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Spiritualité des images

 

 

Nature et idéal

le paysage à Rome

1600-1650

 

Paris - Grand Palais

jusqu’au 6 juin 2011

 

.

 

Gilles Castelnau

 

22 mars 2011

Annibal Carrache, l’Albane, Paul Bril, le Lorrain, Poussin et bien d’autres ont voyagé à Rome au 17e siècle, y ont habité et font tous partie de la même école résumée par la 2e partie du titre de l’exposition : le paysage à Rome. Ils nous offrent 80 tableaux que l’on a réunis sous le titre de nature et idéal.

La nature, en effet, y est reproduite avec un réalisme parfait, jusque dans les moindres détails.

L’idéal y est pourtant présent dans la mesure où, si l’on veut bien y prêter attention, personne n’a jamais vu nulle part une des scènes qui sont ainsi représentées. Certes ces peintres ont sorti dans la campagne leurs carnets de croquis et en ont rapporté dans leur atelier les éléments qu’ils ont reproduits dans leurs tableaux. Mais justement c’est en atelier que cette « nature » a pris forme, en un travail de composition intellectuelle hautement élaborée.

 

Annibal Carrache, Paysage fluvial, vers 1590

 

Dans ce Paysage fluvial d’Annibal Carrache on est tout de suite saisi par la vigueur du grand arbre incliné au premier plan qui fait apparaître comme un minuscule insecte le batelier en blouse blanche que Carrache a placé juste à côté. En regardant mieux on découvre aussi dans la barque deux personnages lilliputiens devant des roseaux immenses. Ces humbles personnages faibles et insignifiants reçoivent de ce cadre prestigieux une grandeur qui magnifie leur humanité.

Tous ces tableaux représentent une nature immense et magnifique, aux larges horizons et aux ciels profonds dont la grandeur correspond au goût de l’époque. C’est à Rome, en effet, que se développe, dans la peinture ainsi que dans l’architecture des églises et des palais, dans leurs statues et leurs fresques, la magnificence puissante baroque.
Le « groupe des Bolonais » dirigé par les Carrache est caractéristique de cette pompe superbe qui saisit toujours les visiteurs de Rome à la vue de la décoration du Vatican, de sa colonnade, des églises et des statues du Bernin et de Borromini.

Rome, église du Jésus, la religion écrasant l’hérésie

 

L’ordonnance harmonieuse de la représentation de la nature dans tous les tableaux de cette exposition révèle la volonté d’équilibre et d’unité de la société romaine (et française) de ce 17e siècle où la pensée unique ne tolérait aucune déviation, aucune « hérésie », aucune branche morte dans la nature, aucune irrégularité inesthétique.

 

Jean-Baptiste Corot, le Chemin de Sèvres (1855-65)

 

La nature que peindra Corot au temps des impressionnistes paraît, par contraste beaucoup plus légère, charmante et souriante.

 

Le Lorrain, Paysage avec l’embarquement de sainte Paule à Ostie  (1639-1640)

 

Il en est de même avec la maigre silhouette de sainte Paule (dans le groupe en bas à droite) vêtue de la modeste robe grise du cloître qu’elle se dispose à rejoindre, qui reçoit honneur et admiration de de l’architecture magnifique et beignée de lumière à laquelle elle renonce pour sa foi.

 

Paul Bril, Vue du Campo Vaccino avec le marché aux bestiaux (1600)

 

La scène d’un marché aux bestiaux, vraisemblablement peu fréquenté par les riches acheteurs du tableau situe ces paysans dans le voisinage de ces colossales colonnes antiques et des vénérables ruines entourées de verdure devant de grands arbres et sous un beau ciel bleu que des oiseaux animent. La société est ainsi faite que sa réalité inclut dans la même harmonie les plus humbles toucheurs de bœufs à la grande noblesse des ruines, des arbres et du ciel.

Cette vision triomphale de la société ignorait tragiquement la réalité concrète de la grande pauvreté du petit peuple se débattant dans la misère.
Les 80 tableaux de l’exposition sont tous de la même veine. Il s’en dégage une atmosphère de pompe tranquille et immobile qui provoque chez le visiteur un sentiment mélangé d’admiration devant un monde aussi imposant et d’une sorte d’ennui que révèle les remarques griffonnées dans le cahier traditionnel disposé à la sortie où les « très belle exposition » alternent avec « exposition nulle », cette dernière remarque étant inhabituelle dans le prestigieux Grand Palais !

 

 

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