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SpiritualitÉ des images

 


Camille Bombois, Nature morte à la poupée


Du Douanier Rousseau à Séraphine



Musée Maillol
jusqu’au 19 janvier 2020




 

Gilles Castelnau

 

20 septembre2019

Une centaines d’œuvres dites « naïves », colorées et attrayantes suscitent une ambiance heureuse. Les salles de ce musée sont claires et tranquilles, on ne s’y bouscule pas, on se sourit, tout le monde est content... C’est cela l’esprit « naïf ».
Les historiens de l’art expliquent que les peintres naïfs n’ont pas fait d’études, qu’ils ignorent les règles de l’Académie, qu’ils ne respectent pas la perspective et manquent décidément de technique.
Mais s’ils rayonnent un tel bonheur c’est bien qu’une simple joie de vivre les habite et qu’ils ne s’appliquent à rien d’autre qu’à la partager avec leur entourage.

 

Douanier Rousseau, Deux lions à l'affût dans la jungle, 1909-1910

 

Le premier naïf est le Douanier Rousseau. Il n’a jamais quitté son bureau de l’octroi parisien mais son rêve l’entrainait dans les forêts profondes et leurs terribles animaux. Il s’efforçait d’en montrer la férocité mais sa gentillesse naturelle l’amenait toujours à les représentait de façon amusante.
Paul Éluard a dit de lui : « Ce qu’il voyait n’était qu’amour et nous fera toujours des yeux émerveillés. »

 

René Rimbert, Le Douanier Rousseau montant vers la gloire et entrant dans la postérité, 1926

 

Le Douanier Rousseau fut moqué toute sa vie par les véritables connaisseurs de l’art officiel mais tout le monde aimait – et partageait volontiers - ses fantasmes enfantins.
Cet amusant pastiche d’apothéose le montre, 16 ans après sa mort, monter au ciel de la peinture où il sera accueilli par Ingres, Delacroix, Courbet, Cézanne et Renoir – tels que la Commissaire de l’exposition croit les reconnaître et par une femme qui n’est pas la Vierge Marie mais peut-être son épouse bien-aimée ou une muse ?

 

Camille Bombois, Fillette à la poupée, 1925

Le tableau semble peint d’une main enfantine et le titre en confirme la « naïveté ». Mais cette jeune fille à la jupe trop courte a plutôt l’allure d’une adolescente enamourée et la poupée qu’elle contemple (les yeux véritablement fermés ?) et ne se borne en tous cas pas à câliner a davantage l’allure raide d’un homme que celle d’un poupon.
Les commissaires font remarquer que c’est une statue de Vénus qui apparaît devant la fenêtre. Fantasmes surement, naïveté sûrement pas !

 

Camille Bombois, Nature morte à la poupée, 1935

Ce tableau est situé ci-dessus en exergue.
Dix ans après Camille Bombois, revient à sa fillette. Elle est devenue sage. Il la nomme d’ailleurs « une poupée » mais il lui donne un regard qui dévisage fixement et une bouche sensuelle. Elle est raide pourtant, sa jupe est longue. Est-elle devenue un simple objet de « nature morte » immobile comme les fleurs à côté d’elle ? Et que signifient à droite ces deux pommes à droite à moitié épluchées, la soupe à moitié mangée ? Et pourquoi à gauche la pomme est-elle entière et le bol de soupe pas entamé ?

 

Camille Bombois, Portrait de femme (Madame Meyer-Mekler), 1928

 

Cette dame a de grands yeux interrogatifs. Sa peau blanche contrastant avec tout ce noir lui donne une allure fantasmatique.

 

Dominique Peyronnet, Après le bain, 1931

 

Les vagues et les nuages semblablement ourlés produisent une étrange atmosphère un peu surnaturelle. La femme ne s’en soucie pas, non plus que du rocher de droite qui ressemble à une bête monstrueuse. Elle sourit au spectateur. Elle ôte son peignoir et va se baigner toute seule, Elle va peut-être rejoindre la barque qui attend là, seule aussi, sans amarres. Cette femme est à l’aise, chez elle dans ce paysage étrange. Vénus rentrant dans l’onde ?

 

André Bauchant, La Boucherie, 1940

 

L’année 1940 marque le début des restrictions. La viande se fait rare. Les immenses carcasses font rêver et l’étrange cliente qui est à gauche est sur le point d’acquérir deux ou trois – bons morceaux qu’elle discute avec la bouchère. Celle-ci regarde ailleurs. Peut-être le spectateur.
Les commissaires rédigent un long cartel où elles disent reconnaître les personnages familiers d’André Bauchant. Ceux-ci font la queue calmement. Ils ont le regard vague :leurs pensées sont ailleurs. Deux d’entre eux nous regardent, comme la bouchère. La femme, elle, a les yeux fixés ailleurs. Tout ceci donne à penser…

 

Séraphine Louis, Feuilles diaprées sur fond bleu, 1929

 

Séraphine peint des fleurs et des feuillages comme personne n’en a jamais vu. Elles sont magnifiques, couvertes de perles (ou de diamants ?). Elles flottent, sans tige ni vase. Séraphine nous emmène dans un rêve enchanté…


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