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Petite histoire du protestantisme

 

Gilles Castelnau

.

XXe siècle

 

La « séparation » des Églises et de l'État

 

26 mai 2007
En 1905, la République ne reconnaît désormais aucune Église
mais respecte les « Associations cultuelles » (non pas cultuRelles) et les protège. L'État ne subventionne plus les Églises qui doivent se suffire à elles-mêmes. Les églises construites avant cette date appartiennent désormais aux municipalités qui en entretiennent le gros oeuvre et les attribuent gratuitement aux associations cultuelles qui en payent les charges. Les églises réalisées après 1905 sont, la propriété de leurs constructeurs.

Il faut désormais payer les pasteurs, assurer la vie matérielle des Églises. Il reste moins d'argent pour les oeuvres : n'est-ce pas à l'État, maintenant, de prendre ses responsabilités dans le domaine de l'action sociale ?

Contrairement à l'Église catholique qui a eu de la peine à accepter cette nouvelle situation, le protestantisme y a vu une garantie d'indépendance. Les nombreuses écoles protestantes existant à l'époque, ont été remises à l'État, les protestants approuvent l'esprit de la laïcité.

 

La « Fédération protestante de France »

 

Après qu'un conseil provisoire ait représenté les différentes Églises protestantes auprès des pouvoirs publics, la Fédération protestante de France est officiellement créée à Nîmes en 1909.

Elle fédère :

- L'Église Protestante Unie de France qui unit depuis 2013 l'Église Réformée de France l'Église luthérienne

L'Union nationale des Églises réformées évangéliques.  (de tendance orthodoxes) 400 paroisses

- L'Union des Églises évangéliques libres constituée dès 1849 ; ces Églises se refusent à la centralisation. Elles  comptent, principalement dans le Midi, 52 paroisses et 62 annexes, desservies par une quarantaine de pasteurs.

- L'Union des Églises évangéliques méthodistes, comptant 25 paroisses, 52 annexes, 24 pasteurs.

- Les Églises baptistes : 17 paroisses, 22 annexes, 34 pasteurs.

Par la suite s'y sont jointes :

- Les Églises Réformées Évangéliques Indépendantes (EREI) essentiellement présentes dans le midi, de tendance orthodoxe qu n'ont pas accepté d'entrer dans l'Église réformée de France (ERF) lors de sa constitution en 1938 où elles se seraient trouvées en compagnie d'Églises de tendance libérale.

- L'Église Apostolique, pentecôtiste.

- La Mission Évangélique des Tziganes de France (MPEF)

- La Mission Populaire Évangélique de France (MPEF)

- L'Église de Dieu en France (EDF) pentecôtiste.

- L'Union des Églises Évangéliques de Réveil (UEER)

- La Congrégation de l'Armée du Salut (ADS)

- L'Union d'Églises Chrétiennes Évangéliques (UECE)

- La Communauté des Églises d'expression Africaine en France (CEAF)

- La Comunauté Évangélique Indépendante de Rochefort

- L'Union des Églises Évangéliques du Nazaréen (UEEN)

- Le Centre Missionnaire Évangélique de Bretagne (CMEB)

- L'Église Protestante Malgache de France (EPMF-FPMA)

- La Communion des Églises de l'Espace Francophone (CEEF)

- La Communion d'Églises Protestantes Évangéliques (tCEPEE)

- L'Union d'Assemblées Protestantes en Mission (UAPM)

- L'Union des Fédérations Adventistes de France (UFA)

- L'Union des Églises Foursquare-France (UEPFF)

Le pasteur Marc Boegner en a longtemps été le président respecté et très écouté. On le nommait même (gentiment) le « pape » des protestants !

 

Le « Christianisme social »

 

Mouvement parallèle  à celui du Catholicisme social, son idée fondamentale est que l'idéal concret d'amour du prochain n'est pas réservé à des « oeuvres » spécialisées, mais représente le fondement même du christianisme intégral.

La solidarité entre « classes sociales » naît dans un monde et un protestantisme dirigés par les notables : un seul Dieu, un seul Christ, un seul monde à sauver dans son corps et dans son âme. Se préoccuper de l'estomac vide d'un homme autant que de son cœur vide, lui faire laver ses mains sales autant que son âme...

Ainsi l'École du service social ouverte à Paris par Paul Doumergue et d'où devaient sortir ce que l'on pourrait appeler les premières assistantes sociales qualifiées.

Mentionnons aussi Tommy Fallot qui fut pasteur de la Chapelle du Nord dans le Xe arrondissement de Paris.

L'Armée du salut, fondée en Angleterre, lança le slogan des « 3 S » : Soupe, Savon, Salut.

 

Albert Schweitzer. Théologien, philosophe, musicien, médecin. Il quitta Strasbourg et une brillante carrière professorale et d'organiste pour fonder à Lambaréné au Gabon un hôpital tout particulièrement ouvert à population déshéritée. Il y promut aussi une théologie libérale du respect de la vie qui redevient en ce début de XXIe siècle particulièrement inspirante.

 

La « Brigade de la Drôme »

 

Dans l'entre-deux-guerres, sous l'influence d'un groupe de jeunes pasteurs dynamiques : Édouard Champendal, Henri Eberhardt, Pierre Caron et Jean Cadier, un mouvement spirituel, dit de « Réveil », se produisit dans les paroisses de Dieulefit, Vinsobres, La Motte Chalencon et leurs environs.

Ce mouvement était de théologie tout à fait calviniste. Les études bibliques qu'il promouvait étaient scientifiques, historiques et critiques et se différenciaient donc tout à fait du fondamentalisme du mouvement évangélique naissant. L'émotion qui gagnait les assemblées était maîtrisée et ne tournait pas à l'émotion charismatique comme c'était le cas à la même époque sous l'influence du pasteur Dallières dans la paroisse voisine de Charmes, en Ardèche.

Voici quelques mots de souvenirs qu'en écrivait dans les années 1960 l'un des « brigadiers », le pasteur Édouard Champendal

Le Réveil m'amena personnellement à adopter vis-à-vis de la Bible une attitude que ne m'avaient pas donnée mes maîtres. La Parole de Dieu devint vivante pour moi : je la relus avec passion, refaisant petit à petit mes études de théologie et tressaillant de joie devant Ses révélations [...]

 Nos voyages fous à travers les pays de langue française (France, Suisse, Belgique, Algérie) où nous présidâmes une centaine de missions de réveil, de nombreuses réunions pastorales, tout en demeurant en contact avec nos paroisse drômoises sur lesquelles nous nous repliions régulièrement et qui acceptaient avec quelques difficultés nos déplacements. Temps béni, souvenirs émouvants et glorieux qui parlent encore à nos coeurs : Ardèche aux habitants des âpres ravins, Nîmes et sa jeunesse prenant d'assaut la table des enrôlements pour Christ, Val de Fressinières où il semblait qu'on revivait le temps de Félix Neff, Cévennes embrasées par l'Esprit, temples et collégiales de Suisse où les foules se pressaient avides du message du renouveau, Dar Naama, vieux repaire de corsaires algériens transformé en lieu de prière où l'on s'abandonne au Dieu qui sauve toujours.

Peu importe, dès lors, les fatigues des longs voyages nocturnes, l'inconfort des compartiments de chemins de fer, nous irons des rives de la Méditerranée à celles de l'Océan et de la Manche et des mers aux plaines de Belgique et aux monts neigeux de Suisse, porteurs du message :
« Dieu ne se contente pas de ce que vous êtes », « il faut que tout change », « Lui, Dieu, n'a pas changé ».

Nous nous jetterons à genoux dans la sacristie de tel temple parisien avant d'affronter, insuffisamment préparés, un auditoire étonné ; nous verrons accourir des foules importantes que des trains spéciaux déverseront dans telle localité du Jura bernois où la présence des Brigadiers est un évènement, et, à Genève, l'immense salle de la Réformation connaîtra des bousculades à l'ouverture de la première réunion.

C'est cependant à la Drôme que nous avons consacré notre action première en parcourant chacune des paroisses des Brigadiers. Oh ! Ces journées où nous partagions la vie de nos paroissiens agriculteurs, logeant dans de pittoresques chambres où le lit au matelas plein de son était dressé au milieu des sacs de récoltes. Humbles temples éclairés à l'acétylène où se pressait un auditoire parfois fatigué par les travaux des champs, mais toujours avide d'écouter

 

 

Le mouvement œcuménique

 

Il naquit à Édimbourg en 1910 lors de la conférence des Sociétés de Missions protestantes. La tendance était à l'union des jeunes Églises fondées, outre-mer, par les diverses sociétés de mission. On entendit des paroles prophétiques et pathétiques, telles celles du délégué chinois, le Dr Chang : Il conjura les missionnaires d'Europe et d'Amérique de renoncer, en champ de missions, à leur barrières ecclésiastiques, explicables par l'histoire locale de leurs Églises, mais incompréhensibles pour ceux qui entendaient pour la première fois le message de l'Évangile.

Voir Édimbourg 1910

Luthériens, réformés, méthodistes, baptistes, anglicans de la haute et de la basse Église, tous écoutaient. En évoquant la vie dans leurs champs de missions, ils réalisaient l'absurdité de ces cloisonnements ; ce fut un instant d'une intense émotion. L'unité fraternelle et spirituelle de l'Église bouleversait les coeurs.

A Stockholm en 1925, après la guerre, un même sentiment d'unité fraternelle et de besoin de demeurer ensemble se fit sentir lors de la première conférence du mouvement Life and Work (vie et travail) réunissant 600 délégués préoccupés justement de christianisme social.

A Lausanne en 1927, le mouvement Foi et constitution organisa une réflexion commune sur la question de la confession de foi de l'Église, où participaient pour la première fois les orthodoxes du patriarcat de Constantinople.

A Oxford en 1937, les deux mouvements Life and Work et Foi et Constitution se réunissaient et prenaient, dans un grand élan, la décision de créer un Conseil Oecuménique des Églises

A Amsterdam en 1948, 1ère Assemblée générale du Conseil oecuménique. Celui-ci vit enfin le jour après la Seconde guerre mondiale. 146 Églises y ont pris part, surtout européennes ; mais avec la présence de l'Église orthodoxe du patriarcat de Constantinople et des observateurs catholiques.

A Evanston en 1954, 2e Assemblée générale du Conseil oecuménique. 161 Églises membres. Les Églises américaines eurent une représentation nombreuses et importante.

A New Delhi en 1961, 3e Assemblée générale, ce fut l'entrée remarquée des Églises du tiers monde, de tous les orthodoxes, y compris du patriarcat de Moscou : en tout 198 Églises.

A Upsaal en 1968, 4e Assemblée générale l'assemblée fut centrée sur l'engagement dans la vie du monde, le respect des droits de l'homme. 235 Églises. Participation importante d'« observateurs » catholiques.

Nairobi en 1975, 5e Assemblée générale. Ce fut l'assemblée de l'antiracisme, de la solidarité avec le Tiers-monde ; les délégués soviétiques y furent critiqués au sujet des droits de l'homme.

Vancouver en 1983, 6e Assemblée générale. 301 Églises. On s'y réjouit de la publication d'un document, le « BEM » (Baptême, Eucharistie, Ministère) dont on espérait qu'il serait universellement reconnu et serait un jalon dans le rapprochement théologique des Églises, y compris de l'église catholique. Mais le BEM fut rapidement oublié.

A Camberra, Australie en 1991, 7e Assemblée générale où une déléguée coréenne, Mme Chung suscita une émotion considérable en demandant à toute l'assemblée de se déchausser pendant qu'elle dansait, elle aussi pieds nus vêtue d'une grande robe blanche, et en invoquant, à la manière chamanique, les esprits souffrants des animaux marins mazoutés, de la forêt amazonienne détruite etc.

A Harare, Zimbabwe, en 1998, 8e Assemblée générale. 339 Églises.

A Porto Alegre, Brésil, en 2006, 9e Assemblée générale une attention renouvelée a été portée à la spiritualité, la formation oecuménique, la justice globale ainsi qu'au témoignage prophétique. 348 Églises. 4000 participants, des observateurs venus du mond eentier. 

A Busan (République de Corée) du 30 octobre au 8 novembre 2013. 10e Assemblée générale. Le thème en est : « Dieu de la vie, conduis-nous vers la justice et la paix ».

 A Karlsruhe, en Allemagne, du 31 août au 8 septembre 2022, 11e Assemblée générale Le thème est : « L'amour du Christ. »

Aujourd'hui le Conseil oecuménique des Églises est une communauté de 349 Églises. Elles sont réparties dans plus de120 pays sur tous les continents et représentent pratiquement toutes les traditions chrétiennes. L'Église catholique n'est pas membre mais elle collabore activement avec le COE.

 

Œcuménisme avec l'Église catholique

Le Mouvement de l'Amitié surtout présent dans les milieux enseignants a préfiguré l'« amitié » entre catholiques et protestants et des relations de confiance mutuelle se sont nouées dans les camps de prisonniers pendant la 2e guerre mondiale. Mais jusqu'au concile de Vatican II convoqué par le pape Jean XXIII, les relations entre catholiques et protestants étaient mauvaises.

Chacun déconsidérait la foi et la doctrine de l'autre ainsi que sa sincérité. Un mariage mixte, par exemple était dramatique. S'il avait lieu au temple, le conjoint catholique était excommuniéet privé de messe d'enterrement à sa mort. S'il avait lieu à l'église le prêtre ne bénissait pas l'alliance du conjoint protestant et les cloches ne sonnaient pas. La brouille s'installait parfois entre les familles. Le protestant qui se convertissait au catholicisme était rebaptisé (le dernier exemple en fut celui, très scandaleux à l'époque, de la princesse Irene des Pays-Bas, devenue catholique pour épouser un prince espagnol catholique).

Le concile de Vatican II (1962-65). Cette atmosphère tendue a radicalement basculé, pratiquement du jour au lendemain. Découverte mutuelle, sourires fraternels, invitations chaleureuses. De multiples « cercles oecuméniques » de réflexion mutuelle se sont créés.
Célébrations oecuméniques de mariages, de baptêmes, d'enterrements. Échanges réguliers de chaire entre pasteurs et prêtres. Hospitalité eucharistiques où les protestants étaient invitrés à communier lors des messes catholiques (les catholiques sont toujours invités à la sainte cène protestante qui est, par nature ouverte à tous).

Jean-Paul II a « resserré les boulons ». Les relations se sont largement distendues. Les échanges de chaire, les célébrations communes sont devenues rares. L'hospitalité eucharistique a pratiquement disparu. Les parrains et marraines protestants ne sont plus guère acceptés lors des baptêmes célébrés à l'église catholiques. Le pasteur prêchant à la messe lors de la Semaine de l'Unité (lorsque cela se fait encore) ne dit plus l'« homélie » réservée au prêtre mais n'a droit officiellement qu'à une « prise de parole »... Néanmoins les drames familiaux d'autrefois ne ressurgissent heureusement pas et une relation amicale subsiste entre protestants et catholiques.

 

La communauté de Taizé

Elle a été fondée en 1944 par le pasteur Roger Schutz, désireux de mener une vie communautaire, oecuménique et altruiste. Son ouverture à des rites catholiques (agenouillement, cierges) dans une libre recherche d'esthétique et de spiritualité a dans un premier temps surpris et séduit une grande partie du protestantisme. Les pasteurs aimaient lire son excellente revue Verbum Caro.

Les immenses rencontres de jeunes de toutes dénominations et de tous pays, le désir d'un oecuménisme total de son fondateur qui se faisait désormais appeler « Frère Roger » ont à nouveau surpris. La Communauté qui était membre de la Fédération Protestante de France s'en est retirée pour se rapprocher de l'Église catholique. Max Thurian, son numéro 2 a été ordonné prêtre catholique et Frère Roger s'est peut-être converti lui-même au catholicisme. Actuellement la Communauté est dirigée par Frère Aloïs qui est un catholique allemand.

 

Le renouveau théologique

 

Karl Barth. Les conceptions « libérale » et « orthodoxe » traditionnelles mentionnées dans le chapitre consacré au XIXe siècle ont, au cours du XXe siècle, progressivement perdu leur dynamisme entraîneur. L'influence du théologien de Bâle Karl Barth les a toutes deux largement remplacées.
Il s'opposait au libéralisme au nom d'un Dieu qui n'est pas l'invention de notre coeur mais a une existence en-soi, objective, « tout autre », que la raison ne peut concevoir; nos plus hautes pensées, notre religion la plus noble ne peuvent qu'obscurcir la vérité en nous détournant du vrai Dieu.
Il réagissait également contre l'orthodoxie en l'obligeant à redécouvrir la présence éblouissante de Dieu lui-même plutôt que des dogmes froids. Le dynamisme de la Parole de Dieu ne pouvait manquer de mettre les fidèles en mouvement bien que plus les sentiments libéraux ou la doctrine orthodoxe.

 

Le Renouveau biblique. Sous l'impulsion notamment de Suzanne de Diétrich, il a triomphé dans les années 1960-70 avec une énorme multiplication de groupes d'études bibliques, très fréquemment oecuméniques. Les « Équipes de recherche biblique » animées par Françoise Smyth-Florentin, Pierre Geoltrain et d'autres, multipliaient week-ends et sessions, s'émerveillaient du texte tel qu'il était, avec toutes les ressources de la science moderne.

 

L'Église réformée de France

 

Elle fut constituée en 1938, après cinq ans de négociations, par la fusion des Églises réformées (libérales), des Églises réformées évangéliques (orthodoxes), de la moitié des Églises libres et des Églises méthodistes. Certains libristes et méthodistes qui n'ont pas rejoint l'E.R.F. ont constitué leur propre organisation ecclésiastique indépendante. Une minorité d'orthodoxes stricts (15 %) n'acceptant pas l'union avec les libéraux s'est regroupée dans les Églises réformées évangéliques indépendantes (E.R.E.I.) surtout dans le Midi.

Le compromis qui permit cette unité est le suivant : la confession de foi votée au synode de 1872 est complétée et doit être lue lors de la consécration des pasteurs, ce qui donne satisfaction aux orthodoxes ; mais, ce qui la rend acceptable par les libéraux, est qu'elle sera précédée du « préambule » suivant :

« ...Vous lui donnerez votre adhésion joyeusement, comme une libre et personnelle affirmation de votre foi. Sans vous attacher à la lettre de ses formules, vous proclamerez le message de salut qu'elles expriment ».

 

Déclaration de foi de l'Église réformée de France :

Au moment où elle confesse sa foi au Dieu souverain et au Christ  Sauveur, l'Église réformée de France

Éprouve, avant toutes choses, le besoin de faire monter vers le Père des miséricordes le cri de sa reconnaissance et de son adoration.

Fidèle aux principes de foi et de liberté sur lesquels elle est fondée,

dans la communion de l'Église universelle, elle affirme la perpétuité de la foi chrétienne, à travers ses expressions successives, dans le Symbole des Apôtres, les Symboles oecuméniques et les Confessions de foi de la Réforme, notamment, la Confession de La Rochelle ; elle en trouve la source dans la révélation centrale de l'Évangile : « Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. »

Avec ses Pères et ses Martyrs, avec toutes les Églises issues de la Réforme,

Elle affirme l'autorité souveraine des Saintes Écritures telle que la fonde le témoignage intérieur du Saint-Esprit, et reconnaît en elles la règle de la foi et de la vie ;

Elle proclame devant la déchéance de l'homme le salut par grâce, par le moyen de la foi en Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, qui a été livré pour nos offenses et qui est ressuscité pour notre justification ;

Elle met, à la base de son enseignement et de son culte, les grands faits chrétiens affirmés dans l'Évangile, représentés dans ses sacrements, célébrés dans ses solennités religieuses et exprimés dans sa liturgie.

Pour obéir à sa divine vocation, elle annonce au monde pécheur l'Évangile de la repentance et du pardon, de la nouvelle naissance, de la sainteté et de la vie éternelle.

Sous l'action du Saint-Esprit, elle montre sa foi par ses oeuvres : elle travaille dans la prière au réveil des âmes, à la manifestation de l'unité du Corps du Christ et à la paix entre les hommes. Par l'évangélisation, par l'oeuvre missionnaire, par la lutte contre les fléaux sociaux, elle prépare les chemins du Seigneur jusqu'à ce que viennent, par le triomphe de son Chef, le Royaume de Dieu et sa justice.

A Celui qui peut, par la puissance qui agit en nous, faire infiniment au-delà de ce que nous demandons et pensons, à Lui seul soit la gloire, dans l'Église et en Jésus-Christ, de génération en génération, aux siècles des siècles ! Amen !

 

On pourra la comparer à la confession de foi votée en 1872 qui provoqua le schisme entre orthodoxes et libéraux. Celle-ci se trouve dans le chapitre concernant le XIXe siècle.

 

La lutte anti-nazie, la Cimade

 

Le pasteur Marc Boegner, Président de la Fédération protestante de France, manifeste, au moment de la guerre, au nom du protestantisme, une présence critique auprès du régime de Vichy et du maréchal Pétain. En 1941, il écrit deux lettres dont le retentissement est important. Il y exprime la « douleur » ressentie à voir « une législation raciste introduite dans notre pays et à constater les épreuves et les injustices sans nombre dont elle frappe les Israélites français ». L'année suivante, la « rafle du Vel d'Hiv » et la « livraison » des Juifs étrangers à l'Allemagne amènent une nouvelle protestation. Un déclaration de l'E.R.F. en faveur des Juifs est, d'autre part, lue dans la plupart des temples de cette Église lors du culte du dimanche.

La Cimade (Comité Inter-Mouvements Auprès Des Évacués) fut créée par les mouvements de jeunesse protestants pendant l'exode de 1940 pour aider les réfugiés évacués des provinces du nord ; elle s'occupa pendant l'occupation des camps organisés pour les Juifs. Des « chaînes » de secours et d'hébergement organisent la fabrication de faux papiers et le passage de fugitifs vers la Suisse et l'Espagne. Les Cévennes et la bourgade du Chambon-sur-Lignon deviennent, pour les Juifs et les Allemands antinazis, une terre de refuge. Les maquis de cette région et ceux de la Drôme comportent une forte proportion de protestants.

A la libération, la Cimade s'occupera pareillement des collaborateurs emprisonnés. Pendant la guerre d'Algérie elle organisera le visite des camps d'assignation à résidence pour les algériens suspects et en 1962 pour les emprisonnés de l'OAS. Aujourd'hui elle s'occupe des sans papiers et de plusieurs projets de coopération dans les pays du tiers-monde.

 

L'autonomie des Églises coloniales

La Société des Missions, qui gérait depuis ses bureaux 102 boulevard Arago à Paris les Églises d'Afrique,n de Madagascar, d'Indochine et de Tahiti a réussi à en former les pasteurs et les fidèles dans un esprit de propre responsabilité, de sorte que toutes ces Églises ont acquis leur indépendance avant que la décolonisation politique soit possible.

L'aide en argent et en hommes continuait à être fraternellement apportée à ces Églises mais sous leur propre direction. Pour le manifester la Société des Missions modifia ses statuts pour tenir compte de son nouveau fonctionnement et prit le nom de DEFAP (Département Évangélique d'Action Apostolique).

 

Nombre actuel des protestants

 

Les diverses Églises protestantes recensent actuellement de 700 000 à un million de membres, soit 1,5 % de la population française. Cette stagnation relative s'explique par la forte croissance de la population catholique et musulmane en France. Depuis plusieurs décennies le protestantisme historique s'affaiblit numériquement en raison de l'amenuisement de la population rurale, de la multiplication des mariages mixtes, de la dissémination généralisée, de la rareté des signes et des lieux de ralliement dans les grandes villes et leurs banlieues, des problèmes financiers des paroisses. Seules les vocations pastorales ne font jamais défaut, en partie grâce au nombre croissant de jeunes femmes pasteurs.

Les pratiques, en revanche, collectives et individuelles, continuent à s'éroder : 15 % des protestants allaient au culte en 1946 ; 6 % à le faire en 1992. Un  sondage de 1995 révèle que 26 % d'entre eux ne prie jamais, que 34 % ne  lisent jamais la Bible et que 22 % sont réservés vis-à-vis de l'éducation religieuse des enfants.

Une donnée très différente attire également l'attention : dans de récentes enquêtes, une part grandissante des sondés affirment leur sympathie ou leur proximité à l'égard du protestantisme. Ils sont 4,5 % à le faire en mars 1980 (IFOP) et 6 % à estimer en 1994 (CSA) que le terme de protestant les caractérise « très bien » ou « assez bien », non compris les 2 % qui se disent de religion protestante. 11 % des 1500 protestants interrogés dans la région Rhône-Alpes en 1990, pour une enquête sociologique, déclarent qu'ils sont devenus protestants à la suite d'une conversion.

Cette sympathie est due au sens protestant de la tolérance, à son attachement à la liberté et à la laïcité. Le protestantisme bénéficie aussi, comme malgré lui, de la déception qu'entraînent chez certains catholiques des pontificats antimodernes comme ceux de Pie IX , de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Il faut évidemment mentionner également le mariage des pasteurs, l'accès des femmes au ministère, la liberté en matière de morale sexuelle et conjugale (contraception, avortement, divorce, homosexualité).

Ces sympathisants du protestantisme ne rempliront, sans doute, jamais les temples, mais ils contribuent à étendre l'audience, et donc l'influence des idées, des valeurs et d'une atmosphère protestantes en France.

 

Les évangéliques

 

On englobe sous ce terme toutes les mini Églises, très ferventes, très chaleureuses, séparées des Églises « historiques » qu'elles jugent trop laxistes, insuffisamment « converties ». Leurs appellations sont très variées ; leurs fidèles aiment à se dire tout simplement « chrétiens ».
Leurs doctrines nesont en général pas particulièrement originales. Elles se caractérisent plutôt par l'exubérance de leur culte, de leur insistance sur la conversion personnelle (la « nouvelle naissance » manifestée par un baptême par immersion à l'âge adulte), un prosélytisme systématique et une attitude en général « fondamentaliste ». Ce sont des communautés de purs qui se séparent d'un monde extérieur présenté comme pécheur, froid, menaçant, soumis à Satan.
Certaines ont demandé leur admission dans la Fédération Protestante, d'autres non. Elles sont souvent très anti-oecuméniques.

Le fondamentalisme. Il s'agit d'un radicalisme présent dans toutes les religions et toutes les philosophies. Le fondamentalisme protestant est né aux États-Unis dans la première moitié du XXe siècle et a rapidement gagné le monde entier, y compris la France. Il refuse de mettre en question les « fondements » du christianisme que sont, à ses yeux, les grands dogmes traditionnels de la Trinité, de la divinité de Jésus-Christ, du salut par le sang de la croix. Il y ajoute l'affirmation que la Bible est la « Parole de Dieu » transmettant une vérité absolue dans tous les domaines : historique, géologique, archéologique etc. Il faut sauver le monde qui est perdu et attendre le Retour du Christ et la fin du monde qui sont proches.

 

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