Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


SpiritualitÉ des images

 

Intérieur métaphysique (avec phare), fin 1918

 

Giorgio de Chirico

La peinture métaphysique



musée de l'Orangerie
jusqu’au 14 décembre 2020

 

Gilles Castelnau

 

16 octobre 2020

Giorgio de Chirico (1888, Volos, Thessalie – 1978, Rome) est venu à Paris en 1910 et y a tout de suite connu un très grand succès. Il expose déjà au Salon d'automne de 1912 et de 1913.

Sa peinture n’a pourtant rien d’esthétique ni de véritablement compréhensible. Elle est plutôt mélancolique et même glaçante. Elle est le premier pas des peintres que l’on dira « surréalistes » : Max Ernst, René Magritte, Salvador Dali et André Breton qui précisera les règles de cette nouvelle école.

Ils n’entendent pas représenter le réel de ce monde mais ouvrir l’esprit à un au-delà de la pensée qui n’est pas dans un ciel invisible et abstrait mais bien présent, quoique caché, dans le monde concret d'aujourd’hui.
René Magritte peindra des personnages étrangement vus de dos et Salvador Dali des montres molles. Giorgio de Chirico représentera de façon en apparence réalistes des objets et des bâtiments très communs mais en les juxtaposant de façon incohérente et déconcertante, incitant ainsi à élaborer une pensée ou un rêve qui nous font sortir d’un quotidien affligeant.

Cette peinture apparaît peut-être triste et angoissante au premier abord mais elle ne se veut pas pessimiste. Elle entend inviter à contempler intérieurement une « autre » vie plus belle et plus humaine que celle à laquelle nous nous laissons aller habituellement :

Il faut retrouver les fabuleuses ressources qui dorment au fond de nous : elles suggèrent la composition du tableau qui, à son tour, nous donne les éléments et l’élan pour « rêver » davantage.

 

La Conquête du philosophe, janvier 1914

 

Ces artichauts ont des reflets métalliques et il semble bien que ce soit la bouche d’un canon qui les surplombe. L’horloge indique l’heure du milieu du jour alors que dans l’espace jaune des ombres s’allongent indiquant un soir ou un matin.
Il n’y a trace d’aucune verdure ni d’aucun être humain.
Si l’on regarde bien, à gauche de l’horlogeon reconnaît une cheminée d’usine crachant une fumée noire et, minuscule à son pied, un voilier à deux mats.
A droite, dans un très petit espace, une cheminée d’usine surmontée d’oriflammes flottant au vent.
Sous l’horloge, un train.
Rien de tout cela n’a de sens ; ces associations sont bien étranges et semblent faire partie d’un nouveau monde immobile et fantomatique.

 

La Tour rouge, 1913

 

L’emplacement de cette tour est bizarre, dans un paysage où elle n’a pas sa place. La statue équestre qui apparaît à droite est, elle aussi tout à fait incongrue. Le grand ciel bleu a des teintes sombres menaçantes. Et le bâtiment où le peintre place le spectateur semble nu, inhabité et peu plaisant !
Qui pourra expliquer quel élan intérieur animait Chirico, lui suggérait l’ironie de ces représentations ? Et qui saura dire vers quel univers (heureux ?) cet ensemble nous propose de osu diriger ?

 

Portrait de Guillaume Apollinaire, 1914

 

Guillaume Apolliaire s’intéressait aux recherches de Giorgio de Chirico et celui-ci, en retour, lui a peint son portrait. Portrait qui ressemble plutôt au buste d’une statue, auquel les lunettes noires donnent un aspect surprenant. Un profil noir apparaît, pourvu d’un nez et de sourcils remarquables. Et que dire du poisson et de la coquille saint-jacques ?

Sans doute, serait-il prétentieux – et absurde ? – d’interpréter ces tableaux de manière trop précise. Le surréalisme ne prétendait pas tout expliquer et se plaisait à maintenir une atmosphère floue. Giorgio de Chirico disait lui-même :

Être compris, ou ne l’être pas, est un problème d’aujourd'hui. Dans nos œuvres également mourra un jour l’apparence de la folie pour les hommes, cette folie qu’ils y voient car la grande folie qui est celle qui n’apparaît pas à tout le monde, existera à jamais et continuera de gesticuler et de faire des signes derrière l’écran inexorable de la matière. (1919)

 

Le Revenant, 1914

 

Le cartel de l’exposition dit :

« La figure centrale aux yeux clos, tenant un livre fermé, illustre ici le thème de l’artiste voyant, frappé par la révélation. André Breton, fondateur du surréalisme, raconte être descendu d’un autobus pour admirer cette œuvre dans la vitrine de la galerie Paul Guillaume. Saisi, il l’acquiert et la conserve jusqu’à sa mort. Œuvre-clé du peintre, elle fut par la suite rebaptisée par le poète Louis Aragon « Le Cerveau de l’enfant ».

 

Le Vaticinateur, 1914-1915

 

Le cartel dit :

Le Vaticinateur - ou voyant – est cette figure assise sur un billot de bois dont la forme cubique symbolise le monde matériel. Il porte sur le front un bandeau étoilé, qui évoque celui des prêtrres d’anciebs cultes initiateurs. Il pourrait représenter l’artiste lui-même ou l’un de ses doubles qui apparaît dans le tableau : le mannequin, l’ombre ou la silhouette du tableau noir. A droite, l’ombre portée au sol semble être celle d’une statue hors-champ, similaire à la silhouette dessinée sur le tableau noir. Ce dernier est rempli d’un dessin à la craie qui reprend ces éléments en un croquis mis en perspective.

et Chirico :

« La ruse la plus prodigieuse qui revient des horizons inexplorés pour fixer dans la métaphsique éternelle, dans la terrible solitude d’un incompréhensible lyrisme, un biscuit, l’angle formé par deux murs, un dessin qui suggère quelque chose de la nature du monde imbécile et insensé qui nous accompagne dans cette vie ténébreuse... »

 

Carlo Carrà, Le Fils du constructeur, 1917-1921


Le peintre Carlo Carrà suivait avec amitié les idées et méthodes de Giorgio de Chirico. Il a même partagé un temps pendant la guerre les soins d’un l’hôpital militaire.

 


 

Retour vers spiritualité des images
Vos commentaires et réaction


 

haut de la page

 

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.