u2019association [\u2026].&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Apr\u00e8s la journ\u00e9e<\/em>, Paris Grasset, 1938, p.262.<\/p>\n\n\n\n<p>Germanos Strenopoulos (1872-1951), docteur en th\u00e9ologie, est m\u00e9tropolite (archev\u00eaque) de Thyatire. Ce t\u00e9moin et repr\u00e9sentant \u00e9minent du patriarcat de Constantinople, a si\u00e9g\u00e9 \u00e0 Londres de 1922 \u00e0 sa mort. Pionnier de l\u2019\u0153cum\u00e9nisme naissant, Il est consid\u00e9r\u00e9 comme le principal promoteur orthodoxe, au 20<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, du mouvement \u0153cum\u00e9nique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>3. Comme on le remarquera avec les r\u00e9f\u00e9rences accompagnant les citations des sermons de Wilfred Monod, certains sermonnaires ont une num\u00e9rotation des pages allant du d\u00e9but du livre \u00e0 la fin de l\u2019ouvrage, d\u2019autres ont une num\u00e9rotation propre \u00e0 chaque pr\u00e9dication sans num\u00e9rotation g\u00e9n\u00e9rale du livre en question.<\/p>\n\n\n\n<p>4. On consultera plus particuli\u00e8rement \u00e0 ce sujet&nbsp;: Jean Calvin,&nbsp;<em>Cat\u00e9chisme de Gen\u00e8ve<\/em>&nbsp;(1545), 46<sup>e<\/sup>&nbsp;section&nbsp;;&nbsp;<em>Consensus Tigurinus<\/em>&nbsp;(1549), art.&nbsp;2 et art.&nbsp;12&nbsp;;&nbsp;<em>Confession helv\u00e9tique post\u00e9rieure&nbsp;<\/em>(1566), art.&nbsp;19&nbsp;;&nbsp;<em>Confession des Pays-Bas<\/em>&nbsp;(1561), art.&nbsp;33&nbsp;;&nbsp;<em>Confession de La Rochelle<\/em>&nbsp;(1559, 1571), art.&nbsp;34.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019exemple du pasteur et th\u00e9ologien Wilfred Monod (1867-1943) Communication donn\u00e9e \u00e0 l\u2019Institut de Th\u00e9ologie Orthodoxe (ITO) le vendredi 4 juillet dans le cadre du colloque liturgique annuel, \u0153cum\u00e9nique et international Introduction Le mouvement fran\u00e7ais du Christianisme social a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1888 par l\u2019\u00e9conomiste Charles Gide (oncle d\u2019Andr\u00e9 Gide) et le pasteur Tommy Fallot (1844-1904), [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"external_author":[36],"cited_author":[],"publisher":[],"book_author":[],"class_list":["post-2264","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","external_author-laurent-gagnebin"],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2264","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2264"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2264\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2265,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2264\/revisions\/2265"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2264"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2264"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2264"},{"taxonomy":"external_author","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/external_author?post=2264"},{"taxonomy":"cited_author","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/cited_author?post=2264"},{"taxonomy":"publisher","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/publisher?post=2264"},{"taxonomy":"book_author","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/book_author?post=2264"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}