{"id":1298,"date":"2025-04-17T12:33:36","date_gmt":"2025-04-17T11:33:36","guid":{"rendered":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/?p=1298"},"modified":"2025-04-17T12:39:22","modified_gmt":"2025-04-17T11:39:22","slug":"la-paternite-de-dieu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/la-paternite-de-dieu\/","title":{"rendered":"La Paternit\u00e9 de Dieu"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"245\" height=\"340\" src=\"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/pohier.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1300\" srcset=\"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/pohier.png 245w, https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/pohier-216x300.png 216w\" sizes=\"auto, (max-width: 245px) 100vw, 245px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Jacques Pohier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Voir aussi \u00ab&nbsp;<a href=\"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/jacques-pohier-conquete-de-rome-et-paradis-perdu\/\">Conqu\u00eate de Rome et Paradis perdu<\/a>&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Chapitre 3 \u2013 \u00ab<\/strong><strong>\u202f<\/strong><strong>La paternit\u00e9 de Dieu<\/strong><strong>\u202f<\/strong><strong>\u00bb (Jacques Pohier, Au nom du P\u00e8re, Paris, Cerf, 1972, pp. 93-146). Publi\u00e9 dans&nbsp;<em>l\u2019inconscient,&nbsp;<\/em>II, 1968, num\u00e9ro 5, pp. 3-58.<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Contexte et enjeux du chapitre<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le troisi\u00e8me chapitre d&rsquo;<em>Au<\/em><em>&nbsp;nom du P\u00e8re<\/em><em>&nbsp;<\/em>(1972), intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;La paternit\u00e9 de Dieu&nbsp;\u00bb, le th\u00e9ologien dominicain Jacques Pohier propose une relecture audacieuse de l\u2019image de Dieu en tant que P\u00e8re. S\u2019inscrivant dans une d\u00e9marche interdisciplinaire&nbsp;th\u00e9ologico-psychanalytique, Pohier examine comment la repr\u00e9sentation de Dieu comme P\u00e8re s\u2019enracine dans l\u2019exp\u00e9rience humaine de la paternit\u00e9 et du&nbsp;complexe d\u2019\u0152dipe. Il s\u2019interroge sur le risque d\u2019anthropomorphisme&nbsp;\u2013&nbsp;c\u2019est-\u00e0-dire de projeter sur Dieu nos d\u00e9sirs et sch\u00e9mas inconscients&nbsp;\u2013 et cherche \u00e0 voir en quoi l\u2019appellation de \u00ab&nbsp;P\u00e8re&nbsp;\u00bb appliqu\u00e9e \u00e0 Dieu peut \u00eatre \u00e0 la fois source d\u2019ali\u00e9nation psychologique et objet d\u2019une&nbsp;r\u00e9interpr\u00e9tation th\u00e9ologique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce chapitre, \u00e9crit quelques ann\u00e9es apr\u00e8s le concile Vatican&nbsp;II dans un climat de renouvellement de la pens\u00e9e catholique, aborde de front des questions sensibles&nbsp;:&nbsp;le d\u00e9sir humain d\u2019un p\u00e8re tout-puissant, l\u2019ambivalence amour\/haine envers Dieu, et les implications de la m\u00e9taphore paternelle sur la vie de l\u2019\u00c9glise (notamment la sexualit\u00e9 et la structure familiale spirituelle). Pohier y d\u00e9veloppe des id\u00e9es novatrices qui probl\u00e9matisent l\u2019image traditionnelle de Dieu-P\u00e8re afin de mieux la \u00ab<em>&nbsp;<\/em><em>d\u00e9mythologiser<\/em><em>&nbsp;<\/em>\u00bb et la recentrer sur le message chr\u00e9tien originel.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dieu le P\u00e8re et le d\u00e9sir infantile d\u2019omnipotence<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pohier applique l\u2019analyse freudienne&nbsp;du complexe d\u2019\u0152dipe \u00e0 la foi chr\u00e9tienne pour d\u00e9voiler les dynamiques inconscientes \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la notion de paternit\u00e9 divine. Selon lui, le croyant risque de concevoir Dieu sur le mod\u00e8le du p\u00e8re de l\u2019enfance, investi de toutes les perfections et pouvoirs que l\u2019\u00eatre humain souhaiterait poss\u00e9der. Pohier rappelle que dans la relation p\u00e8re-enfant,&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>le fils pr\u00eate au p\u00e8re une vie qui n\u2019est point celle qu\u2019il re\u00e7oit effectivement de lui mais celle qu\u2019il voudrait pouvoir s\u2019attribuer \u00e0 lui-m\u00eame. La figure paternelle n\u2019y est que le r\u00e9cipiendaire de la toute-puissance infantile du d\u00e9sir<\/em>&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Autrement dit, l\u2019enfant imagine son p\u00e8re comme un \u00eatre tout-puissant&nbsp;porteur de sa propre toute-puissance fantasm\u00e9e. Transpos\u00e9 au plan religieux, Dieu le P\u00e8re peut devenir le r\u00e9ceptacle de nos d\u00e9sirs d\u2019immortalit\u00e9, de toute-puissance et de perfection, c\u2019est-\u00e0-dire un double invers\u00e9 de nos limites humaines. Pohier y voit&nbsp;\u00ab<em>&nbsp;<\/em><em>l\u2019anthropomorphisme le plus subtil<\/em>&nbsp;\u00bb, une projection d\u00e9guis\u00e9e&nbsp;: l\u2019homme forge l\u2019image d\u2019un Dieu-P\u00e8re id\u00e9al en inversant tous les aspects n\u00e9gatifs de sa condition (faiblesse, mortalit\u00e9, ignorance). Un tel Dieu, con\u00e7u comme tout autre que nous, est paradoxalement&nbsp;\u00ab&nbsp;le d\u00e9calque de l\u2019homme&nbsp;\u00bb&nbsp;\u00e0 l\u2019envers, fa\u00e7onn\u00e9 par nos manques.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette analyse conduit Pohier \u00e0 rapprocher&nbsp;la foi en la divinisation de l\u2019homme&nbsp;(le salut con\u00e7u comme le fait de \u00ab&nbsp;devenir enfant de Dieu&nbsp;\u00bb et de partager sa vie divine) des m\u00e9canismes de l\u2019\u0152dipe. En effet, dans le complexe d\u2019\u0152dipe, l\u2019enfant veut \u00e0 la fois aimer le p\u00e8re et le supplanter pour acc\u00e9der \u00e0 ce pouvoir de vie qu\u2019il lui attribue. Pohier souligne l\u2019ambivalence fondamentale&nbsp;de cette relation&nbsp;:&nbsp;\u00ab<em>&nbsp;<\/em><em>Il y a concomitance entre les v\u0153ux de mort et de supplantation et les v\u0153ux de glorification et d\u2019immortalit\u00e9 du p\u00e8re<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>: si les premiers rendent compte de la haine, les seconds rendent compte de l\u2019amour pour le p\u00e8re. Or les premiers comme les seconds sont sym\u00e9triquement issus du m\u00eame processus qui fait pr\u00eater au p\u00e8re les privil\u00e8ges \u00e0 quoi pr\u00e9tend la toute-puissance du d\u00e9sir<\/em><em>&nbsp;<\/em>\u00bb. Autrement dit, le fils ha\u00eft le p\u00e8re (qu\u2019il r\u00eave d\u2019\u00e9liminer) tout autant qu\u2019il l\u2019admire et l\u2019adore, mais ces deux \u00e9lans oppos\u00e9s proviennent de la m\u00eame source&nbsp;: le d\u00e9sir infantile de poss\u00e9der les attributs du p\u00e8re.&nbsp;\u00ab<em>&nbsp;<\/em><em>Meurtre du p\u00e8re pour s\u2019en emparer, [ou] amour du p\u00e8re pour les obtenir de lui<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u00bb<\/em><em>,&nbsp;<\/em>dans les deux cas&nbsp;<em>\u00ab<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>il s\u2019agit toujours de lui \u00eatre identique<\/em><em>&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pohier transpose ces constats \u00e0 la sph\u00e8re th\u00e9ologique&nbsp;: le&nbsp;d\u00e9sir d\u2019\u00eatre \u00ab&nbsp;identique au P\u00e8re&nbsp;\u00bb&nbsp;se manifeste dans la croyance que Dieu nous donne sa vie divine pour que nous devenions comme Lui. La promesse chr\u00e9tienne du salut \u2013&nbsp;\u00ab<em>&nbsp;<\/em><em>Dieu, notre P\u00e8re, par amour, nous communique sa propre vie pour nous rendre identiques \u00e0 lui<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2013 peut alors \u00eatre lue, selon Pohier, comme l\u2019expression spiritualis\u00e9e d\u2019un&nbsp;<strong>d\u00e9sir infantile de toute-puissance.&nbsp;<\/strong>Le danger, souligne-t-il, est de&nbsp;confondre le vrai Dieu avec cette figure paternelle id\u00e9alis\u00e9e. En effet, le Dieu r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par J\u00e9sus-Christ ne correspond pas \u00e0 nos fantasmes de toute-puissance&nbsp;: c\u2019est&nbsp;\u00ab&nbsp;l<em>e Dieu crucifi\u00e9 en J\u00e9sus-Christ<\/em>&nbsp;\u00bb, un P\u00e8re qui se donne dans l\u2019amour et la souffrance, et non un patriarche triomphant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pohier pose alors une question provocatrice&nbsp;:&nbsp;\u00ab<em>&nbsp;<\/em><em>Qui d\u00e9sirerait \u00eatre divinis\u00e9 \u00e0 l\u2019image de ce Dieu de J\u00e9sus-Christ<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>?<\/em>&nbsp;\u00bb. Par l\u00e0, il fait ressortir un \u00e9cart entre l\u2019id\u00e9al inconscient que l\u2019homme projette sur \u00ab&nbsp;Dieu-P\u00e8re&nbsp;\u00bb et la r\u00e9alit\u00e9 du Dieu chr\u00e9tien tel que r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par le Christ. Cette prise de conscience invite \u00e0 une&nbsp;critique th\u00e9ologique&nbsp;: la paternit\u00e9 de Dieu, si on la comprend comme l\u2019acc\u00e8s facile \u00e0 la toute-puissance divine,&nbsp;<strong>rel\u00e8ve plus du mythe que de l\u2019\u00c9vangile.<\/strong>&nbsp;Pohier insiste pour&nbsp;\u00ab<em>&nbsp;<\/em><em>s\u2019interroger sur le Dieu en question<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>: de quel Dieu s\u2019agit-il, \u00e0 quel Dieu l\u2019homme pr\u00e9tend-il se conformer<\/em><em>&nbsp;<\/em>\u00bb&nbsp;lorsqu\u2019il parle de devenir enfant de Dieu. En d\u2019autres termes, il faut discerner si nous adorons Dieu en v\u00e9rit\u00e9 ou si nous adorons une image paternelle sublim\u00e9e, fabriqu\u00e9e par notre d\u00e9sir d\u2019omnipotence. Cette d\u00e9mystification psychanalytique de la paternit\u00e9 divine constitue un axe majeur du chapitre&nbsp;:&nbsp;elle probl\u00e9matise l\u2019image de Dieu-P\u00e8re en r\u00e9v\u00e9lant son lien avec nos pulsions et nos fantasmes, faisant \u00e9cho aux critiques de Freud et Feuerbach sur la religion comme illusion humaine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019image du P\u00e8re dans la structure familiale de l\u2019\u00c9glise catholique&nbsp;<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir explor\u00e9 l\u2019inconscient individuel, Pohier examine l\u2019impact eccl\u00e9sial&nbsp;de la repr\u00e9sentation paternelle de Dieu, en particulier comment elle fa\u00e7onne la vie morale et affective des croyants. Il met en lumi\u00e8re un sch\u00e9ma psychologique collectif dans l\u2019\u00c9glise catholique&nbsp;: la relation triangulaire entre Dieu-P\u00e8re, l\u2019\u00c9glise (ou Marie) m\u00e8re, et le fid\u00e8le comme enfant. Selon Pohier, l\u2019exaltation de Dieu comme P\u00e8re c\u00e9leste s\u2019est accompagn\u00e9e, dans le catholicisme, d\u2019une valorisation de la&nbsp;maternit\u00e9 virginale&nbsp;(celle de Marie et de l\u2019\u00c9glise) qui influence profond\u00e9ment la psychologie religieuse. Il en r\u00e9sulte ce qu\u2019il appelle un&nbsp;\u00ab<strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><strong><em>syst\u00e8me totalitaire et exclusif de rapports m\u00e8re-fils<\/em><\/strong><strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong>\u00bb&nbsp;au sein duquel le fid\u00e8le (et en particulier le pr\u00eatre) demeure un enfant attach\u00e9 \u00e0 une M\u00e8re id\u00e9alis\u00e9e. Pohier d\u00e9nonce ce syst\u00e8me en montrant qu\u2019\u00e0 la virginit\u00e9 attribu\u00e9e \u00e0 la m\u00e8re correspond la virginit\u00e9 impos\u00e9e au fils. En effet, si la Vierge Marie (et symboliquement l\u2019\u00c9glise) est per\u00e7ue comme une m\u00e8re parfaite \u00ab<em>&nbsp;<\/em><em>n\u2019appartenant qu\u2019au Fils<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u00bb<\/em>, alors<em>&nbsp;<\/em><em>\u00ab<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>il se noue l\u00e0 un syst\u00e8me totalitaire et exclusif de rapports m\u00e8re-fils dans lequel au fantasme de la virginit\u00e9 de la m\u00e8re correspond l\u2019impossibilit\u00e9 pour le fils de se donner un autre objet sexuel, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 la virginit\u00e9 du fils. La m\u00e8re vierge est celle qui n\u2019appartient qu\u2019au fils&nbsp;; le fils vierge est celui qui reste fix\u00e9 \u00e0 sa m\u00e8re\u2026&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Par cette citation incisive, Pohier critique&nbsp;l\u2019id\u00e9al de la continence et du c\u00e9libat sacerdotal&nbsp;tel qu\u2019il \u00e9tait traditionnellement justifi\u00e9.&nbsp;<strong>Le pr\u00eatre s\u2019identifie au Christ fils unique, consacr\u00e9 enti\u00e8rement \u00e0 son P\u00e8re et uni spirituellement \u00e0 sa m\u00e8re (Marie\/\u00c9glise) vierge&nbsp;; en cons\u00e9quence, il renonce \u00e0 toute \u00e9pouse humaine (\u00ab&nbsp;autre objet sexuel&nbsp;\u00bb).&nbsp;<\/strong>Pohier voit dans cette structure une sorte de&nbsp;<strong>n\u00e9vrose institutionnalis\u00e9e<\/strong>&nbsp;: le pr\u00eatre est maintenu dans un \u00e9tat d\u2019enfance prolong\u00e9e, fig\u00e9 dans un r\u00f4le de \u00ab&nbsp;fils vierge&nbsp;\u00bb d\u00e9pendant de la M\u00e8re-\u00c9glise, et ne pouvant acc\u00e9der \u00e0 la maturit\u00e9 affective symbolis\u00e9e par le mariage et la paternit\u00e9 humaine. Cette fixation m\u00e8re-fils sert, selon lui, \u00e0&nbsp;<strong>renforcer un certain ordre sacralis\u00e9<\/strong>&nbsp;\u2013&nbsp;faisant du pr\u00eatre une figure \u00e0 part, \u00ab&nbsp;pure&nbsp;\u00bb et asexu\u00e9e&nbsp;\u2013 mais&nbsp;<strong>au prix d\u2019un \u00e9quilibre psychique pr\u00e9caire.<\/strong>&nbsp;En termes psychanalytiques, la survalorisation de la M\u00e8re (sans p\u00e9ch\u00e9 et toute-pure) va de pair avec&nbsp;<strong>une occultation de la diff\u00e9rence des sexes et une difficult\u00e9 \u00e0 accepter la&nbsp;<\/strong><strong>loi du p\u00e8re<\/strong>&nbsp;(la \u00ab&nbsp;castration symbolique&nbsp;\u00bb qui consiste \u00e0 reconna\u00eetre qu\u2019on ne peut \u00eatre l\u2019enfant unique tout-puissant de sa m\u00e8re). Pohier sugg\u00e8re que ce mod\u00e8le contribue \u00e0&nbsp;<strong>l\u2019ali\u00e9nation du pr\u00eatre<\/strong>, prisonnier d\u2019un id\u00e9al de perfection qui le coupe de sa propre humanit\u00e9 sexu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan th\u00e9ologique, cette analyse conduit \u00e0 remettre en question l\u2019articulation traditionnelle&nbsp;Dieu-P\u00e8re \/ \u00c9glise-m\u00e8re. Pohier ne critique pas la d\u00e9votion mariale ou le c\u00e9libat pour eux-m\u00eames, mais il en&nbsp;d\u00e9voile les fondements inconscients&nbsp;: le besoin inconscient d\u2019exclusivit\u00e9 et de toute-puissance (\u00eatre l\u2019unique objet d\u2019amour de la M\u00e8re, sans rival) se cache derri\u00e8re le discours spirituel sur la virginit\u00e9 et la puret\u00e9. En clair, tant que le croyant (ou le pr\u00eatre) n\u2019a pas d\u00e9pass\u00e9 ce stade infantile, son rapport \u00e0 Dieu le P\u00e8re reste ambivalent et potentiellement malsain \u2013 il&nbsp;<strong>oscille entre soumission infantile et r\u00e9volte latente.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette partie du chapitre prolonge donc la r\u00e9flexion pr\u00e9c\u00e9dente en montrant que l\u2019image du P\u00e8re c\u00e9leste, combin\u00e9e \u00e0 celle de la M\u00e8re vierge, peut engendrer un&nbsp;<strong>syst\u00e8me religieux contraignant<\/strong><strong>.<\/strong>Pohier souligne ainsi que de nombreuses exigences morales catholiques en mati\u00e8re de sexualit\u00e9 trouvent leur&nbsp;cause v\u00e9ritable&nbsp;non pas dans un commandement explicite de Dieu, mais dans&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>la fa\u00e7on dont le christianisme se repr\u00e9sente le salut, la divinisation et le p\u00e9ch\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2013 c\u2019est-\u00e0-dire dans ces constructions symboliques autour du P\u00e8re tout-puissant et de la M\u00e8re immacul\u00e9e. Cette approche critique rejoint les interrogations contemporaines (ann\u00e9es 1970) sur le&nbsp;caract\u00e8re extr\u00eame de la morale sexuelle pr\u00f4n\u00e9e par l\u2019\u00c9glise, en la rattachant \u00e0 un imaginaire religieux ancien qu\u2019il faudrait revisiter.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vers une compr\u00e9hension renouvel\u00e9e de la paternit\u00e9 divine<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir diagnostiqu\u00e9 les \u00e9cueils de la repr\u00e9sentation patriarcale traditionnelle, Pohier esquisse en creux une&nbsp;r\u00e9interpr\u00e9tation th\u00e9ologique&nbsp;de la paternit\u00e9 de Dieu. S\u2019il en d\u00e9voile les aspects probl\u00e9matiques, ce n\u2019est pas pour abolir l\u2019appel \u00e0 Dieu comme P\u00e8re, mais pour en purifier le sens. En bon th\u00e9ologien, il reste conscient que \u00ab&nbsp;Dieu P\u00e8re&nbsp;\u00bb est un langage central de la r\u00e9v\u00e9lation chr\u00e9tienne (ne serait-ce que parce que J\u00e9sus lui-m\u00eame appelait Dieu \u00ab&nbsp;Abba&nbsp;\u00bb, P\u00e8re). Toutefois, Pohier estime qu\u2019il faut d\u00e9gager ce langage des&nbsp;\u00ab&nbsp;fantasmes&nbsp;\u00bb&nbsp;et des&nbsp;\u00ab&nbsp;privil\u00e8ges&nbsp;\u00bb&nbsp;que l\u2019\u00eatre humain y projette. Autrement dit,&nbsp;renouveler l\u2019image de Dieu-P\u00e8re&nbsp;implique de renoncer \u00e0 une certaine&nbsp;\u00ab&nbsp;toute-puissance du d\u00e9sir&nbsp;\u00bb&nbsp;humain \u2013&nbsp;<strong><em>renoncer \u00e0 concevoir Dieu comme garant de nos d\u00e9sirs illimit\u00e9s<\/em><\/strong>\u2013 pour accueillir le&nbsp;v\u00e9ritable visage du P\u00e8re chr\u00e9tien. Ce visage, selon Pohier, est paradoxalement marqu\u00e9 par la&nbsp;k\u00e9nose(l\u2019abaissement) et le don de soi, \u00e0 l\u2019image du P\u00e8re qui \u00ab&nbsp;n\u2019a pas \u00e9pargn\u00e9 son propre Fils&nbsp;\u00bb (Rom&nbsp;8,&nbsp;32) et du Christ qui r\u00e9v\u00e8le un P\u00e8re aimant mais non-paternaliste. Toutefois, note Pohier, cette k\u00e9nose peut \u00eatre fort mal comprise comme \u00e9crasement total devant un Dieu tout-puissant comme dans les doctrines expiatoires et sacrificielles de la croix.<\/p>\n\n\n\n<p>Pohier rejoint ici d\u2019autres th\u00e9ologiens de son \u00e9poque qui insistent sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une foi adulte, lib\u00e9r\u00e9e de l\u2019infantilisme religieux. Il rappelle, par exemple, que J\u00e9sus n\u2019a jamais mis en avant son propre c\u00e9libat ni demand\u00e9 qu\u2019on l\u2019imite en cela \u2013 signe que le&nbsp;message \u00e9vang\u00e9lique&nbsp;ne visait pas \u00e0 instaurer un syst\u00e8me oppressif de privations, mais \u00e0 lib\u00e9rer l\u2019homme de la culpabilit\u00e9 et de la peur. De m\u00eame, repenser Dieu comme P\u00e8re revient \u00e0 mettre l\u2019accent sur la&nbsp;relation filiale authentique&nbsp;plut\u00f4t que sur la crainte ou l\u2019utilitarisme. Pohier pourrait approuver l\u2019id\u00e9e que Dieu est P\u00e8re non pas d\u2019abord en tant que figure d\u2019autorit\u00e9 inflexible, mais en tant que&nbsp;<strong>source de vie<\/strong>&nbsp;et d\u2019amour gratuit qui veut des enfants libres et responsables. Cependant, en 1989, Pohier prendra en compte les \u00e9volutions sociales des repr\u00e9sentations de Dieu comme P\u00e8re dans un article de la revue&nbsp;<em>Dialogue&nbsp;<\/em>dans lequel il \u00e9crit qu\u2019en appelant Dieu \u00ab&nbsp;<em>p\u00e8re<\/em>&nbsp;\u00bb avec le sens que cela a pris de nos jours,&nbsp;<em>on fait peut-\u00eatre dire \u00e0 J\u00e9sus le contraire de ce qu\u2019il voulait dire.&nbsp;<\/em>(<strong>1<\/strong>)<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, pour Pohier,&nbsp;la v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;paternit\u00e9&nbsp;\u00bb de Dieu se distingue radicalement de nos repr\u00e9sentations terrestres biais\u00e9es. Dieu n\u2019est pas p\u00e8re au sens o\u00f9 Il exercerait un pouvoir arbitraire sur des enfants maintenus dans l\u2019infantile&nbsp;; Il est P\u00e8re en ce qu\u2019Il engendre des personnes capables \u00e0 leur tour de maturit\u00e9 et de libert\u00e9. Ainsi, l\u2019appel \u00e0 devenir \u00ab&nbsp;enfants de Dieu&nbsp;\u00bb ne doit pas \u00eatre compris comme une r\u00e9gression \u00e0 l\u2019enfance, mais comme l\u2019entr\u00e9e dans une relation de confiance et d\u2019amour o\u00f9 l\u2019homme accepte de n\u2019\u00eatre pas Dieu lui-m\u00eame. Pohier sugg\u00e8re que c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment&nbsp;dans&nbsp;<strong>l\u2019acceptation de la finitude humaine<\/strong><strong>&nbsp;<\/strong>(<strong>cette \u00ab<\/strong><strong>&nbsp;<\/strong><strong>dure loi<\/strong><strong>&nbsp;<\/strong><strong>\u00bb du r\u00e9el qui s\u2019impose \u00e0 la toute-puissance infantile<\/strong>) que peut s\u2019articuler une repr\u00e9sentation saine de la paternit\u00e9 divine. En renon\u00e7ant \u00e0 l\u2019illusion de la toute-puissance et en reconnaissant Dieu comme&nbsp;Autre&nbsp;(L\u2019autre diff\u00e9rent qui pourtant se fait proche en J\u00e9sus), le croyant peut vivre la filiation divine comme une&nbsp;lib\u00e9ration&nbsp;et non comme une ali\u00e9nation. La paternit\u00e9 de Dieu se r\u00e9v\u00e8le alors sous un jour renouvel\u00e9&nbsp;: elle n\u2019est plus le symbole d\u2019un pouvoir lointain \u00e0 conqu\u00e9rir, mais l\u2019assurance d\u2019un amour inconditionnel qui accompagne la croissance de l\u2019\u00eatre humain vers son accomplissement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le chapitre \u00ab&nbsp;La paternit\u00e9 de Dieu&nbsp;\u00bb de Jacques Pohier est un&nbsp;expos\u00e9 riche et critique&nbsp;des significations profondes de Dieu en tant que P\u00e8re dans la foi chr\u00e9tienne. Les id\u00e9es principales qui en \u00e9mergent sont doubles. D\u2019une part, Pohier&nbsp;probl\u00e9matise&nbsp;l\u2019image du P\u00e8re tout-puissant en d\u00e9montrant, citations \u00e0 l\u2019appui, qu\u2019elle refl\u00e8te souvent les d\u00e9sirs et conflits de l\u2019inconscient humain (d\u00e9sir d\u2019omnipotence, peur de la castration, ambivalence envers l\u2019autorit\u00e9). Cette d\u00e9mystification jette une lumi\u00e8re crue sur les dimensions potentiellement n\u00e9vrotiques d\u2019une certaine religiosit\u00e9, o\u00f9 Dieu-P\u00e8re peut devenir le support de nos fantasmes ou de nos refus de grandir. D\u2019autre part, Pohier cherche \u00e0&nbsp;renouveler&nbsp;cette image en appelant \u00e0 une conversion du regard : reconna\u00eetre et d\u00e9passer ces projections humaines pour red\u00e9couvrir le Dieu P\u00e8re de l\u2019\u00c9vangile, humble et aimant. Il invite th\u00e9ologiens et fid\u00e8les \u00e0 penser la paternit\u00e9 de Dieu non pas comme un&nbsp;pouvoir&nbsp;\u00e0 exercer ou \u00e0 envier, mais comme une&nbsp;relation vivifiante&nbsp;qui fait acc\u00e9der l\u2019homme \u00e0 la pl\u00e9nitude sans nier sa condition de cr\u00e9ature.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un point de vue critique, on peut souligner la force et la rigueur de l\u2019approche de Pohier. En mobilisant la psychanalyse freudienne, il offre une&nbsp;analyse originale&nbsp;du dogme en le confrontant aux sciences humaines, ce qui \u00e9tait novateur en 1972. Ses arguments s\u2019appuient sur une lecture serr\u00e9e des&nbsp;symboles religieux&nbsp;(P\u00e8re, Fils, M\u00e8re) et de leurs&nbsp;\u00ab&nbsp;vicissitudes&nbsp;\u00bb&nbsp;psychiques. Pohier ne craint pas de pointer les contradictions internes du discours chr\u00e9tien : par exemple, l\u2019\u00e9cart entre le Dieu projet\u00e9 par nos d\u00e9sirs (immortel, tout-puissant, garant de nos privil\u00e8ges) et le Dieu r\u00e9ellement profess\u00e9 par la foi (celui de J\u00e9sus crucifi\u00e9, qui appelle au service et au don). Son travail a ainsi une port\u00e9e&nbsp;critico-th\u00e9ologique&nbsp;importante&nbsp;: il incite l\u2019\u00c9glise \u00e0 purifier sa conception de Dieu de toute forme d\u2019id\u00e9ologie ali\u00e9nante. Cette remise en question, \u00e9videmment, n\u2019est pas sans susciter le d\u00e9bat \u2013 Pohier lui-m\u00eame sera en butte \u00e0 des sanctions eccl\u00e9siastiques quelques ann\u00e9es plus tard en raison de ses positions. N\u00e9anmoins, le m\u00e9rite de ce chapitre est de montrer que loin d\u2019affaiblir la foi, une interrogation radicale sur nos images de Dieu peut conduire \u00e0 une foi plus authentique.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9finitive, \u00ab&nbsp;La paternit\u00e9 de Dieu&nbsp;\u00bb selon Jacques Pohier se comprend comme une&nbsp;invitation \u00e0 passer d\u2019une religiosit\u00e9 infantile \u00e0 une spiritualit\u00e9 adulte. En identifiant les pi\u00e8ges d\u2019une image paternelle d\u00e9voy\u00e9e (source de totalitarisme psychologique ou de n\u00e9vrose), Pohier ouvre la voie \u00e0 une compr\u00e9hension plus \u00e9quilibr\u00e9e et \u00e9vang\u00e9lique de Dieu comme P\u00e8re. Ce P\u00e8re n\u2019est ni un tyran c\u00e9leste, ni une projection de nos fantasmes, mais Celui qui, dans un amour gratuit, veut faire grandir l\u2019humanit\u00e9 en libert\u00e9. Le r\u00e9sum\u00e9 de Pohier pourrait se formuler ainsi :&nbsp;Dieu est P\u00e8re, non pas au sens o\u00f9 Il nous maintient en enfance, mais en ce qu\u2019Il nous engendre \u00e0 la vraie vie. Ce message, \u00e0 la fois critique et porteur d\u2019esp\u00e9rance, fait de ce chapitre une contribution majeure \u00e0 la th\u00e9ologie contemporaine \u00e0 la r\u00e9flexion sur le langage religieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Sources&nbsp;:&nbsp;Jacques Pohier,&nbsp;Au nom du P\u00e8re&nbsp;(Cerf, 1972), chap.\u202f3 \u00ab&nbsp;La paternit\u00e9 de Dieu&nbsp;\u00bb, analys\u00e9 et comment\u00e9 dans le cadre de ce r\u00e9sum\u00e9. Des r\u00e9f\u00e9rences suppl\u00e9mentaires incluent des analyses secondaires telles que Jean Ansaldi&nbsp;:&nbsp;La paternit\u00e9 de Dieu. Lib\u00e9ration ou n\u00e9vrose&nbsp;?&nbsp;ETR, hors-s\u00e9rie, 1980).<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Voir mon livre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Jacques Pohier, un homme et un th\u00e9ologien libre (1926-2007), Karthala, 2004, pp.157-166.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jacques Pohier Voir aussi \u00ab&nbsp;Conqu\u00eate de Rome et Paradis perdu&nbsp;\u00bb&nbsp; Chapitre 3 \u2013 \u00ab\u202fLa paternit\u00e9 de Dieu\u202f\u00bb (Jacques Pohier, Au nom du P\u00e8re, Paris, Cerf, 1972, pp. 93-146). Publi\u00e9 dans&nbsp;l\u2019inconscient,&nbsp;II, 1968, num\u00e9ro 5, pp. 3-58. Contexte et enjeux du chapitre Dans le troisi\u00e8me chapitre d&rsquo;Au&nbsp;nom du P\u00e8re&nbsp;(1972), intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;La paternit\u00e9 de Dieu&nbsp;\u00bb, le th\u00e9ologien dominicain [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"external_author":[47],"cited_author":[],"publisher":[],"book_author":[],"class_list":["post-1298","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","external_author-michel-leconte"],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1298","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1298"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1298\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1302,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1298\/revisions\/1302"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1298"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1298"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1298"},{"taxonomy":"external_author","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/external_author?post=1298"},{"taxonomy":"cited_author","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/cited_author?post=1298"},{"taxonomy":"publisher","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/publisher?post=1298"},{"taxonomy":"book_author","embeddable":true,"href":"https:\/\/protestantsdanslaville.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/book_author?post=1298"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}