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SpiritualitÉ des images





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Symphonie en couleurs chair et rose.
Portrait de Mrs Frances Leyland,
1871

 


James McNeill Whistler


chefs-d'œuvre de la Frick Collection, New-York



musée  d'Orsay

jusqu'au 8 mai 2022


Gilles Castelnau

 

 

28 mars 2022


James McNeill Whistler (1834-1903) est un peintre américain qui a toujours vécu à Londres et à Paris. Paris de 21 à 25 ans, Londres ensuite et Paris de nouveau de 54 à 67 ans où il est retourné à Londres jusqu’à sa mort.

 

Ses œuvres sont notamment conservées dans l’impressionnante Frick Collection, constituée par le magnat de l’industrie américaine du même nom. Celle-ci est actuellement provisoirement fermée pour travaux d’entretien et 22 œuvres de Whistler dont plusieurs tableaux sont revenus pour l’occasion en Europe pour la première fois depuis 100 ans.


Paul Perrin, commissaire de cette petite exposition du musée d’Orsay nous fait découvrir cet étrange artiste.

Étrange car il n’était guère proche des impressionnistes français qui plantaient leurs chevalets dans la forêt ou sur le bord de la Seine pour saisir les nuances de la nature – bien qu’il ait exposé sa « Dame en blanc » (qui n’est pas présente à l’exposition) avec certains d’entre eux au premier Salon des refusés de Napoléon III en 1863.
Étrange aussi car il ne ressemblait guère aux préraphaélites anglais dont il récusait les couleurs brillantes, le « fini » des détails et les expressions humaniste et philosophique.


Symphonie en couleurs chair et rose.
Portrait de Mrs Frances Leyland
(1871).


Tableau placé ci-dessus en exergue.

Whistler est à Londres. Il peint l’épouse de Frederick R. Leyland, important propriétaire d’une entreprise maritime.


Cette œuvre est caractéristique du Mouvement esthétique qui provoquait le conservatisme victorien anglais en important de Paris la liberté intellectuelle d’une émancipation éthique. Les personnages de Whistler sont réduits à leur beauté et à leur libre spiritualité intérieure sans rien laisser paraître de leur éventuelle adhésion à la morale officielle de la Grande-Bretagne.


Ce portrait de Mrs Frances Leyland la montre dans une robe fleurie parmi les fleurs mais son attitude et son visage ne manifestent pas l’assurance que l’on pouvait attendre d’une personne de sa classe. Elle ne semble d’ailleurs ne manifester ni énergie, ni détermination mais la nostalgie qui fait penser à une adolescente punie.




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Symphonie en gris et vert : l’Océan, 1866


Le cartel dit :

Lors de la guerre de 1866 entre le Chili et l’Espagne, Whistler fait un incroyable voyage participant à une expédition à Valparaiso planifiée par d’anciens soldats américains confédérés (dont son propre frère), pour vendre des torpilles aux Chiliens. Le projet avorte, mais l’artiste reste à Valparaiso d’où il ramène une série de marines qui ne laissent rien deviner des bombardements de la ville par les Espagnols, dont il a été témoin.

La mer et le ciel se fondent dans la morosité du même gris. Aucune vie, rien ne bouge dans cette scène, à part une petite vaguelette le long de la jetée. La violence de la guerre qui n’est pas représentée fait penser que l’immobilité de la femme du tableau précédent cache peut-être la violence d’une scène de son mari ou une grave désillusion de son groupe social ?


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Arrangement en gris et noir ou Portrait de ma mère, 1871

Whistler était toujours célibataire lorsque son père est mort et qu’il a accueilli sa mère chez lui. Il ne s’est marié que bien plus tard. Elle avait 67 ans lorsque ce portrait a été peint. Son regard se perd dans le lointain, elle se plonge dans ses souvenirs qui semblent moroses.



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Arrangement en brun et noir ; portrait de Miss Rosa Corder, 1876-1879


Whistler est toujours à Londres. Il y peint cette Miss qui est peintre comme lui. La société anglaise est séduite par celui qu’elle nomme le nouveau Vélasquez. Il est vrai que le menton relevé de cette dame, son visage assuré et son élégante robe noire s’accordent à la société londonienne et à l’ambiance que la reine Victoria entend y voir régner.


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Arrangement en noir et or :
comte Robert de Montesquiou-Fezensac,
1891-1892


Whistler est revenu à Paris. L’ambiance n’est pas austère comme en Angleterre. La « Belle époque » commence avec sa vitalité créatrice, sa richesse et… la pauvreté des milieux populaires.  Toulouse-Lautrec sera sensible à la misère du Paris de Pigalle et du Moulin Rouge et Degas en peindra les pauvres petites danseuses, ouvrant la voie à Picasso qui, peu après, peindra les Saltimbanques de sa période bleue.

Whistler représente le splendide et élégant Robert de Montesquiou-Fezensac qui assume sa richesse extravagante en regardant fixement le visiteur.  On se demandera d’ailleurs si ce regard ne manifeste pas – comme le faisait Mrs Frances Leyland - une sorte d’hésitation envers son propre style de vie et révèle un peu d’esprit d’humanité.

 

 

 

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