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SpiritualitÉ des images



 

Venise. San Giorgio
éventail. 1904
aquarelle sur soie marouflée sur carton


Signac

les harmonies colorées


Musée Jacquemart André

jusqu'au 19 juillet 2021

 

Gilles Castelnau

 

 

27 mai 2021

Cette grande exposition est si vivante et colorée que les visiteurs en ressortent tout réjouis.
Paul Signac (1863-1935), avec son ami Georges Seurat prend la suite des impressionnistes dans la mesure où il cherche, lui aussi, à exprimer les « impressions » que l’on peut ressentir devant le spectacle de la nature.
Mais alors que ceux-ci se bornaient à saisir les reflets de la lumière dans les arbres et sur l’eau ou comme Claude Monet sur une meule de foin ou la cathédrale de Rouen, ceux que l’on va vouer aux gémonies et appeler les néo-impressionnistes (on dira aussi les pointillistes, les divisionnistes) s’efforcent de réfléchir de manière rigoureuse à la technique utilisée.

D’une part le chimiste Eugène Chevreul avait publié ses découvertes sur l’impression oculaire que provoquait la juxtaposition des taches de couleur : c’est l’œil du spectateur qui unit dans la même impression une petite touche de bleu et une autre de rouge qui semblent constituer un ensemble violet. D’où la technique, intellectuellement élaborée du pointillisme.

D’autre part, Seurat et Signac ont réfléchi à l’impression techniquement produite par le choix des couleurs, de l’opposition du clair et de l’obscur et du contraste provoqué par les lignes verticales et horizontales : une ligne verticale ne suggère-t-elle pas l’enthousiasme et une ligne horizontal la tranquillité ? Indépendamment du sujet lui-même, l’impression produite d’immobilité tranquille, de joie ou de dépression ne provient-elle pas aussi du dessin lui-même ?

Mais dès que surgit la question de la représentation d’une scène, revient la menace de l’ « académisme » contre laquelle les impressionnisme s’étaient insurgés.

 

Palette. Aux Tuileries, 1882-1883

A la veille de la révélation pointilliste de Georges Seurat, Signac est un peu impressionniste, très peu « académique », charmant néanmoins.

 

Saint-Briac. Les balises. Opus 210. 1890


« Impressionniste » ? Peut-être
 : Signac médite ainsi et contemple la baie de Saint-Briac loin de tout académisme qui s’ingénierait à y situer une scène de vie qui capterait notre attention. Seule la nature dans sa beauté et la profondeur des élans qu’elle suscite intéresse encore l’ancien impressionniste.
Mais celui-ci tient désormais le plus grand compte des découvertes de la technique : il faut penser au choix des couleurs, à l’opposition de la lumière et de l’obscurité et au mouvement des lignes du dessin.
Aucune opposition ici de la lumière et de l’obscurité, cela troublerait l’atmosphère sereine et pacifiée de la baie.
Aucune diversité dans le choix des couleurs : le beige de la plage se retrouve, un peu plus foncé dans le rocher de gauche et ceux de droite. Le bleu tendre du ciel est le même que celui de la mer et s’entend bien avec le beige de la plage.
Les menues lignes verticales des balises font ressortir l’ensemble du mouvement horizontal qui donne une impression de grande paix (et d’ennui ?)
La rigueur scientifique domine : rien n’est agité, troublé, qui donne l’impression d’anxiété, d’inquiétude.
Signac évoquera même une partition musicale et attribue désormais à ses toiles un numéro d’opus.
Les impressionniste, furieux, disent que c’est une peinture intellectuelle et artificielle. Signac reçoit un Immense succès de l’intelligentsia parisienne.

 

La Fontaine des Lices à Saint-Tropez. 1895

L’opposition n’est pas ici entre lumière et obscurité mais entre les couleurs tellement vives : voyez le bleu tout à fait invraisemblable du grand arbre qui évoque le découvertes de Paul Gauguin et de Sérusier avec son Talisman peint quelques années plus tôt.
La technique pointilliste systématiquement employée sur ce tableau n’est pas déplaisante et l’idée de Signac d’agrandit ses points de couleurs ajoute certainement à l’atmosphère de vie enthousiasmante de la scène et notamment des deux femmes puisant à la fontaine.
Le mouvement des branches de l’arbre, invraisemblable lui aussi, renvoie à l’inclinaison de la femme en bleu, elle également et contribue selon la technique néo-impressionniste à susciter un mouvement très vivant.

 

 

Mont Saint-Michel. Brume et soleil. 1897

A l’instar de Claude Monet qui, en mai 1895, exposait avec un grand succès les différents effets du soleil sur la façade de la cathédrale de Rouen, Signac essaye au pointillisme de couleurs qui, désormais, loin de s’opposer se confondent presque et à un dessin qui gomme les détails pour ne faire ressortir que la grande majesté du Mont émergeant de la brûle et accueillant le soleil levant.

 

Arc-en-ciel. Venise. 1905

Le mouvement de l’arc-en-ciel suggère celui des jolis nuages roses et s’accorde avec le doux balancement des gondoles au nez un peu relevé. La luxuriance des couleurs évoque la chaleur de l’air.

 

Marseille. Le Vieux-Port. 1906

Comme il l’a fait 9 ans plus tôt pour le Mont Saint-Michel, Signac représente le port de Marseille avec une économie de couleurs qui rend le sujet presque invisible. La verticalité du gréement des navires lui donne une impression de vie majestueuse et tranquille.

 

Avignon. Matin. 1909

Le (léger) vert des jardins et le jaune du pont font ressortir la réalité presque indécelable et imperceptible de l’ensemble.


 

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