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SpiritualitÉ des images

 

Mino da Fiesole, Allégorie de la Charité chrétienne, vers 1480


Le Corps et l’Ame

de Donatello à Michel-Ange

sculptures italiennes de la Renaissance



musée du Louvre
jusqu’au 18 janvier 2021

 

Gilles Castelnau

 

24 octobre 2020

Cette grande exposition, organisée en partenariat avec le musée du Castello Sforzesco de Milan, n’éblouit pas le visiteurs par la magnificence des 140 tableaux et sculptures qu’elle présente : les plus beaux sont restés à leur place dans les salles des collections permanentes. Néanmoins le souci pédagogiques des conservateurs se manifeste dans les cartels et dans les très nombreux tableaux explicatifs.

L’exposition nous montre l'apparition de la Renaissance en Italie au « Quattrocento » et son apothéose au 16e siècle avec Michel-Ange en nous présentant des artistes de moindre envergure ou des œuvres habituellement conservées dans des églises ou des musées de petites communes.
Les visiteurs se montrent à l’évidence curieux et intéressés.


Mino da Fiesole, Allégorie de la Charité chrétienne, vers 1480
(Ce tableau se trouve ci-dessus en exergue).
Si celle jeune femme ne portait qu’un seul enfant dans ses bras, elle serait la Vierge avec l’Enfant Jésus. Mais les temps sont nouveaux : L’Église et ses personnages traditionnels ne sont plus les seuls a être représentés. Un monde nouveau surgit, peuplé des personnages ordinaires de la vie quotidienne – ou parfois de la mythologie païenne, c’est-à-dire d’une humanité émancipée des dogmes obligatoires.
Cette jeune femme n’est pas la Vierge Marie dans la mesure où elle est accompagnée de deux enfants – et non pas d’un seul - et qu'elle brandit – bizarrement – un flambeau qui symbolise peut-être une sorte d’élan vital non religieux.
Elle est charmante et gracieuse. Elle est un modèle de la vie humaine heureuse indépendamment du cadre de l’Église.

 

Andrea Mantegna, Le Parnasse, 1496-1497


Scène de plaisir souriant et sans problème (on dirait aujourd’hui des jeunes qui s’amusent inconsidérément sans masque et sans distance barrière !)
Les prêtres ne permettaient pas cela. Mais c’était la Renaissance : la scène n’est pas présidée par la Trinité ou par le pape mais pas Mars, Dieu de la guerre et Vénus, déesse de l’amour.
Un monde nouveau surgit.

 

Andrea Mantegna (ou son atelier) : Muse dansant, vers 1497

 

Cette jeune femme n’est pas occupée à adorer l’enfant Jésus ou à louer Dieu comme le faisaient les saintes des décennies précédentes gothiques. Elle regarde librement autour d’elle, elle se permet des mouvements personnels qui font flotter hardiment ses vêtements autour d’elle. Il est manifestement « interdit d’interdire » !
Les mère de cette époque devaient avoir bien de la peine à garder leurs filles à la maison comme le réclamait la morale traditionnelle.

 

Antonio Pollaiolo, Combat d’hommes nus, vers 1470-1480

 

On prenait conscience également de la beauté des jeunes corps nus, des garçons, musclés et harmonieux. On retrouvait la liberté du monde gréco-romain que l’on se plaisait à représenter par delà la pudeur imposée par la religion.
La « fureur » des scènes violentes n’était-elle pas d’ailleurs aussi harmonieuse et « naturelle » que la « grâce » féminine ?



Bartolomeo Bellano, La Déploration du Christ, vers 1480-1490

 

Mais c’était souvent l’Église qui payait et les scènes religieuses se multipliaient. Les personnages sacrés ainsi représentés n’avaient plus néanmoins les gestes stéréotypés et les attitudes conventionnelles de la période gothique, où l’individualité et le caractère personnel n’étaient jamais exprimés mais une personnalité et des sentiments leur étaient désormais attribués. La conscience et la foi individuelle avaient leur place.
Les deux femmes de ce retable étaient peut-être la Vierge Marie et Marie-Madeleine. Le corps d’un ange a été cassé dont ne subsiste plus qu’une aile.

 

Tullio Lombardo et son atelier, Jeune guerrier (Saint Georges ou Théodore ?) vers 1490-1500

 

Le cartel dit :

Cette belle figure est probablement un page protecteur ou un saint militaire, le très populaire saint Georges triomphant du dragon, ou Théodore, saint patron de Venise avec saint Marc. [...] Grâce à son nez droit et sa chevelure luxuriante et bouclée, ce jeune guerrier incarne un idéal de beauté juvénile vénitienne combinant qualités antiques et modernes, sensuelles et spirituelles.


La conception de l’homme se fait aussi plus « douce ». On apprend à regarder l’humanité avec tendresse, à reconnaître sa personnalité intérieure, à lui attribuer des sentiments, de la mélancolie. De la « grâce » aux garçons. L’homosexualité pointait le nez !

 

Michel Ange, l’Esclave rebelle, 1513

 

On est à Rome, Michel-Ange sculpte pour le tombeau du pape la figure de ce malheureux esclave, sans se préoccuper d’exprimer la moindre espérance pour son sort. Mais on est au comble du sublime : Michel Ange a la « manière » d’exprimer la souffrance et la résilience intérieure par les gestes et toute l’attitude générale de son modèle. Tous les artistes du 16e siècle opteront à sa suite pour ce « maniérisme ».

La situation est maintenant prête à s’ouvrir à la renaissance de la liberté de penser qui envahira la France, l’Allemagne et toute l’Europe : quatre ans plus tard à Wittenberg, le moine Martin Luther affichera ses thèses révolutionnaires et osera proclamer devant le légat du pape et l’Empereur Charles Quint lui-même :

Ma conscience est captive de la Parole de Dieu ; je ne peux et ne veux rien rétracter. Car il n'est ni sûr ni honnête d'agir contre sa propre conscience.


 

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