Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


Spiritualité des images

 

 

 

Edward Burne-Jones : Laus Veneris 1873-78

 

Beauté, morale et volupté

dans l’Angleterre d’Oscar Wilde

 

 

Exposition au musée de Paris-Orsay

jusqu’au 15 janvier 2012

ensuite au Fine Arts Museum, San Francisco

du 18 février au 17 juin 2012

 

 

Gilles Castelnau

 

20 septembre 2011

Cette étonnante exposition a été composée dans le très british musée Victoria and Albert de Londres, qui est renommé pour son don de pédagogie. Ses conservateurs s’efforcent toujours – il est vrai que les autres grands musées londoniens le font aussi – de faire revivre pour leurs visiteurs l’atmosphère d’une période de l’histoire de l’Angleterre en se référant et en présentant toutes les connaissances historiques, sociales, religieuses de l’époque concernée.

Il s’agit de découvrir l’immense mouvement de révolte politique, éthique, sociale et esthétique bien sûr qui s’est développé en Angleterre en contre-point du conservatisme poussiéreux d’ordre et de moralité du long règne étouffant de la reine Victoria sous le nom de « aesthetic movement ».
C’est d’ailleurs ce titre que le conservateur anglais, Mr. Stephen Colloway a choisi pour l’exposition du « V & A » :
« The Cult of Beauty ; The Aesthetic Movement, 1860-1900. »

Yves Badetz, conservateur de l’exposition du musée d’Orsay, a voulu, à juste titre, donner un fil conducteur à cet ensemble qu’il a centré sur le personnage emblématique d’Oscar Wilde, dandy raffiné et héraut de la beauté. Une vitrine l’évoque avec ses cheveux longs, ses bas de soie et son costume de velours.

Nous avons estimé, dit Yves Badetz, que Wilde était la figure la plus controversée et la plus sulfureuse de l’époque. Celle qui représentait le mieux, tant par sa personne que par ses œuvres, la transgression morale et les ambivalences sexuelles portées par ce courant. » Et il ajoute : « Ces tableaux n'ont pas de sujet, pas de morale, juste une sensibilité voire une sensualité. »

Yves Badetz a recopié nombre de ses pensées originales et surprenantes sur tous les murs de l’exposition et leur variété même fait écho à l’incroyable diversité de tous les objets présentés qui fait tourner la tête du visiteur.

En voici quelques exemples particulièrement bien venus :

L’art ne doit jamais chercher à être populaire ; c’est au public à se faire artiste lui-même.

Il y a quelque chose d’affreusement morbide dans cette manie qui sévit aujourd’hui de s’identifier à la douleur. On devrait s’identifier à la couleur de la vie, à sa beauté, à sa joie. Moins on parle de ses plaies, mieux on se porte.

La beauté a autant de significations que l’homme a d’humeurs. La beauté est le symbole des symboles. Elle révèle tout, parce qu’elle n’exprime rien. Quand elle paraît, elle nous montre le monde entier éclatant de couleurs.

On devrait soit être une œuvre d’art, soit en porter une.

Fougueuse protestation, [...] courageuse tentative de remettre la Nature à sa place.

 

Il est vrai que de notre côté de la Manche la morale bourgeoise était également fort stricte et enfermée sur elle-même au point qu’un esprit de libération se faisait, à sa manière, également sentir. Théophile Gautier s’écriait :

L’art pour l’art !

Et il ajoutait  :

Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien, tout ce qui est utile est laid.

Charles Baudelaire, Victor Hugo, Théodore de Banville lui emboitaient le pas, se libéraient des règles courantes morales et religieuses et s’enthousiasmaient d’une liberté préoccupée seulement d’une élévation de pensée magnifique.

 

John William Waterhouse : Sainte Cécile 1895

 

La légende de sainte Cécile affirme qu'en allant au martyre elle entendit une musique céleste. La scène heureuse et paisible de John Waterhouse n’a rien retenu de ce tragique... sauf la céleste musique de deux charmants anges musiciens. Tout ici est harmonie, beauté, imagination raffinée... bien loin du martyre !

Yves Badetz a choisi de mettre ce tableau pour illustrer le titre de l’exposition « Beauté, morale et volupté ».

« Beauté » sans doute. Les couleurs sont fraiches, une fontaine coule, les fleurs sont partout, en arbustes, isolées dans l’herbe, et l’horizon s’ouvre sur la mer étincelante avec des barques qui ressemblent à des gondoles vénitiennes. Les anges sont de jolies filles bien coiffées leurs ailes sont diaprées et leurs visages doux et paisibles. Comme celui de la sainte. Qui ne semble d’ailleurs guère être une sainte. Une fiancée frustrée de l’absence de son bien-aimé peut-être ? Elle rêve, elle médite. Elle ne lit pas son magnifique livre aux splendides enluminures.

« Morale et volupté » ? A quoi rêve donc la belle Cécile ? Ses pensées s’émancipent-elles des choses célestes malgré la douce présence des anges ? Et d’ailleurs sont-ce vraiment des cantiques que lui chantent ces deux jolies filles à la mine ambiguë ou des chansons d’amour ?

Qu’en pensaient les Anglais victoriens serrés dans leurs stricts vêtements aux couleurs sombres ?

 

James Whistler : Symphonie en blanc, 1862

 

Cette jeune femme sans grâce dont une symphonie de blanc (jusqu’au lys dans sa main) désigne évidemment la pure chasteté présente, nous regarde de ses grands yeux bleus inexpressifs dans un visage immobile. A quoi fait-elle penser les visiteurs de l’Angleterre puritaine ?

On fait remarquer la tête de loup sous ses pieds dont les yeux ouverts fixent eux aussi le visiteur d’un regard violent et sa gueule rouge flamboie (on la voit mal sur cette petite reproduction). Les fleurs du tapis sont d’un rouge vif. Cette « symphonie en blanc » est-elle vraiment virginale ou infiltrée d’une « volupté immorale » ?

 

John Everett Millais  : Louise Jopling 1879

 

La reproduction rend très mal la fière stature de cette jeune femme dont l’allure retenue ne voile guère une assurance intérieure puissante et dynamique que les hommes de la société machiste ne pouvaient certainement pas manipuler facilement !

 

.

 

Et c’est, à la manière du V & A, un ensemble un peu hétéroclite de tableaux, bien sûr, mais aussi de sculptures (le fameux Eros de Piccadilly circus), de meubles, de services à thé, de vêtements, de meubles, de céramiques, de tentures et de papiers peints, 250 œuvres en tout qui nous font revivre la créativité remarquablement inventive de ces Anglais qui remplaçaient dans leurs salons les meubles prétentieux et ennuyeux de l’époque des éléments fantastiques et nouveaux.

Sir Lawrence Alma-Tadema : fauteuil

 

Théière

 

Edward William Godvin : buffet japonisant

 

Retour vers spiritualité des images
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.