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Spiritualité des images 

 

« Autoportrait 1928


Charley Toorop

 

1891-1955

 

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

jusqu’au 9 mai 2010

 

.

 

Gilles Castelnau

24 février 2010

Cette exposition étonnante présente 85 œuvres de cette artiste hollandaise, presque uniquement des portraits tous semblables : une succession de visages fermés aux yeux fixes et aux traits figés, sans jamais un sourire ni une expression ouverte ou amicale.

 

« Autoportrait avec les trois enfants » : 1929

 

Le paroxysme de cet enfermement est atteint dans cet autoportrait où elle se représente en compagnie de ses trois enfants. Les deux garçons et la fille ne se regardent pas les uns les autres, ni ne voient leur mère. Celle-ci leur tourne même le dos et pense à autre chose. Aucun plaisir d’être ensemble, aucune chaleur entre eux – ni de dispute d’ailleurs ! Aucun ne sourit ni ne participe à la vie alentour. Les yeux de chacun sont fixés devant lui et aucun ne regarde dans la même direction. Les expressions sont peut-être interrogatives mais ne manifestent aucun sentiment, ni bonheur ni vie. Les couleurs sont froides, la lumière glacée.

 

Quelques années auparavant, Charley Toorop avait écrit :

« Je tiens à tout prix à peindre des choses qui rayonnent de bonheur. C’est-à-dire un bonheur qui rayonne de l’intérieur, sobre et silencieux. Je suis persuadée d’y arriver, d’ici à quelques années, si je trouve le calme et le cadre qui me conviennent et si j’atteins à une certains maturité intérieure » Lettre à Adriaan Roland Holst. Paris, 30 janvier 1921

Elle était persuadée d’arriver à rayonner de bonheur et manifestement cela n’a pas été le cas.

Alors que dans cet entre-deux-guerres la France s’amusait avec le dadaisme, secouait le joug du conservatisme avec les poésies de Prévert et s’efforçait de se libérer de l’angoisse de la guerre en dansant le charleston et en regardant la Revue Nègre de Joséphine Baker, la Hollande qui n’avait pas participé à la guerre était écrasée sous le poids du sentiment traditionnel de responsabilité personnelle et - forcément - de culpabilité du puritanisme protestant.
Manifestement Charley Torop a vécu toute son existence engoncée dans la vitrification calviniste qu’elle s’efforçait de secouer et qui la momifiait chaque jour davantage.

 

« Portrait des enfants » 1920

 

Elle exprimait pourtant une spiritualité certainement juste :

« (Je veux) donner à la vie sa forme pleine. Voir Dieu incarné, de quelque façon que ce soit, dans chaque élément de la matière. » Lettre à Albert Plasschaet, 15 mai 1926

Mais manifestement Dieu ne s’incarnait pas en elle ni en ses enfants et sa vie ne trouvait pas la « forme pleine » d’un « pécheur pardonné et dépréoccupé delui-même » comme l’enseignent les protestants.

Pourtant le commissaire de l’exposition, M. Gérard Audinet, a eu l’excellente idée d’afficher plusieurs photos de famille montrant Charley Toorop dans la jolie maison hollandaise qu’elle s’était fait construire, prenant le thé dans le jardin et des bains de soleil avec des amis. Scènes heureuses, détendues, apaisées. Et si certaines des personnes ainsi photographiées sourient ou ont au moins un regard amical, la plupart montrent néanmoins le visage grave et les yeux fixes -  finalement très angoissants - des tableaux de l’exposition.

 


« Autoportrait », 1953-54

 

A aucun moment de sa vie Charley Toorop ne semble avoir réussi à « Voir Dieu incarné, de quelque façon que ce soit »

 

 

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