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SpiritualitÉ des images



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Feu d’artifice
, 1892-1895

 


Giovanni Boldini

1842-1931


Les plaisirs et les jours



musée  du Petit Palais

jusqu'au 24 juillet 2022


Gilles Castelnau

 

 

5 avril 2022

Giovanni Boldini arrive sans bagages en 1871 à l’âge de 29 ans dans une capitale qui émerge à peine du terrible chaos de la Commune.

 L’humble – mais très doué - peintre italien, parviendra en quelques années à devenir le portraitiste de toutes les belles femmes de Paris et à leur dicter même la mode du dernier chic. Il sera l’idole incontournable des femmes de la haute société et… de toutes les autres qui sont fascinées par l’image que ses portraits leur proposent.


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Berthe fumant,
1874

Sa jolie maitresse fumant une cigarette – quelle hardiesse ! - tranquillement allongée sur son canapé : décontraction souriante proposée à des femmes qui se croyaient obligées à demeurer guindées.


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 Le Printemps
, 1872

 

Avec son aide – elle va devenir sa muse - il peint des paysages paisibles et des scènes de genre harmonieuses. Il a du succès car les Parisiens sont heureux qu’on leur propose un tranquille monde de paix.


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Alice Regnault à cheval
ou L’Amazone, vers 1879

Alice Regnault était le nom d’actrice que s’était donné Augustine Toulet épouse de l’écrivain Octave Mirbeau. Lors du tableau elle a 30 ans. Son cheval, magnifiquement peint valorise sa belle prestance et son chapeau hardiment posé sur sa tête lui donne une allure libre et… cavalière !

 

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Scène de fête au Moulin Rouge, vers 1889

Le Moulin Rouge vient d’être inauguré. Sa clientèle est mêlée. La haute société vient s’y encanailler et les demi-mondaine y cherchent fortune. Pour Boldini le spectacle est dans la salle : on y boit, on y fume, on y fait la cour sans retenue. L’époque est heureuse et c’est dans cette ambiance de vitalité que Boldini cherche et trouve son succès.

« Boldini a été le vrai peintre de son époque : il peignait les femmes à bout de nerfs, surmenées, de ce siècle épuisant. […] Ces visions fulgurantes en zigzag tels des éclairs de chaleur tous ces frissons, ces trémoussements, ces crispations sont bien dans la note de ces temps de névrose. » (Sem. « Boldini par Sem ». Le Figaro, 1931


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Le Peintre John Lewis Brown avec sa femme et sa fille
, 1890


« Il faut en convenir, la société de 1900
était infiniment plus riche que nous d’ingénuité et d’enthousiasme. Rappelez-vous les Salons de peinture de l’époque. […] Quelles discussions autour des toiles à sensation, qu’il s’agisse d’une chevauchée de Detaille […] ou d’un portrait de Boldini » (Bob, « Les Gaîtés de la semaine » dans Le Journal amusant, 1931.

Ce tableau est si vivant qu’il donne l’impression que le peintre John Brown reconnaît et salue spontanément le visiteur. C’est le contraire d’un portrait posé.
Exposition universelle de 1889 : grand succès de grand portraitiste


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Portrait du comte Robert de Montesquiou, 1897


Boldini a une nouvelle maitresse
, la comtesse Gabrielle de Rasty. Elle l’encourage et l’introduit davantage dans la haute société. Le comte de Montesquiou est un bon exemple de ce monde superficiel et très prétentieux. Boldini le représentera, certes, avec ironie mais aussi avec un désir sincère de pénétrer et de révéler la profondeur de son âme.


Feu d’artifice, 1892-1895 tableau ci-dessus en exerge

Boldini enveloppe son charmant modèle du rayonnement de coups de pinceau qui prolongent et nimbent la blancheur de sa robe. Celle-ci s’en trouve en quelque sorte irradiée de lumière. Quelle femme ne s’émerveillerait pas de se trouver ainsi presque divinisée ?


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Portrait de Madame Speranza, 1899


Le cartel explique bien :

A la fin du XIXe siècle, Paris devient la référence mondiale de l’élégance et de la mode. Boldini est consacré « peintre de la femme » par le premier numéro de la revue Les Modes en janvier 1901. […] Sous son pinceau, on retrouve aussi bien le grand monde des princesses et des comtesses que le demi-monde des comédiennes et des danseuses. La mode n’est plus l’apanage des aristocrates.

Loin d’être simplement un peintre à la mode, Boldini est avant-gardiste ; c’est lui qui dicte la mode. Le figures les plus célèbres de la Belle Époque défilent dans son atelier […]. Avec leurs grands yeux frivoles, leurs corps aux lignes serpentines, leurs coiffures relevées et leurs visages maquillés, les femmes célébrées par Boldini deviennent un archétype, si bien que certaines se mettent à s’habiller « à la Boldini » ou à se soumettre à des cures d’amaigrissement pour ressembler à cet idéal. […]

Des critiques comme Arsène Alexandre et Camille Mauclair ont vu en lui l’un des rares artistes à avoir exprimé la vanité, la coquetterie d’âme, la névrose de ces temps décadents, « tout ce qui n’est pas la vie essentielle ». c’est précisément en cela que Boldini a été le vrai peintre de son époque.

Je ne saurais dire mieux que la finale de mon compte-rendu de l'exposition de Whistler au musée d'Orsay :

La « Belle époque » commence avec sa vitalité créatrice, sa richesse et… la pauvreté des milieux populaires.  Toulouse-Lautrec sera sensible à la misère du Paris de Pigalle et du Moulin Rouge et Degas en peindra les pauvres petites danseuses, ouvrant la voie à Picasso qui, peu après, peindra les Saltimbanques de sa période bleue.

Whistler représente le splendide et élégant Robert de Montesquiou-Fezensac qui assume sa richesse extravagante en regardant fixement le visiteur.  On se demandera d’ailleurs si ce regard ne manifeste pas – comme le faisait Mrs Frances Leyland - une sorte d’hésitation envers son propre style de vie et révèle un peu d’esprit d’humanité.

 

 

 

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