{"id":1387,"date":"2025-04-27T15:29:45","date_gmt":"2025-04-27T14:29:45","guid":{"rendered":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/?p=1387"},"modified":"2025-04-27T15:29:45","modified_gmt":"2025-04-27T14:29:45","slug":"paul-a-t-il-enseigne-la-doctrine-de-lexpiation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/paul-a-t-il-enseigne-la-doctrine-de-lexpiation\/","title":{"rendered":"Paul a-t-il enseign\u00e9 la doctrine de l\u2019expiation ?\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>John B. Cobb, Jr.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Transmis par Michel Leconte<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Voir des textes de J. Cobb dans la <a href=\"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/auteurs-cites\/\">liste des auteurs anglophones<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La question est de savoir si Paul pensait que Dieu avait sacrifi\u00e9 J\u00e9sus pour expier les p\u00e9ch\u00e9s humains. Au cours des mille derni\u00e8res ann\u00e9es, cette id\u00e9e a souvent \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e dans l&rsquo;\u00c9glise occidentale comme au c\u0153ur du christianisme, et nombre de ses d\u00e9fenseurs ont invoqu\u00e9 Paul comme fondement. Par cons\u00e9quent, la question de savoir si Paul pensait r\u00e9ellement de cette mani\u00e8re rev\u00eat une importance th\u00e9ologique. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, beaucoup ont trouv\u00e9 cette id\u00e9e r\u00e9pugnante et ont reproch\u00e9 \u00e0 Paul de l&rsquo;avoir impos\u00e9e \u00e0 l&rsquo;imaginaire chr\u00e9tien. Par cons\u00e9quent, il est \u00e9galement important de d\u00e9terminer si cette imposition est&nbsp;<em>de<\/em>&nbsp;Paul ou&nbsp;<em>de<\/em>&nbsp;lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui \u00e9taient convaincus que Paul ne pensait pas que Dieu avait offert J\u00e9sus en sacrifice expiatoire pouvaient simplement raccourcir leur liste de mod\u00e8les propos\u00e9s par Paul quant \u00e0 la fonction r\u00e9demptrice de la mort de J\u00e9sus. Mais en r\u00e9interpr\u00e9tant le texte, une alternative \u00e9merge, qui semble \u00eatre assez constante dans l&rsquo;esprit de Paul. Il est aussi important d&rsquo;expliquer cette alternative que de montrer que le mod\u00e8le expiatoire n&rsquo;est pas celui de Paul.<\/p>\n\n\n\n<p>Si Paul avait fr\u00e9quemment repr\u00e9sent\u00e9 la mort de J\u00e9sus en termes de sacrifice au temple et de Jour des Expiations ailleurs, ou s&rsquo;il avait d\u00e9velopp\u00e9 cette id\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9p\u00eetre aux Romains, chercher une interpr\u00e9tation alternative de son enseignement serait une perte de temps. Or, ce n&rsquo;est absolument pas le cas. Hormis un passage de Romains 3:21-26, rien ne permet de lui attribuer cette pens\u00e9e. L&rsquo;impression qu&rsquo;il a enseign\u00e9 cette id\u00e9e d\u00e9coule souvent des interpr\u00e9tations traditionnelles de ce passage, puis de la lecture d&rsquo;autres passages \u00e0 la lumi\u00e8re de cette interpr\u00e9tation. Or, aucun des autres versets ne conduirait \u00e0 lui seul \u00e0 cette doctrine si les interpr\u00e8tes ne la leur apportaient. Ils peuvent \u00eatre compris de mani\u00e8re plus naturelle et plus plausible d&rsquo;une autre mani\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, l&rsquo;enseignement de Paul sur la doctrine de l&rsquo;expiation repose non pas sur l&rsquo;ensemble de ce passage, mais sur une partie d&rsquo;un verset,&nbsp;<em>Romains<\/em>&nbsp;3:25. L&rsquo;interpr\u00e9tation de cette seule clause implique des d\u00e9cisions sur des points tr\u00e8s techniques, mais, ne pouvant les traiter, je vais aborder la question en termes plus g\u00e9n\u00e9raux.<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreux \u00e9rudits pensent que cette clause utilise le sacrifice au temple, le Jour des Expiations, comme une image de l&rsquo;accomplissement de la mort de J\u00e9sus. La&nbsp;<em>Nouvelle&nbsp;Version&nbsp;Standard&nbsp;R\u00e9vis\u00e9e (NBR<\/em>)&nbsp;rend ce lien tr\u00e8s explicite&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dieu l&rsquo;a offert en sacrifice d&rsquo;expiation par son sang, efficace par la foi.&nbsp;\u00bb Cette traduction est admise par le texte grec, mais elle n&rsquo;est pas le seul possible.<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, le mot \u00ab expiation \u00bb est absent de nombreuses traductions courantes. La&nbsp;<em>Traduction&nbsp;du Roi&nbsp;Jacques<\/em>&nbsp;utilise \u00ab propitiation \u00bb et la&nbsp;<em>Version Standard R\u00e9vis\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00ab expiation \u00bb. La&nbsp;<em>Traduction&nbsp;Am\u00e9ricaine<\/em>&nbsp;dit : \u00ab Car Dieu l&rsquo;a montr\u00e9 mourant publiquement comme un sacrifice de r\u00e9conciliation dont on peut tirer profit par la foi. \u00bb La&nbsp;<em>Bible de&nbsp;la Bonne&nbsp;Nouvelle<\/em>&nbsp;traduit ce sens ainsi : \u00ab Dieu l&rsquo;a offert, afin que, par sa mort sacrificielle, il devienne le moyen par lequel les p\u00e9ch\u00e9s des hommes sont pardonn\u00e9s par leur foi en lui. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 cette diversit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9vitement fr\u00e9quent du mot \u00ab expiation \u00bb, toutes ces traductions concordent avec la&nbsp;<em>New Revised Standard Version (NBT)<\/em>&nbsp;en sugg\u00e9rant que Dieu a sacrifi\u00e9 J\u00e9sus afin que les hommes puissent \u00eatre r\u00e9concili\u00e9s avec lui par la foi. Elles soutiennent ainsi l&rsquo;id\u00e9e formul\u00e9e le plus directement par l&#8217;emploi du mot \u00ab expiation \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9cemment, cependant, plusieurs sp\u00e9cialistes ont examin\u00e9 le texte sans avoir \u00e0 l&rsquo;esprit cette id\u00e9e d&rsquo;expiation et l&rsquo;ont interpr\u00e9t\u00e9 de mani\u00e8re tr\u00e8s diff\u00e9rente. Comprendre cette nouvelle interpr\u00e9tation n\u00e9cessite un d\u00e9tour par le mot grec habituellement traduit par \u00ab&nbsp;foi&nbsp;\u00bb, le mot&nbsp;<em>pistis.<\/em>&nbsp;Tous les traducteurs de ce passage supposent que cette&nbsp;<em>pistis<\/em>&nbsp;d\u00e9signe les p\u00e9cheurs pour lesquels J\u00e9sus est mort. Mais le grec se lit aussi facilement, certains disent plus naturellement, s&rsquo;il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la&nbsp;<em>pistis<\/em>&nbsp;de J\u00e9sus plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 celle&nbsp;<em>d&rsquo;<\/em>autres&nbsp;personnes dirig\u00e9es vers J\u00e9sus. Il a \u00e9t\u00e9 largement admis que Paul ne s&rsquo;int\u00e9ressait pas \u00e0 J\u00e9sus, sauf \u00e0 sa mort et \u00e0 sa r\u00e9surrection, et certainement pas \u00e0 ses \u00e9tats subjectifs. Ainsi, malgr\u00e9 l&rsquo;ouverture du grec \u00e0 cette interpr\u00e9tation, elle n&rsquo;appara\u00eet jamais dans la plupart des traductions. Dans la&nbsp;<em>NRSV<\/em>,&nbsp;cependant, elle appara\u00eet parfois en notes de bas de page comme une interpr\u00e9tation alternative.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9sistance \u00e0 interpr\u00e9ter le grec en termes de&nbsp;<em>pistis<\/em>&nbsp;de J\u00e9sus r\u00e9sulte en partie de la traduction de&nbsp;<em>pistis<\/em>&nbsp;par \u00ab&nbsp;foi&nbsp;\u00bb. Ce mot est valable et richement \u00e9vocateur. En fran\u00e7ais, \u00ab&nbsp;foi&nbsp;\u00bb inclut la confiance, la croyance et l&rsquo;assurance, autant de termes \u00e9galement sugg\u00e9r\u00e9s par le grec&nbsp;<em>pistis<\/em>.&nbsp;Mais&nbsp;<em>pistis<\/em>&nbsp;a un sens encore plus large. Plusieurs hell\u00e9nistes ont sugg\u00e9r\u00e9 que le terme \u00ab&nbsp;fid\u00e9lit\u00e9&nbsp;\u00bb saisit mieux cette gamme plus large de significations que \u00ab&nbsp;foi&nbsp;\u00bb. Cela ne signifie pas qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas d&rsquo;occasions o\u00f9 l&rsquo;accent est mis sur la confiance, la croyance ou l&rsquo;assurance&nbsp;; une traduction avec des mots comme ceux-ci&nbsp;<a>est<\/a>donc \u00e9galement possible, et \u00ab&nbsp;foi&nbsp;\u00bb est parfois pr\u00e9f\u00e9rable. Mais il existe d&rsquo;autres moments o\u00f9 \u00ab&nbsp;fid\u00e9lit\u00e9&nbsp;\u00bb nous aide \u00e0 mieux comprendre l&rsquo;intention de Paul.<\/p>\n\n\n\n<p>La principale diff\u00e9rence r\u00e9side dans le fait que la \u00ab foi \u00bb concentre l&rsquo;attention sur les \u00e9tats subjectifs int\u00e9rieurs. Ceux-ci \u00e9taient importants pour Paul et, dans certains passages, ils sont certainement au premier plan. Mais&nbsp;<em>la pistis<\/em>&nbsp;ne se limite pas \u00e0 eux. C&rsquo;est une mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre au monde. Elle s&rsquo;exprime dans la relation totale \u00e0 autrui, et dans le cas de Paul, souvent \u00e0 Dieu.<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous pensons \u00e0 la \u00ab fid\u00e9lit\u00e9 \u00bb lorsque Paul parle de&nbsp;<em>pistis,<\/em>&nbsp;notre lecture de Paul change consid\u00e9rablement. Par exemple, le contraste entre&nbsp;<em>pistis<\/em>&nbsp;et \u00ab \u0153uvres \u00bb, si important pour les R\u00e9formateurs, est att\u00e9nu\u00e9. On ne peut \u00eatre fid\u00e8le sans agir. Le contraste entre&nbsp;<em>pistis<\/em>&nbsp;et raison, qui a \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l&rsquo;histoire de la th\u00e9ologie chr\u00e9tienne, n&rsquo;appara\u00eet pas aussi clairement. \u00catre fid\u00e8le ne s&rsquo;oppose pas \u00e0 \u00eatre influenc\u00e9 par la pens\u00e9e rationnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>De r\u00e9cents interpr\u00e8tes \u00e9rudits de&nbsp;<em>l&rsquo;\u00e9p\u00eetre aux Romains<\/em>&nbsp;m&rsquo;ont convaincu que, si Paul ne s&rsquo;int\u00e9ressait peut-\u00eatre pas \u00e0 la pure subjectivit\u00e9 de J\u00e9sus, soulign\u00e9e par le mot \u00ab&nbsp;foi&nbsp;\u00bb, rien ne permet de supposer qu&rsquo;il ne s&rsquo;int\u00e9ressait pas \u00e0 sa fid\u00e9lit\u00e9. Je crois donc que, l\u00e0 o\u00f9 le grec est le plus naturellement interpr\u00e9t\u00e9 comme parlant de la&nbsp;<em>pistis<\/em>&nbsp;de J\u00e9sus, nous devrions le comprendre comme signifiant \u00ab&nbsp;la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus&nbsp;\u00bb. Une fois que cela aura \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli comme important pour Paul, cette traduction devrait \u00eatre test\u00e9e m\u00eame dans des passages qui peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s aussi bien comme attribuant&nbsp;<em>la pistis<\/em>&nbsp;\u00e0 J\u00e9sus qu&rsquo;\u00e0 ses disciples. Dans ces cas, le choix sera finalement th\u00e9ologique. Quelle interpr\u00e9tation correspond le mieux aux vues de Paul exprim\u00e9es ailleurs&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Cette exp\u00e9rience sera particuli\u00e8rement importante lorsque nous entreprendrons d&rsquo;analyser le passage crucial pour notre sujet&nbsp;: Romains 3 :21-26. Commen\u00e7ons par la&nbsp;<em>Nouvelle&nbsp;Version&nbsp;Standard&nbsp;R\u00e9vis\u00e9e<\/em>,puis proc\u00e9dons \u00e0 une retraduction.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Mais maintenant, sans la loi, la justice de Dieu est manifest\u00e9e et attest\u00e9e par la loi et les proph\u00e8tes, justice de Dieu par la foi en J\u00e9sus-Christ pour tous ceux qui croient. Car il n&rsquo;y a plus de distinction, puisque tous ont p\u00e9ch\u00e9 et sont priv\u00e9s de la gloire de Dieu ; mais maintenant ils sont gratuitement justifi\u00e9s par sa gr\u00e2ce, par le moyen de la r\u00e9demption qui est en J\u00e9sus-Christ, que Dieu a offert en sacrifice d&rsquo;expiation par son sang, efficace pour ceux qui croient. Il a montr\u00e9 ainsi sa justice, en laissant impunis les p\u00e9ch\u00e9s commis auparavant, dans sa patience, afin de d\u00e9montrer dans le temps pr\u00e9sent qu&rsquo;il est lui-m\u00eame juste et qu&rsquo;il justifie celui qui a foi en J\u00e9sus. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Consid\u00e9rons maintenant un changement dans la derni\u00e8re partie de la premi\u00e8re phrase. La&nbsp;<em>NRSV<\/em>elle-m\u00eame indique dans une note de bas de page que le grec peut \u00eatre lu comme \u00ab la justice de Dieu par la foi en J\u00e9sus-Christ pour tous ceux qui croient \u00bb. Cela dissipe l&rsquo;\u00e9nigme des deux r\u00e9f\u00e9rences successives \u00e0 la foi&nbsp;<em>en<\/em>&nbsp;J\u00e9sus dans la traduction&nbsp;<em>NRSV<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;la foi en J\u00e9sus-Christ pour tous ceux qui croient&nbsp;\u00bb. Selon la&nbsp;<em>Bible d&rsquo;\u00e9tude Harper Collins,<\/em>&nbsp;bas\u00e9e sur la&nbsp;<em>NRSV,<\/em>&nbsp;cette \u00ab&nbsp;traduction alternative\u2026 est plus proche du grec et gagne en popularit\u00e9\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Un probl\u00e8me persiste avec ce changement&nbsp;: il est difficile de voir comment la foi de J\u00e9sus r\u00e9v\u00e8le la justice de Dieu. Cependant, si nous traduisons&nbsp;<em>pistis<\/em>&nbsp;par fid\u00e9lit\u00e9, ce probl\u00e8me dispara\u00eet. La justice de Dieu a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus-Christ. Cela s&rsquo;applique \u00e0 tous ceux qui ont&nbsp;<em>pistis.<\/em>&nbsp;Ce mot est traduit par \u00ab&nbsp;pour tous ceux qui croient&nbsp;\u00bb. Mais cela prend plus de sens si nous nous concentrons non pas sur les croyances, mais sur la fid\u00e9lit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9but de la phrase dans la&nbsp;<em>NRSV<\/em>&nbsp;est \u00e9galement d\u00e9routant pour le lecteur. La traduction est correcte, mais pr\u00eate \u00e0 confusion. Elle dit que ce qui est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 en dehors de la loi est attest\u00e9 par la loi. Paul utilise le terme \u00ab&nbsp;loi&nbsp;\u00bb de deux mani\u00e8res&nbsp;: parfois, il d\u00e9signe l\u2019ensemble des lois que le bon Juif a appris \u00e0 suivre. Parfois, il d\u00e9signe ce que nous appelons le Pentateuque. Paul croyait que le Pentateuque et les livres des proph\u00e8tes enseignent que les hommes sont sauv\u00e9s par&nbsp;<em>la pistis<\/em>,&nbsp;rendant ainsi l\u2019ob\u00e9issance aux lois superflue. Le sens de la premi\u00e8re phrase du passage dans la&nbsp;<em>NRSV<\/em>&nbsp;pourrait donc \u00eatre plus clair et plus pr\u00e9cis, m\u00eame si ce n\u2019est pas aussi litt\u00e9ral, traduit en fran\u00e7ais par&nbsp;: \u00ab&nbsp;En dehors de la loi, la justice de Dieu a maintenant \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00e0 tous ceux qui sont fid\u00e8les \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus. Ceci est attest\u00e9 par les \u00c9critures juives.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Je propose une autre modification. Son principal avantage n&rsquo;appara\u00eet qu&rsquo;\u00e0 la fin du passage. Le mot grec&nbsp;<em>dikaiosyne<\/em>,&nbsp;traduit ici, et g\u00e9n\u00e9ralement ailleurs, par \u00ab&nbsp;justice&nbsp;\u00bb, peut tout aussi bien \u00eatre traduit par \u00ab&nbsp;justice&nbsp;\u00bb. En effet, c&rsquo;est une pratique courante pour traduire des textes grecs non juifs. Si la plupart des traducteurs de Paul utilisent g\u00e9n\u00e9ralement \u00ab&nbsp;justice&nbsp;\u00bb, c&rsquo;est parce que les mots h\u00e9breux remplac\u00e9s par ce mot grec ont un sens plus large que celui qu&rsquo;il avait ailleurs. En fran\u00e7ais, \u00ab&nbsp;justice&nbsp;\u00bb est \u00e9galement plus inclusif que \u00ab&nbsp;justice&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne doute pas que lorsque Paul utilisait ce mot, il avait un sens plus riche que celui que lui attribuait son usage grec habituel. N\u00e9anmoins, il \u00e9crivait principalement \u00e0 des Gentils, pour qui il aurait probablement une connotation similaire \u00e0 celle que nous \u00e9voque le mot \u00ab&nbsp;justice&nbsp;\u00bb. De plus, le paradoxe de Paul est plus perceptible en fran\u00e7ais si l&rsquo;on traduit \u00ab<em>&nbsp;dikaiosyne<\/em>&nbsp;\u00bb par \u00ab&nbsp;justice&nbsp;\u00bb. Ce que r\u00e9v\u00e8le la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus, c&rsquo;est que la justice de Dieu&nbsp;est tr\u00e8s diff\u00e9rente de la col\u00e8re qui lui \u00e9tait auparavant associ\u00e9e. Le sens de la v\u00e9ritable justice dans les affaires humaines est \u00e9galement tr\u00e8s diff\u00e9rent de la compr\u00e9hension ordinaire.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, la m\u00eame racine sous-tend le mot couramment traduit par \u00ab&nbsp;justification&nbsp;\u00bb. Certains ont sugg\u00e9r\u00e9 de le remplacer par \u00ab&nbsp;rightwiser&nbsp;\u00bb, afin de souligner le lien \u00e9troit, dans l&rsquo;esprit de Paul, entre le caract\u00e8re de Dieu et la mani\u00e8re dont il consid\u00e8re ceux qui lui sont fid\u00e8les. Cela reste d\u00e9licat. La solution la plus simple est d&rsquo;utiliser \u00ab&nbsp;just&nbsp;\u00bb dans les deux cas. Je ne suis pas le seul \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer cette traduction. Elle est adopt\u00e9e dans la&nbsp;<em>New English Bible<\/em>&nbsp;et la&nbsp;<em>NIV.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est pourquoi nous lisons maintenant : \u00ab Sans la loi, la justice de Dieu est maintenant r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00e0 tous ceux qui sont fid\u00e8les \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le changement suivant que je propose est de remplacer \u00ab&nbsp;r\u00e9demption&nbsp;\u00bb par \u00ab&nbsp;lib\u00e9ration&nbsp;\u00bb au verset 24. Ce changement est moins important. \u00ab&nbsp;R\u00e9demption&nbsp;\u00bb est en r\u00e9alit\u00e9 une excellente traduction, et il a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 dans la plupart des traductions depuis la&nbsp;<em>King&nbsp;James<\/em>.&nbsp;Cependant, le mot a acquis une aura th\u00e9ologique lors de son utilisation ult\u00e9rieure et relie le lecteur \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;expiation qui se trouve juste avant dans la&nbsp;<em>NRSV<\/em>.&nbsp;Le lien avec le sens originel du mot, \u00e0 savoir l&rsquo;achat de la libert\u00e9 d&rsquo;un esclave, est \u00e0 peine perceptible. Si l&rsquo;on suppose que ce sens \u00e9tait pr\u00e9sent \u00e0 l&rsquo;esprit de Paul, alors \u00ab&nbsp;ran\u00e7onner&nbsp;\u00bb serait la meilleure traduction. Cela fournirait la base d&rsquo;une th\u00e9orie diff\u00e9rente de l&rsquo;\u0153uvre du Christ, une th\u00e9orie qui a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l&rsquo;\u00c9glise primitive. Puisque Paul parle parfois de notre condition d&rsquo;esclave du p\u00e9ch\u00e9 avant de devenir fid\u00e8le, on pourrait comprendre qu&rsquo;il veuille ici dire que le Christ a pay\u00e9 le prix du p\u00e9ch\u00e9 pour notre libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, emprunter cette voie reviendrait \u00e0 pousser trop loin le sens originel du mot. L&rsquo;accent n&rsquo;est pas mis ici sur le prix \u00e0 payer, mais sur la lib\u00e9ration. Les traductions qui ne se contentent pas de la \u00ab r\u00e9demption \u00bb vont dans ce sens. La&nbsp;<em>Traduction&nbsp;am\u00e9ricaine<\/em>&nbsp;parle de \u00ab d\u00e9livrance \u00bb&nbsp;; la&nbsp;<em>Nouvelle&nbsp;Bible&nbsp;anglaise<\/em>&nbsp;de \u00ab lib\u00e9ration \u00bb&nbsp;; et la&nbsp;<em>Bible de&nbsp;la Bonne&nbsp;Nouvelle<\/em>&nbsp;de \u00ab lib\u00e9ration \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous nous demandons de quoi nous sommes lib\u00e9r\u00e9s, la r\u00e9ponse, dans le contexte de l&rsquo;\u00e9p\u00eetre aux Romains, est la puissance du p\u00e9ch\u00e9, de la loi et de la chair. Nous pouvons alors nous demander ce que Paul entend par cette lib\u00e9ration \u00ab en \u00bb J\u00e9sus-Christ, et je sugg\u00e8re qu&rsquo;il entend par \u00ab op\u00e9r\u00e9e par \u00bb. L&rsquo;argument semble \u00eatre que la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus-Christ a op\u00e9r\u00e9 la lib\u00e9ration de ceux qui sont fid\u00e8les.<\/p>\n\n\n\n<p>Venons-en maintenant \u00e0 la phrase cl\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dieu l&rsquo;a offert en sacrifice d&rsquo;expiation par son sang, efficace par la foi.&nbsp;\u00bb Il convient de reconsid\u00e9rer cette phrase sous plusieurs aspects. Premi\u00e8rement, il y a la question de la derni\u00e8re phrase, \u00ab&nbsp;efficace par la foi&nbsp;\u00bb. On a g\u00e9n\u00e9ralement interpr\u00e9t\u00e9 cela comme signifiant que le sacrifice de J\u00e9sus expie les p\u00e9ch\u00e9s de ceux qui croient en lui. Mais nous avons vu que la premi\u00e8re partie du paragraphe peut \u00eatre mieux comprise si l&rsquo;on consid\u00e8re que la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus r\u00e9v\u00e8le la justice de Dieu. Si tel est le cas, il est plus pertinent de supposer que la \u00ab&nbsp;foi&nbsp;\u00bb par laquelle la lib\u00e9ration devient effective est la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, \u00ab&nbsp;le sang&nbsp;\u00bb est ici une fa\u00e7on de parler de la mort de J\u00e9sus. La&nbsp;<em>Bible du Roi Jacques<\/em>,la&nbsp;<em>RSV<\/em>et&nbsp;<em>la NRSV<\/em>&nbsp;conservent la r\u00e9f\u00e9rence litt\u00e9rale au sang, mais la plupart des autres traductions l&rsquo;interpr\u00e8tent simplement comme une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la mort de J\u00e9sus. Si la \u00ab&nbsp;fid\u00e9lit\u00e9&nbsp;\u00bb est celle de J\u00e9sus, alors le grec peut \u00eatre compris comme reliant cette fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 sa mort. Ce qui nous lib\u00e8re en r\u00e9v\u00e9lant la justice de Dieu, c&rsquo;est la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus jusqu&rsquo;\u00e0 la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais qu&rsquo;en est-il du \u00ab sacrifice d&rsquo;expiation \u00bb ? Le mot grec&nbsp;<em>hilasterion<\/em>&nbsp;\u00e9tait utilis\u00e9 pour d\u00e9signer le Jour des Expiations et les rites qui lui \u00e9taient associ\u00e9s. Les traducteurs de la&nbsp;<em>NRSV<\/em>&nbsp;ont suppos\u00e9 que ce lien&nbsp;<a>\u00e9tait<\/a>&nbsp;d\u00e9terminant pour la signification de Paul. Mais le mot est \u00e9galement utilis\u00e9 dans un sens beaucoup plus g\u00e9n\u00e9ral, de sorte que la r\u00e9f\u00e9rence au Jour des Expiations ne doit pas \u00eatre pr\u00e9sum\u00e9e sans autre preuve. Puisque Paul n&rsquo;y a fait aucune r\u00e9f\u00e9rence ailleurs, et que le passage se lit mieux sans les connotations d&rsquo;expiation, cette preuve fait d\u00e9faut.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mot&nbsp;<em>hilasterion<\/em>&nbsp;n&rsquo;appara\u00eet nulle part ailleurs chez Paul. Cependant, il est employ\u00e9 en Luc 18 :13. Selon Luke Johnson, il signifie \u00ab&nbsp;cacher quelque chose en passant outre, en pardonnant ou en ne lui imputant pas&nbsp;\u00bb le tort qu&rsquo;il a commis. Une relation positive est ainsi r\u00e9tablie. (Reading Romans NY&nbsp;: Crossroad, 1997, p. 59) Dans la seconde moiti\u00e9 du verset, Paul reprend cette id\u00e9e en \u00e9crivant que \u00ab&nbsp;Dieu a pass\u00e9 outre les p\u00e9ch\u00e9s commis ant\u00e9rieurement&nbsp;\u00bb. Le mot \u00ab&nbsp;conciliation&nbsp;\u00bb a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 ici pour traduire&nbsp;<em>hilasterion<\/em>,&nbsp;rempla\u00e7ant \u00ab&nbsp;sacrifice d&rsquo;expiation&nbsp;\u00bb. Finalement, au lieu que ce soit Dieu qui propose cette proposition, on peut penser qu&rsquo;il en a l&rsquo;intention.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous obtenons maintenant la traduction suivante&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dieu a voulu que ce soit un acte de r\u00e9conciliation par la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus jusqu\u2019\u00e0 la mort.&nbsp;\u00bb Le lien avec le sacrifice animal du Jour des Expiations est totalement absent. Bien que la mort de J\u00e9sus soit importante pour Paul, elle semble ici surtout importante en tant qu\u2019indication du caract\u00e8re radical de sa fid\u00e9lit\u00e9. C\u2019est une note que Paul retrouve ailleurs, ainsi que dans les \u00c9vangiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Le reste du passage pr\u00e9sente des difficult\u00e9s, mais il para\u00eet plus logique selon cette lecture que selon la&nbsp;<em>version NRSV<\/em>.&nbsp;La&nbsp;<em>version NRSV<\/em>&nbsp;laisse le lecteur perplexe quant \u00e0 la mani\u00e8re dont le sacrifice de J\u00e9sus par Dieu t\u00e9moigne de sa justice. Le fait que Dieu ait auparavant pass\u00e9 outre les p\u00e9ch\u00e9s n&rsquo;apporte aucune r\u00e9ponse \u00e0 cette question. Le fait que Dieu ait sacrifi\u00e9 J\u00e9sus pour&nbsp;<em>prouver<\/em>&nbsp;sa justice et justifier ceux qui ont foi en J\u00e9sus ne nous aide pas non plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, l&#8217;emploi du mot \u00ab&nbsp;juste&nbsp;\u00bb au lieu de \u00ab&nbsp;juste&nbsp;\u00bb met en \u00e9vidence le lien entre le caract\u00e8re de Dieu et la condition des fid\u00e8les. La justice divine inclut la justification des fid\u00e8les. Le mot \u00ab&nbsp;justifier&nbsp;\u00bb a un caract\u00e8re essentiellement m\u00e9dico-l\u00e9gal, contrairement au mot grec. Il peut signifier que Dieu rend les fid\u00e8les justes, tout comme qu&rsquo;il les traite comme s&rsquo;ils l&rsquo;\u00e9taient. Lorsque&nbsp;<em>pistis<\/em>&nbsp;est compris comme \u00ab&nbsp;foi&nbsp;\u00bb, l&rsquo;accent doit \u00eatre mis sur l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment m\u00e9dico-l\u00e9gal. Mais lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de la fid\u00e9lit\u00e9, il est tout aussi logique que Dieu accomplisse chez les fid\u00e8les une part de la justice qui le caract\u00e9rise. Paul n&rsquo;a probablement pas beaucoup r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 cette diff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p>Utiliser le terme \u00ab&nbsp;juste&nbsp;\u00bb plut\u00f4t que \u00ab&nbsp;droit&nbsp;\u00bb pour d\u00e9crire Dieu dans ce passage pr\u00e9sente un autre avantage. Cela met en \u00e9vidence le paradoxe. Dieu a fait preuve de justice en ne punissant&nbsp;<em>pas<\/em>&nbsp;les p\u00e9cheurs. Cela signifie que la justice de Dieu est bien diff\u00e9rente de ce que les \u00eatres humains consid\u00e8rent habituellement comme la justice. C&rsquo;est ce type de justice que Dieu accomplit ou attribue aux fid\u00e8les.<\/p>\n\n\n\n<p>Compte tenu de tout cela, notre traduction propos\u00e9e est la suivante&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dieu a accompli cet acte (la conciliation) pour montrer sa justice (qui avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus). Bien que Dieu ait auparavant manifest\u00e9 sa tol\u00e9rance en passant les p\u00e9ch\u00e9s, la nouvelle r\u00e9v\u00e9lation visait \u00e0 d\u00e9montrer, \u00e0 l\u2019heure actuelle, que Dieu est juste et qu\u2019il justifie celui qui participe \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Une grande partie de la diff\u00e9rence r\u00e9side dans la relation entre ce qui est dit ici et une lecture diff\u00e9rente des phrases pr\u00e9c\u00e9dentes. L&rsquo;autre changement majeur se situe dans la derni\u00e8re phrase, o\u00f9 l&rsquo;on passe de \u00ab&nbsp;celui qui a la foi en J\u00e9sus&nbsp;\u00bb \u00e0 \u00ab&nbsp;celui qui participe \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus&nbsp;\u00bb. Une note de bas de page de la&nbsp;<em>NRSV<\/em>reconna\u00eet qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une interpr\u00e9tation possible du grec, qui propose l&rsquo;alternative \u00ab&nbsp;qui a la foi de J\u00e9sus&nbsp;\u00bb. Cette interpr\u00e9tation est plus intelligible et plausible lorsque, comme je l&rsquo;ai expliqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, on traduit&nbsp;<em>pistis<\/em>&nbsp;par fid\u00e9lit\u00e9. Le passage de \u00ab&nbsp;ayant la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus&nbsp;\u00bb \u00e0 \u00ab&nbsp;participant \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus&nbsp;\u00bb vise \u00e0 d\u00e9gager un sens probable en harmonie avec la pens\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de Paul sur la relation des fid\u00e8les \u00e0 J\u00e9sus.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous proposons ici que les fid\u00e8les participent \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus. L&rsquo;id\u00e9e peut para\u00eetre \u00e9trange au premier abord. Mais plus on lit l&rsquo;\u0153uvre de Paul, plus la participation \u00e0 et avec J\u00e9sus appara\u00eet comme centrale dans sa pens\u00e9e. Romains 6:3-6 regorge d&rsquo;images de ce genre. Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de retraduire la&nbsp;<em>version NRSV<\/em>&nbsp;pour le mettre en \u00e9vidence.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne savez-vous pas que nous tous qui avons \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9s en J\u00e9sus-Christ, c&rsquo;est en sa mort que nous avons \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9s ? Nous avons donc \u00e9t\u00e9 ensevelis avec lui par le bapt\u00eame en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscit\u00e9 des morts par la gloire du P\u00e8re, de m\u00eame nous aussi nous marchions en nouveaut\u00e9 de vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Car si nous avons \u00e9t\u00e9 unis \u00e0 lui par une mort semblable \u00e0 la sienne, nous le serons aussi par une r\u00e9surrection semblable \u00e0 la sienne. Nous savons que notre vieil homme a \u00e9t\u00e9 crucifi\u00e9 avec lui, afin que le corps du p\u00e9ch\u00e9 soit d\u00e9truit et que nous ne soyons plus esclaves du p\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au c\u0153ur de la vision du salut de Paul se trouve l&rsquo;id\u00e9e que les fid\u00e8les ont \u00e9t\u00e9 crucifi\u00e9s avec J\u00e9sus, ensevelis avec lui et ressusciteront avec lui. Je comprends cela en termes de participation. Les fid\u00e8les participent \u00e0 la crucifixion, \u00e0 la mort, \u00e0 l&rsquo;ensevelissement et \u00e0 la r\u00e9surrection de J\u00e9sus. Romains 8 :17 nous apprend que nous souffrons aussi avec J\u00e9sus. Il serait facile d&rsquo;approfondir cette discussion sur la vision de Paul concernant notre lien avec J\u00e9sus ou avec le Christ. Les fid\u00e8les sont en Christ, et le Christ est en eux. Compte tenu de tout cela, il est difficile de comprendre pourquoi il faudrait s&rsquo;opposer \u00e0 ce que les fid\u00e8les participent \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus. C&rsquo;est la mani\u00e8re la plus inclusive d&rsquo;exprimer cette relation. La participation \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus, fid\u00e9lit\u00e9 allant jusqu&rsquo;\u00e0 la mort douloureuse sur la croix, inclut la participation \u00e0 sa crucifixion, \u00e0 ses souffrances, \u00e0 sa mort et \u00e0 son enterrement. Puisque la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus culmine avec sa r\u00e9surrection, participer \u00e0 cette fid\u00e9lit\u00e9 implique l&rsquo;anticipation de sa r\u00e9surrection.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui insistent sur l&rsquo;expiation supposent souvent que, sans une telle doctrine, les chr\u00e9tiens ne peuvent expliquer comment leur salut d\u00e9pend de J\u00e9sus-Christ. Ils soulignent que la th\u00e9orie dite de l&rsquo;influence morale ne rend pas pleinement compte de la puissance du p\u00e9ch\u00e9. Paul sugg\u00e8re certes une influence de J\u00e9sus sur nous, sa fid\u00e9lit\u00e9 extraordinaire jusqu&rsquo;\u00e0 la mort sur la croix suscitant notre fid\u00e9lit\u00e9. Mais l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;influence morale est bien trop faible pour saisir sa signification.<\/p>\n\n\n\n<p>Paul croyait certainement que J\u00e9sus r\u00e9v\u00e9lait la nature de la justice divine et qu&rsquo;en agissant ainsi, il transformait profond\u00e9ment notre fa\u00e7on de concevoir Dieu et d&rsquo;interagir avec lui. Mais Paul ne pensait pas que changer notre compr\u00e9hension de Dieu suffisait \u00e0 nous sauver.<\/p>\n\n\n\n<p>Paul croyait qu&rsquo;en J\u00e9sus, Dieu avait remport\u00e9 la victoire sur le p\u00e9ch\u00e9. Mais l&rsquo;id\u00e9e que Dieu ait accompli cela en payant J\u00e9sus au Diable comme prix de la ran\u00e7on des \u00eatres humains n&rsquo;avait aucun sens pour lui. Assur\u00e9ment, l&rsquo;explication ult\u00e9rieure de la victoire de Dieu sur le Diable, selon laquelle il l&rsquo;aurait tromp\u00e9 pour qu&rsquo;il tue injustement J\u00e9sus, n&rsquo;entrait pas du tout dans ses horizons.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis d&rsquo;accord avec les objections formul\u00e9es \u00e0 l&rsquo;encontre de ces th\u00e9ories alternatives sur la r\u00e9demption en J\u00e9sus. Mais l&rsquo;\u00e9chec de ces autres th\u00e9ories ne justifie en rien l&rsquo;affirmation selon laquelle Paul soutiendrait la th\u00e9orie de l&rsquo;expiation. Il n&rsquo;enseigne pas que Dieu a sacrifi\u00e9 J\u00e9sus pour nous justifier. M\u00eame si la traduction&nbsp;<em>NRSV<\/em>&nbsp;de Romains 3 :25 \u00e9tait correcte, cela constituerait un fondement bien trop faible pour affirmer que c&rsquo;est la v\u00e9ritable vision de Paul sur la mani\u00e8re dont J\u00e9sus nous sauve. Et je suis convaincu que ce verset est plus justement compris d&rsquo;une mani\u00e8re bien diff\u00e9rente, qui correspond bien mieux \u00e0 sa position g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u00e9sus nous sauve par sa fid\u00e9lit\u00e9 radicale. Cette fid\u00e9lit\u00e9 nous r\u00e9v\u00e8le le v\u00e9ritable caract\u00e8re de la justice de Dieu. Ce passage tout entier souligne la r\u00e9v\u00e9lation et la d\u00e9monstration par Dieu de cette justice paradoxale, plus commun\u00e9ment appel\u00e9e mis\u00e9ricorde. Cette r\u00e9v\u00e9lation transforme la relation de Dieu avec le monde, passant d&rsquo;une relation de col\u00e8re \u00e0 une relation d&rsquo;amour. La participation humaine \u00e0 cette nouvelle situation transform\u00e9e se fait par la fid\u00e9lit\u00e9. Cette fid\u00e9lit\u00e9 est une participation \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus. Dieu consid\u00e8re ceux qui participent \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus en termes de justice qu&rsquo;ils atteignent ainsi plut\u00f4t qu&rsquo;en termes de p\u00e9cheresse persistante. Cette participation \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 de J\u00e9sus implique la volont\u00e9 de souffrir avec lui. Par le bapt\u00eame, nous participons \u00e0 la mort et \u00e0 l&rsquo;ensevelissement de J\u00e9sus. En \u00e9tant ainsi unis \u00e0 J\u00e9sus, les fid\u00e8les vivent dans la confiance qu&rsquo;ils ressusciteront avec lui et partageront sa gloire.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9surrection finale est la pl\u00e9nitude du salut. Elle implique la lib\u00e9ration du cosmos tout entier. Mais en attendant, les fid\u00e8les vivent dans la tension entre le changement d\u00e9j\u00e0 op\u00e9r\u00e9 par leur mort au p\u00e9ch\u00e9 et la puissance persistante du p\u00e9ch\u00e9. Ils sont d\u00e9j\u00e0 justifi\u00e9s, d\u00e9j\u00e0 r\u00e9concili\u00e9s, d\u00e9j\u00e0 habit\u00e9s par l&rsquo;Esprit. Mais tout cela n&rsquo;est qu&rsquo;un avant-go\u00fbt de la b\u00e9atitude \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette situation, l&rsquo;ob\u00e9issance aux nombreuses lois ou r\u00e8gles r\u00e9gissant ce que l&rsquo;on consid\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralement comme une vie juste est sans importance. La question est celle de la fid\u00e9lit\u00e9 et de ce qu&rsquo;elle implique. Paul en parle tr\u00e8s concr\u00e8tement dans les chapitres 12 \u00e0 14. Ce qu&rsquo;implique une vie fid\u00e8le est extr\u00eamement important, mais il ne se r\u00e8gle pas par un appel aux principes moraux. En effet, le style de vie r\u00e9gi par des r\u00e8gles ou des principes n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Je n&rsquo;ai pas commenc\u00e9 \u00e0 travailler sur ce commentaire avec cette compr\u00e9hension de Paul. Franchement, j&rsquo;ai trouv\u00e9 les diff\u00e9rentes d\u00e9clarations et images de Paul sur le salut confuses et d\u00e9routantes. Si je me limite aux traductions anglaises, je les trouve toujours ainsi. Je termine donc comme j&rsquo;ai commenc\u00e9 par remercier les \u00e9rudits, en particulier David Lull, qui m&rsquo;ont ouvert les \u00c9critures. Ce que je vois maintenant chez Paul est bien plus attrayant que ce que j&rsquo;avais compris auparavant.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;attrait de Paul pour la th\u00e9ologie processuelle est en partie d\u00fb \u00e0 sa plus grande sympathie que je ne l&rsquo;avais anticip\u00e9. La pens\u00e9e processuelle souligne que les exp\u00e9riences humaines participent \u00e0 la formation d&rsquo;autres exp\u00e9riences humaines. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00ab&nbsp;influence&nbsp;\u00bb au sens bien plus fort que celui que donnent \u00e0 entendre ceux qui consid\u00e8rent chaque entit\u00e9 comme ind\u00e9pendante. De ce point de vue, J\u00e9sus ne peut nous influencer que dans la mesure o\u00f9 notre admiration pour lui peut influencer nos actions. Pour la pens\u00e9e processuelle, et pour Paul, J\u00e9sus peut s&rsquo;infiltrer en nous, constituant en partie ce que nous sommes.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela ne signifie pas pour autant que je puisse souscrire sans r\u00e9serve aux vues de Paul. Sa vision d&rsquo;un aboutissement final est belle, mais incroyable. Quoi qu&rsquo;il arrive sur cette plan\u00e8te, les vastes \u00e9tendues du cosmos seront peu affect\u00e9s. De plus, je ne peux vivre dans l&rsquo;espoir qu&rsquo;un jour les fid\u00e8les seront glorifi\u00e9s publiquement et que la plan\u00e8te enti\u00e8re et tous ses habitants en seront transform\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans quelle mesure cela me s\u00e9pare-t-il, ainsi que ceux qui partagent mon incr\u00e9dulit\u00e9, de Paul&nbsp;? Cela d\u00e9pend de deux choses. Premi\u00e8rement, quelle importance cette image avait-elle pour Paul&nbsp;? Deuxi\u00e8mement, quelles eschatologies alternatives peuvent nous convaincre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Concernant Paul, je pense d&rsquo;abord que l&rsquo;espoir que les fid\u00e8les aient une destin\u00e9e semblable \u00e0 celle de J\u00e9sus \u00e9tait au c\u0153ur de son esp\u00e9rance. Il avait entrevu la gloire de J\u00e9sus ressuscit\u00e9 dans une vision. Il \u00e9tait convaincu que ceux qui partageaient sa fid\u00e9lit\u00e9 partageraient cette b\u00e9atitude. Sans cette confiance, il n&rsquo;aurait pas eu d&rsquo;\u00c9vangile \u00e0 proclamer. Mais au-del\u00e0 de cela, ses commentaires sur le salut final varient consid\u00e9rablement. Il semble qu&rsquo;aucune formulation du salut final ne soit essentielle \u00e0 son message.<\/p>\n\n\n\n<p>Je crois que nous vivons tous en Dieu au-del\u00e0 de notre mort physique. Ce que la conceptualisation du processus implique le plus clairement, c&rsquo;est que tout ce que nous avons \u00e9t\u00e9 demeure \u00e0 jamais vivant en Dieu. Cette conceptualisation permet de nouvelles exp\u00e9riences, en continuit\u00e9 avec celles qui ont constitu\u00e9 notre vie ici-bas. Une combinaison de ces id\u00e9es pourrait expliquer ce que Paul a v\u00e9cu en tant que Christ ressuscit\u00e9. L&rsquo;esp\u00e9rance d&rsquo;\u00eatre unis au Christ dans la mort et dans la vie future pourrait constituer une esp\u00e9rance suffisamment proche de celle de Paul pour \u00e9tayer une grande partie de sa th\u00e9orie du salut.<\/p>\n\n\n\n<p>Je dois encore reconna\u00eetre le profond foss\u00e9 entre ma pens\u00e9e du XXIe si\u00e8cle et celle de Paul. Il vivait dans l&rsquo;enthousiasme d&rsquo;une communaut\u00e9 qui anticipait le r\u00f4le cl\u00e9 du salut final du monde entier. Tenter de recr\u00e9er ce genre d&rsquo;attente aujourd&rsquo;hui risque davantage de conduire \u00e0 des sectes dangereuses qu&rsquo;\u00e0 des communaut\u00e9s profond\u00e9ment diff\u00e9rentes que Paul a&nbsp;<a>fait<\/a>&nbsp;na\u00eetre. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque de Paul, accepter le bapt\u00eame s\u00e9parait v\u00e9ritablement une grande partie du monde dans lequel on avait v\u00e9cu et initiait \u00e0 un contexte diff\u00e9rent. Aujourd&rsquo;hui, dans un pays comme le n\u00f4tre, les fronti\u00e8res entre l&rsquo;\u00c9glise et le monde sont floues, et interpr\u00e9ter le bapt\u00eame comme mourir et \u00eatre enseveli avec J\u00e9sus sonne souvent faux.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pourrais continuer dans cette veine. Nous ne pouvons r\u00e9soudre les nombreux probl\u00e8mes auxquels nous sommes confront\u00e9s aujourd&rsquo;hui en nous r\u00e9f\u00e9rant directement \u00e0 l&rsquo;enseignement de Paul. N\u00e9anmoins, la plupart d&rsquo;entre nous devons notre participation au mouvement chr\u00e9tien \u00e0 la th\u00e9ologie de Paul. Son message selon lequel, par J\u00e9sus, nous avons appris \u00e0 conna\u00eetre la justice de Dieu comme amour plut\u00f4t que comme col\u00e8re a profond\u00e9ment fa\u00e7onn\u00e9 notre compr\u00e9hension. Sa vision de notre participation les uns aux autres et \u00e0 J\u00e9sus est un d\u00e9fi n\u00e9cessaire \u00e0 nos habitudes mentales. Son appel \u00e0 \u00eatre pr\u00eats \u00e0 participer \u00e0 la souffrance de J\u00e9sus est plus que jamais n\u00e9cessaire. Je pourrais continuer dans cette veine.<\/p>\n\n\n\n<p>Paul demeure notre plus grand th\u00e9ologien. Nous devons revenir sans cesse \u00e0 lui. Ce faisant, nous constatons que nous l&rsquo;avons mal compris autant que nous avons appris de lui. En le comprenant mieux, nous pouvons apprendre de lui \u00e0 nouveau. Je suis en train de vivre cet apprentissage et je vous invite \u00e0 y participer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>John B. Cobb, Jr. Transmis par Michel Leconte Voir des textes de J. Cobb dans la liste des auteurs anglophones La question est de savoir si Paul pensait que Dieu avait sacrifi\u00e9 J\u00e9sus pour expier les p\u00e9ch\u00e9s humains. Au cours des mille derni\u00e8res ann\u00e9es, cette id\u00e9e a souvent \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e dans l&rsquo;\u00c9glise occidentale comme au [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"external_author":[],"cited_author":[],"publisher":[],"book_author":[],"class_list":["post-1387","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles"],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1387","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1387"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1387\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1388,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1387\/revisions\/1388"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1387"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1387"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1387"},{"taxonomy":"external_author","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/external_author?post=1387"},{"taxonomy":"cited_author","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/cited_author?post=1387"},{"taxonomy":"publisher","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/publisher?post=1387"},{"taxonomy":"book_author","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/book_author?post=1387"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}