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La cellule d’or, 1892-93

 

« Odilon Redon, Prince du Rêve »

 

 

Paris, Grand palais
jusqu’au 20 juin 2011

Montpellier, musée Fabre
du 7 juillet au 16 octobre 2011

 

.

 

Gilles Castelnau

 

24 mars 2011

C’est une exposition grande et belle, comme toujours au Grand palais. Mais les nombreux fusains et lithographies de la première partie, les « noirs » comme Odilon Redon aimait les appeler, mystérieux, inquiétants créent une atmosphère déconcertante qui se traduit par un silence inhabituel, accentué par l’épaisse moquette et renforcé par la demi-obscurité ambiante. La seconde partie avec les pastels et les peintures à l’huile aux charmantes couleurs vives ne rassure que partiellement, les sujets étant encore et toujours énigmatiques, fantasmatiques et oniriques.

Mon père me disait souvent : « vois ces nuages, y discernes-tu comme moi des formes changeantes ? » et il me montrait alors dans le ciel muable, des apparitions d’êtres bizarres chimériques et merveilleux.   Odilon Redon, à soi-même

 

Le Diable enlevant une tête, 1876

 

Odilon Redon est un bourgeois, menant une vie paisible et aisée entre sa propriété familiale de la région de Bordeaux et son appartement du 8e arrondissement de Paris. Il est un peintre à succès, fait des expositions de ses œuvres (il a bénéficié d’une salle entière au Salon d’automne de 1904), voyage en Belgique et aux Pays-Bas pour rencontrer ses clients. Il a la Légion d’Honneur, ne manque pas d’argent, fréquente les salon littéraires, rencontre le milieu artistique du Paris de la Troisième République.

 

Autoportrait, 1910

 

Son esprit plane néanmoins en permanence dans un monde parallèle fantasmatique où il rencontre des monstres sans doute gentils, inoffensifs et sans agressivité, mélancoliques certainement, inquiétant assurément.

« la nature normale n’existe pas »

Autant que Baudelaire, M. Redon mérite le superbe éloge d’avoir créé un frisson nouveau... Seul de tous nos artistes, peintres, littérateurs et musiciens, il nous paraît avoir atteint à cette originalité absolue qui, aujourd’hui dans notre monde si vieux est aussi le mérite absolu. Émile Hennequin, 1882

 

Caliban sur une branche, 1881

 

Il n’a pas inventé le personnage de Caliban, qui est un étrange personnage de William Shakespeare, un être hybride appartenant au monde végétal.

 

Araignée souriante, 1881

 

Ses « noirs » représentent à foison de petits êtres semblables à ceux que l’on découvre sous l’objectif d’un microscope. En effet un de ses amis, le botaniste bordelais Armand Clavaud, l’a intéressé à la science, la biologie, la botanique et la zoologie et notamment en attirant son attention sur la nouvelle théorie de Darwin qui venait de publier en Angleterre son Évolution des espèces qui passionnait – et scandalisait – tout Paris :
Si l’homme « descend du singe », il a aussi pour origine quantité d’êtres vivants inconnus et extraordinaires qu’Odilon Redon imagine comme nous le voyons bien et qu’il situe dans le même univers alternatif entre ciel et terre que les diables, les araignées souriante ou qui pleure, que les corbeaux, Caliban et... les visages sereins de notre monde qui plongent certainement plus profond qu’on ne peut penser.

 

Deux jeunes filles en fleurs

 

En 1890 Odilon Redon abandonne ses fusains « noirs » et plonge avec joie dans le monde de la couleur. Les visages qu’il contemple et nous montre n’en sont pas moins intériorisés en une méditation étrange et prenante.

Tout se crée par la soumission docile à la venue de l’inconscient. 1898

 

Portrait de la baronne Robert de Domecy, 1900

 

Le conservateur, commissaire de l’exposition Rodolphe Rapetti a eu l’idée étonnante (exposée dans le hors série de Télérama consacré à Odilon Redon) de nous suggérer de cacher de la main la moitié gauche de ce tableau. Le portrait paraît alors comme une représentation tout à fait traditionnelle d’une dame élégante de la bonne société. Mais, fait remarquer fort justement le commissaire, si vous écartez ensuite votre main et regardez le ciel de la moitié gauche, « la baronne se voit soudain environnée de brumes et son regard se perd dans l’abstraction d’une contemplation métaphysique, tandis que la réalité de sa coiffure, de son vêtement, du fauteuil qui la porte, apparaît confrontée aux signes purement plastiques d’un univers étrange et indécis. »

 

Le Bouddha, 1905

 

 

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