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Spiritualité des images 

 

Annonciation de l’ange à Marie

 

« Les premiers retables »

XIIe – début du XVe siècle

 

Paris, musée du Louvre
aile Richelieu
entresol

exposition jusqu’au 6 juillet

 

Gilles Castelnau

9 mai 2009

Dans les salles situées à gauche en entrant dans l’aile Richelieu, on voit une série d’anciens retables, plus ou moins bien conservés – ceux qui sont en pierre sont souvent cassés – qui étaient à l’époque posés sur l’autel où le prêtre célébrait la messe. Ils avaient évidemment pour but d’éviter que son esprit s’égare dans des pensées profanes et de le maintenir dans une ambiance religieuse.
On dit souvent que ces sculptures, comme aussi les tableaux dans les églises et les vitraux représentaient de véritables catéchismes. Voyons donc quelle spiritualité induisent ces retables présentés. Voici les titres des quinze premiers :

Enfance du Christ, fuite en Égypte
Annonciation, visitation (deux fois)
Visite des Rois-mages
Christ en gloire entre la charité de St Martin et des scènes de l’enfance du Christ.
La croix
Repas chez Simon, la flagellation du Christ
Martyre de Saint Hippolyte
Baptême du Christ et scène de la vie de St Romain
Massacre des innocents
Portement de croix, mise au tombeau
La communion de St Denis
Couronnement de la Vierge
Quelques apôtres.

Aucune représentation du paralysé, de la pécheresse en larmes ou des disciples dans la tempête. Les paroles encourageantes que le Christ leur adressait ne seront donc pas suggérées au prêtre pour son homélie : « Lève-toi et marche », « Va en paix », « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? ».

La croix du Christ, sa flagellation, le portement de croix et la mise au tombeau sont bien représentés, symbolisant la souffrance et la mort, que le Christ avait librement acceptées. Mais sa Résurrection, les soldats effrayés, le soleil levant de Pâques et la joie dynamique des disciples ne figurent sur aucun de ces retables, comme si la messe était davantage une célébration doloriste de résignation au malheur que le courage d’affronter la vie.

 

Le martyre de Jean-Baptiste

Champagne, 2e moitié du 14e siècle

D’ailleurs aucun élan de vie ne semble animer les disciples et les fidèles représentés, les fidèles ne connaissant que le martyre et les disciples ne se départant pas de leur air sombre.
Les multiples représentations de la Vierge Marie, souvent montrée avec l’enfant Jésus apportent, certes, une douceur féminine (et enfantine en ce qui concerne Jésus). Mais elles ne proposent aux femmes qu’un rôle de maternité immobile.

 

Vierge de la Nativité

Ile-de-France, vers 1330-1340

Surtout les symboles chrétiens que sont l’apparition de l’ange à Marie, la visitation qu’elle rend à Elisabeth et son couronnement glorieux renforçaient le prêtre célébrant dans l’assurance de l’unique vérité du Fils de Dieu prêchée par l’Église et de l’erreur manifeste des hérétiques, des Juifs et des Musulmans.

Et justement en ces XIIe, XIIIe et XIVe siècles, l’Inquisition se faisait impitoyable. Les cathares du Languedoc, les vaudois de Lyon et d’Italie en faisaient la terrible expérience. Les prisons se remplissaient des repentis et les bûchers s’allumaient pour les malheureux obstinés. Les croisades partaient massacrer les « infidèles » au cri de « Dieu le veut ».
Les Juifs étaient soupçonnés d'empoisonner les sources, de répandre la peste, de tuer des enfants chrétiens pour utiliser leur sang dans des cérémonies inhumaines, de profaner les hosties consacrées. Le 4e concile du Latran les avait condamnés à porter une rondelle de tissu distinctive, la « rouelle » et en 1242, saint Louis en accord avec le pape Grégoire IX, faisait brûler en place de Grève 24 charretées de manuscrits hébreux notamment du Talmud. En 1306 on projetait de les expulser de France et en 1320 on les massacrait en les accusant d'empoisonner les sources...

Certitude de l’Église, justesse de ses persécutions. Siècles terribles. On y pensera en regardant ces retables qui ne sont rien moins qu’innocents.

 

 

 

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