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SpiritualitÉ des images

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Anto-Carten « La Pietà », 1918

© L’ATELIER DE L’IMAGIER ©SABAM BELGIUM 2020


De la misère du Borinage

à la douceur de Nervia


Exposition
Le Bam propose un parcours
à travers deux siècles
de vie artistique à Mons

 

École de Mons 1820-2020
au Bam, à Mons

jusqu’au 16 août 2020



Guy Duplat


article paru dans La Libre Belgique
22 mai 2020

 

22 mai 2020

Comme pour justifier un peu plus son titre de capitale de la Culture en Communauté française, le Bam (Beaux-Arts de Mons) propose de parcourir deux cents ans d’art dans la ville, de 1820 à 2020, à travers 150 œuvres.

Le musée a demandé à Denis Laoureux, professeur à l’ULB, la tâche délicate de faire un choix parmi les artistes possibles. L’ensemble, par nature hétéroclite et inégal, montre que Mons a joué pendant ces décennies un rôle important. Dès le début du XIXe siècle, ce fut l’une des seules villes belges – avec Bruxelles, Gand et Anvers – à posséder une académie pour former les artistes, un musée pour acquérir les œuvres et un salon tous les trois ans, pour les vendre.

 

La voie neuve de Cécile Douard

Deux ensembles sortent du lot. Le premier est consacré à Cécile Douard, une de ces femmes qui ont bravé l’opinion pour devenir peintre et qui choisir d’aller voir la misère du Borinage et de la représenter de manière sidérante. On admire son magnifique portrait d’une Hiercheuse, celle qui poussait les wagonnets de charbon au fond des mines. Une pauvresse mais fière et superbe. On retrouve son grand Terril qui vient d’entrer dans la liste des biens classés (les trésors) de la Communauté française où on voit des femmes grattant les scories d’un terril et glanant du charbon juste jeté par des wagons. Un tableau hallucinant de misère peint alors qu’on entrait pourtant dans la Belle Époque.

Cécile Douard ne peignit que durant 15 ans, de 1883 à 1898, devenue aveugle à 33 ans après un accident. Mais elle eut le temps de montrer une voie neuve, d’interroger le rôle de l’art dans une région comme le Borinage.

On admire d’autres tableaux d’elle (dont un nu surprenant) ainsi que – vraie découverte de l’expo – son professeur Antoine Bourlard et sa manière très puissante de peindre, inscrivant ses sujets dans la matière même. On voit comment peu à peu, c’est Cécile Douard qui inversement semble influencer son professeur !

 

Nervia

L’autre point fort est Nervia avec, en évidence, les peintres Anto-Carte et Louis Buisseret (et aussi Léon Navez, Taf Wallet, Frans Depooter, Jean Winance). Trop vite taxés d’antimodernes et opposés trop schématiquement aux Flamands expressionnistes de Laethem Saint-Martin, on voit bien à l’exposition la force symbolique d’Anto-Carte (tant sa bouleversante Pieta d’une mère pleurant son fils mort à la mine que dans une très délicate Petite Fée) et l’élégance chaude et l’italianisme de Buisseret, fasciné par le Quattrocento italien qui l’inspire dans ses paysages et ses portraits.

Nervia et Laethem Saint-Martin ont grandi tous deux en réaction aux mouvements internationaux comme l’abstraction et le surréalisme et tout autant à l’horreur de la Première Guerre mondiale. Il s ‘agissait pour eux de revenir à la campagne, vers la vérité de l’humain, vers la figuration, de retrouver nos racines.

Nervia dura dix ans et vingt expositions. Par rapport à l’école expressionniste, les nerviens préféraient le chant au cri, la raison à l’instinct. Mais eux aussi avaient appris des cubistes, des fauves, voir de De Chirico avec la symbolisation des corps, la perspective écrasée, les couleurs fortes.

Le parcours continue jusqu’en 2020. On redécouvre nombre de moments importants comme les photographies surréalistes de Marcel Lefrancq, les gravures de Belgeonne, un beau tableau de Zéphyr Busine (le père de Laurent Busine, ex-directeur du Mac’s), l’art de Gustave Camus, les fresques de Dubrunfaut, jusqu’à aujourd’hui avec Jean-François Octave, les collectifs Void et Hell’O et, surtout Edith Dekyndt, une de nos plasticiennes les plus reconnues dont on voit Le développement du cube sur ardoises, de 1989.

S’y trouve aussi Hassan Darsi, artiste capital au Maroc à l’œuvre très politique, fondateur de La course du lion, et diplômé de l’Esapv de Mons en 1989



 

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