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SpiritualitÉ des images



  


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Duane Hanson, Deux ouvriers, 1993


Hyperréalisme


ceci n'est pas un corps



musée Maillol
jusqu’au 5 mars 2023



Gilles Castelnau

              




16 septembre 2022


C’est une exposition très étonnante et attachante, que nous propose le musée Maillol, après Bilbao, Canberra, Rotterdam, Liège et Bruxelles où elle a connu un grand succès.

40 « statues » hyperréalistes nous accueillent sous le titre « Ceci n’est pas un corps » emprunté à René Magritte : « Ceci n’est pas une pipe ». Rappelons-nous : la peinture représentait bien une pipe, mais justement, ce n’en était que la représentation et non la réalité.

Ces statues hyperréalistes sont tellement réalistes qu’on les prend pour des « vraies ».

 

Duane Hanson, Deux ouvriers, 1993

Les deux « ouvriers » - représentés ci-dessus en exergue, sont devant la porte d’entrée et… on s’y trompe ! Manifestement Duane Hanson les représente avec l’attention que d’autres portent à des personnalités importantes ou d’une esthétique exceptionnelle. Voyez : le réalisme est absolu, jusque dans les détails. Ils sont grandeur nature et  Duane Hanson les a même habillés de leurs propres vêtements.
Le cartel nous prévient :
« L’Américain Duane Hanson (1925-1996) immortalise ici deux employés d’un musée de Bonn, en Allemagne. Il a moulé leurs corps et les modèles lui ont fourni leurs propres vêtements ainsi que des cheveux et des poils leur appartenant. »


 

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Sam Jinks, Australie, Femme et enfant, 2010

Le visiteur est surpris de voir cette femme âgée dorloter un bébé avec attention et tendresse comme le ferait une jeune femme, mère de l’enfant. Certes elle suscite de la sympathie mais on demeure saisi et interrogatif. C’est évidemment ce que cherche l’auteur En attribuant ce rôle inattendu à une grand-mère, l’auteur cherche évidemment à nous faire réfléchir à nos habitudes courantes...



 

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Mel Ramos, USA, Chiquita Banana,  2007

 

La jeune femme, la voici. Elle ne berce pas d’enfant et se présente dans une féminité sexy.

Un cartel nous fait penser à Rodin et au Bernin si habiles à sculpter à la perfection de belles femmes. Mais si Mel Ramos est capable de réussir, lui aussi, une figuration admirable, ce n’est pas la beauté qui le motive. Son modèle est bien mal coiffée et pourquoi sort-elle d‘une peau de banane ? Comme la grand-mère précédente, elle ne remplit pas le rôle que l’on attend habituellement d’une belle fille.

 

Auguste Rodin écrivait :
« L’artiste digne de ce nom doit exprimer toute la vérité de la Nature, non point seulement la vérité du dehors, mais aussi, mais surtout celle du dedans. »  Mais quelle pourrait être la
vérité intérieure que Mel Ramos chercherait à exprimer ?

Quant au Bernin, également cité sur un des murs, pour la représentation parfaite de la beauté et de la noblesse à laquelle il parvenait, il s’enthousiasmait évidemment pour la noblesse de ses modèles qu’au contraire Mel Ramos semble mépriser.


 

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Marc Sijan, USA, Embrace, 2014



L’homme est gros et chauve, il est vieux et n’est guère appétissant et semble peu actif dans cet acte d’embrassade. La femme s’accroche à lui, immobile et passive. Ses yeux fermés suggèrent que ses pensées sont ailleurs. Pourtant leur nudité et leur contact suggèrent un acte sexuel. L’est-il vraiment ? Leur couple est certainement sympathique et le spectateur demeure interloqué.



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Zharko Basheski, Macédonien, Homme ordinaire, 2009-20010


 

Un commentateur parlait du « regard critique et sans sympathie » que jetaient ces sculpteurs sur leur entourage et leurs modèles. Pourtant le regard de détresse tourné vers le ciel de cet homme prisonnier du béton est un appel au secours qui ne laisse pas indifférent et éveille l’esprit de compassion du visiteur.


 

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Patricia Piccinini, Australienne, la Consolatrice, 2010

 

Patricia Piccinini suscite délibérément l’émotion du visiteur. Elle écrit :

« Je pense que les gens perçoivent mes créatures comme absurdes parce qu’elles ont l’air différentes, mais qu’en même temps elles leur sont familières. Je veux que les gens ressentent une sorte d’empathie à leur égard. »

Effectivement, comment resterait-on insensible devant cette jeune adolescente aux bras et aux jambes atrocement velues de poils noirs et qui caline avec tendresse un bébé monstrueux ? Quels extraordinaires sentiments d’apitoiement et de commisération v Patricia Piccinini éveille en nos cœurs. Quelle leçon d’humanité !

 


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Fabien Mérelle, France, Tronçonné, 2019


 

Quelle angoisse Fabien Mérelle réussit à représenter en ne craignant pas de se représenter lui-même gisant peut-être proche de la mort et faisant déjà partie d’un tronc d’arbre que l’on tronçonne.

Quelqu’un a dit de ces hyperréalistes : « Ils s’autorisent toutes les audaces ».

En effet et cette exposition est un véritable chemin de vie et d’humanité dont la violence conduit jusqu’à l’attendrissement.


 

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Andy Warhol, USA, Kazu Hiro, 2013

 

 

 

 

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