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Spiritualité des images 

 


Abramovic Marina Abramovic, « Carrying the skeleton I »

2008

 


« C’est la vie »


vanités de Caravage à Damien Hirst



exposition au musée Maillol de Paris

jusqu’au 28 juin 2010

 

Gilles Castelnau

 

8 février 2010

Une inscription sur le mur met tout de suite le visiteur dans l’ambiance :

« L’an 2000 n’est pas marqué par les peurs de l’an 1000 mais par la présence ironique de la mort dans le monde de l’art... Comme si la mort désormais nous allait si bien ».

Et l'exposition nous enmène en plein délire.

Au temps du Caravage, on ne plaisantait pas avec la mort. L’exposition montre au 2e étage quelques uns des tableaux de cette époque.

 

Le Caravage, « Saint François en méditation », vers 1602

Les peintres catholiques représentaient saint François d’Assise, saint Jérôme, Marie-Madeleine contemplant toujours la tête de mort qui symbolise l’échéance de toute vie, l’impossibilité de conserver au-delà du seuil fatal ni prestige, ni richesse ni beauté et l’avantage de se confier dans les valeurs spirituelles de Dieu impérissables jusque dans la vie éternelle.

 

Giovanni Martinelli « Memento Mori », 1635

Les peintres protestants de l’Europe du Nord préféraient - mais l’intention était la même - représenter autour de la tête de mort les instruments de musique, plats d’argent, pipes et autres objets témoins de la vie terrestre luxueuse, confortable et cultivée qui n’aurait qu’un temps. On aimait la vie, on considérait que la vie chrétienne invitait à renoncer à ses plaisirs, on redoutait cette fin inéluctable.
Les catholiques promouvaient le renoncement, la pauvreté monastique et son ascèse, les dons généreux à l’église, les bonnes œuvres aussi à l’égard des pauvres. Saint Vincent de Paul enrôlait les dames dans les Filles de la Charité et portait secours aux misérables galériens.
Les protestants récusaient tous ces efforts en libres enfants de Dieu, assurés de leur salut gratuit et se mobilisaient pour construire une société dans laquelle chacun pourrait aimer la vie, sans excès ni démesure en prenant soin de son prochain.

Mais le commencement de l’exposition et sa plus grande partie concerne les productions de notre époque qui ne prétendent pas faire peur et encore moins tourner nos pensées vers les valeurs éternelles de l’au-delà.

 

Niki de Saint-Phalle « Tête de mort II », 1988

La mort y est moquée, caricaturée, exorcisée dans un rire grinçant et avec elle tout message religieux invitant à dépasser les plaisirs et les désirs quotidiens.

Les auteurs de ces œuvres sont-ils animés d’une grande force d’âme, d’un puissant courage leur permettant d’affronter sans faiblir la vie et ses malheurs ?

En détournent-ils les yeux, sans répondre aux questions éternelles de la vie, dans une dérision qui ne résout rien et ne pourra durer qu’un instant avant de peut-être succomber à une angoisse qu’ils n’auront pas appris à maîtriser ?

Ou peut-être se rendent-ils compte que toutes les réponses traditionnelles proposées par les églises, les synagogues, les mosquées et les pagodes ne leur paraissent aujourd’hui ni vraies, ni crédibles, ni valables. N’ayant rien à dire, rien à écouter, il ne reste qu’à se regarder soi-même dans une fausse tête de mort, finalement pas très féroce ?

Ou, dans une attitude de dépression et d'angoisse existentielle, reconnaîssent-ils que malgré notre science, notre niveau de vie, notre technologie et... notre affirmation de soi, nous sommes voués à n'être que de futurs squelettes.

 

John Armleder «Lubaantum », 2003

 

 

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