Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


SpiritualitÉ des images


 

Élisabeth Vigée Le Brun, Marie-Antoinette en robe de mousseline

 

Peintres femmes

1780-1830
Naissance d’un combat


 

Musée du Luxembourg

jusqu'au 4 juillet 2021

 

Gilles Castelnau

 

 

13 juin 2021

Manifestement les femmes ont eu de la peine à se faire une place – en peinture aussi – dans une société tenue par les hommes. Elles ne se sentaient pas appelées au grand genre, peintures de batailles, scènes d’histoire ou délire religieux. Et leur tendance à la tendresse et à la douceur ne soulevait pas l’enthousiasme d’une noblesse prétentieuse et guerrière. On ne leur permettait pas non plus de fréquenter les ateliers où les hommes peignaient des femmes nues et où la mixité n’était pas toujours de bon aloi.

 

Élisabeth Vigée Le Brun, Marie-Antoinette en robe de mousseline, 1783
Ce tableau est placé ci-dessus en exergue. Pourtant le remarquable art, notamment de portrait, de certaines, leur permettait de se faire connaître. Ce fut le cas d’ Élisabeth Vigée Le Brun dont le salon et la table attirait la noblesse de Paris. Elle était peintre de la Cour et amie de la reine Marie-Antoinette qui possédait ce portrait d’elle et la fit entrer à l’Académie royale de peinture en 1783.
Elle s’enfuit de France en 1789 et n’eut aucune peine à être reçue partout en Europe.

 

Jeanne-Louise Vallain, dite « Nanine », Portrait d’une femme tenant un agneau, 1788

On est, à l’époque de ce tableau, au tout début du « combat » des femmes mentionné dans le titre de l’exposition. La sympathique républicaine que va bientôt manifester Jeanne-Louise Vallain n’apparaît pas encore dans cette scène doucereuse. Quoique le regard direct et le visage sérieux de la bergère puissent laisser présager un élan intérieur prêt à se manifester.

 

Marie-Victoire Lemoine, Portrait de Marie-Geneviève Lemoine avec sa fille Anne-Aglaé Deluch, vers 1802

 

Marie-Victoire Lemoine n’est en rien féministe. Elle nous présente l’apparence charmante d’une jolie femme accompagnée d’une très mignonne petite fille se promenant paisiblement dans une magnifique parc dont la petite a cueilli une belle fleur...

Ce siècle avait deux ans,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte

Mais quand les hommes rentraient chez eux, fatigués ou couverts de gloire, ils étaient heureux d’être reçus par de belles femmes souriantes et sans problèmes.

 

Marie-Denis, dite « Nisa » Villers née Lemoine,
Portrait présumé de madame Soustras laçant son chausson
, 1802

 

La jeune madame Soustras a de beaux yeux et un bien joli visage. Pourquoi l’artiste lui a-t-elle attribué cet énorme arrière-train et cet immense bras gauche ? Peu importe. Elle est sympathique et avenante, c’est sans doute tout ce qu’on attend d’elle.

 

Aimée Brune, Une jeune fille à genoux, 1839

 

Ce tableau, exposé au Salon d’Automne, eut un grand succès pour sa remarquable représentation du corps féminin. Tout le monde pensait qu’une telle compréhension de ce qu’est une jeune fille ne pouvait être que le fait d’un homme et la surprise, rapporte-t-on, fut générale lorsqu’on apprit qu’il était l’œuvre d’une femme.
Telle qu’elle est représentée, cette jeune fille semble fort douce et tendre, sans aucune personnalité ni dynamisme. Qu’on attribue ce regard à un homme montre bien l’esprit de supériorité qu’on attribuait alors au sexe fort.
Que ce soit une femme qui entre d’elle-même dans une telle perspective du féminisme en dit long sur l’esprit de soumission que les femmes gardaient encore.

 

Geneviève Brossard de Beaulieu, La Muse de la poésie pleurant la mort de Voltaire, 1785

 

Il s’agit, certes, de l’allégorie d’une muse et l’idée qu’elle pleure la mort de Voltaire (décédé 7 ans auparavant) ôte toute tristesse réelle à cette jeune fille. Il n’en demeure pas moins que celle-est est présentée affaiblie et accablée ouverte seulement à la consolation qu’un homme – évidemment – se ferait un plaisir de lui accorder, mignonne et alléchante comme elle est.
Comme le faisait Aimée Brune dans son tableau de la Jeune fille à genoux, Geneviève Brossard de Beaulieu jette sur son modèle le même regard protecteur et aguiché qui pourrait vraiment être celui d’un homme, bien loin du « combat » féministe dont le titre de l’exposition fait état.
Toujours est-il que ce tableau reçut un accueil enthousiasste au Salon de 1785.

 

Julie Duvidal de Montferrier, Adèle Foucher épouse de Victor Hugo, vers 1820

 

Julie de Montferrier épouse Abel Hugo, le frère de Victor Hugo. Elle peint ici l’épouse du poète à l’âge de 17 ans, alors qu’elle lui était déjà fiancée.
Julie Duvidal représente une jeune fille au regard clair et direct et au petit sourire sympathique, le tout plein de vie et bien loin de l’ambiance apathique et languissante des deux tableaux précdédents,

 

Eulalie Morin née Eulalie Françoise Anne Cornillaud, Juliette Récamier, fin du 18e siècle

Madame Récamier était prestigieuse et son salon réunissait régulèrement le tout Paris. Elle n’est pas représentée ici dans tout son prestige comme dans certains autres portraits mais dans une attitude très modeste. L’étonnant est son sourire de biais qui lui donne un air ironique et plaisantin, futé et amusé. Est-ce à cause de ce sourire que le tableau qui était présenté au Salon de 1799 en a été refusé ?
Toujours est-il que Julie Duvidal et Eulalie Morin sont de bons exemples de la victoire du combat féministe mené par ces femmes au tournant du siècle et que les peintures mièvres et indolentes d’Aimée Brune et deGeneviève Brossard de Beaulieu avaient largement.

 

 

Retour vers spiritualité des images
Vos commentaires et réaction


 

haut de la page

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.