{"id":1551,"date":"2025-05-18T16:32:55","date_gmt":"2025-05-18T15:32:55","guid":{"rendered":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/?p=1551"},"modified":"2025-05-18T16:32:55","modified_gmt":"2025-05-18T15:32:55","slug":"jacques-pohier-et-la-refonte-de-la-foi-chretienne-dans-dieu-fractures","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/jacques-pohier-et-la-refonte-de-la-foi-chretienne-dans-dieu-fractures\/","title":{"rendered":"Jacques Pohier et la refonte de la foi chr\u00e9tienne dans \u00ab\u00a0Dieu fractures\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Voir aussi : <br><strong>Michel Leconte<\/strong>, <a href=\"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/la-conception-du-peche-originel-chez-jacques-pohier\/\">La conception du p\u00e9ch\u00e9 originel chez Jacques Pohier<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Contexte et vis\u00e9e de l\u2019ouvrage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jacques Pohier (1926-2007), th\u00e9ologien catholique et ancien dominicain, publie&nbsp;<em>Dieu, fractures<\/em>&nbsp;(Seuil, 1985 ; r\u00e9\u00e9d. Albin Michel, 1992) apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9 par l\u2019\u00c9glise pour ses positions audacieuses. Ce livre se pr\u00e9sente \u00e0 la fois comme une r\u00e9flexion th\u00e9ologique novatrice et un t\u00e9moignage personnel sur les \u00ab tensions et ruptures qui traversent la foi chr\u00e9tienne \u00bb. Pohier y interroge de mani\u00e8re frontale les repr\u00e9sentations traditionnelles de Dieu, de J\u00e9sus, du p\u00e9ch\u00e9, de la mort et de la sexualit\u00e9, en s\u2019appuyant sur la psychanalyse et sur son propre cheminement spirituel. L\u2019objectif avou\u00e9 est de \u00ab&nbsp;<em>lib\u00e9rer Dieu et les humains<\/em>&nbsp;\u00bb des&nbsp;<strong>carcans dogmatiques<\/strong>&nbsp;devenus obsol\u00e8tes, et de laisser advenir une foi renouvel\u00e9e, affranchie de ses peurs. Pohier pose ainsi des questions radicales : \u00ab&nbsp;<em>N\u2019est-il pas temps d\u2019abandonner ce qui, dans l\u2019image que nous avons de Dieu ou de J\u00e9sus-Christ, et dans nos comportements religieux, serait li\u00e9 \u00e0 des exp\u00e9riences d\u00e9sormais caduques ? Est-il possible d\u2019enfin lib\u00e9rer Dieu et les humains de cette gangue qui les enserre, et laisser se fracturer ce qui emp\u00eacherait la foi de surgir sur ce nouveau versant de notre exp\u00e9rience ?&nbsp;<\/em>\u00bb. Ces \u201cfractures\u201d \u00e9voqu\u00e9es dans le titre renvoient aux ruptures n\u00e9cessaires, selon lui, pour que la foi chr\u00e9tienne puisse se reconstruire de fa\u00e7on plus authentique dans le contexte moderne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une foi d\u00e9finie comme rencontre et confiance, plus que comme croyance doctrinale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pohier ne propose pas une d\u00e9finition scholastique classique de la foi, mais on peut d\u00e9gager une conception implicite de la foi \u00e0 travers ses analyses. Il insiste que la foi chr\u00e9tienne ne devrait pas \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 un assentiment intellectuel \u00e0 des dogmes ou \u00e0 des v\u00e9rit\u00e9s abstraites, mais qu\u2019elle est avant tout&nbsp;<strong>une exp\u00e9rience vivante de confiance et de relation.&nbsp;<\/strong>Pour lui, \u00ab&nbsp;<em>la foi n\u2019est pas d\u2019abord l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 des v\u00e9rit\u00e9s abstraites (par ex. foi en la r\u00e9surrection future), mais l\u2019acte de confiance par lequel l\u2019homme et Dieu se rencontrent<\/em>&nbsp;\u00bb. Il \u00e9crit notamment que la foi v\u00e9ritable se manifeste par une communion r\u00e9ciproque entre Dieu et l\u2019homme&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>la foi de l\u2019homme [\u2026] s\u2019exprime par l\u2019union de l\u2019homme qui va vers Dieu et de Dieu qui va vers l\u2019homme<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette vision met en avant la dimension&nbsp;<strong>relationnelle et existentielle<\/strong>&nbsp;de la foi. Croire n\u2019est pas simplement tenir pour vraies des propositions doctrinales, c\u2019est \u00e9tablir une relation de confiance v\u00e9cue. Pohier souligne d\u2019ailleurs que cette \u00ab foi\u2013rencontre \u00bb peut exister en dehors des structures eccl\u00e9siales ou des formulations explicites du credo. Il rappelle par exemple que dans la Bible, des figures comme Abraham ou Mo\u00efse ne croyaient pas en un au-del\u00e0 et n\u2019avaient pas de dogmes \u00e9labor\u00e9s sur Dieu, pourtant \u00ab ils \u201ccroyaient en Dieu\u201d et ont \u00e9t\u00e9 justes devant Lui \u00bb, preuve que la foi biblique originelle est d\u2019abord confiance et fid\u00e9lit\u00e9 dans la vie pr\u00e9sente.<\/p>\n\n\n\n<p>En somme, pour Pohier, la foi chr\u00e9tienne est une relation personnelle \u00e0 Dieu, un acte libre par lequel l\u2019homme s\u2019ouvre \u00e0 la pr\u00e9sence divine, plut\u00f4t qu\u2019une soumission de l\u2019intelligence \u00e0 des \u00e9nonc\u00e9s fig\u00e9s. Cette orientation tr\u00e8s&nbsp;<strong>subjective<\/strong>&nbsp;\u2013 au sens positif du terme \u2013 s\u2019enracine dans son parcours : Pohier adopte une \u00ab th\u00e9ologie \u00e0 la premi\u00e8re personne \u00bb, il parle en sujet croyant de son propre itin\u00e9raire, dans le sillage de son exploration psychanalytique de son identit\u00e9 spirituelle. La foi devient ainsi pour lui un \u00e9l\u00e9ment constitutif de l\u2019identit\u00e9 du sujet croyant, tout en \u00e9vitant le pi\u00e8ge du solipsisme car cette qu\u00eate personnelle confronte le croyant \u00e0 l\u2019Autre \u2013 l\u2019Autre divin rencontr\u00e9 en Christ, et l\u2019Autre en soi r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par la psychanalyse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Critique des formes traditionnelles de croyance chr\u00e9tienne<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pohier porte un regard tr\u00e8s critique sur les formes h\u00e9rit\u00e9es de la croyance dans l\u2019\u00c9glise catholique, qu\u2019il juge souvent&nbsp;<strong>ali\u00e9nantes<\/strong>. Il estime que certaines repr\u00e9sentations traditionnelles \u201c<em>enferment plus qu\u2019elles ne lib\u00e8rent<\/em>\u201d la foi. Il s\u2019attaque en particulier \u00e0 deux piliers du christianisme classique&nbsp;: la th\u00e9ologie du p\u00e9ch\u00e9 originel\/salut et l\u2019exaltation de la Passion-R\u00e9surrection du Christ.<\/p>\n\n\n\n<p>1. La culpabilit\u00e9 et le p\u00e9ch\u00e9 originel. Pohier reproche \u00e0 l\u2019enseignement catholique d\u2019avoir trop insist\u00e9 sur&nbsp;<strong>la faute et l\u2019ob\u00e9issance<\/strong>, au point de faire du p\u00e9ch\u00e9 un instrument de&nbsp;<strong>contr\u00f4le moral<\/strong>. Selon la doctrine catholique classique, \u00ab le p\u00e9ch\u00e9 est avant tout une d\u00e9sob\u00e9issance, une \u201coffense \u00e0 Dieu, rupture de la communion avec Lui\u201d \u00bb, et tout l\u2019\u00e9difice dogmatique repose ensuite sur la n\u00e9cessit\u00e9 du sacrifice expiatoire du Christ pour r\u00e9parer cette offense. Pohier \u00ab&nbsp;<em>conteste ce mod\u00e8le juridique et moral traditionnel&nbsp;<\/em>\u00bb : il le juge non conforme \u00e0 l\u2019\u00c9vangile et dangereux psychologiquement. Il refuse notamment la&nbsp;<strong>vision sacrificielle&nbsp;<\/strong>qui glorifie la souffrance et le renoncement de soi. \u00c0 ses yeux, cette obsession de la culpabilit\u00e9 a induit \u00ab&nbsp;<em>une repr\u00e9sentation perverse de Dieu<\/em>&nbsp;\u00bb, faisant du Cr\u00e9ateur un juge terrifiant qui exigerait la souffrance de son Fils et la soumission des fid\u00e8les. Bien au contraire, \u00e9crit-il, \u00ab&nbsp;<em>Dieu ne devrait pas \u00eatre un objet de crainte ou de culpabilit\u00e9, mais une source de vie et de lib\u00e9ration&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pohier propose de reformuler la notion de p\u00e9ch\u00e9 en la comprenant non comme une faute originelle h\u00e9rit\u00e9e qui aurait rendu l\u2019humanit\u00e9 mortelle, mais comme&nbsp;<strong>une forme d\u2019ali\u00e9nation li\u00e9e \u00e0 l\u2019orgueil humain.<\/strong>&nbsp;S\u2019inspirant de Freud (notamment de Mo\u00efse et le monoth\u00e9isme), il voit dans le mythe d\u2019Adam et \u00c8ve l\u2019illustration de&nbsp;<strong>l\u2019illusion humaine de toute-puissance<\/strong>&nbsp;: \u00ab faites ceci et vous serez comme des dieux \u00bb. La v\u00e9ritable \u00ab faute \u00bb originelle serait cette pr\u00e9tention de l\u2019homme \u00e0&nbsp;<strong>nier sa condition cr\u00e9\u00e9e et finie pour se faire l\u2019\u00e9gal de Dieu<\/strong>. Ainsi, \u00ab&nbsp;<em>la faute originelle n\u2019est pas ce qui a rendu l\u2019homme faillible et mortel<\/em>&nbsp;\u00bb, car l\u2019homme l\u2019est d\u00e8s sa cr\u00e9ation, mais c\u2019est l\u2019orgueil de vouloir \u00e9chapper \u00e0 sa condition. Pohier en conclut que l\u2019\u00c9glise s\u2019est fourvoy\u00e9e en dramatisant la culpabilit\u00e9 et en pr\u00eachant un salut con\u00e7u comme exon\u00e9ration magique de la finitude. \u00c0 l\u2019inverse, il valorise une approche o\u00f9 la condition humaine r\u00e9elle \u2013 la finitude, la fragilit\u00e9, la contingence (y compris la sexualit\u00e9 et la mortalit\u00e9) \u2013 est reconnue comme donn\u00e9e normale et bonne en soi, et&nbsp;<strong>non comme le signe d\u2019une faute ontologique.<\/strong>&nbsp;Dieu a cr\u00e9\u00e9 l\u2019homme mortel et sexu\u00e9, diff\u00e9rent de Lui ; vouloir \u00e0 tout prix nier ces limites revient \u00e0 projeter sur Dieu l\u2019id\u00e9al illusoire d\u2019une toute-puissance qui comblerait tous nos manques.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette relecture a des cons\u00e9quences directes sur la compr\u00e9hension du salut chr\u00e9tien : il ne s\u2019agit plus d\u2019\u00eatre sauv\u00e9 de la condition humaine (souffrance, mort, etc.), comme si celles-ci \u00e9taient des fl\u00e9aux \u00e0 \u00e9radiquer miraculeusement, mais d\u2019\u00eatre sauv\u00e9&nbsp;<strong>dans<\/strong>&nbsp;la condition humaine, en restaurant la juste relation \u00e0 Dieu et aux autres. Pohier affirme ainsi que l\u2019essence du salut est la r\u00e9conciliation (l\u2019Alliance restaur\u00e9e entre Dieu et l\u2019humanit\u00e9) bien plus que la d\u00e9livrance de la mort biologique. Il va jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9noncer l\u2019esp\u00e9rance d\u2019immortalit\u00e9 physique comme une&nbsp;<strong>tentation de refuser notre humanit\u00e9<\/strong>&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Croire en cette immortalit\u00e9, c\u2019est croire en l\u2019\u00e9chec de Dieu dans sa cr\u00e9ation puisque cette cr\u00e9ation, c\u2019est maintenant&nbsp;<\/em>\u00bb. Une foi obs\u00e9d\u00e9e par la vie \u00e9ternelle post-mortem risque d\u2019oublier que \u00ab tout pouvoir vient d\u2019en bas \u00bb \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire que c\u2019est dans la vie pr\u00e9sente, fragile mais r\u00e9elle, que se joue notre relation \u00e0 Dieu.<\/p>\n\n\n\n<p>2. La r\u00e9surrection de J\u00e9sus et les dogmes christologiques. Pohier \u00e9met \u00e9galement une critique retentissante de la fa\u00e7on dont le christianisme traditionnel a centr\u00e9 son message sur la&nbsp;<strong>R\u00e9surrection physique&nbsp;<\/strong>du Christ. Sans nier la r\u00e9surrection, il estime qu\u2019en faire le fondement absolu de la foi est probl\u00e9matique pour l\u2019homme moderne. Il renverse m\u00eame la perspective habituelle : pour lui, ce n\u2019est pas la r\u00e9surrection qui fonde la foi,&nbsp;<strong>c\u2019est la foi qui fonde la r\u00e9surrection.<\/strong>&nbsp;Pohier rapporte qu\u2019on lui a object\u00e9 un jour que \u00ab tout le christianisme s\u2019\u00e9croulerait \u00bb s\u2019il contestait la r\u00e9alit\u00e9 historique de la r\u00e9surrection du Christ ; il r\u00e9pondit au contraire que pour les hommes d\u2019aujourd\u2019hui, \u00ab&nbsp;<em>la question ne pouvait se poser qu\u2019en termes absolument inverses : c\u2019est parce que nous croyons que J\u00e9sus-Christ est l\u2019envoy\u00e9 de Dieu que nous croyons, par voie de cons\u00e9quence, qu\u2019il est encore vivant. Sa r\u00e9surrection est un effet de son statut de Verbe fait chair, et non point la source et la preuve de ce statut<\/em>&nbsp;\u00bb. Autrement dit, c\u2019est la foi en J\u00e9sus (reconnu comme Fils de Dieu) qui a pouss\u00e9 les premiers disciples \u00e0 exprimer qu\u2019il \u00e9tait vivant aupr\u00e8s de Dieu, et non l\u2019inverse. Pohier \u00ab&nbsp;<em>d\u00e9nonce justement [\u2026] la r\u00e9duction du Dieu chr\u00e9tien, du Dieu de J\u00e9sus-Christ \u00e0 l\u2019op\u00e9ration R\u00e9surrection<\/em>&nbsp;\u00bb \u2013 r\u00e9duction qui consiste \u00e0 faire de la foi un simple cr\u00e9do sur&nbsp;<strong>un miracle&nbsp;<\/strong>au lieu d\u2019y voir la confiance en la personne de J\u00e9sus et en son message.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans&nbsp;<em>Dieu, fractures<\/em>, Pohier propose donc une relecture symbolique et spirituelle de la r\u00e9surrection. Il ne s\u2019agit pas de nier cet \u00e9v\u00e9nement, mais de le comprendre autrement&nbsp;: plut\u00f4t que d\u2019insister sur la mat\u00e9rialit\u00e9 biologique du tombeau vide, il invite \u00e0 y voir le sens profond pour la foi. Au lieu d\u2019une victoire magique sur la mort, la r\u00e9surrection est pour lui&nbsp;<strong>le signe que Dieu confirme l\u2019\u0153uvre de J\u00e9sus<\/strong>. Pohier \u00e9crit ainsi que la r\u00e9surrection est \u00ab&nbsp;<em>l\u2019attestation par Dieu qu\u2019il est bel et bien tel que J\u00e9sus l\u2019a manifest\u00e9, que J\u00e9sus \u00e9tait bel et bien celui qui [Le] manifestait selon son gr\u00e9, et que son Esprit peut l\u2019emporter sur toutes les forces mortif\u00e8res qui s\u2019opposent \u00e0 cette manifestation \u00bb<\/em>&nbsp;(p.&nbsp;134). Autrement dit, Dieu par la r\u00e9surrection valide la r\u00e9v\u00e9lation qu\u2019a donn\u00e9e J\u00e9sus de son vrai visage d\u2019amour, et garantit que les puissances de mort n\u2019auront pas le dernier mot sur cette r\u00e9v\u00e9lation.&nbsp;<strong>Pohier recentre donc la foi pascale sur le message et la personne de J\u00e9sus&nbsp;<\/strong>(ce que J\u00e9sus a montr\u00e9 de Dieu) plut\u00f4t que sur le prodige surnaturel en lui-m\u00eame. Cette approche rejoint sa d\u00e9marche globale de d\u00e9sacralisation des \u00ab objets \u00bb de croyance au profit d\u2019une signification existentielle : \u00ab&nbsp;<em>En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est la foi en J\u00e9sus qui a pouss\u00e9 ses disciples \u00e0 croire en sa r\u00e9surrection&nbsp;<\/em>\u00bb, souligne-t-il, insistant sur le fait que la vraie puissance de la r\u00e9surrection est d\u2019ordre spirituel \u2013 faire \u00ab&nbsp;<strong><em>re-susciter<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb le message du Christ dans nos vies.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Foi, doute, subjectivit\u00e9 et libert\u00e9 : une foi adulte et lib\u00e9ratrice<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La pens\u00e9e de Pohier associe \u00e9troitement la foi au doute critique, \u00e0 la subjectivit\u00e9 assum\u00e9e et \u00e0 la libert\u00e9 int\u00e9rieure du croyant. Loin de s\u2019opposer, foi et doute entretiennent un rapport dialectique dans sa d\u00e9marche. Pohier lui-m\u00eame a travers\u00e9 une profonde crise de foi \u2013 il parle de la \u00ab&nbsp;<em>d\u00e9composition<\/em>&nbsp;\u00bb de son univers religieux traditionnel \u2013 qui l\u2019a conduit \u00e0 quitter son ordre et \u00e0 repenser de fond en comble ses croyances. Cette \u00e9preuve, au lieu de le mener \u00e0 l\u2019incroyance, a d\u00e9bouch\u00e9 sur une reconstruction plus libre et personnelle de sa foi. Il illustre ainsi que le doute, l\u2019examen critique des doctrines re\u00e7ues, peut \u00eatre&nbsp;<strong>un passage oblig\u00e9 pour purifier la foi de la cr\u00e9dulit\u00e9 ou de la peur.<\/strong>&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Le doute qui examine, critique, v\u00e9rifie, [\u2026] aide une foi authentique&nbsp;<\/em>\u00bb, disait un autre auteur, et Pohier semble incarner cela : il a os\u00e9 remettre en question des dogmes centraux (R\u00e9surrection, p\u00e9ch\u00e9 originel, toute-puissance de Dieu) non par hostilit\u00e9 \u00e0 la foi, mais au contraire pour retrouver le sens authentique de la foi dans un contexte o\u00f9 les formulations anciennes ne parlaient plus \u00e0 l\u2019homme moderne.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa d\u00e9marche est marqu\u00e9e par une forte subjectivit\u00e9, au sens o\u00f9 il valorise la conscience individuelle et l\u2019exp\u00e9rience personnelle dans l\u2019acte de foi. Pohier se m\u00e9fie d\u2019une foi con\u00e7ue comme une soumission passive \u00e0 l\u2019institution : il critique \u00ab&nbsp;<em>une foi ali\u00e9n\u00e9e, fond\u00e9e sur la peur (peur de l\u2019enfer, besoin de s\u00e9curit\u00e9<\/em>\u2026) \u00bb et sur \u00ab&nbsp;<em>un corps doctrinal impos\u00e9 par une institution&nbsp;<\/em>\u00bb. Il va jusqu\u2019\u00e0 consid\u00e9rer que&nbsp;<strong>l\u2019institution eccl\u00e9siale peut faire \u00e9cran entre l\u2019\u00e2me et Dieu<\/strong>, en obscurcissant la relation imm\u00e9diate du croyant \u00e0 Dieu par un exc\u00e8s de dogmes et de r\u00e8gles. Pour lui, la foi du sujet doit rester libre vis-\u00e0-vis de toute m\u00e9diation oppressive. Cela ne signifie pas isolement ou pur solipsisme (il ne pr\u00f4ne pas un individualisme spirituel sans communaut\u00e9), mais la communaut\u00e9 et la tradition doivent soutenir la foi personnelle et non l\u2019\u00e9touffer. Pohier rejoint en cela la perspective d\u2019une \u201cfoi adulte\u201d, o\u00f9 le croyant ose penser et chercher par lui-m\u00eame, sans infantilisation par l\u2019autorit\u00e9 religieuse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La libert\u00e9 du croyant&nbsp;<\/strong>est un th\u00e8me cl\u00e9 de la th\u00e9ologie de Pohier, que l\u2019on peut qualifier d\u2019humaniste car centr\u00e9e sur l\u2019\u00e9panouissement de l\u2019humain en Dieu. Selon lui, Dieu ne veut pas des adorateurs soumis par la crainte, mais des partenaires libres et m\u00fbrs. Il \u00e9crit que la v\u00e9ritable libert\u00e9 spirituelle consiste \u00e0 ne pas absolutiser Dieu au point d\u2019\u00e9craser l\u2019humain : \u00ab&nbsp;<em>Cette libert\u00e9 [\u2026] consiste \u00e0 ne pas consid\u00e9rer Dieu comme le Tout, car le prochain, objet de l\u2019amour de Dieu, se rencontre [dans notre vie concr\u00e8te]<\/em>&nbsp;\u00bb. Pohier rappelle ici que faire de Dieu un Absolu mal compris (un Dieu jaloux de toute valeur en dehors de lui) peut conduire \u00e0 n\u00e9gliger l\u2019amour du prochain et la justice terrestre \u2013 ce qui serait trahir Dieu lui-m\u00eame. Aimer et servir Dieu ne peut jamais justifier d\u2019\u00e9craser l\u2019homme, bien au contraire. Ainsi, lib\u00e9rer Dieu des images fauss\u00e9es revient simultan\u00e9ment \u00e0 lib\u00e9rer l\u2019homme d\u2019une religiosit\u00e9 ali\u00e9nante.<\/p>\n\n\n\n<p>Un apport notable de Pohier est d\u2019introduire la psychanalyse dans la compr\u00e9hension de la foi, pr\u00e9cis\u00e9ment pour d\u00e9busquer les peurs et les d\u00e9sirs inconscients qui parasitent la relation \u00e0 Dieu. Par exemple, il mobilise l\u2019analyse freudienne du d\u00e9sir d\u2019un p\u00e8re tout-puissant projet\u00e9 sur Dieu. Le travail psychanalytique, note-t-il, r\u00e9v\u00e8le combien l\u2019\u00eatre humain peut imaginer&nbsp;<strong>un Dieu qui comblerait toutes ses attentes infantiles<\/strong>&nbsp;\u2013 un Dieu objet magique de tous les d\u00e9sirs. Pohier \u00e9crit ainsi : \u00ab&nbsp;<em>Le d\u00e9chiffrage psychanalytique de l\u2019inconscient manifeste quels ravages fait dans la vie des hommes et des femmes la conviction qu\u2019il existerait un objet accomplissant tout d\u00e9sir<\/em>&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;113). Et il ajoute imm\u00e9diatement que Dieu ne peut pas \u00eatre cet \u201cobjet\u201d de toute-puissance fantasm\u00e9e. En clair, la foi authentique suppose de&nbsp;<strong>renoncer \u00e0 nos projections idol\u00e2tres<\/strong>&nbsp;(le Dieu-garant de toutes nos s\u00e9curit\u00e9s ou de toutes nos victoires sur la mort, etc.). Tant que l\u2019homme croit en un Dieu qui n\u2019est qu\u2019une image rassurante forg\u00e9e par son d\u00e9sir de toute-puissance, il n\u2019est pas libre. Au contraire, pour Pohier, la foi v\u00e9ritable implique une forme de d\u00e9pouillement : accepter que Dieu soit autre que nos attentes infantiles, et que la relation \u00e0 Lui engage notre responsabilit\u00e9 adulte. Cette d\u00e9sillusion positive \u2013 faire le deuil de nos idoles religieuses \u2013 loin de tuer la foi, permet \u00e0 une foi plus pure de na\u00eetre, fond\u00e9e non sur la peur ou le besoin, mais sur la libert\u00e9 aimante.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens,&nbsp;<em>Dieu, fractures<\/em>&nbsp;est aussi un parcours de lib\u00e9ration personnelle. Pohier t\u00e9moigne qu\u2019apr\u00e8s avoir vu se fissurer ses certitudes anciennes, il a d\u00e9couvert une relation \u00e0 Dieu plus vraie et joyeuse. \u00ab Loin de pr\u00f4ner une destruction pure et simple de la foi chr\u00e9tienne, il invite \u00e0 une transformation profonde \u00bb, note un commentateur : il ne s\u2019agit \u00ab pas de renier Dieu, mais de&nbsp;<strong>d\u00e9construire les repr\u00e9sentations fig\u00e9es qui l\u2019enferment<\/strong>&nbsp;\u00bb, afin d\u2019acc\u00e9der \u00ab \u00e0 une foi qui ne soit pas soumise \u00e0 la peur ni \u00e0 des institutions oppressives, mais [\u2026] fond\u00e9e sur la vie et la relation avec autrui \u00bb. Pohier lui-m\u00eame souligne que \u00ab&nbsp;<em>la foi vivante [doit] passer par des moments de rupture et de reconstruction<\/em>&nbsp;\u00bb, comme ce fut le cas pour lui. C\u2019est le sens m\u00eame du titre&nbsp;<em>Dieu, fractures&nbsp;<\/em>: il faut parfois consentir \u00e0 des fractures \u2013 dans nos images de Dieu, dans notre univers religieux \u2013 pour qu\u2019une spiritualit\u00e9 plus libre et plus humaine \u00e9merge au grand jour.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9veloppant une&nbsp;<strong>th\u00e9ologie humaniste&nbsp;<\/strong>affranchie des cadres dogmatiques rigides, Jacques Pohier red\u00e9finit la foi chr\u00e9tienne comme une confiance libre et adulte en Dieu. Sa pens\u00e9e se caract\u00e9rise par :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Une d\u00e9finition existentielle de la foi : la foi est avant tout relation vivante, rencontre de l\u2019homme et de Dieu dans la confiance, plut\u00f4t que cr\u00e9ance en des doctrines intangibles. Elle engage le sujet en profondeur et devient partie int\u00e9grante de son identit\u00e9 spirituelle.<\/li>\n\n\n\n<li>Une critique courageuse des formes ali\u00e9nantes de la religion : Pohier d\u00e9nonce la foi infantilis\u00e9e bas\u00e9e sur la peur (du p\u00e9ch\u00e9, de l\u2019enfer) et sur la culpabilit\u00e9. Il s\u2019en prend \u00e0 la survalorisation du sacrifice et de la souffrance, et rejette l\u2019id\u00e9e d\u2019un Dieu vengeur exigeant la mort de son Fils. Au contraire, Dieu est source de vie et de lib\u00e9ration, et le p\u00e9ch\u00e9 rel\u00e8ve de l\u2019illusion humaine (vouloir \u00eatre comme des dieux) plus que de la transgression juridique.<\/li>\n\n\n\n<li>Le lien entre foi et doute : loin d\u2019opposer les deux, il montre que le doute critique peut \u00e9purer la foi. Sa propre trajectoire illustre qu\u2019une foi authentique accepte de passer par des crises, des \u00ab fractures \u00bb, pour se d\u00e9barrasser des fausses certitudes et m\u00fbrir. Une foi sans questionnement sombrerait dans l\u2019id\u00e9ologie ou la \u00ab magie \u00bb religieuse ; au contraire, la foi adulte int\u00e8gre la raison et l\u2019exp\u00e9rience, n\u2019ayant pas peur de r\u00e9interpr\u00e9ter les symboles (ainsi de la R\u00e9surrection, relue comme signe plus que comme fait brut).<\/li>\n\n\n\n<li>Le primat de la subjectivit\u00e9 et de la libert\u00e9 : Pohier pr\u00f4ne une foi personnalis\u00e9e, o\u00f9 chacun engage sa libert\u00e9 devant Dieu. Il insiste sur la conscience individuelle \u00e9clair\u00e9e (il cite volontiers les cas de justes hors de l\u2019\u00c9glise) et sur la n\u00e9cessit\u00e9 de ne pas sacraliser l\u2019institution au d\u00e9triment de la voix int\u00e9rieure. Une foi authentique implique la libert\u00e9 de l\u2019homme \u2013 libert\u00e9 vis-\u00e0-vis du p\u00e9ch\u00e9 par la r\u00e9conciliation avec Dieu, mais aussi libert\u00e9 vis-\u00e0-vis des images d\u00e9formantes de Dieu. \u00ab\u00a0<em>Que faudrait-il briser pour laisser \u00e0 Dieu le champ libre ? Quelles fractures sont n\u00e9cessaires\u00a0<\/em>? \u00bb demande Pohier. La r\u00e9ponse, il la sugg\u00e8re tout au long de son ouvrage : il faut briser les idoles, les peurs et les dogmes scl\u00e9ros\u00e9s pour que Dieu soit enfin rencontr\u00e9 dans la v\u00e9rit\u00e9, et que l\u2019homme soit enfin libre d\u2019aimer sans crainte.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>En d\u00e9finitive,&nbsp;<em>Dieu, fractures<\/em>&nbsp;d\u00e9fend l\u2019id\u00e9e que la foi chr\u00e9tienne, pour rester vivante au XXe si\u00e8cle finissant (et au-del\u00e0), devait accepter une profonde m\u00e9tamorphose. Pohier ouvre ainsi une voie de renouvellement : une foi d\u00e9gag\u00e9e des \u00ab&nbsp;<em>tuteurs<\/em>&nbsp;\u00bb dogmatiques, recentr\u00e9e sur l\u2019essentiel (Dieu d\u2019amour r\u00e9v\u00e9l\u00e9 en J\u00e9sus) et accord\u00e9e \u00e0 la condition humaine r\u00e9elle. Cette foi, lib\u00e9r\u00e9e de la crainte et de la culpabilit\u00e9, peut s\u2019\u00e9panouir en confiance joyeuse \u2013 \u00ab&nbsp;<em>dans l\u2019esp\u00e9rance et la joie du Christ&nbsp;<\/em>\u00bb, pour reprendre ses mots \u2013 et en engagement concret au service de l\u2019homme. Si la pens\u00e9e de Pohier a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e subversive par l\u2019institution de son temps, son audace th\u00e9ologique visait en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 sauver l\u2019intelligence de la foi en la faisant passer par le creuset salutaire du doute et de la libert\u00e9, afin de retrouver le c\u0153ur de l\u2019\u00c9vangile hors des carcans devenus st\u00e9riles. Les fractures qu\u2019il propose ne sont donc pas une d\u00e9molition de la foi, mais au contraire le travail n\u00e9cessaire pour en gu\u00e9rir les d\u00e9formations et rendre possible, sur&nbsp;<em>l\u2019autre<\/em>&nbsp;<em>versant<\/em>&nbsp;de l\u2019histoire, une rencontre renouvel\u00e9e entre Dieu et l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sources cit\u00e9es :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Jacques Pohier, Dieu : fractures, Paris, Seuil, 1985 (402 p.). Citations originales : p.\u00a0113 ; p.\u00a0134 ; p.\u00a0339 ; etc.<\/li>\n\n\n\n<li>Michel Leconte, Jacques Pohier : \u00ab\u00a0Dieu fractures\u00a0\u00bb (analyse en ligne).<\/li>\n\n\n\n<li>Michel Leconte, Le salut chez Jacques Pohier (analyse, Protestants dans la ville, 23 mars 2025).<\/li>\n\n\n\n<li>Jean Richard, \u00ab\u00a0La critique de l\u2019id\u00e9e du salut chez Jacques Pohier\u00a0\u00bb, LTP 37\/2 (1981), p.\u00a0191-216.<\/li>\n\n\n\n<li>Jean Richard, \u00ab\u00a0Dieu tout-puissant et souffrant\u00a0\u00bb, LTP 47\/1 (1991), p.\u00a041 (citant Pohier, Dieu : fractures, p.\u00a0377).<\/li>\n\n\n\n<li>Entretien de Jacques Pohier avec C.-F. Jullien, Le Nouvel Observateur, 1979.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voir aussi : Michel Leconte, La conception du p\u00e9ch\u00e9 originel chez Jacques Pohier Contexte et vis\u00e9e de l\u2019ouvrage Jacques Pohier (1926-2007), th\u00e9ologien catholique et ancien dominicain, publie&nbsp;Dieu, fractures&nbsp;(Seuil, 1985 ; r\u00e9\u00e9d. Albin Michel, 1992) apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9 par l\u2019\u00c9glise pour ses positions audacieuses. 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